Un programme sportif à la carte dans le Morvan

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Je vous ai emmenés hier sur de magnifiques parcours de trail que j’ai découverts le week-end dernier dans le Morvan, pendant un voyage de presse.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises : la région offre tout un tas d’autres attraits pour les sportifs et leur famille.

Pour une Bee qui aspire à croiser ses entraînements pour la préparation de ses ultras, afin de soulager ses articulations, ce territoire est un véritable paradis !

J’ai d’ailleurs immédiatement eu une pensée pour mes amis triathlètes en découvrant un spot idéal pour leurs disciplines variées : sentiers de VTT, lacs, la nature généreuse offre de multiples possibilités.

Mais ce qui m’a particulièrement plu, c’est d’avoir pu sortir de ma zone de confort en découvrant de nouvelles activités.

Le petit plus ?

Elles peuvent toutes se partager en famille, ce qui est un excellent argument pour ne pas vivre nos passions en égoïste.

Pour les plus téméraires, il y a même moyen de vivre le grand frisson.

Jugez-en par vous-même…

Au gré du courant

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Depuis quelques années, un élément m’attire indéniablement : l’eau !

J’ai en effet pu éprouver ses vertus lors de mes diverses préparations de courses et ai remarqué qu’il m’apaisait.

À mon retour du Mexique, j’ai ainsi décidé de prendre quelques cours de natation pour apprendre le crawl – qui sait, peut-être aurais-je un jour l’envie de me lancer sur un triathlon ?

Quand j’ai reçu le descriptif de notre séjour, j’ai un peu tiqué en voyant le mot « rafting » : « Encore un coup à se retrouver dans l’eau, coincée sous mon embarcation !  » me suis-je immédiatement dit.

Je ne me sens pas encore suffisamment à l’aise avec la nage pour ne pas appréhender de me retrouver dans le courant après avoir chuté de l’embarcation.

Certes, j’ai pratiqué le surf et le paddle, parfois sur une mer agitée, mais étrangement cela ne m’a jamais angoissée.

Pour tout vous dire, je n’imaginais même pas qu’il pouvait y avoir des courants aussi forts dans les rivières du Morvan.

Et pourtant…

Il faut dire que le nombre de barrages explique ce phénomène.

Deux rivières du Morvan sont réputées pour leur fort courant : le Chalaux et la Cure.

Notre GO Élodie avait choisi de nous faire découvrir l’activité avec Hervé qui travaille au sein d’une société d’activités nautiques : Angie Kayak.

Après avoir enfilé une combinaison renforcée et avoir écouté quelques consignes de sécurité, nous avons embarqué à quatre à bord d’un raft pour une balade sur le Chalaux de près de 6 kilomètres.

J’avoue ne pas avoir fait la fière, assise sur mon boudin, quand nous avons commencé à manoeuvrer l’embarcation.

Notre instructeur, fort pédagogue, nous a fait exécuter quelques manoeuvres contre les rochers et j’ai peu à peu gagné en confiance en m’apercevant que l’attache qui maintenait les pieds permettait, en étant un peu gainée, de ne pas passer par-dessus bord.

Je me suis parfois tout de même retrouvée projetée au milieu de l’embarcation, mais à aucun moment je ne suis tombée à l’eau.

J’ai même poussé le bouchon à la fin jusqu’à sauter dans le courant et à me laisser porter.

Si vous êtes plus téméraires, vous pourrez essayer l’hydro speed : équipés d’une combinaison, d’un flotteur et de palmes pour vous diriger, vous glisserez au gré du courant.

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Frissons garantis !

Je vous rassure, si faire monter votre taux d’adrénaline ne vous intéresse pas, vous pourrez essayer des activités plus calmes : nous avons pour notre part fait du pédalo le dimanche après-midi et cela peut être particulièrement physique.

Pour découvrir plus calmement les cours d’eau, il est aussi possible d’utiliser un paddle ou un canoë.

À moins que vous ne préfériez les observer de loin sur votre serviette de plage !

La tête dans les airs

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On ne présente plus ma principale phobie : j’ai nommé mon vertige !

Après l’activité assez remuante de rafting, Élodie nous avait concocté une petite surprise qui demandait un peu de prendre de la hauteur : la grimpe d’arbres.

