Mon duathlon avec une déficiente visuelle, une autre vision du sport

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J’ai souvent couru pour une association ou pour une cause, estimant que j’ai la chance d’avoir mes deux jambes et une santé qui me le permet.

Il me semble donc naturel de penser parfois à ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir pratiquer une activité sportive telle que la mienne et de partager la joie que j’éprouve.

Quand on m’a proposé d’accompagner un déficient visuel sur le duathlon de Chantilly, j’ai immédiatement eu envie de répondre positivement.

Puis après un temps de réflexion, je me suis dit que je n’étais pas prête pour une telle expérience : je n’ai jamais fait de duathlon, ni de triathlon et faire du tandem n’a rien à voir avec le vélo. Quant à conduire une personne non-voyante !

J’adore les défis, donner du plaisir aux gens et leur transmettre ma bonne humeur et ma joie de vivre, mais accompagner un aveugle est une lourde responsabilité : il faut devenir ses yeux et être attentive à chacune de ses réactions.

Je ne maîtrisais pas suffisamment le cyclisme – que dire du tandem ! – pour me sentir suffisamment à l’aise.

Mais mon amie triathlète Sandra a fini par me convaincre de venir faire un essai, qui a été transformé comme vous vous en doutez…

Retour sur une aventure humaine que je ne suis pas prête d’oublier…

L’ISVHN, une passerelle entre handicap et sport

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L’ISVHN est une association qui existe depuis le 19 novembre 2012.

Son objectif ? Permettre à des personnes atteintes d’un handicap de pouvoir participer à des projets sportifs.

Des personnes atteintes de cécité se réunissent avec des pilotes pour faire du tandem : l’idée est de réaliser un réseau national avec une devise : « Un tandem et des yeux pour deux ».

Une équipe dynamique, composée de plusieurs bénévoles, oeuvre pour sélectionner les pilotes, organiser des entraînements et des projets pour donner du plaisir aux personnes en situation de handicap.

J’en profite pour en citer deux dont l’implication force l’admiration : Marc et Nadège.

J’ai été à leur contact pendant plusieurs semaines, car accompagner une personne atteinte de cécité ne s’improvise pas.

Un essai concluant

L’idée a fini par faire son chemin : je brûlais d’envie d’aider une personne, mais ne voulais pas la mettre en difficulté.

Je suis donc allée au mois de juin au Bois de Vincennes pour faire un test, voir si j’étais capable de devenir les yeux d’une autre personne.

J’ai demandé au responsable, Marc, de me dire en toute franchise, à la fin de la session, si j’en étais capable.

Malheureusement, ce soir-là, la personne que je devais accompagner, Céline, n’était pas présente : j’ai donc joué le pilote de Marc, l’organisateur de l’événement, afin qu’il se rende compte de ma façon de conduire un tandem et de mon aisance pour guider un non-voyant.

Mon baptême de tandem a été épique : je n’étais jamais montée sur un tel engin !

Pas facile de coordonner ses gestes avec son partenaire. Certaines manoeuvres ne sont pas évidentes.

Marc a essayé à plusieurs reprises de déséquilibrer notre vélo afin de voir mes réactions.

Il m’a aussi donné des consignes pour m’indiquer comment accompagner pour le mieux un déficient visuel : il faut dire absolument tout ce qu’on voit, anticiper ce qui va se passer pour coordonner les gestes, être rassurant et très à l’écoute.

J’ai ensuite accompagné Pierre, un non-voyant, sur quelques centaines de mètres en course à pied avec une longe : je me suis dit que ce serait plus facile, étant donné que je maîtrise la discipline.

Mais la démarche n’est pas du tout la même : il faut s’adapter à la personne pour l’accompagner au mieux, trouver les bons mots pour la rassurer et la guider.

À la fin de cette soirée, Marc m’a annoncé que mon test était réussi, mais qu’il faudrait bien sûr faire d’autres entraînements et surtout, rencontrer la personne que je devais accompagner sur le duathlon. La notion de confiance est indispensable.

