Prendre de la hauteur au Pays des Cigales

pano embiers.jpg

Comme chaque année, j’avais décidé de profiter de mes quinze jours de vacances pour faire ma coupure annuelle.

J’avais mis mes chaussures de trail au fond du placard avant de partir et avais juste pris celles de running pour quelques sorties « à la cool » et un peu de randonnée.

Mais c’était sans compter le cadre magnifique que j’ai découvert en arrivant à Ollioules dans le Var : des monts à perte de vue, des sentiers au milieu de la rocaille, le littoral…

Sont-ce les cigales qui les premières, telles des sirènes, m’ont attirée par leur doux chant dans les garrigues ? Ou est-ce la propriétaire de la location qui, en apprenant que je faisais du trail, m’a immédiatement orientée vers le Gros-Cerveau qui était à proximité ?

Ce qui est certain, c’est que ma volonté de Beerunneuse – Dieu sait si pourtant j’en ai ! – a rapidement été ébranlée et je n’ai alors pu résister à l’appel de mes baskets !

La magie des garrigues

garrigue

N’avez-vous jamais ressenti cette osmose avec la Nature, ce moment où vous ne faites plus qu’un tant vos sens sollicités de toutes parts vous enivrent ?

Deux vers de Baudelaire, extraits de son magnifique poème « L’invitation au voyage », me viennent souvent à l’esprit dans ces moments de franche béatitude :

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »

Ce sentiment de bien-être, je l’ai éprouvé en effectuant l’ascension du Gros-Cerveau – pour information, « Gro Cervo » en provençal signifie « grand cerf ». Un véritable déclencheur !

Fascinée par cette végétation luxuriante et les odeurs mêlées de pins et de plantes diverses, j’ai alors décidé de ne pas passer à côté de mon séjour et de faire appel à des runners locaux pour découvrir les sentiers pittoresques de la région.

Dans les vastes flots de Facebook, j’ai lancé une bouteille à la mer. Miracle ! Elle a été repêchée par le membre d’un groupe que je ne remercierai jamais assez, car il m’a permis de vivre une superbe expérience…

Message reçu 5 sur 5 !

Mon entreprise audacieuse a donc fini par payer : après avoir échangé avec quelques internautes plus ou moins proches de mon lieu de vacances, l’un d’entre eux m’a proposé de me joindre à son groupe le lendemain matin, pour effectuer la reconnaissance d’un trail organisé par son club. (https://www.facebook.com/groups/sanaryrunning/?fref=ts)

« Trail ? Monts ? Garrigues ? »

Il ne m’en a pas fallu plus pour me décider !

Sans me soucier une seule minute du niveau des trailers qui seraient présents – douce inconscience de petite Parisienne en vacances -, j’ai signé.

Rendez-vous était donné le lendemain matin à la fraîche, si les conditions le permettaient : certains massifs sont en effet fermés, car si vous suivez l’actualité, le Var est sujet à quelques incendies ravageurs depuis plusieurs jours.

Autre petit problème : je n’avais pas de chaussures de trail sur place, comme je les avais consignées pendant ma coupure. Deux ou trois échanges plus tard, ma décision était tout de même prise : rien ne pourrait faire obstacle à ma détermination !

Un club convivial de passionnés

groupe pano

Après un réveil difficile, excitée comme une petite fille à l’idée de découvrir un nouveau terrain de jeux – ô doux plaisirs qui nous font rajeunir !-, j’ai rejoint le lieu de rendez-vous fixé par le coach de trail du club Sanary Running Cap Garonne.

Premier constat : la barrière menant aux massifs était bien fermée, mais l’accès, seulement déconseillé, n’était plus interdit.

Thierry Jouanin, l’un des coaches du club, m’a présentée à une dizaine de coureurs et a donné l’objectif de la sortie : la reconnaissance du parcours d’un trail qui aura lieu au mois de novembre au Cap Sicié (http://drailles-du-lancon.blogspot.fr/), sur les nombreuses « drailles » – terme ancien du provençal qui équivaut à une sente – des massifs.

panneau cap sicié

Petite surprise au départ : une chienne, Lili, ferait ce périple à nos côtés.

Ceux qui me connaissent et savent ma frustration de ne pouvoir faire du canicross – j’ai hérité dernièrement d’un Shih Tzu, qui est plus un chien à glisser dans un Camelbak qu’un compagnon de compétition – comprendront alors ma joie en découvrant cette véritable Beerunneuse à quatre pattes !

Lili et Tamara, sa jolie maîtresse

Le groupe, très convivial, se retrouve chaque semaine pour arpenter les drailles et les crêtes des différents massifs. Premier sentiment : une ambiance « bon enfant » règne au sein des coureurs. Les plaisanteries fusent, tout le monde est heureux de partager ce moment.