Une fois arrivée dans les bois, j’ai bien vite compris ce qui m’attendait : d’épaisses cordes pendaient autour d’un gros arbre et en levant la tête, on pouvait apercevoir des hamacs.

L’idée de refuser l’activité s’est immédiatement imposée à mon esprit, mais je n’ai pas réussi à la formuler catégoriquement : quelques minutes plus tard, j’avais enfilé un harnais et m’apprêtais à vivre une expérience inouïe.

L’idée était d’aller prendre l’apéritif dans des hamacs en haut de l’arbre.

Un argument de taille me direz-vous : que ne ferait-on pas pour une bonne petite bière fraîche ?

Seul hic : il fallait se hisser à la force des bras jusqu’à ceux-ci.

Pour la Bee, ce fut mission impossible : la mienne était bien moins ambitieuse que celle des autres – je ne suis pas fan de bière de toutes les façons – et consistait à rester en l’air le plus haut possible pour gérer ma phobie.

Mission accomplie : pendant que mes comparses vidaient des bières et mangeaient le succulent pain d’épices local, j’ai fait une séance de méditation à 4 mètres au-dessus du sol.

Un pur bonheur ! Une vraie réconciliation avec les arbres et le vide !

Bon, j’ai dû en revanche attendre pour manger ma tranche de pain d’épices et prendre l’apéritif !

Plaisirs terrestres

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Mais comme je vous le disais au début de cet article, il y en a pour tous les goûts, rassurez-vous : si l’air et l’eau ne sont pas vos éléments, vous pourrez garder les pieds sur terre et pratiquer des activités plus classiques mais tout aussi intenses, comme le vélo, le VTT – il y a une multitude de parcours ! – ou encore la randonnée et l’équitation.

C’est encore trop remuant pour vous ?

Alors pourquoi ne pas s’adonner aux plaisirs de la table : les vins ont une renommée qui n’est plus à faire dans la région et la gastronomie bourguignonne est plutôt riche !

Pour tout vous dire, après être sortie de table, la Bee a parfois songé à une activité dont elle n’est pas coutumière : la sieste !

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Je vous souhaite en tout cas de prendre autant de plaisir que cela a été le cas pour moi en découvrant cette région.

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Le Morvan, un spot de trail à découvrir

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Ce week-end, j’ai eu l’immense honneur d’être invitée en voyage presse avec une équipe de journalistes et de blogueurs pour découvrir une région à quelques encâblures de Paris : le Morvan.

Mais il ne s’agissait pas à proprement parler que d’un voyage touristique, car le fil conducteur était le trail.

Comme vous vous en doutez, inconcevable pour une Beerunneuse de répondre par la négative à une telle proposition : dès qu’il s’agit de chausser des baskets, je réponds toujours présente.

Mais je ne me doutais pas à quel point ce séjour allait être sportif, ni combien cette région avait d’intérêt pour la pile que je suis.

Prenez place, je vous emmène faire une jolie promenade, non loin de la région parisienne, dans une nature verdoyante et riante…

Une région méconnue

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J’avoue être souvent passée non loin du Morvan pour me rendre vers mes destinations estivales, mais jamais je ne m’y suis arrêtée : il n’y a pas de grands axes vraiment directs, et pourtant, cela vaut le coup de faire un petit détour !

En parlant de mon séjour à venir, plusieurs personnes m’avaient dit ne pas connaître la région ou alors que c’était un endroit superbe.

Situé en Bourgogne-Franche-Comté, le Morvan est un massif de basse montagne dont le point culminant, le Mont Folin, se situe à 901 mètres d’altitude.

Certes, on ne trouve pas de hauts sommets comme dans certaines régions de France, mais la région est très vallonnée et boisée, ce qui n’est pas pour déplaire à la Bee en quête de dénivelé.

Autre atout majeur : le réseau hydrographique est dense et la région abonde de lacs artificiels.

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Adeptes des sports nautiques, vous allez être surpris par le nombre d’activités qu’il est possible d’y pratiquer !

Mais avant d’évoquer tous les sports que nous avons essayés et ceux auxquels vous pouvez vous adonner, je vous propose de nous attarder sur ma passion, le trail, qui était le fil conducteur du week-end.

Une grande variété de terrains

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En arrivant dans ce splendide parc national, mes baskets ont tout de suite commencé à me titiller.