Malheureusement, la période des grandes vacances ne m’a pas permis de rencontrer Céline : nous nous sommes appelées pour en apprendre plus l’une sur l’autre et j’ai essayé de la rassurer sur notre challenge à venir…

 

Le duathlon de Chantilly, une double première

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De ma vie, je n’ai jamais fait de duathlon ou de triathlon : pour mes préparations sur des ultras, je croise les entraînements afin de soulager mes articulations et de faire des activités portées.

Je ne suis donc pas une novice en cyclisme et en natation, même si quelques cours vont s’imposer avant de me lancer sur une vraie compétition : ma façon de nager laisse quelque peu à désirer, même si je reste plutôt rapide et endurante.

Pour ma partenaire, Céline, c’était aussi une grande première !

Mais laissez-moi vous la présenter : cette jeune femme de 23 ans, pétillante, pratique l’aviron.

Positive et pleine d’humour, elle s’est façonné un petit univers autour de son compagnon attentionné, Guillaume, et de son fidèle Zed, un magnifique chien guide d’aveugle.

La Bee adore les animaux et n’a pu qu’être séduite par Zed. C‘est le chien dont tout le monde peut rêver : attentif, protecteur, doux, un tantinet têtu et glouton.

Après avoir recueilli les sensations de Céline, nous avons réglé notre tandem et parlé de notre objectif du jour : simplement franchir la ligne d’arrivée, mais en ayant pris du plaisier.

Je dois bien l’avouer, la pression était à son comble pour moi – allais-je être capable de conduire Céline, de la rassurer, de la mener au bout de ce challenge ? – et comme à mon habitude, j’ai décidé de plaisanter un peu pour détendre l’atmosphère.

En selle pour l’aventure !

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Nous avons gagné le parc à vélos déterminées, après avoir reçu les consignes de Marc.

Après un départ plutôt difficile car plusieurs personnes dans le parc à vélos n’ont pas compris qu’il y avait des déficients visuels et nous ont poussées et parfois sévèrement interpelées, nous nous sommes donné le signal pour monter en selle.

Un moment crucial et délicat, car si la coordination est mauvaise, c’est la chute assurée et je savais que c’était un peu la hantise de Céline – elle avait fait un cauchemar à ce sujet dans la semaine.

Après quelques tours de pédales un peu hésitants, je me suis sentie à l’aise, mais un paramètre est venu quelque peu gâcher la fête : le bruit des voitures.

La circulation ne pouvait être interrompue sur  23 kilomètres : par moments, nous étions sur une file, parfois sur deux.

Céline a mal vécu le passage des véhicules, leur bruit et était anxieuse à l’idée d’être percutée.

Je me suis rapidement rendu compte que je ne parlais pas assez et qu’il fallait davantage la rassurer, car chaque sursaut provoquait un déséquilibre du vélo.

Le pilote doit alors rééquilibrer le tandem pour ne pas chuter.

J’ai vite compris que si je ne faisais rien, cette expédition allait virer au cauchemar pour Céline : j’ai donc commencé à lui parler de ma vie, de mon fils, pour lui changer les idées, en lui disant que j’étais une maman très protectrice et que je ne mettrais jamais personne en danger, puis je lui ai posé des questions sur la sienne.

L’atmosphère étant plus détendue, nous avons alors imprimé un certain rythme, dépassant même certains compétiteurs.

J’ai décrit à Céline tout ce que je voyais, anticipant les ronds-points, les virages, pour ne pas la déstabiliser.

Nous avons trouvé que les kilomètres défilaient plutôt vite et nous avons même réussi à plaisanter à un moment où Céline a lâché les pédales : les pédaliers n’étant pas dissociés, nous aurions pourtant pu chuter.

Le plus ? Céline a été grandement encouragée sur le parcours, par des spectateurs mais aussi des coureurs, et elle a répondu aux remarques : je l’ai sentie heureuse d’être là, en toute humilité et simplicité, dans un beau moment de partage. Cela m’a donné des ailes.

Nous sommes arrivées sans encombres au parc, avons rapidement déposé notre tandem et entamé l’épreuve de la course à pied.

Quatre kilomètres ce n’est rien quand on est un coureur entraîné et voyant.

Mais pour Céline, un véritable calvaire a commencé : après 300 mètres de course, elle a voulu s’arrêter car elle avait une douleur au genou. Je lui ai alors dit qu’il n’y avait pas de problème, qu’il fallait se sentir bien et que nous reprendrions quand elle le sentirait.

