Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 5 : l’ultime étape…

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C’est avec beaucoup de nostalgie que je me suis réveillée sur le bivouac le matin de la dernière étape : l’aventure allait bientôt prendre fin.

Même si je n’avais étrangement plus aucun doute sur son issue, j’étais partagée entre le désir d’en découdre et celui de poursuivre quelque temps le périple.

J’ai apprécié chaque minute de sérénité dans ces immenses étendues et mon esprit a vagabondé ce matin-là sur les dunes silencieuses, comme pour les imprimer dans mes souvenirs.

L’appel du désert, vous y croyez ?

Mais pour l’heure, il n’y avait pas de temps à perdre sur le bivouac : outre nos rations d’eau à préparer, il nous fallait démonter notre tente, ce qui n’a pas été une mince affaire pour une Bee empotée. Comment rentrer une immense toile humide et ensablée dans un tout petit sac de rien du tout ?

Un tour de passe-passe plus loin – et surtout avec l’aide de Mathilde ! – l’affaire était dans le sac !

Nous avons donc emprunté le sentier quotidien de trois kilomètres qui nous menait jusqu’au poste où nous étaient délivrés les précieux roadbooks, laissant derrière nous un amas de sacs contenant les vestiges de nos dernières demeures…

Un dernier challenge d’envergure nous attendait…

Une étape variée

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Nous sommes arrivés à la table des roadbooks avec un peu d’appréhension : les étapes précédentes avaient eu leur lot de surprises, alors nous nous attendions à un parcours aux petits oignons.

Nous n’avons pas été déçus !

Ne jamais se fier à la distance sur ce type de courses : il ne s’agit absolument pas de challenges sur route – je pense en voyant les commentaires de certains coureurs sur la vitesse des concurrents qu’ils n’ont absolument pas conscience de la difficulté du parcours – mais de terrains variés avec du dénivelé !

Ajoutez à cela la chaleur et le poids d’un sac à dos…

L’étape était composée de pistes confortables de sable, mais aussi d’ascensions et de passages dans le lit d’oueds.

Mais la principale difficulté, en ce qui concerne les terrains, résidait dans la traversée d’un champ de pierres volcaniques, « Malpaís » (terrain de laves solidifiées).

Une partie particulièrement technique !

La dernière portion nous menait jusqu’à une crête, avant de redescendre, par un sentier un peu technique, vers la plage de l’hôtel Las Playitas où trônait l’arche de l’arrivée…

Quand la Bee déploie ses ailes…

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Que s’est-il passé lors de cette étape ?

Était-ce le fait de sentir que l’écurie était proche ? Les bienfaits de la méditation en pleine conscience que je parviens à mettre en place de plus en plus facilement lorsque je suis sur des compétitions ?

Il faisait pourtant particulièrement chaud pendant cette étape dont nous avons pris le départ tard.

Mais les jambes de la Bee se sont emballées, mon esprit s’est détaché de mon corps, oubliant la fatigue et les souffrances, pour ne se concentrer que sur le plaisir de l’instant.

Je n’ai pas honte de le dire, j’ai vécu une étape avec deux cents pour cent de plaisir !

Bien des gens m’ont d’ailleurs fait remarquer ma vitesse et ce sourire qui ne m’a pas quitté : j’ai couru quasiment toute l’étape, sauf dans le lit d’un oued où le soleil dardait fortement ses rayons.

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Contrairement à bien des coureurs, la traversée de Malpais ne m’a pas paru difficile : une nouvelle occasion de me rendre compte que mes Skechers Gotrail, pourtant bien abîmées lors de l’UT4M, me convenaient parfaitement.

Je n’ai pas été gênée par le relief des cailloux sous ma voûte plantaire, sensation qu’ont éprouvée maints coureurs.

Mention spéciale à deux passages du parcours : celui du Gran Tarajal où bien des gens nous ont encouragés et où une jeune bénévole déjantée avec une frimousse rouge dansait au milieu de la rue – quelle pêche ! – et la descente vers la plage de Las Playitas : malgré le sentier technique, je ne contrôlais plus mes jambes, et les encouragements d’amis photographes et de coureurs rencontrés sur le bivouac m’ont portée jusqu’à l’arche de l’arrivée.

Une arrivée mémorable

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Que d’émotion en franchissant la ligne d’arrivée de cette première édition du Half Marathon des Sables de Fuerteventura !