La Bee traileuse s’est réveillée, tandis que le réseau téléphonique disparaissait : une véritable immersion en pleine nature, loin de la modernité et de l’excès de communication dont nous sommes souvent les victimes.

Logées loin de tout dans des chalets tout en bois, nous avons eu l’espace d’un instant l’impression de nous retrouver dans le décor de « La petite maison dans la prairie » : des champs et des étangs tout autour de nous !

Nous étions accueillis, pendant toute la durée du séjour, par Arnaud et Laura qui travaillent à l’office du tourisme : ils nous ont parlé d’un énorme projet autour du trail afin d’exploiter les ressources de la région.

Neuf circuits balisés ont été créés, de distances et dénivelés différents, afin de parcourir les plus beaux sentiers du Morvan :

  • « Les grandes ventes » affiche une distance de 7,150 km pour 200 D+
  • « Les sources de l’Yonne », 15,5 km pour 477 D+
  • « À la conquête de Bibracte », 23 km pour 1000 D+
  • etc.

L’idée est à chaque fois de se faire plaisir d’un point de vue sportif, tout en découvrant des endroits touristiques ou des curiosités.

Un petit livret donne le détail du circuit et les noms des lieux et curiosités.

Vous pouvez télécharger les tracés en cliquant ici.

Accompagnés de deux traileurs de renom, nous avons découvert deux parcours somptueux autour de cascades, dont celle appelée le Saut du Gouloux, avec des terrains bien différents : des sous-bois moussus, des sentiers au milieu de feuillus avec des ornières et des cailloux, des pistes de VTT, etc.

Point de goudron dans ce cadre idyllique, mais un grand nombre de ponts et de rivières que la Bee a allègrement traversés en fredonnant l’air du « Petit pont de bois » de Yves Duteil.

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Mes impressions de Bee

Autant le dire tout de suite, je suis conquise par le projet « Morvan Trail » et par la région : inutile de rappeler que je suis une amoureuse des cadres champêtres et des coins de nature préservés.

Ce qui m’a particulièrement semblé intéressant pour des coureurs qui comme moi habitent en région parisienne, c’est le dénivelé qu’offre la région pour s’entraîner sur des ultras en montagne par exemple : quasiment 600 de D+ sur un des parcours de 13 km que nous avons fait !

Que demander de mieux à seulement deux heures et des poussières de Paris !

L’alternance forêts de pins et de feuillus n’est pas non plus sans rappeler les paysages de montagne : combien de fois me suis-je d’ailleurs fait la réflexion !

Certaines côtes et descentes m’ont paru assez techniques, notamment une que nous avons abordée juste après le pique-nique, pour descendre du Rocher du Chien et aller jusqu’au parking : le filin métallique disposé sur l’un des côtés de la descente n’était pas de trop, entre les racines et le dénivelé.

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Je suis partie un peu frustrée car je n’ai pas vraiment eu le temps de courir autour des lacs – le week-end est passé tellement vite !- mais un ami journaliste belge qui était hébergé autour du lac des Settons et qui en a fait le tour, soit 15 kilomètres, a adoré l’endroit.

Bon, c’est certes plat, mais les paysages sont juste sublimes et cela peut permettre de faire un peu de fractionné et de vitesse.

Que l’on soit traileur débutant ou confirmé, il me semble que la région permet de trouver son compte et de repartir satisfait.

Nous avons également croisé des randonneurs qui prenaient beaucoup de plaisir à arpenter à leur rythme les sentiers ombragés : les parcours me paraissent parfaitement accessibles avec des enfants.

Je me suis même projetée l’espace de quelques secondes faisant un trek avec mini Bee !

Il y a donc fort à parier que je reviendrai traîner mes guêtres – celles du Marathon des Sables peut-être d’ailleurs – dans ces forêts touffues et ressourçantes.

Avant de vous quitter et de clore cette partie trail, je tenais à vous informer qu’une course a justement lieu dans la région le week-end prochain : le Morvan Oxygène Trail.

Au programme, plusieurs distances dont un ultra de 83 kilomètres.

Alors si vous n’avez rien de prévu le 30 juin et que vous avez envie de chausser vos baskets pour découvrir en famille une magnifique région, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je vous donne rendez-vous demain pour découvrir la suite de ce périple sportif dans le Morvan.

