Le défi estival de la Bee. Final part : « Veni, vidi, vici »… Amavi !

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Challenge réussi ! J’ai gravi mon Everest !

Je ne pouvais que reprendre des paroles de César pour faire écho à l’épisode précédent, même si je les ai quelque peu détournées.

Les larmes me viennent en réalisant le parcours que j’ai accompli : un pari fou, quelques séances d’hypnose pour soigner une phobie liée à un traumatisme, des semaines d’entraînement pour devenir une Beerunneuse qui puisse faire concurrence aux chamois – enfin là, il y a encore du travail ! – et des heures sacrifiées à ma famille.

Mais aujourd’hui, le résultat est là, avec une performance inespérée : je suis finisher, 122ème au  classement et 4e V1F en 7 heures 26 !

finisher

Pourtant, si on remonte à la veille de la course, toutes les conditions étaient loin d’être réunies.

Retour sur une aventure extraordinaire qui représente pour moi une véritable victoire intérieure…

J-1 : une météo apocalyptique

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Étonnamment, je me suis trouvée relativement détendue cette veille de course.

Sachant que je n’allais pas profiter de mon Loulou le lendemain, j’avais décidé d’aller passer l’après-midi au Lac de la Terrasse avec lui.

Bien mal m’en a pris, car je ne savais pas que le lac disposait de structures gonflables qu’il faut escalader, dévaler, etc.

Pour mon Loulou, adepte du jeu Ninja Warriors, pas de problème ! Mais pour une Bee censée se reposer et garder son énergie, ce n’est pas la même histoire !

C’était sans compter l’arrivée d’un gros orage qui m’a bien contrariée…

Imaginez : cela faisait trois jours que les épreuves de l’UT4M avaient commencé, avec une météo des plus clémentes.

On dirait parfois que cela le fait exprès : je n’avais pourtant pas besoin de ce stress supplémentaire.

J’ai commencé à paniquer, pas à cause de l’instant présent, même si les orages en montagne sont très impressionnants.

Non, j’ai pensé bien évidemment à la course du lendemain et plus particulièrement à un endroit qui était pour moi le point délicat de l’épreuve : la montée vers Chamechaude.

En arrivant sur Grenoble pour le retrait des dossards, je suis anxieuse : un écran diffuse un film des éditions antérieures.

Comme bien des coureurs une veille de compétition, je me demande alors ce que je fais là.

Je me maudis intérieurement : « Te voilà bien avec ton vertige ! Quand est-ce que tu cesseras de sauter sur tous les défis qu’on te propose ? Et tes chaussures, sont-elles adaptées à un terrain de montagne glissant ? D’ailleurs, comment une traileuse qui s’entraîne en région parisienne, qui plus est sujette au vertige, peut-elle espérer arriver au bout d’une course avec un tel dénivelé ? Tu vas avoir l’air fin avec tes bâtons parmi des montagnards expérimentés ! »

Bref, un very bad trip que j’oublie très vite en arrivant au contrôle du matériel : je me rends compte à ce moment-là qu’on est bien loin des trails avec un faible dénivelé auxquels je suis habituée.

Plus de 2750 de D+, une météo incertaine et des sentiers étroits, je commence à comprendre pourquoi on nous demande autant de matériel.

J’avoue avoir été sceptique pour la frontale – en pleine journée, quel intérêt ? – mais en voyant la brume et la pluie qui tombe dru, je commence à saisir l’importance de chaque accessoire.

bénévoles

Rien n’est laissé au hasard et les bénévoles contrôlent scrupuleusement chaque sac : j’en profite pour demander si un brief aura lieu en raison de la météo. Une des bénévoles m’annonce alors que le parcours a été modifié, raccourci, et que la montée vers Chamechaude n’est pas maintenue. Me voilà rassurée !

Je me rends confiante vers le retrait du dossard : je porterai le numéro 4108.

Il ne me reste plus qu’à activer ma puce pour commencer l’aventure et à récupérer mon sac de bienvenue : mention spéciale aux tongs collector « I love UT4M » très girly qui ne peuvent que plaire à une Bee ! Le stress est alors évacué.

Je ne sais pas pour vous, mais c’est surtout l’aspect logistique d’une course qui m’angoisse : l’hébergement, le réveil, le matériel, la navette, etc.

J’ai découvert qu’une de mes cousines habitait à Saint-Nazaire-les-Eymes, à 500 mètres du départ ! Une aubaine !

L’hébergement était tout trouvé et cela m’a surtout permis de voir les courageux traileurs engagés sur les challenges en continu courir sous la pluie et les orages : respect !

Il ne me restait plus qu’à invoquer le Dieu Râ pour changer cette épouvantable météo et surtout sécher les roches de la montagne pendant la nuit…

À l’assaut de Chamechaude !

départ

J’ai plutôt bien dormi, insouciante, pensant que l’obstacle majeur serait contourné.

Après un petit déjeuner frugal et une discussion matinale débridée avec ma cousine – eh oui, la Bee est bavarde à n’importe quelle heure ! – j’ai ouvert les volets : point de pluie, mais un temps assez nuageux.

J’ai rejoint le départ où j’ai retrouvé Nicolas qui après quelques photos m’a annoncé que le parcours ne serait finalement pas modifié.

L’angoisse est revenue instantanément, mais plus le temps de faire demi-tour, ni l’envie d’ailleurs : je n’avais pas fait toute cette préparation pour rien !

Après un brief succinct, confirmant l’ascension vers Chamechaude, le départ est donné.