Non, je n’ai pas fondu en larmes – du moins pas lors de mon arrivée ! – en franchissant la ligne, après avoir traversé l’immense plage de Las Playitas.

Quel honneur d’être embrassée par l’organisateur même de la course, le pétillant Patrick Bauer !

Bon, j’avoue avoir été un peu gênée, car après quatre jours de bivouac, bien que j’aie essayé de faire un brin de toilette avec des fonds de bidons, on ne peut pas dire que je sentais la rose !

Mais il était hors de question de refuser ces embrassades et de ne pas vibrer dans la bonne humeur de cette première édition réussie : c’était un peu comme marquer l’histoire de cette nouvelle épreuve du Marathon des Sables.

L’arrivée de Mathilde, en revanche, a suscité une émotion bien singulière : nous avons littéralement fondu en larmes en nous serrant dans les bras l’une de l’autre, ravies du chemin accompli, du partage et des échanges vécus lors de la deuxième étape et sur le bivouac, de notre amitié naissante grâce à ce beau challenge.

Aucun mot ne pourrait résumer la joie et le bonheur éprouvés !

Après avoir immortalisé cette arrivée par quelques clichés, nous avons remis un pied dans la civilisation…

Confort et crustacés

À votre avis, quel a bien pu être le moteur de la Bee pour arriver aussi vite sur cette dernière étape ?

La perspective d’une bonne douche, bien sûr !

J’ai bien cru que l’île de Fuerteventura allait être en pénurie d’eau tant nous avons profité des délices du précieux liquide sur nos peaux salées et brûlées !

Mais le bonheur suprême a été de loin le shampooing : j’avais pris l’option queue de cheval pendant quatre jours, pensant que ce serait la coiffure la plus adéquate pour supporter mes cheveux graissés et sales.

Les quelques rinçages avec des fonds de bidons n’avaient été que rafraîchissants.

Pouvoir retrouver une crinière propre et la dompter m’a semblé un luxe incommensurable.

Quant à enfiler des vêtements qui sentent bon la lessive…

J’ai un petit aveu à vous faire : la dernière nuit de la course est normalement prévue sur un bivouac aménagé sur les parterres de l’hôtel.

Mais nous sommes plusieurs à avoir préféré ne pas affronter une nuit de plus la condensation et les rafales de vent sous la tente…

Bref, nous avons pris l’option Appart Hôtel.

Une soirée de gala avec remise des prix, suivie d’un buffet gargantuesque, venait clore cette aventure mémorable…

Inutile de vous dire que les plats lyophilisés ne rentraient pas dans le Top 5 Gourmet des mets proposés !

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Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 4 : un bivouac presque parfait !

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Chers Beerunners et Beerunneuses, nous nous sommes quittés la semaine dernière après l’arrivée de la deuxième étape du Half Marathon des Sables de près de 70 kilomètres, moment magique s’il en est, mais qui a eu raison de l’énergie de la Bee.

Je vous propose aujourd’hui d’ouvrir un chapitre bien particulier, avant de vous narrer la dernière étape : celui de la vie sur le bivouac.

Ayant franchi la ligne d’arrivée de l’étape longue avec un bon chrono, j’ai pu bénéficier d’une bonne partie de ma nuit et d’une journée de repos : l’occasion d’en profiter pour arranger mon cadre de vie – je pense bien évidemment à mon petit intérieur, soit mon T1bis avec moustiquaire, cuisine ouverte – et de mieux manger…

Je me suis transformée pour l’occasion en vraie petite fée du logis du désert !

Je vous propose aujourd’hui de revenir sur ces moments de temps libre que nous avons savourés à leur juste valeur, qui s’apparentaient parfois à une parodie de célèbres émissions comme « Un dîner presque parfait » ou encore « Recherche appartement ou maison »…

Chasseuse de tente parfaite

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Pourquoi aller au Club Med quand on a sous la main un bivouac 3 000 étoiles ?

S’il y a bien des moments que j’ai savourés, ce sont ceux avant le coucher du soleil : une véritable féérie.

Imaginez un plafond de constellations scintillantes…

Mais ces instants annonçaient également le moment de se coucher : il fallait parfois être motivée pour regagner ses pénates, entre le vent qui faisait claquer la toile de tente et l’humidité qui s’insinuait sournoisement.

Bien des coureurs ont eu la désagréable surprise de retrouver leur tente complètement à terre en rentrant de leurs épreuves, notamment lors de l’arrivée de l’étape longue en pleine nuit : un cauchemar après autant d’efforts et de fatigue.