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part VIII : un final riche en émotions

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Les meilleures choses ont une fin : j’ai tardé à relater toute cette aventure au Mexique, goûtant et revivant chaque instant par le biais de ma plume, comme si je voulais encore y garder un pied, faire perdurer l’émotion ressentie.

Ou plutôt les émotions qui ont été intenses, car cette dernière portion du parcours a laissé place à tout autre chose que la course en elle-même : le loisir et la performance physique se sont effacés au profit de la dimension humaine.

Ce challenge a pris une teinte inattendue : il est devenu partage, sentiments, chaleur, tendresse et jouissance, un retour aux fondamentaux qui vous font relativiser bien des choses dans votre petite existence confortable.

Mais reprenons le fil de notre course, là où la Bee l’avait laissé en début de semaine : cette fameuse pause à Cuitado.

Partage et épicurisme

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Après une courte pause méditation dont les bénéfices ont été immédiats, j’ai rejoint l’équipe du CP pour avaler un petit café avant le départ : certains endroits sont magiques, il y règne une certaine atmosphère, on s’y sent bien et ils nous paraissent familiers, sans que nous ne puissions l’expliquer.

Cuitado en aura fait partie, et après avoir rapidement étudié le roadbook avec Mimi, nous avons quitté avec un peu de nostalgie le paisible village vers 18 heures.

Nous voulions avancer de nuit jusqu’au prochain CP – la portion jusqu’à Bore ne faisait que 20 kilomètres – pour y faire une courte pause et n’avoir plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.

Nous devions longer un cours d’eau pendant une bonne partie du parcours, et après avoir quitté le village, nous nous sommes bien vite rendu compte que mettre du long serait judicieux pour éviter de servir de pâture aux moustiques.

Il faut croire que le cuir de la petite Normande est moins coriace que celui de la Limousine, car Mimi, en à peine quelques mètres, pouvait déjà enregistrer deux ou trois piqûres.

Alors que nous nous changions au sortir du village, un superbe coucher de soleil s’est présenté à nos yeux : splendeurs de la nature qui font jaillir des émotions contenues !

Immédiatement, nous avons la même pensée : ce sera le dernier coucher de soleil de cette fabuleuse aventure dans une nature préservée.

L’émotion nous étreint, les larmes montent sans que nous ne puissions les contrôler.

Une embrassade empreinte de tendresse et nous décidons de nous mettre en route, sinon à ce rythme, nous risquons de faire de l’ombre à Coluche dans le célèbre film Banzai, offrant nos peaux fatiguées aux moustiques voraces.

La portion est plutôt roulante, sablonneuse et ne présentera aucune difficulté dans sa première moitié.

Mais nous sentons bien que la fatigue est présente : nous faisons quelques arrêts gastronomiques sur des pierres pour admirer la voûte céleste entièrement dégagée.

Je suis sous le charme du ballet lumineux des araignées dont les yeux, sous la lumière de nos frontales, se transforment en stroboscopes.

Mimi semble moins les apprécier que moi et nous décidons de nous asseoir au milieu du sentier pour les éviter.

Le corps humain est une machine surprenante, et que dire de notre mental ?

Moi qui suis phobique des serpents et des insectes, je suis passée à côté d’un scorpion, dard relevé, sans aucune réaction, alors qu’en temps normal, j’aurais fui en poussant des cris hystériques.

Sans vraiment le ressentir, la fatigue commence peu à peu à s’installer sournoisement…

Perte de repères

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Nous avons enchaîné nombre de côtes et de descentes, sans pouvoir évaluer la distance parcourue étant chacune adepte de la course à la sensation : inutile de vous dire qu’il n’était plus temps de lire le manuel de ma Garmin pour l’utiliser à bon escient !

Si bien que nous avons commis une erreur qui a été fatale pour ma motivation : nous avons raté une balise et sommes passées à une centaine de mètres du CP sans le voir !

Vous me direz que ce sont des choses qui arrivent en ultra.

Certes, mais cette erreur nous a valu presque 10 kilomètres de course en plus, avec une interminable montée.

Fatiguée, j’ai mis la Bee en mode pilotage automatique : j’avance sans réfléchir, des taches noires viennent obscurcir mon champ de vision.

Je n’éprouve même plus de frayeur en apercevant les yeux brillants d’animaux dans la nuit.