Céline m’a avoué qu’elle ne courait jamais et qu’elle n’aimait pas cela : je lui ai dit que c’était aussi mon cas quand j’ai débuté, car je courais avec une personne qui ne faisait pas comme il fallait.

Au fur et à mesure de la discussion, une confiance s’est installée et Céline m’a demandé à certains moments de reprendre la course sur les portions où il n’y avait pas de réelles difficultés et où le  sentier était assez large, pour ne pas sentir les coureurs la frôler.

Si l’épreuve lui a paru difficile, j’ai essayé de la motiver jusqu’au bout, lui faisant entrevoir la satisfaction qu’elle aurait de franchir la ligne d’arrivée devant les yeux admiratifs de son compagnon et de son chien.

Elle l’a  fait !

Vous dire notre chrono ? Je n’en sais absolument rien : la victoire est là, c’est le principal.

Je vous parle souvent de franchir son Everest : celui de Céline était cette ligne et elle y est parvenue, c’est le seul résultat qui compte…

Mes impressions de Bee ?

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Nous avons franchi la ligne avec le sourire, mais celui de Céline était rayonnant à souhait.

J’en ai encore des frissons, rien qu’en me rappelant l’émotion palpable ressentie sur mon bras.

Je crois que c’est le plus beau cadeau que j’ai jamais reçu lors d’une course, plus parlant qu’une médaille ou une coupe : le simple « merci » de Céline a illuminé ma journée.

Je suis fière d’elle et extrêmement admirative : quelle détermination !

Certains auraient baissé les bras, mais elle, elle a tout donné, bravant son handicap et ses peurs. Une véritable championne !

Nous avons vécu un moment de partage exceptionnel, empreint de confiance et de simplicité.

Notre binôme a parfaitement fonctionné : nous avons de nombreux points communs.

J’ai bien évidemment envie de continuer, mais j’ai aussi apprécié l’épreuve et son ambiance : l’envie de tester le triathlon recommence à me démanger. L’ambiance des épreuves était magique.

Cette épreuve donne une belle leçon de vie : bien des coureurs se plaignent et ne sont jamais satisfaits de leurs temps, etc.

Bien des handicapés aimeraient simplement avoir la possibilité de courir, de pratiquer normalement leurs activités, de ressentir de la joie…

Ayons conscience de la chance que nous avons et restons humbles…

 

Merci à l’association IVSHN pour sa confiance et le privilège qu’elle m’a accordé en me faisant vivre un tel moment.

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Le défi estival de la Bee. Final part : « Veni, vidi, vici »… Amavi !

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Challenge réussi ! J’ai gravi mon Everest !

Je ne pouvais que reprendre des paroles de César pour faire écho à l’épisode précédent, même si je les ai quelque peu détournées.

Les larmes me viennent en réalisant le parcours que j’ai accompli : un pari fou, quelques séances d’hypnose pour soigner une phobie liée à un traumatisme, des semaines d’entraînement pour devenir une Beerunneuse qui puisse faire concurrence aux chamois – enfin là, il y a encore du travail ! – et des heures sacrifiées à ma famille.

Mais aujourd’hui, le résultat est là, avec une performance inespérée : je suis finisher, 122ème au  classement et 4e V1F en 7 heures 26 !

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Pourtant, si on remonte à la veille de la course, toutes les conditions étaient loin d’être réunies.

Retour sur une aventure extraordinaire qui représente pour moi une véritable victoire intérieure…

J-1 : une météo apocalyptique

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Étonnamment, je me suis trouvée relativement détendue cette veille de course.

Sachant que je n’allais pas profiter de mon Loulou le lendemain, j’avais décidé d’aller passer l’après-midi au Lac de la Terrasse avec lui.

Bien mal m’en a pris, car je ne savais pas que le lac disposait de structures gonflables qu’il faut escalader, dévaler, etc.

Pour mon Loulou, adepte du jeu Ninja Warriors, pas de problème ! Mais pour une Bee censée se reposer et garder son énergie, ce n’est pas la même histoire !