Pendant mes premiers moments de temps libre, je me suis donc employée à trouver des moyens pour essayer de fixer et de tendre au maximum ma toile de tente balayée par le vent : ayant déjà fait du camping, j’avais bien sûr recouvert les bords de sable, mais je suis aussi partie à la recherche de cailloux pour bien fixer les rebords.

Une tâche difficile car d’autres coureurs avaient eu la même idée : il fallait donc aller chercher au loin les précieuses pierres fixant ma maison de fortune.

Toutefois, cet effort a été utile car il m’a apporté bien du confort pendant les nuits.

Petite astuce supplémentaire : je me servais de mon bidon d’eau et de mon sac pour ne pas avoir la toile de tente qui tombe sur la tête quand le vent soufflait un peu trop fort.

Indispensable quand on est une Bee claustro !

Ces astuces peuvent paraître anodines, mais elles évitent bien des déboires : hors de question quand on est fatiguée de dormir à l’Hôtel des Courants d’air !

Ma demeure ensablée avait des airs d’Italie : le linge ne pendait pas aux fenêtres comme dans les ruelles pittoresques de Naples, mais sur les fils de mon petit auvent.

Séchage garanti en quelques minutes !

J’ai pris mes épingles à nourrice pour attacher les vêtements…

« C’est du propre » ou les astuces hygiéniques de la Bee

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Puisqu’il est question de linge sale, laissez-moi vous donner quelques astuces pour garder un peu de féminité et de confort sur le bivouac…

Ma hantise était de sentir mauvais : je n’avais pris qu’une seule tenue et craignais de ne pas pouvoir supporter les odeurs pestilentielles de mes vêtements pendant quatre jours.

Il a donc fallu faire preuve d’ingéniosité : on se découvre sur un bivouac des talents dignes de Mac Gyver !

Prenez un bidon d’eau de 5 litres : une fois que vous en avez réservé pour votre hydratation de la journée et pour votre cuisine, il en reste toujours un peu pour faire une petite lessive.

Découpez avec votre couteau – matériel obligatoire – le fond du bidon et vous obtenez un mini lavoir idéal pour nettoyer votre linge sale.

N’oubliez pas de mettre au fond de votre sac à dos quelques savonnettes légères données à l’hôtel et le tour est joué : vous voilà propre comme une Bee neuve !

Hypocrisie, politesse ou sincérité ?

Tous les coureurs qui m’ont approchée n’ont pas été dégoûtés par d’éventuelles odeurs nauséabondes…

Mention spéciale aux gants sans eau achetés au « Vieux Campeur » : un pur bonheur pour se rafraîchir, être propre et sentir bon, après avoir transpiré pendant des kilomètres dans un sable qui vous colle au corps…

Une popote presque parfaite

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Bon, on ne peut pas dire que cet aspect ait été le plus réussi de l’aventure…

Si c’était à refaire, je n’achèterais déjà pas le même réchaud : comme je vous l’avais dit lors de la préparation de mon sac, j’en avais acheté un de la marque Esbit – comme les pastilles combustibles – ultra-léger : 14 grammes !

J’avais hésité avec un modèle plus solide et avec deux pans, qui me semblait parfaitement convenir, d’autant plus s’il y avait du vent.

Le vendeur avait fini par me convaincre d’acheter le premier modèle en me disant que c’était le plus recherché par les coureurs d’ultras : « Un gramme est un gramme sur les longues distances en autosuffisance ! »

Dans les faits, même s’il était plus lourd, le second modèle était plus adapté : difficile d’allumer un réchaud quand le vent éteint la flamme qui ne demande qu’à naître !

J’ai renoncé au café lors des petits-déjeuners, résignée…

En revanche, j’ai profité de chacun de mes temps libres pour m’offrir le luxe de manger chaud : soupes, thés et autres douceurs qu’on apprécie particulièrement dans les moments de détente…

Je suis d’ailleurs certaine que vous vous intéressez à mes retours sur les plats lyophilisés que j’ai dégustés tout au long de ce périple : il n’y a pas que ma tente qui avait des airs d’Italie, ma cuisine aussi…

J’ai élaboré spécialement pour vous un Top 5 de mes plats préférés :

