Quand Belledonne refroidit l’ardeur de la Bee…

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Ce week-end se déroulait en Isère, du 22 au 26 août, le fabuleux événement de l’UT4M dont je vous ai déjà longuement parlé dans plusieurs articles.

Une course qui me tient à coeur, car comme je vous l’ai déjà dit, c’est un peu celle qui m’a mis le pied à l’étrier pour les ultras : l’an dernier, j’étais en effet finisher de mon premier trail en montagne, en arpentant le massif de la Chartreuse et en finissant au pied du podium dans ma catégorie.

Mais j’avais surtout accompli un incroyable travail sur mon vertige et m’étais senti pousser des ailes pour voler vers d’autres horizons : le Half Marathon des Sables, puis l’Ultra Run Raramuri en avril dont le parcours affichait 190 kilomètres pour plus de 10000 D+, le tout en autosuffisance.

C’est donc avec une certaine ardeur que je m’étais inscrite dernièrement à l’UT4M Master, soit 95 kilomètres et 5500 D+.

Mais j’ai découvert qu’en montagne, rien n’est jamais acquis, et que malgré toute la bonne volonté que nous pouvons mettre dans nos préparations, plusieurs paramètres peuvent nous échapper le jour J…

Quand l’avant-course rime avec convivialité

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« La météo risque de ne pas être clémente », « Il va y avoir de la neige », « On n’a pas de chance : cela fait des semaines qu’on est en pleine canicule, et justement ce week-end, on annonce une chute des températures »…

Ces quelques bribes de phrases échangées entre coureurs lors du retrait de mon dossard ne m’avaient pas particulièrement interpellée : la météo n’est pas un paramètre qui me dérange en trail, je peux courir par tous les temps.

Sauf que je ne cours quasiment jamais en montagne, je n’ai donc pas véritablement conscience du potentiel danger que cela peut représenter.

J’étais passée au contrôle très strict du matériel obligatoire et j’étais rassurée de savoir qu’il ne me manquait rien : « Une chute des températures, ça se gère », m’étais-je dit.

La météo n’est jamais très fiable en plus, il faut bien le dire : on ne va tout de même pas passer de la canicule à l’hiver ?

J’ai donc débarqué le samedi matin sans trop de stress à Grenoble, à 3 heures 30 du matin.

À peine sortie du taxi, je reconnais le minois familier d’Éric, un trailer avec lequel j’ai échangé plusieurs messages pendant notre préparation, mais que je ne connais que virtuellement.

On s’embrasse et on rigole : il est bientôt 4 heures et on se demande ce qu’on fait là, devant les navettes, avec nos têtes de déterrés.

On monte dans un bus qui nous conduit à Uriage où le départ aura lieu à 6 heures.

Ambiance ouatée : certains finissent leur nuit, tandis que d’autres ingurgitent barres et autres denrées gastronomiques du coureur pour charger à bloc leurs batteries.

Zéro stress et je me sens même plutôt bien : j’envisage ma course comme une préparation avant le Half Marathon des Sables de Fuerteventura, je viens découvrir un nouveau massif – j’ai déjà arpenté la Chartreuse deux fois – et prendre du plaisir.

Sur place, nous rencontrons Arnaud, un copain de la région parisienne : nous pestons ensemble quand on nous informe d’un nouveau contrôle du matériel obligatoire, même si nous le comprenons.

Je ne suis pas organisée et ai dû me livrer à un véritable jeu de Tétris pour faire rentrer mon matériel obligatoire et le reste : mon sac ressemble davantage à un fourre-tout qu’au Camelbak d’une bonne petite ultra traileuse et je pâlis en me disant qu’il va falloir se creuser les méninges pour tout y remettre.

Mais tant bien que mal – je pencherais plutôt vers le mal – j’arrive à tout tasser après les contrôles et je vais me positionner dans le sas avec Arnaud.

Ce dernier s’endort sur ses bâtons : le stress monte, le coup d’envoi est donné…

En route pour les sommets…

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Après un petit tour de parc où quelques supporters scandent les noms de leur favori, nous faisons un galop d’essai en montant vers le Château d’Uriage, avant de passer aux choses sérieuses avec Belledonne.

Je souris en entendant l’animateur brailler dans son micro et songe aux curistes qui sont dérangés dans leur sommeil récupérateur et thérapeutique.

Les jambes tournent bien, les voyants sont au vert, j’adopte une marche rapide sans m’essouffler.