C’était sans compter l’arrivée d’un gros orage qui m’a bien contrariée…

Imaginez : cela faisait trois jours que les épreuves de l’UT4M avaient commencé, avec une météo des plus clémentes.

On dirait parfois que cela le fait exprès : je n’avais pourtant pas besoin de ce stress supplémentaire.

J’ai commencé à paniquer, pas à cause de l’instant présent, même si les orages en montagne sont très impressionnants.

Non, j’ai pensé bien évidemment à la course du lendemain et plus particulièrement à un endroit qui était pour moi le point délicat de l’épreuve : la montée vers Chamechaude.

En arrivant sur Grenoble pour le retrait des dossards, je suis anxieuse : un écran diffuse un film des éditions antérieures.

Comme bien des coureurs une veille de compétition, je me demande alors ce que je fais là.

Je me maudis intérieurement : « Te voilà bien avec ton vertige ! Quand est-ce que tu cesseras de sauter sur tous les défis qu’on te propose ? Et tes chaussures, sont-elles adaptées à un terrain de montagne glissant ? D’ailleurs, comment une traileuse qui s’entraîne en région parisienne, qui plus est sujette au vertige, peut-elle espérer arriver au bout d’une course avec un tel dénivelé ? Tu vas avoir l’air fin avec tes bâtons parmi des montagnards expérimentés ! »

Bref, un very bad trip que j’oublie très vite en arrivant au contrôle du matériel : je me rends compte à ce moment-là qu’on est bien loin des trails avec un faible dénivelé auxquels je suis habituée.

Plus de 2750 de D+, une météo incertaine et des sentiers étroits, je commence à comprendre pourquoi on nous demande autant de matériel.

J’avoue avoir été sceptique pour la frontale – en pleine journée, quel intérêt ? – mais en voyant la brume et la pluie qui tombe dru, je commence à saisir l’importance de chaque accessoire.

bénévoles

Rien n’est laissé au hasard et les bénévoles contrôlent scrupuleusement chaque sac : j’en profite pour demander si un brief aura lieu en raison de la météo. Une des bénévoles m’annonce alors que le parcours a été modifié, raccourci, et que la montée vers Chamechaude n’est pas maintenue. Me voilà rassurée !

Je me rends confiante vers le retrait du dossard : je porterai le numéro 4108.

Il ne me reste plus qu’à activer ma puce pour commencer l’aventure et à récupérer mon sac de bienvenue : mention spéciale aux tongs collector « I love UT4M » très girly qui ne peuvent que plaire à une Bee ! Le stress est alors évacué.

Je ne sais pas pour vous, mais c’est surtout l’aspect logistique d’une course qui m’angoisse : l’hébergement, le réveil, le matériel, la navette, etc.

J’ai découvert qu’une de mes cousines habitait à Saint-Nazaire-les-Eymes, à 500 mètres du départ ! Une aubaine !

L’hébergement était tout trouvé et cela m’a surtout permis de voir les courageux traileurs engagés sur les challenges en continu courir sous la pluie et les orages : respect !

Il ne me restait plus qu’à invoquer le Dieu Râ pour changer cette épouvantable météo et surtout sécher les roches de la montagne pendant la nuit…

À l’assaut de Chamechaude !

départ

J’ai plutôt bien dormi, insouciante, pensant que l’obstacle majeur serait contourné.

Après un petit déjeuner frugal et une discussion matinale débridée avec ma cousine – eh oui, la Bee est bavarde à n’importe quelle heure ! – j’ai ouvert les volets : point de pluie, mais un temps assez nuageux.

J’ai rejoint le départ où j’ai retrouvé Nicolas qui après quelques photos m’a annoncé que le parcours ne serait finalement pas modifié.

L’angoisse est revenue instantanément, mais plus le temps de faire demi-tour, ni l’envie d’ailleurs : je n’avais pas fait toute cette préparation pour rien !

Après un brief succinct, confirmant l’ascension vers Chamechaude, le départ est donné.

Vous dire que j’ai été à l’aise sur le parcours ? J’ai surtout évité de réfléchir, me concentrant sur l’aventure que je vivais et les paysages extraordinaires qui s’offraient à moi.