– bon, on reste dans de la gastronomie de bivouac, attention !-

  • en numéro un, les pâtes poulet crème et épinards de la marque Trek’n Eat : le plat est généreux et gourmand, avec une belle texture.
  • en numéro 2, les pâtes poulet curry de la marque Décathlon : j’ai été particulièrement surprise par ce plat qui ne m’inspirait pas confiance mais qui a vraiment bon goût.
  • en numéro 3, le fameux taboulé que j’ai bien eu du mal à reconditionner au CP4, car le temps de reconstitution était trop long. Malgré ses petits pois un peu secs et ses grains de semoule durs, je l’ai particulièrement apprécié, car il était épicé comme il fallait.
  • en numéro 4, le muesli aux raisins trouvé au « Vieux Campeur »
  • en numéro 5, mes soupes Miso qui ont apporté un peu plus d’exotisme à cette aventure et ont constitué une bonne alternative quant à leur apport en sel et en hydratation.

La salle bien-être du bivouac

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Ne rêvez pas ! Nous n’avions point de masseurs ou de transats à notre disposition.

En revanche, un immense barnum rigide avait été installé et nous l’avons particulièrement apprécié pour de multiples raisons : l’après-midi, il faisait trop chaud pour se reposer dans nos tentes et cet endroit était assez frais ; certains coureurs se sont improvisés masseurs, ce qui était plutôt agréable après des épreuves difficiles ; les échanges entre coureurs étaient fréquents dans cet endroit, si on ne voulait pas rester isolé…

J’y ai fait personnellement de belles rencontres et ai beaucoup appris sur les techniques de récupération, les produits, etc.

Il est temps à présent de clore ce quatrième chapitre : je vous donne rendez-vous très rapidement pour la dernière étape de la course…

 

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Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 3 : dans le silence de la nuit…

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Prêts pour embarquer sur la deuxième étape de cette belle aventure canarienne ?

Bouclez vos ceintures, je vous emmène sur les traces d’une Bee plus déterminée que jamais !

Je ne vais pas me la raconter en vous disant que j’ai abordé cette étape longue sereinement : après quelques heures de repos l’après-midi, une discussion avec les copains sur le bivouac, de nouvelles rencontres et un repas fortement apprécié – comme il a été difficile de faire du feu avec nos pastilles Esbit à cause du vent ! – je me suis juste sentie mieux.

Ma plus grande crainte était d’avoir les classiques courbatures post course de la première étape : en prévention, j’avais pris un gel cryo et du baume du tigre avec lequel je m’étais massée.

Je craignais les 70 kilomètres annoncés après l’étape de 30 kilomètres – course et marche cumulées – de la veille, surtout le dénivelé et la nature du terrain.

Croyez-moi, nous n’avons pas été déçus : j’ai eu l’impression de vivre en une étape un condensé de tous les trails que j’avais pu faire ces derniers temps…

Un road book qui annonce la couleur

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Après une nuit un peu plus calme – les rafales de vent étaient moins fortes – et un soupçon de sommeil, je me suis réveillée déterminée à affronter cette étape tant redoutée.

On nous avait conseillés la veille d’essayer de faire ce challenge en binômes, certains passages étant assez compliqués, mais surtout parce qu’une partie de la course s’effectue de nuit : la barrière horaire était de 25 heures, il fallait donc gérer le repas du soir et éventuellement songer à une pause récupération.

Dormir en plein milieu d’immensités de sable balayées par le vent ne m’enchantait guère, je préférais encore retrouver ma tente qui me paraissait alors être un palais doré !

Avec Mathilde, nous avons décidé de faire l’étape ensemble et de marcher pendant une bonne partie du trajet.

Après notre cheminement quotidien de près de trois kilomètres pour rejoindre les bus, nous avons reçu notre nouveau road book qui a conforté nos choix : nous avons découvert avec stupeur qu’il y aurait près de 1900 mètres de dénivelé et qu’un passage se ferait sur une chaîne de crêtes.

J’ai oublié de vous dire que nous avons pris chaque jour le départ à l’heure où le soleil tape le plus fort, soit entre onze heures et midi : un paramètre qui explique aussi la difficulté des étapes, les déshydratations et parfois les perfusions.

Ce jour-là, certains ont eu la chance d’apercevoir des robinets d’eau sur le chemin et en ont généreusement profité, mais il fallait faire partie des chanceux, car l’organisation qui n’avait pas pensé qu’une horde de coureurs verraient la tuyauterie miraculeuse et en profiteraient pour abondamment s’arroser, a vite fait fermer les conduits porteurs de fraîcheur.