Le coach effectuait sa dernière grosse sortie de préparation avant le Grand Raid des Pyrénées : il allait donc y avoir du dénivelé et du niveau au programme !

Sea, fun, run…

Mon vocabulaire de Beeruneuse s’est amoindri au fur et à mesure du parcours, pour ne se limiter qu’à quelques onomatopées, interjections et phrases nominales :

« Waouh ! », « Oh ! », « Ah ! » , « Magnifique ! », « Le paradis ! », « Superbe ! »

Jamais mes yeux n’avaient connu une telle explosion de couleurs : une palette de verts infinie, des dégradés de bleu inimaginables, des lumières changeantes et nuancées…

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Si le Paradis existe, il ressemble certainement à ces collines bercées par le chant des cigales, que seuls nos pas de trailers sur le schiste glissant venaient perturber au fur et à mesure de notre ascension.

Je vous donne généreusement un petit aperçu du parcours que nous avons suivi, un petit avant-goût pour ceux qui seraient tentés pour venir faire un trail dans la région.

groupe notre dame

Panorama à Notre-dame-de-Mai

notre dame de mai

Nous avons arpenté plusieurs drailles, traversé plusieurs plages, couru sur les crêtes, fait l’ascension de cinq monts, emprunté quelques sentiers vertigineux, pris des descentes de schiste hyper glissantes – surtout lorsqu’on porte des chaussures de running, mais pas seulement -, observé des paysages féériques avec des points de vue à couper le souffle – pourtant, il ne fallait pas en manquer !

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Mes baskets vont s’en souvenir, car elles ont vraiment souffert !

Plus de trois heures de bonheur dans ces massifs, avec des passionnés qui n’ont pas hésité à s’arrêter pour me donner des précisions sur les endroits traversés, me raconter les petites histoires sur certains rochers, me renseigner sur la langue provençale, me parler de leurs garrigues tant aimées…

les deux frèreq

Rochers des Deux Frères

Comment ne pas être aux anges lorsqu’on est une Beerunneuse passionnée de trail et d’ultra au milieu d’un tel groupe et dans un tel cadre ?

Mes impressions ? Je n’ai pas vu les heures passer ni les kilomètres défiler, malgré la technicité et la longueur du parcours. Mais je n’ai pas démérité et suis heureuse d’avoir fait une sortie trail digne de ce nom, car il faut bien le dire, nos terrains d’entraînement pour les ultras en région parisienne sont pauvres, voire inexistants.

Pour ne pas se quitter immédiatement, le coach nous a proposé un petit verre d’eau gazeuse fraîche et des fruits secs.

Un dernier moment de convivialité avant de retourner à nos pénates.

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… and sex ?

J’ai pu constater que la communauté des runners ne dérogeait pas aux règles : combien parmi vous ont réagi à l’accroche que j’avais postée au retour de cette belle sortie ?

Devant un tel foisonnement de questions, il est temps de rompre le suspense !

Eh bien oui, dans la reconnaissance de ce parcours, nous avons traversé une somptueuse plage difficilement accessible avec du sable noir, des eaux turquoise qui n’ont rien à envier à la Corse…

Une plage peu fréquentée, sinon par des naturistes ! La plage du Jonquet.

rocher nu

Mes compagnons de route, ainsi qu’une inscription sur un rocher en arrivant, m’avaient prévenue : le parcours étant accidenté, vous comprendrez que nous avons préféré garder nos baskets et nos Camelbaks et que nous avons effectué cette traversée dans un silence religieux, ne sachant où donner des yeux, à la fois un peu gênés et éblouis par un tel paysage !

Suspendre le temps…

cote

Ceux qui pratiquent le yoga me comprendront : j’ai eu l’agréable sensation de méditer en pleine conscience en vivant cette sortie, une sorte de béatitude s’est emparée de moi. Une véritable prise de hauteur, tant physique que spirituelle.

À l’heure où nous vivons de graves événements, il est bon de se tourner parfois vers des petits bonheurs simples, d’en jouir et de les partager.

Cet échange dans une nature authentique et préservée, cette simplicité prônée par  ces amoureux des garrigues, m’ont transportée l’espace de quelques heures dans une bulle de bien-être, loin des tracas de nos vies quotidiennes. Un grand merci au groupe !

La pratique du trail permettrait-elle d’accéder à une certaine sagesse ?

Si vous souhaitez réagir à cet article ou poser des questions, n’hésitez pas à me contacter sur ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou à l’adresse suivante : http://www.beerunneuse.com

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