J’ai aussi eu la chance pendant la première heure de course de partager des moments avec des trublions qui à mon avis travaillent sur « Rires et chansons » : blagues triviales, humour potache, humour noir m’ont fait oublier les précipices et le sol glissant.

Puis pendant les deux heures suivantes de montée, un véritable combat a commencé avec moi-même : après le Col de la Faïta, sous la brume, les singles sont devenus plus glissants.

Ce passage sur les crêtes a marqué le début d’un calvaire.

Pour ne pas céder aux sirènes de ma phobie, j’ai songé à des choses positives : la fierté qu’aurait mon fils si je franchissais la ligne d’arrivée, ma propre satisfaction après tant de préparation, ma guérison après une grave maladie, le plaisir et l’équilibre que m’apporte le sport dans ma vie, les moments de partage que je peux avoir grâce au trail et l’assurance que cela m’a donné…

Je n’ai ainsi plus fait attention aux précipices et au temps passé jusqu’au Habert de Chamechaude : l’équipe de bénévoles m’a alors accueillie avec une telle chaleur que je suis repartie affronter MON obstacle regonflée à bloc.

L’ascension s’est révélée difficile, car le terrain était vraiment très glissant et après plusieurs heures de montée, chaque pas devient compliqué.

Un autre point m’a déstabilisée : sur une partie de la montée, on croisait des coureurs – les premiers – qui redescendaient, or le sentier était très étroit ! Certains croisements ont été assez délicats.

Mais le pire restait à venir : la descente boueuse après les crêtes !

Le vertige s’est invité justement à ce moment : ma vue s’est troublée, j’ai cru que j’allais m’évanouir, mais un autre coureur qui m’a doublée m’a ouvert la voie.

Quelques glissades et vomissements plus loin liés à l’appréhension – cette descente m’a retourné le ventre, la deuxième partie de course a commencé, mais bien moins compliquée pour ma part.

J’ai redécouvert avec beaucoup de plaisir les sentiers empruntés avec Nicolas lors de mon week-end choc.

Mais surtout j’ai eu la surprise de voir ma famille au niveau du Fort Saint-Eynard, notamment mon Loulou qui a fait quelques mètres avec moi : cela m’a complètement reboostée !

La partie allant du Fort jusqu’à la Bastille m’a paru extrêmement rapide.

J’ai en revanche éprouvé une certaine déception en constatant que le parcours avait été modifié en arrivant à Grenoble : nous avons emprunté des quais interminables au lieu de passer dans les rues commerçantes de la ville.

Certes, il n’était pas question d’y faire du shopping, mais Nicolas m’avait vanté la ferveur avec laquelle les passants encourageaient les coureurs proches de l’arrivée.

Personne sur les quais et surtout un parcours rallongé de deux kilomètres, or chacun le sait, il est difficile de gérer les kilomètres auxquels on ne s’attendait pas sur une telle course.

Mais le point d’orgue a bien sûr été mon arrivée dans la salle.

Je l’ai savourée comme aucune autre : applaudie par les autres coureurs, mais surtout soutenue par les miens qui savaient sa valeur, elle a été riche en émotions…

Un pur moment de bonheur…

Mes impressions de Bee d’après course

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Comme je l’ai ajouté à la célèbre maxime de César, « amavi » : j’ai adoré !

Quelle belle aventure dans un cadre magnifique !

Je n’ai pas tout donné pour être sûre d’arriver, mais j’ai pris un plaisir incommensurable : l’ambiance état exceptionnelle, le parcours extrêmement bien balisé, les paysages somptueux.

Malgré un épisode vomitif désagréable, j’ai vécu sereinement ma course, profitant de chaque instant.

Je retournerai certainement faire un point avec l’hypnothérapeute les jours prochains pour voir où j’en suis.

J’ai bien sûr souffert, mes cuisses ont piqué, les côtes sont raides : certains coureurs qui ont fait des courses célèbres autour du Mont Blanc estiment ces challenges plus costauds, même si l’on ne peut véritablement comparer les trails entre eux. Outre le dénivelé et la distance, les divers terrains ajoutent de la difficulté.

Mais la palme revient aux bénévoles et à l’organisation : on sent une réelle osmose et une ferveur impressionnante.