J’ai fait partie des heureux élus et ai généreusement mouillé ma chevelure pour me rafraîchir en attendant le départ…

Un parcours avec des terrains variés

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Oueds, falaises, tunnels, monts et dunes se sont succédé tout au long de cette étape…

Une véritable balade touristique si l’effort physique n’était pas aussi intense !

Nous avons décidé avec Mathilde de mettre en place une stratégie afin d’arriver au bout de cette interminable étape : la première partie était une succession de collines sablonneuses en plein soleil, il nous a semblé préférable de marcher un maximum pour s’économiser avant d’aborder les monts et les crêtes.

La chaleur tombe vers 17h30 sur l’île et il nous paraissait judicieux de courir plutôt à ce moment là.

Mention spéciale à un horrible tunnel assez long dans lequel il a fallu allumer nos frontales : j’ai eu une énorme frayeur, car nous avancions le dos courbé et en me redressant, j’ai senti une chose gluante sur mes cheveux.

Nous avons préféré ne pas savoir de quoi il s’agissait, même si nous avons aperçu des formes collées sur le plafond.

Nous avions également prévu de franchir le CP4 avant la nuit dans le meilleur des cas, car la chaîne de crêtes s’étendait entre le CP3 et 4 : nous avions un peu d’appréhension à l’idée de gravir les collines pierreuses de nuit.

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Nous avons réussi cet objectif fort heureusement, car les sentiers étaient plutôt escarpés à certains endroits, voire périlleux.

Portée par mon envie d’en finir avant la nuit avec ces monts, j’en ai oublié mon vertige et le dénivelé.

Une Bee déterminée en oublie ses phobies !

Nous avons traversé de somptueux paysages pendant la journée, dont des falaises majestueuses qui se détachaient au bord d’une mer turquoise.

Un pur plaisir visuel !

Une Bee sous la nuit étoilée

L’organisation avait demandé à chaque coureur d’allumer sa frontale et de fixer des bâtonnets lumineux sur le sac à partir de 19h30, sous peine de pénalités.

Nous étions au sommet du dernier mont à ce moment là, nous avons donc effectué toute la descente dans une semi-obscurité.

Le CP4 a enfin pointé le bout de son nez…

La difficulté sur une étape longue est de gérer l’alimentation : je ne mange jamais beaucoup sur les courses, mais pour avoir suffisamment d’énergie pour aborder la nuit, une pause repas était nécessaire.

J’ai dégusté le meilleur taboulé lyophilisé au monde !

Certes, je n’ai pas pris le temps de le réhydrater complètement – les petits pois étaient encore croquants – mais je l’ai savouré jusqu’au dernier grain.

Après une vingtaine de minutes, nous avons repris la route, fermement décidées à arriver le plus vite possible.

Quelques passages nous ont un peu effrayées : la traversée d’une route avec des voitures qui arrivaient assez vite, l’entrée d’une ville où des épouvantails squelettiques trônaient sur des vélos, des brouettes et autres objets, nous avons longé une falaise et n’arrivions pas à estimer sa hauteur en entendant le bruit des vagues qui se fracassaient contre les parois.

Petit épisode mémorable : une pause pipi derrière un rocher d’où est sorti un crabe !

A-t-il été ébouillanté ? J’ai vite détalé sans attendre la réponse…

La toute dernière partie dans les dunes nous a semblé interminable : nous apercevions le bivouac au loin et quand nous avions l’impression de l’atteindre, il s’éloignait de plus en plus. Illusion d’optique ?

Nous avons franchi main dans la main la ligne d’arrivée à 1h15 du matin, éreintées mais heureuses d’avoir atteint notre objectif…

Mes impressions de Bee

bivouac matin

Dire que cette étape a été une partie de plaisir serait prétentieux : elle a été source d’abandon pour un certain nombre de coureurs.

Mais j’ai néanmoins apprécié sa diversité, son côté technique qui la rendait particulièrement exigeante.

Vous connaissez mon goût pour les courses de nuit, alors bien sûr, j’ai été comblée : courir sous les étoiles a un charme particulier, j’aime ce silence, cette ambiance singulière…

Dans un désert, c’est encore une autre dimension, rien à voir avec l’esprit d’une Saintélyon où l’on n’est jamais seule, ou d’un trail de nuit classique.