Lorsque Mimi fait l’amer constat que nous nous sommes perdues, je délire : je lui aurais parlé d’un portail blanc – bizarre sur une terre sans aucune habitation ! – devant lequel nous serions passées.

Je me sens à bout de forces et n’ai qu’une envie : m’allonger !

Mais je dois tenir, il le faut, ne rien lâcher si près du but !

Nous rebroussons chemin et apercevons au bout de quelques kilomètres les fameux repères que nous n’avions pas vus.

Comme la veille, tout le monde dort à notre arrivée sur le camp : mais le veilleur décide de réveiller tout le staff pour nous accueillir.

Inutile de mobiliser tout le monde, nous sommes éreintées.

Je me promène en mode zombie et n’ai même plus la force d’avaler quoi que ce soit.

Tiphaine, l’une des kinés en service, me rapportera même que je suis restée plusieurs minutes devant ma tente à me demander comment j’allais y rentrer.

Ce qui est certain, c’est que mon capital forme à cet instant est au plus bas : je songe à tout arrêter.

Mais la nuit porte conseil et je me réveille le lendemain avec une tout autre optique en tête…

Une rencontre inoubliable

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Tu t’es vue quand tu te réveilles après avoir à peine dormi deux heures en pente et parcouru 166 kilomètres ?

Sans compter ceux que tu as fait en rab !

Je me suis levée absolument euphorique en découvrant le somptueux paysage qui s’offrait à nous : des montagnes à perte de vue !

Mais la chose la plus magique était cette famille de Raramuri auprès du feu, d’une authenticité touchante.

Le temps s’arrête : on oublie la course, le chrono qui est secondaire, pour jouir de cet instant magique, inoubliable et touchant.

La Bee n’a alors qu’une idée en tête : revêtir ses habits de clown pour lier contact avec eux !

Le rire est un vecteur de communication inouï !

Pas besoin de mots pour se faire comprendre : mimiques et gestes suffisent quand on a la barrière de la langue.

Je suis sous le charme de la petite tribu indienne qui nous prépare du feu, et plus précisément sous celui de Rafaella, la grand-mère, qui me fait penser à la mienne.

Je me transforme en pitre pour la faire rire et cela marche : elle rit aux éclats.

Elle doit me prendre pour une folle, mais je continue mon spectacle.

Un premier échange tactile, une main, de la chaleur…

Je suis requinquée !

Plus rien ne pourra m’arrêter !

Rafaella fait un bout de chemin avec nous, bienveillante : elle me dit de prendre soin de moi.

Elle viendra me faire la surprise de me retrouver à l’arrivée !

Nous reprenons notre route sur le sentier de la veille.

Au moins, notre égarement nous aura servi à quelque chose : nous sommes en terrain connu !

La fin d’une aventure

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Notre périple s’est poursuivi sur une voie de chemin de fer empruntée par des enfants qui se rendaient à l’école : notre accoutrement les a fait rire.

Nous adoptons un rythme rapide pour enjamber les rails qui nous conduisent jusqu’à une gare et une ville, San Rafael, puis nous retournons dans les canyons, mais par une piste plus praticable.

Les kilomètres s’enchaînent péniblement à travers les cailloux.

Nous décidons de nous offrir une pause plaisir pour profiter de nos derniers instants de course en duo : j’ai dans ma cave portative un grand cru de smoothie lyophilisé dont Mimi risque de me dire des nouvelles et il me reste quelques graines.

Un festin !

Mais alors que nous trinquons à cette belle aventure sur le point de se terminer, nous entendons un bruit de moteur, témoin de notre proche retour à la civilisation.

Un bras sort d’une fenêtre et nous apercevons Mehidy accompagné d’Emma : ils sont venus nous suivre sur la dernière dizaine de kilomètres et nous encourager.

Nous sommes euphoriques et éprouvons tellement de joie que nous en sommes confuses.

Nous reprenons notre route, confiant nos impressions à la caméra d’Emma.

Puis petit à petit, le duo Mehidy/Emma se fait plus discret : une attention touchante pour nous permettre à Mimi et à moi de vivre ensemble notre aventure jusqu’au bout.

Et ce bout nous l’apercevons en arrivant sur la route de sable qui mène à l’hôtel.