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Sébastien, le président, ne laisse rien au hasard et est entouré d’un staff tout aussi perfectionniste. Je ferai très bientôt son portrait sur ce blog.

Aucun faux pas à signaler sur l’ensemble de la course.

Après de telles épreuves, la célèbre phrase « Après l’effort, le réconfort » prend tout son sens : des équipes de kiné, des systèmes de récupération (Life + et cryo)… sont à la disposition des coureurs sur le village.

Mais surtout, l’ambiance est à la fête : toute la salle s’est levée pour accueillir le dernier finisher et les joelettes.

Tout le monde s’est ensuite réuni autour d’un buffet gargantuesque et d’une soirée dansante.

Malgré la fatigue, j’ai été impressionnée par le nombre de personnes qui sont restées et qui ont dansé, même avec des jambes raides !

L’UT4M est donc certes un challenge relevé pour lequel il faut un entraînement bien spécifique, mais c’est aussi une ambiance très singulière et une belle aventure humaine faite de rencontres de passionnés...

Mais cela fera l’objet d’un autre article…

En attendant, place à la récup avant mes nouveaux challenges !

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Le défi estival de la Bee. Part V : « Alea jacta est ! »

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Fin de ma préparation pour l’UT4M !

À sept jours de mon défi, les seules paroles qui me viennent à l’esprit sont celles d’un de mes généraux romains préférés : j’ai nommé le grand César.

Mon Rubicon ? Ce sera bien évidemment le massif de la Chartreuse dont je vous parle depuis quelques épisodes. Mais pas seulement…

Ce n’est certes pas la plus longue distance que j’aurais courue, mais en trail, les difficultés ne s’arrêtent pas à cela : on ne peut comparer nos courses en région parisienne à celles en montagne.

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S’ajoutent à la distance d’autres difficultés : la nature du terrain, le dénivelé bien évidemment, les conditions météorologiques qui peuvent prendre une ampleur phénoménale et des paramètres qui nous sont propres.

Justement, c’est là que mon second Rubicon prend sa source : mon vertige !

À quelques jours de mon défi, je voulais donc faire un bilan de ce début d’aventure, car pour moi, elle a commencé il y a quelques mois et ne se limite pas à la course…

Une Bee qui prend de la hauteur

Pas besoin de revenir sur l’origine de mon défi. Si vous m’avez suivie durant les divers épisodes de cette préparation, vous savez que mon inscription à ce challenge est liée à un problème très personnel : mon vertige.

Pour ceux qui auraient raté un épisode, je vous renvoie à l’article que j’avais écrit en cliquant sur ce lien.

Je ne remercierai jamais assez Nicolas, mon ami ultra-traileur dont je vous ai parlé maintes fois, pour m’avoir entraînée dans cette aventure, car quelle qu’en soit l’issue, j’ai enfin osé affronter mon problème pour trouver des solutions et c’est bien là pour moi une première victoire.

Oui, après quelques séances d’hypnose, j’arrive enfin à me contenir, à gérer mon appréhension du vide : ce n’est certes pas complètement gagné, car je ne me suis pas encore mise dans une situation réellement périlleuse, hormis dernièrement, sur ce promontoire dominant les calanques qui a donné lieu à une photo avec une posture un peu ridicule.

J’étais à chaque fois accompagnée par un ami, il me faut donc voir comment je vais réagir en étant fatiguée et surtout seule : l’ascension vers Chamechaude sera déterminante pour moi.

Affaire à suivre…

Une préparation intense

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De ma vie de Beerunneuse, je pense n’avoir jamais eu un tel engagement : quand je regarde quelques semaines en arrière ma préparation, je n’en reviens pas moi-même.

Que de temps consacré pour une Bee débordée entre sa vie professionnelle et familiale, qui a repris la compétition il y a seulement un peu plus d’un an !

Je suis passée de trois sorties hebdomadaires à un volume de 50 à 113 kilomètres par semaine !

Mais je ne me suis pas contentée de courir : j’ai inclus des séances de préparation physique, moi qui les fuyais dès qu’on en proposait dans mon club ! Je n’y trouvais en effet aucun intérêt.

Mais si la Bee est têtue, elle sait aussi écouter les conseils de ses coachs.