J’ai aussi apprécié les diverses rencontres tout au long du parcours : nous avons échangé sur nos vies avec un coureur français, refait le monde avec un duo d’Anglais, ri en traversant un genre de forêt de buissons avec un groupe…

La magie du trail a une nouvelle fois opéré chez la Bee et ces images fortes sont celles qui resteront ancrées dans ma mémoire, bien au-delà de la fatigue que j’ai pu ressentir…

Cette fameuse nuit, après notre arrivée, je n’ai pas eu l’envie de faire des chichis de toilette ou autres : j’ai directement plongé dans mon duvet sans chercher à attendre le marchand de sable qui était d’ailleurs certainement passé depuis belle lurette…

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Je vous donne très vite rendez-vous pour la suite…

 

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 2 : une première étape déroutante

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Mon premier chapitre s’est clos avec mon installation sur le bivouac et le fameux barbecue d’accueil qui constitue le dernier « véritable » repas avant l’autosuffisance.

Si l’ambiance est en apparence détendue, le stress commence à monter et la fatigue se fait sentir : c’est l’occasion de discuter avec quelques coureurs de leurs expériences respectives et de voir comment ils abordent ce périple.

J’ai notamment pu recroiser Gloria avec laquelle j’avais longuement discuté et sympathisé dans l’avion : elle a à son actif un palmarès incroyable, puisqu’elle a déjà participé à cinq Marathons des Sables !

Comme vous pouvez vous en douter, nous n’avons pas traîné nos guêtres – c’est le cas de le dire ! – très longtemps : la plupart des coureurs ont regagné leur tente assez tôt afin de bénéficier des bienfaits d’une nuit réparatrice…

Mais c’était sans compter sur le climat particulier de l’île…

Une première nuit agitée

premier jour

Fuerteventura est une île des Canaries balayée par le vent : j’avais eu l’occasion d’y séjourner une quinzaine de jours il y a quelques années et j’avais le souvenir de magnifiques spots dédiés au kite-surf.

Plusieurs championnats s’y déroulent : j’avais assisté à des démonstrations et me souviens d’un pratiquant qui s’était blessé en retombant fortement sur les flots.

Je me suis tapie sous ma tente, espérant y trouver un peu de sérénité après une première journée intense…

Mais j’ai bien vite compris qu’il allait être difficile de sombrer dans les bras de Morphée

Ma toile de tente, fouettée par le ballet incessant du vent, n’a cessé de claquer toute la nuit, ma balise a clignoté : je n’avais pas de matelas sous mon duvet, mais n’ai pas ressenti d’inconfort contrairement à d’autres coureurs.

J’ai eu plus jeune un accident de voiture qui m’a contrainte à dormir longtemps sur du dur et ne suis pas incommodée par ce type de contrainte.

Mais le pire restait à venir : deux grosses averses, contre toute attente, sont venues mouiller nos toiles, les rendant humides et créant un genre de condensation.

Des gouttes se sont formées à l’intérieur des tentes, mouillant les duvets.

Inutile de vous dire qu’entre le vent et l’humidité, la Bee a peu dormi…

Mon estimation de temps de sommeil ? Une heure, dixit ma montre TomTom !

Ce n’est pourtant pas le genre de périple sur lequel il faut partir épuisée !

Nous avons été réveillés à 7 heures – du moins j’aurais aimé que ce soit un vrai réveil ! – par une musique et après quelques préparatifs sommaires, nous avons émergé de nos tentes : je ne sais si c’est réconfortant, mais une bonne partie du bivouac avait passé la même nuit que moi.

Après avoir avalé un petit-déjeuner gastronomique – un muesli lyophilisé au chocolat – et healthy, nous avons rejoint le point de départ des cars où on nous a remis le roadbook de notre première étape.

Une première étape exigeante

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Nous sommes un peu restés perplexes en découvrant le profil de cette première étape : nous nous attendions à une immersion en douceur, mais il n’en a rien été.

Ok, je sais ce que vous allez vous dire : « Oh, le dénivelé n’est pas aussi important que sur certaines courses de montagnes, comme l’UT4M ».

Certes, mais il ne faut pas oublier plusieurs paramètres : la chaleur – il faisait 42 degrés, le poids du sac, le terrain technique et bien d’autres surprises.