Les larmes montent : l’émotion est intense.

Je suis en proie à un dilemme : j’ai hâte d’arriver et de franchir cette ligne, mais je retarde également ce moment qui marquera la fin de cette aventure magique.

Le son de la musique d’arrivée retentit : »The final countdown » du groupe Europe.

« La musique préférée de mon fils » dis-je à Mimi en chuchotant.

Il est un peu dans mes pensées, à quelque cent mètres de l’arrivée, comme toutes les personnes qui me sont chères… et Mimi, bien sûr, qui symbolise cette rencontre extraordinaire.

Nous fonçons main dans la main dans les bras de Jean-François, ravies de nous être dépassées et d’avoir vécu une telle aventure…

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Dans les jours à venir, je vous parlerai de ma préparation mentale et de mon équipement sur cette course.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VII : les collines ont des yeux !

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Dans la partie précédente, je vous avais quittés alors que nous étions en perdition – n’exagérons rien quand même, nous n’avions juste pas une bonne perception de la distance – avec Mimi dans les bois et que sa cheville était bien mal en point.

Soudain, après plusieurs kilomètres sur des lacets, nous parvenons enfin à une route. Je rappelle Jean-François comme convenu  – le pauvre ! Sa nuit a dû être bien tourmentée car un autre binôme avait appelé – qui me demande si la voie est goudronnée.

Je m’empresse de lui répondre que oui et que des directions sont indiquées. Il semble ne pas comprendre : logique !

Un paramètre a déformé ma vision des choses : la fatigue !

Cela fait plus de deux heures que nous désespérons d’atteindre le fameux CP 4 de San Isidro, sujettes à un genre de mirages !

Ah, la Bee ! Comme tu t’en es voulu à ce moment là de ne pas utiliser les fonctionnalités de ta montre.

« Ta Garmin au poignet, c’est pour faire joli ou accessoirement pour te fournir des données pour des ultras ? Ah mais j’oubliais : tu cours à la sensation ! Elles sont chouettes là tes sensations alors que tu te trouves au milieu de nulle part sur le bord d’une route… en sable ! » me susurre le petit diable qui habite ma conscience.

Mais oui, Mimi attire mon attention sur la route : ce n’est pas du goudron mais bien du sable !

Quelques centaines de mètres plus loin et après avoir pris quelques bouffées de poussière dans la figure – mon Dieu ! Il y a donc des gens qui roulent au milieu de nulle part, la nuit à pas d’heure, sur notre Terre ! – nous trouvons enfin le drapeau rose mentionné par Jean-François, qui indique le CP.

Nous arrivons dans un campement endormi, en riant comme à notre habitude.

Nous réveillons bien entendu le Mexicain en charge du CP par nos gloussements, mais nous n’avons ni faim, ni soif : juste envie de dormir. Nous sommes fourbues et frissonnons de froid – nous sommes en altitude – et de fatigue.

Le jeune homme nous fournit des mini couvertures Cars : vu mes jambes, j’ai l’impression de ressembler à Arnulfo avec son pagne – Dieu des Huarachi, donne-moi les mêmes jambes !- et je fais bien évidemment mon One woman show pour faire rire la galerie avant de gagner notre tente.

Il est hors de question pour moi de poser mes chaussures, mon orteil est bien trop douloureux et j’ai peur de ne pouvoir les remettre.

Mais une fois dans la tente, la fatigue s’abat sur moi comme la foudre : éreintée, je m’endors sans même prendre le temps de déplier mon duvet.

Un retour brutal à la civilisation

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Deux heures plus tard, le réveil de Mimi me tire d’un sommeil profond.

Je quitte à regret mon hôtel 10 000 étoiles pour aller avaler un café revigorant : une nuit avec seulement un pagne Cars pour se réchauffer, ça vous congèle une Bee !

J’attends avec inquiétude la sortie de ma partenaire : j’appréhende qu’elle m’annonce la fin de son aventure.

Je m’imagine déjà raconter mes pitreries aux arbres et aux rocailles pour essayer de tuer le temps.

L’immensité de la nature qui nous entoure ne m’angoisse étonnamment pas : j’avais apprécié, lors du Half Marathon des Sables me retrouver seule avec moi-même au milieu de nulle part, un moment privilégié pour laisser libre cours à la méditation.