Est-ce grâce à ces séances que je ne me suis pas blessée ? Ou aux séances d’entraînements croisés ?

Sur les conseils de plusieurs amis, dont des triathlètes, j’ai en effet ajouté des séances de natation et de vélo à ma préparation.

Je suis plutôt confiante sur le plan physique, le week-end choc préparé par Nicolas m’ayant rassurée, mais on n’est jamais à l’abri de rien.

J’ai pris énormément de plaisir lors de cette préparation, ayant partagé certaines de mes sorties longues avec des amis – que je remercie au passage pour cet accompagnement.

La seule difficulté sera pour moi la phase de repos : je ne suis pas une grosse dormeuse et ai du mal à me reposer.

La semaine à venir s’annonce donc particulièrement difficile pour moi…

Mon ressenti de Bee

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À une semaine de mon challenge, je n’ai plus qu’une envie : en découdre, quelle que soit l’issue, voir de quoi je suis capable.

Je n’ai pas d’objectif précis, sinon celui de prendre du plaisir, de goûter chaque instant, d’arriver bien évidemment au bout de ma course, ce qui serait une énorme victoire pour moi.

Mes appréhensions ?

Comme je le disais précédemment, le passage le plus vertigineux pour moi : Chamechaude, avec ses sentiers glissants et un peu plus techniques, mais aussi la descente sur Grenoble, lors de laquelle je suis lourdement tombée.

Ma jambe, encore marquée par un hématome, en est le douloureux souvenir.

Peut-être était-ce un mal pour un bien, car j’ai beaucoup travaillé les descentes et mes appuis, sur des terrains de différentes natures.

Une autre appréhension est la météo : étant en vacances dans le Sud, je n’ai pris que des affaires de trail pour l’été.

Or des amis publient depuis plusieurs jours des photos de sommets enneigés sur les réseaux sociaux : n’étant pas équipée et ne remontant pas en région parisienne avant la course, je ne me sentirais pas à l’aise pour prendre le départ, d’autant que mon traumatisme d’il y a quelques années est lié à une hypothermie, à la suite de neige tombée en plein mois de juillet !

J’appréhende également un peu la gestion des bâtons : je ne suis pas une adepte de cet accessoire que je n’ai utilisé pour la première fois que lors de mon week-end choc.

Mais je me suis rendu compte qu’ils étaient indispensables sur un tel parcours : on commence la course par un kilomètre vertical.

Ne faisant pas ce challenge pour la performance, je me dis que c’est l’occasion idéale pour m’en servir : il faut bien un début à tout !

Mes envies ?

Comme je le disais précédemment, profiter à fond du moment : l’UT4M est une course avec une ambiance particulière.

Nicolas m’a souvent vanté la bonne humeur qui régnait entre les bénévoles sur les ravitaillements : ils organisent entre eux des concours, se déguisent, etc.

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Je suis excitée à l’idée de partager ces moments, de rencontrer de nouvelles personnes, car on n’est jamais vraiment seule sur un trail – bon, cela peut arriver sur certaines portions – et il existe une entraide que l’on ne voit pas toujours lors des courses sur route.

J’ai hâte que la course soit terminée pour en connaître l’issue, mais aussi pour avoir un peu de repos qui sera bien mérité : je compte en effet poursuivre mon séjour en montagne quelques jours avant de regagner la région parisienne.

Cette courte coupure me servira de transition afin de me consacrer entièrement à mes deux challenges à venir : un duathlon la semaine suivante avec un non-voyant, puis le Half Marathon des Sables fin septembre.

Mais cela est une autre aventure…

Je vous donne très vite rendez-vous pour vous parler du matériel et de la tenue que j’emporterai sur mon challenge – à moins qu’il n’y ait une tempête de neige et que je reste dans le Sud !

Merci à Jean-Luc Augier pour ses magnifiques photos – je vous invite à vous rendre sur son site professionnel http://www.lumièresdescimes.com – ainsi qu’aux membres de l’organisation de l’UT4M pour le temps qu’ils m’ont accordé, les photos, etc.

Mais j’aurai bientôt l’occasion de vous présenter toutes ces personnes dans un article.

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