Une Bee sur les terres des Raramuri Part II : Roadbook et installation

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Dans la première partie de mon récit, je vous ai laissés à bord du célèbre train El Chepe dans lequel nous avons passé des moments conviviaux entre coureurs, organisateurs, kinésithérapeutes et journalistes.

Interviews, photos, conversations débridées allaient bon train.

Mais j’ai surtout découvert un peu mon double dans le genre déjanté et j’avoue que cela m’a plutôt plu : avant l’ultra, je ne connaissais aucun des membres de notre équipe de Globe Trotteuses.

J’avais juste rencontré Delphine à une session running avec la boutique KM42 à Paris et nous avions ensuite partagé une sortie à la station de trail de Bures-sur-Yvette avec son compagnon Benoît : je savais donc que l’ambiance serait bonne sur la course, car nous étions dans la même attitude positive, fans d’aventure.

Le petit-déjeuner à bord du train nous a permis de faire connaissance avec Emilie et Catherine et d’évoquer nos visions et notre façon d’aborder la course.

Étant novice sur de telles distances, j’ai apprécié de pouvoir échanger avec des championnes de la discipline et d’avoir leurs conseils.

Mais je me suis aussi vite aperçue que nous avions un peu les mêmes délires avec Émilie. Je ne me doutais pas alors que mon aventure allait devenir « notre aventure » et que nous allions passer des moments aussi déjantés.

Un seul point à bord est venu me rappeler que nous ne partions pas en colonie de vacances, mais bel et bien pour un ultra trail réputé extrêmement difficile de 190 kilomètres et 10 000 de D+ : le roadbook distribué par Jean-François…

Un roadbook qui annonce la couleur

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La lecture du roadbook m’a immédiatement plongée dans une réalité : la montée à bord de El Chepe m’avait transportée dans un autre univers et à une autre époque, me faisant vivre un rêve éveillé.

Celui d’une petite fille qui partageait avec ses parents devant le petit écran ses désirs d’évasion et sa curiosité.

Mais il allait falloir prochainement passer aux choses sérieuses : l’ultra trail !

La Bee à ce moment là a eu comme un coup de sang !

J’ai alors évoqué avec certains membres du groupe mon principal point faible pour notre discipline, sur lequel je travaille depuis près d’un an : mon vertige.

En lisant quelques paragraphes concernant des passages de la course, je pense m’être en effet décomposée, voire liquéfiée : « traversée du rio sur un pont suspendu », « très longue montée éprouvante », « parcours hors-piste de 82 kilomètres avec 5 500 m de D+ »…

OK, je savais bien que je ne m’étais pas engagée pour une sortie au Club Med, mais le fait de visualiser ces mots a eu un effet choc dans mon esprit.

Allez, on rassemble ses sens ! On respire comme Morgane, ma sophrologue, me l’a si bien appris lors de nos séances, on ne laisse pas l’appréhension envahir son petit corps de Bee, il sera bien assez tôt une fois que l’on sera sur place.

J’interroge – une nouvelle fois, le pauvre ! – Jean-François sur la difficulté du parcours pour une Bee sujette au vertige et novice dans ce genre de challenge.

Il m’assure que je suis capable de surmonter ma phobie et qu’à part un passage ou deux – mon Dieu ! Mais c’est déjà suffisant pour que je reste tétanisée pendant des heures ou que je sois aspirée dans un gouffre sans fond ! – je devrais m’en sortir.

J’essaye de faire bonne figure pour masquer mon anxiété et m’en sors comme à mon habitude par une pirouette humoristique, mais au fond de mon être, mes tripes sont chamboulées.

Lorsque Fabienne et Emma, les deux charmantes journalistes de la chaîne qui diffusera notre aventure, viennent me trouver pour m’interroger sur mes motivations, je ne peux cacher mon appréhension.

Mais que suis-je venue faire dans cette aventure ? N’aurait-il pas été plus simple d’aller me tester dans une contrée moins lointaine, et pourquoi pas de trouver un endroit comme l’an dernier en France dans la Tour Eiffel – un grand moment de fierté quand j’ai dit à mon fils que nous pourrions aller ensemble au deuxième étage ! – ou encore sur le massif de la Chartreuse lors de l’UT4M ?

Non, je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller m’engager sur un challenge qui me paraît d’un coup titanesque et dans lequel j’ai embarqué sponsors, famille et amis !