Le jour se lève et je me sens bien, perdue dans ce silence parfois troublé par le bruit de l’accroche d’un bâton.

J’ai hâte de voir les somptueux lacs dont Nico m’a souvent parlé : je souris en le soupçonnant de m’avoir caché quelques balcons susceptibles d’éprouver mon vertige.

Mais tout se passe plutôt bien : le balisage est parfait et pas de souci de vertige.

La brume matinale met juste un peu de temps à s’évanouir, masquant certains panoramas que je tente de deviner.

Le parcours est très technique et alterne sentiers – plutôt des singles – couverts de racines et pierres, voire rochers : je ne suis pas dépaysée, j’ai un peu connu cela au Mexique.

Mais Dieu que cela monte ! Il faut vraiment y aller pas à pas et imprimer un rythme.

Arrivée à Chamrousse, je me ravitaille et fais un petit point mental : les jambes tournent sans douleurs, la tête est là, je profite !

Heureusement d’ailleurs, car le pire reste à venir…

Choc thermique sur Belledonne

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Mais que s’est-il passé ce week-end sur les cimes de Belledonne ?

Comme vous le savez, je suis adepte de cryothérapie, mais j’aime choisir les heures de mes séances !

Telle une anguille sournoise, le froid s’est peu à peu insinué, sans réellement prévenir : un invité dont on aimerait mieux se passer !

Ma tête a commencé à tourner, assez rapidement, et j’ai fait un premier malaise : j’ai vomi.

Un coureur s’est empressé de venir me voir : je l’ai rassuré en lui disant que c’était juste une réaction après un effort intense, que j’allais manger un peu.

Mais la sensation de froid s’est amplifiée…

Dans la montée vers la croix de Chamrousse, je me suis arrêtée pour enfiler des gants : sujette au syndrome de Reynaud, mes doigts se sont ankylosés, vous savez, cette sensation désagréable qu’on peut les casser, rien qu’en les effleurant.

Arrivée au ravitaillement, je décide de boire un café pour me réchauffer, mais je n’arrive même pas à décrocher mon gobelet : je ne remercierai jamais assez la petite bénévole qui me l’a enlevé et a fermé mon sac.

J’ai l’impression que mes doigts ressemblent à des Knackis – une de nos comparaisons récurrentes avec Mimi au Mexique – et qu’ils vont tomber.

Je regarde les personnes emmitouflées sur le ravitaillement et vois du givre : ce sont mes cheveux, certainement humides, qui ont gelé !

Des bénévoles nous distribuent des buffs UT4M pour nous couvrir le cou et les oreilles : le ressenti est alors en-dessous de zéro.

Je décide de vite reprendre ma route pour ne pas me refroidir plus, mais le mal a déjà frappé : je vomis de nouveau et me sens plus faible dans les montées qui me paraissent titanesques.

Jusqu’au Grand Colon, je subis ma course : ma tête est comme enserrée dans un étau, mes yeux pleurent : que se passe-t-il ?

Je fais une pause pour apprécier le paysage au sommet, je me convaincs intérieurement que tout va s’arranger, tout ne peut d’ailleurs que s’arranger, car je suis là pour vivre ma passion, prendre du plaisir…

Mais rien à faire, la descente jusqu’à Freydières est un vrai supplice : je lutte pour garder les yeux ouverts et avancer.

Dans la dernière descente avant le ravitaillement, j’aperçois mini Bee qui vient à ma rencontre : il me fait un câlin et je le serre très fort, je n’ose lui parler de mes problèmes et attends de voir mon conjoint et Nicolas pour le faire.

Nico me donne deux trois conseils – hydratation, repos… – avant de repartir et je me force à ingurgiter quelques fruits secs.

L’énergie semble revenir et je décide de poursuivre : on est au kilomètre 40 et je n’ai rien gardé depuis le vingtième kilomètre…

Mais les choses ne vont pas aller en s’arrangeant, et une dizaine de minutes plus tard, je vomis à nouveau.

Un jeune trailer vient prendre de mes nouvelles – je repartirai d’ailleurs avec lui et nous nous perdrons pendant un bon kilomètre.

À partir de ce moment, rien ne va plus et je branche mon GPS mental, mon pilotage automatique : « Arrivée à la base de vie de Saint-Nazaire dans 15 kilomètres, avancez tout droit » !