Mais avec Mimi, nous avons noué une sorte de complicité, certes un peu déjantée, mais qui donne un charme inattendu et singulier à l’aventure.

Le suspense ne dure pas longtemps : notre maigre repos a agi sur la blessure, et après avoir avalé un plat de pâtes bolognaises digne d’un chef, nous reprenons notre route vers le CP 5, Cuitaco, à 35 kilomètres.

Je passerai rapidement notre descente vers la vallée : après avoir foulé pendant près de 111 kilomètres des roches, du sable et des cailloux, nous arrivons sur une partie en bitume que nous suivrons pendant 15 kilomètres.

Alors oui, je sais, le bitume ne fait pas rêver le traileur, mais nous avons apprécié ce changement de terrain qui nécessitait moins de concentration.

Nous avons traversé une petite ville dans laquelle nous avons photographié la voiture blanche du dentiste stationnée devant son cabinet, clin d’oeil au roadbook de Jean-François.

Mais notre soulagement a été de courte durée, car courir en plein cagnard sur de l’asphalte, ça épuise.

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Et c’était sans compter un événement inattendu qui nous a replongées dans la réalité du pays.

Plusieurs pick-up sont passés avec des hommes à l’arrière qui parfois nous sifflaient : concentrées sur notre course, nous n’y avons dans un premier temps pas trop prêté attention.

Mais un détail a interpellé Émilie : ils étaient armés !

Inutile de vous décrire notre frayeur quand quelques minutes plus tard, un de ces véhicules a freiné et a fait mine de s’arrêter !

Pendant quelques secondes, nous avons pensé qu’ils allaient nous emmener : nous avons alors quitté notre bulle de traileuses épicuriennes pour imaginer les pires scenarii, le loisir est devenu cauchemar !

Heureusement, ils poursuivront leur route, mais cet instant nous a fait prendre conscience de l’instabilité qui régnait dans le pays et du danger que nous venions de vivre : deux gringos au milieu de nulle part, sans véritable géolocalisation, hum…

Inutile de vous dire que nous avons regagné rapidement le sentier menant à Dame Nature avec bonheur : cette partie d’asphalte ainsi que cette déconvenue ne figureront pas dans le top 5 de mes meilleurs souvenirs, mais seront bien vite oubliées en découvrant les panoramas suivants…

Cuiteco, un havre de paix

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Après une petite pause sous une chaleur étouffante pour nous remettre de nos émotions, nous avons entamé une nouvelle grimpette qui nous a menées jusqu’à un somptueux lac.

Si certains sont des furieux du chrono, à votre avis, qu’ont fait votre petite Normande et votre Bee ?

Un arrêt cryothérapie ! Il fallait bien recharger en eau, non ?

Quel bonheur de goûter à la fraîcheur de l’eau du lac !

Je décide bien sûr de ne pas poser ma chaussure maintenant mon pied endolori, mais je me dis que le glacer un peu ne pourra que lui faire du bien.

Entre séances de photos et rafraîchissement, seules au monde, nous en oublierions presque la course : ces instants là, uniques, magiques, singuliers, nous ne les vivrons qu’une fois, alors autant en profiter.

Bien retapées, nous commençons une longue grimpette interminable  en plein cagnard : hallucinations – j’ai vu un homme qui me surveillait pendant plusieurs mètres avant de me rendre compte que ce n’était qu’un tronc ! – et fous rires, chansons et histoires, silences et réflexion, viendront jalonner cette portion jusqu’à notre arrivée à Cuiteco.

Cette étape marquera le 146e kilomètre et restera gravée dans ma mémoire de Bee : un village dans les montagnes où le temps semble s’être arrêté, une autre époque.

Nous traversons une petite rivière avant de parvenir en son centre, sous les regards curieux des habitants de la bourgade : j’imagine qu’ils nous prennent pour des folles dans nos accoutrements. N’ont-ils pas tort ?

Nous retrouvons avec bonheur les mines familières du staff de la course : il est environ 17h30 et nous décidons de faire une pause pour nous restaurer, visiter ce village typique et faire une micro sieste réparatrice qui se transformera pour ma part en une séance de méditation…

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Je vous laisse sur cette pause et vous donne bientôt rendez-vous pour le dernier épisode, certainement le plus riche en émotions, de ce périple.

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