C’est bien là le côté tête brûlé de la Bee, mais que voulez-vous, j’aime l’aventure, les challenges, me retrouver en pleine nature et me confronter à mes démons, me dépasser, me dire que je suis vivante et que j’ai échappé à des situations tellement critiques que rien ne peut à présent m’ébranler.

Alors ce ne sont pas deux ou trois ponts suspendus et passages étroits au-dessus du vide qui vont m’effrayer… Quoique…

Découverte de la Barranca et installation

 

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Après 8 heures de train, nous avons enfin atteint Divisadero, le point de départ de notre course, qui culmine à 2 400 mètres.

À peine arrivés, nous n’avons eu d’yeux que pour elle, cette fameuse Barranca del Cobre, qui nous est apparue dans son immensité, minérale : des monts à perte de vue et des canyons.

Happée par ce paysage irréel, j’ai immédiatement ressenti une sorte de malaise – ou peut-être était-ce lié à l’altitude : j’avais en face de moi les fameuses montagnes auxquelles j’allais devoir me confronter !

On ne peut que rester sans voix devant un tel panorama, mais passé l’effet de surprise, j’ai immédiatement cherché – parfois je me demande si je ne suis pas dingue ! – dans ces amas gigantesques de pierres la trace de ponts de singe et autres…

En vain, bien évidemment, même si j’apprendrai plus tard que près de moi se trouvait l’un d’eux qui constituait dès le début de la course mon premier obstacle mental.

femmes marché

Nous avons ensuite mangé dans un magnifique restaurant qui surplombe la Barranca avant d’aller faire un petit tour de marché : des femmes avec leurs enfants vendaient en effet certains articles locaux, comme des paniers, des bijoux, des sacs et autres pour les touristes.

Une fois nos emplettes faites, nous avons gagné l’auberge dans laquelle nous avons été hébergés : Jean-François avait trouvé plus judicieux cette année d’aller dans cet endroit pour que nous partagions quelques instants de notre quotidien avec les indiens, et j’avoue que la formule m’a immédiatement séduite, même si je trouvais absolument fabuleux le premier hôtel où nous avions mangé, surplombant les canyons.

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L’endroit était simple et sans prétention, mais chaleureux et efficace pour ce genre d’événement.

Après un repas du soir typiquement mexicain – soupe, purée de haricots et viande – nous sommes allés nous coucher avec des images extraordinaires dans notre esprit…

Une rencontre du troisième type

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Mais le plus incroyable restait à venir : nous avions une journée pour préparer nos sacs, avoir un brief et nous reposer, le décalage horaire n’aidant pas.

Mais nous avons choisi avec Émilie – que j’appellerai désormais Mimi pour plus de facilité et parce que j’affectionne ce surnom – d’aller à pied jusqu’à l’hôtel de la veille pour y boire un verre et surtout, avoir du WIFI pour donner des nouvelles à nos proches.

Nous y avons retrouvé d’autres coureurs, mais surtout, une belle surprise nous attendait à notre départ : des indiens Raramuri étaient en effet déjà arrivés pour la course – Jean-François avait été les chercher dans leurs villages avec les journalistes.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être déconnecté temporellement ? De devenir un personnage d’une quelconque fiction ?

C’est exactement ce qui m’est arrivé en apercevant le célèbre Arnulfo dont il est énormément question dans Born to run. Eh bien ce héros, dont la photo célèbre illustre la couverture du livre, prenait vie devant moi, au bord des mythiques canyons : un rêve éveillé !

Comment ne pas être humble et intimidée devant une telle personne !

Je me suis focalisée sur ses pieds et sur les sandales – huarachi – qu’il portait.

Après deux ou trois sourires échangés, nous sommes parties avec Mimi nous préparer pour le début de notre aventure…

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À suivre…

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4 réflexions sur “Une Bee sur les terres des Raramuri Part II : Roadbook et installation

  1. Pignard dominique 9 mai 2018 / 9 h 52 min

    Que dire . Tu as eu la force en toi . Tu as réalisé ton défi . Tu as vécu une super expérience et decouvert un jolie pays . Tu as partager avec ces gens des choses inoubliables . Bravo à toi et un grand chapeau 👍👏👏👏👏👏

    Aimé par 1 personne

    • beerunneuse 16 mai 2018 / 16 h 08 min

      C’est adorable Dominique. Oui, j’ai adoré cette aventure. Que de beaux partages !😃

      J'aime

  2. Requin 12 mai 2018 / 21 h 51 min

    J’ai hâte de découvrir la suite de votre aventure la Bee avec vos émotions et belles rencontres 😉

    Aimé par 1 personne

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