Notre périple a commencé par une ascension assez longue en plein cagnard, avant de redescendre sur la somptueuse et immense plage de Cofete : lors du brief, on nous avait prévenus qu’il fallait essayer d’atteindre le seizième kilomètre avant un certain timing, car la marée recouvrait ensuite la plage.

premier jour 2

J’ai bien un petit détail croustillant à vous raconter, mais je n’ai pas de photos à l’appui, désolée : arrivée sur la plage, j’ai cru pendant quelques instants que je souffrais de déshydratation et que cela générait des hallucinations !

J’ai aperçu au loin des silhouettes aux contours flous…

J’ai cru rêver, mais non ! Il s’agissait bel et bien de nudistes !

Ce petit détail nous a bien fait rire avec mes adversaires mexicaine et espagnole : nous avons en effet eu bien du mal à avancer tant nos jambes étaient rendues lourdes par le sable, nous devançant chacune à tour de rôle.

Au bout de cette interminable mais somptueuse plage a commencé une nouvelle ascension, dans un genre de petit canyon.

Mais le plus difficile restait à venir : l’ascension d’une immense dune au sommet de laquelle se trouvait le CP 2.

Pendant quelques instants, je me suis dit qu’il s’agissait d’une transposition du mythe de Sisyphe, sauf que dans notre cas, il n’y avait pas de rocher, juste du sable !

Un véritable cauchemar !

À peine montions-nous d’un pas que nous redescendions de deux…

Pour corser le tout, la dune était en plein soleil, bien sûr.

Mais la Bee est rusée, et plutôt que d’aborder la dune de front, j’ai fait une ascension en diagonale : j’ai malgré tout perdu énormément d’énergie et les deux litres d’eau, en arrivant au sommet, n’ont pas été de trop !

Les derniers kilomètres m’ont semblé interminables jusqu’au bivouac, mais je m’en suis plutôt bien sortie, sans déshydratation ni coup de chaud…

Le bilan de cette première étape

J’ai terminé l’étape 1 à la quatrième place – chez les féminines – et ai pourtant eu l’impression de ne pas avancer…

Je crois que cette arrivée a été pour moi la plus intense : en franchissant le portique, les larmes sont montées.

J’ai pris conscience, je pense, de ce que j’étais en train de vivre, du chemin que j’avais parcouru depuis quelques années, depuis ma maladie qui m’avait privée de toute activité physique.

Vivre une telle expérience permet de relativiser bien des choses…

Ne vous y trompez pas, Half Marathon des Sables ne signifie pas « difficultés revues à la baisse » : seule la distance est raccourcie, mais plusieurs coureurs, qui avaient disputé le MDS, ont trouvé que le parcours était tout aussi exigeant.

Le taux d’abandons sur cette première journée a d’ailleurs été assez important : de telles courses nécessitent un minimum de préparation, sans compter les conditions climatiques et les autres paramètres.

Je consacrerai un chapitre entier à nos occupations sur le bivouac lors de notre temps libre, afin de ne pas me répéter.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le prochain chapitre…

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Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 1 : installation

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Ce chapitre pourrait bien ressembler à celui d’Alphonse Daudet et de ses fameuses Lettres de mon moulin dont je vous parlais cet été…

Mais il ne sera pas question de lapins !

Inutile de revenir sur les motivations qui m’ont poussée à vivre cette aventure, je vous en ai déjà longuement parlé en amont.

Aussi je vous propose de revivre mon aventure à partir du moment où nous sommes descendus du car qui nous a conduits jusqu’à l’hôtel de La Pared à Fuerteventura, point de départ de notre périple.

J’ai volontairement découpé en plusieurs chapitres les divers moments de la course pour vous donner l’aperçu le plus précis possible de ce qui pourrait vous attendre si vous décidez de signer l’année prochaine.

Prêts à embarquer ? Go !

Rencontres et affinités

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J’avais décidé de venir à Fuerteventura un jour avant la course afin de m’acclimater, mais aussi de me reposer après une semaine de travail éprouvante.

Ce fut l’occasion de rencontrer de nombreux runners qui avaient eu la même idée que moi et de sympathiser : nous avons ainsi papoté, nagé et partagé quelques repas avec Mathilde, ce qui nous a permis de voir que nous avions quelques affinités.

Cette étape peut paraître anodine, mais elle permet déjà en amont de constituer un peu la configuration du bivouac, surtout quand on part seule à l’aventure.

Pour une Bee, malgré son côté sauvage, il est essentiel d’avoir un environnement amical positif : le relationnel fait partie intégrante de la course à mon sens.