Vous dire que j’ai été à l’aise sur le parcours ? J’ai surtout évité de réfléchir, me concentrant sur l’aventure que je vivais et les paysages extraordinaires qui s’offraient à moi.

J’ai aussi eu la chance pendant la première heure de course de partager des moments avec des trublions qui à mon avis travaillent sur « Rires et chansons » : blagues triviales, humour potache, humour noir m’ont fait oublier les précipices et le sol glissant.

Puis pendant les deux heures suivantes de montée, un véritable combat a commencé avec moi-même : après le Col de la Faïta, sous la brume, les singles sont devenus plus glissants.

Ce passage sur les crêtes a marqué le début d’un calvaire.

Pour ne pas céder aux sirènes de ma phobie, j’ai songé à des choses positives : la fierté qu’aurait mon fils si je franchissais la ligne d’arrivée, ma propre satisfaction après tant de préparation, ma guérison après une grave maladie, le plaisir et l’équilibre que m’apporte le sport dans ma vie, les moments de partage que je peux avoir grâce au trail et l’assurance que cela m’a donné…

Je n’ai ainsi plus fait attention aux précipices et au temps passé jusqu’au Habert de Chamechaude : l’équipe de bénévoles m’a alors accueillie avec une telle chaleur que je suis repartie affronter MON obstacle regonflée à bloc.

L’ascension s’est révélée difficile, car le terrain était vraiment très glissant et après plusieurs heures de montée, chaque pas devient compliqué.

Un autre point m’a déstabilisée : sur une partie de la montée, on croisait des coureurs – les premiers – qui redescendaient, or le sentier était très étroit ! Certains croisements ont été assez délicats.

Mais le pire restait à venir : la descente boueuse après les crêtes !

Le vertige s’est invité justement à ce moment : ma vue s’est troublée, j’ai cru que j’allais m’évanouir, mais un autre coureur qui m’a doublée m’a ouvert la voie.

Quelques glissades et vomissements plus loin liés à l’appréhension – cette descente m’a retourné le ventre, la deuxième partie de course a commencé, mais bien moins compliquée pour ma part.

J’ai redécouvert avec beaucoup de plaisir les sentiers empruntés avec Nicolas lors de mon week-end choc.

Mais surtout j’ai eu la surprise de voir ma famille au niveau du Fort Saint-Eynard, notamment mon Loulou qui a fait quelques mètres avec moi : cela m’a complètement reboostée !

La partie allant du Fort jusqu’à la Bastille m’a paru extrêmement rapide.

J’ai en revanche éprouvé une certaine déception en constatant que le parcours avait été modifié en arrivant à Grenoble : nous avons emprunté des quais interminables au lieu de passer dans les rues commerçantes de la ville.

Certes, il n’était pas question d’y faire du shopping, mais Nicolas m’avait vanté la ferveur avec laquelle les passants encourageaient les coureurs proches de l’arrivée.

Personne sur les quais et surtout un parcours rallongé de deux kilomètres, or chacun le sait, il est difficile de gérer les kilomètres auxquels on ne s’attendait pas sur une telle course.

Mais le point d’orgue a bien sûr été mon arrivée dans la salle.

Je l’ai savourée comme aucune autre : applaudie par les autres coureurs, mais surtout soutenue par les miens qui savaient sa valeur, elle a été riche en émotions…

Un pur moment de bonheur…

Mes impressions de Bee d’après course

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Comme je l’ai ajouté à la célèbre maxime de César, « amavi » : j’ai adoré !

Quelle belle aventure dans un cadre magnifique !

Je n’ai pas tout donné pour être sûre d’arriver, mais j’ai pris un plaisir incommensurable : l’ambiance état exceptionnelle, le parcours extrêmement bien balisé, les paysages somptueux.

Malgré un épisode vomitif désagréable, j’ai vécu sereinement ma course, profitant de chaque instant.

Je retournerai certainement faire un point avec l’hypnothérapeute les jours prochains pour voir où j’en suis.

J’ai bien sûr souffert, mes cuisses ont piqué, les côtes sont raides : certains coureurs qui ont fait des courses célèbres autour du Mont Blanc estiment ces challenges plus costauds, même si l’on ne peut véritablement comparer les trails entre eux. Outre le dénivelé et la distance, les divers terrains ajoutent de la difficulté.

Mais la palme revient aux bénévoles et à l’organisation : on sent une réelle osmose et une ferveur impressionnante.

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Sébastien, le président, ne laisse rien au hasard et est entouré d’un staff tout aussi perfectionniste. Je ferai très bientôt son portrait sur ce blog.

Aucun faux pas à signaler sur l’ensemble de la course.

Après de telles épreuves, la célèbre phrase « Après l’effort, le réconfort » prend tout son sens : des équipes de kiné, des systèmes de récupération (Life + et cryo)… sont à la disposition des coureurs sur le village.

Mais surtout, l’ambiance est à la fête : toute la salle s’est levée pour accueillir le dernier finisher et les joelettes.

Tout le monde s’est ensuite réuni autour d’un buffet gargantuesque et d’une soirée dansante.

Malgré la fatigue, j’ai été impressionnée par le nombre de personnes qui sont restées et qui ont dansé, même avec des jambes raides !

L’UT4M est donc certes un challenge relevé pour lequel il faut un entraînement bien spécifique, mais c’est aussi une ambiance très singulière et une belle aventure humaine faite de rencontres de passionnés...

Mais cela fera l’objet d’un autre article…

En attendant, place à la récup avant mes nouveaux challenges !

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