Un car nous a conduits le lundi matin avant le départ de la course jusqu’à l’hôtel La Pared où ont eu lieu toutes les formalités et où nous a été servi un gigantesque buffet.

Contrôles et choix de dernière minute

Cette première partie n’est pas la plus amusante, mais elle est nécessaire : à notre arrivée, nous avons tous reçu un roadbook très général afin de nous présenter les grands principes et les règles de la course.

Nous avons ensuite patienté – zut ! Je n’avais pas gardé mon maillot de bain sur moi pour profiter de la belle piscine de l’hôtel ! – avant de nous rendre vers les points de contrôle.

Il a fallu en premier lieu récupérer le combustible pour nos réchauds – un mail nous avait informés que plusieurs compagnies aériennes n’autorisaient pas le transport des pastilles Esbit – que nous avions acheté via le site de la course.

Puis nous avons déposé nos valises renfermant les derniers vestiges de notre confort – adieu vêtements frais aux senteurs de lessive, produits de beauté, chaussures… – avant de nous rendre sur les points de contrôles.

Ce challenge nécessite des examens médicaux spécifiques : un certificat médical propre à la course et un électrocardiogramme au repos.

Tout est contrôlé au premier poste : attention, si vous êtes comme moi asthmatique, veillez à bien faire préciser à votre médecin que vous êtes susceptibles d’utiliser de la Ventoline et ayez une ordonnance que vous remettrez – ce produit peut être dopant !

Je n’en ai heureusement pas eu besoin, mais il vaut mieux prévenir que guérir comme le dit l’adage.

Le deuxième poste concernait le poids du sac – on vous indique une fourchette sur le site, ce qui occasionne en général de belles surprises : j’ai découvert que le mien pesait 7,5 kilos.

Inutile de préciser que le sac, sur ce type de courses, représente un vrai handicap : il n’est pas aisé de courir avec trop de poids, surtout quand on a le gabarit d’une Bee !

Mais il est trop tard, il fallait y penser avant : votre valise est déjà récupérée et vous devez conserver les denrées avec l’énergie demandée pour les quatre jours !

Je ne vous cache pas que pour ma prochaine expérience, je serai plus légère !

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

Après les contrôles, c’est la pose de la balise et la remise des dossards : fixez bien l’un et l’autre, car leur perte entraîne de nombreux points de pénalités.

Petite remarque : la balise clignote et cela m’a sensiblement gênée sous la tente pendant la nuit. Si j’ai la chance d’aller un jour sur le MDS, je prévoirai un petit cache.

En route pour le bivouac !

vers le bivouac

Une fois les formalités accomplies, un photographe immortalise le moment : souvenirs souvenirs…

Puis il est l’heure de partir vers le bivouac : une petite randonnée de plus de 7 kilomètres dans le sable afin de s’habituer à ce qui nous attend.

Je pense que nous avons tous à ce moment là réalisé l’envergure du challenge qui nous attendait, entre la chaleur, le poids du sac, le type de terrain et le dénivelé.

Quelques dunes plus tard et nous apercevions enfin le bivouac…

Installation

bivouac

Imaginez un champ de tentes sur une étendue désertique, comme un décor de film d’anticipation…

Du sable, des dunes, juste quelques pales d’éoliennes pour nous rappeler que la civilisation n’est pas si loin…

Les tentes sont disposées par îlots de six ou sept : après avoir pris votre bidon de 5 litres d’eau, on vous demande alors d’en choisir une que vous conserverez jusqu’à la fin de votre aventure.

Autant vous prévenir, point de loi Carrez pour votre logement de la semaine !

Mais n’allons pas nous apitoyer : cela fait partie de l’aventure !

Mention spéciale pour le traitement de la toile qui confère une obscurité absolue…

Certes, elles ne sont pas conçues pour les grands : mon mètre soixante-seize a un peu souffert, mais j’ai redécouvert les bienfaits de la position foetale…

Une fois l’installation terminée a lieu un brief avec les organisateurs du Half Marathon des Sables dont Patrick Bauer, une vraie messe solennelle dont nous ne ratons pas une miette, en bons disciples.

Un grand barbecue y succède afin de marquer le début de l’aventure et de l’autosuffisance alimentaire : le vent, le froid et peut-être l’appréhension du lendemain font que personne ne s’est éternisé ce soir là sous le barnum géant…

pretes

Je vous retrouve rapidement pour découvrir la deuxième journée de ce périple avec la première étape…

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