Moi qui suis adepte des portions plates pour relancer, je n’ai cette fois pas du tout apprécié la vallée qui reliait à Saint-Nazaire.

Arrivée à la base de vie, j’ai été prise en charge par les secours qui m’ont conseillé de ne pas repartir, comme je n’arrivais plus à m’alimenter.

J’ai tenté de me reposer, de m’alimenter un peu, mais rien à faire.

54 kilomètres, fin de l’aventure…

Mes impressions de Bee

Je ne vais bien sûr pas vous dire que cet arrêt a été plaisant, mais étonnamment, je ne l’ai pas mal vécu : il est dur de courir le ventre vide, avec des douleurs !

Les abandons font malheureusement partie du parcours des ultra trailers, comme bon nombre me l’ont déjà expliqué : ils sont plus vécus comme une expérience que comme un échec.

La longue distance force à l’humilité, rien n’est jamais joué…

J’ai appris plus tard que plusieurs trailers n’avaient pas suivi le même parcours – pas de montée au Grand Colon, ni à Chamechaude à cause de la météo – et avaient emprunté un sentier de repli : tant mieux pour eux, on ne va pas refaire l’histoire.

Mais je suis surtout satisfaite d’avoir parcouru Belledonne, un massif dont j’avais beaucoup entendu parler, que ce soit pour l’UT4M ou L’échappée belle.

Les sentiers sont fort techniques et les côtes de vrais murs : j’ai pourtant apprécié cette traversée de lacs, de prairies et ces raidillons qui nous ont conduits bien souvent au-dessus des nuages.

Je n’ai quasiment pas eu le vertige et ai réussi à mettre en application les préceptes vus lors de mes séances de sophrologie avec Morgane.

Le chemin est encore long pour être complètement à l’aise, mais c’est justement cette aventure qui vient pimenter mon parcours et provoque de l’excitation, qui motive la Bee.

Rassurez-vous, cette expérience est loin de m’avoir dégoûtée, bien au contraire : ma détermination est renforcée.

Je ne vis pas dans le passé, mais en tire des leçons, et n’ai qu’une hâte : vivre une nouvelle expérience déjantée qui viendra enrichir mon parcours d’ultra traileuse…

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Je tenais à vous remercier pour votre soutien et vos adorables messages si vous me lisez…

N’hésitez pas à réagir ou à partager votre expérience sur mon blog, ma page Facebook Beerunneuse ou mon compte Instagram.

En route vers les cîmes avec l’UT4M Master…

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Il y a un an, si on m’avait dit que dans à peine six jours, je serai sur la ligne de départ d’un gros challenge en montagne, j’aurais certainement éclaté de rire.

Mais il a suffi d’une rencontre avec un passionné, Nicolas, pour me faire sortir de ma zone de confort et affronter mes vieux démons : un vertige sans nom et mes crises régulières d’asthme.

Comme vous avez pu le voir depuis plusieurs semaines, j’ai choisi cette année comme challenge estival l’UT4M Master : l’an dernier, j’avais pris à la suite d’un pari le départ du 40 kilomètres de la Chartreuse, une épreuve pour laquelle j’avais entrepris diverses démarches afin de gérer mon vertige et ma phobie du vide. Cliquez sur ce lien pour voir un des articles qui y est consacré.

Je fermais en effet la porte à diverses aventures à cause de dénivelés qui me donnaient des sueurs froides rien que sur le papier.

Après quelques séances d’hypnose et un week-end choc avec Nicolas – cliquez sur ce lien – pour reconnaître le parcours, j’avais réussi en solitaire l’ascension de la Chartreuse, non sans stress et un petit vomis pour marquer le coup, me classant même au pied du podium dans ma catégorie.

Je suis d’ailleurs ravie d’avoir généré des motivations parmi vous en écrivant et partageant mon périple : je sais que plusieurs d’entre vous se sont inscrits après avoir lu mon aventure.

Je ne remercierai jamais assez Nicolas qui m’a permis de mettre un pied à l’étrier et de découvrir le monde des ultras, car depuis, je suis complètement piquée.

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Mais revenons à nos massifs et à la raison qui m’a poussée à me réinscrire sur l’un des challenges de l’UT4M : j’ai été immédiatement séduite par l’ambiance, tant au niveau des bénévoles que de l’organisation, par les paysages extraordinaires, par le gala de fin de course gargantuesque et convivial, mais ce que je trouve vraiment intéressant, c’est que tu peux venir t’éclater et faire du trail à la carte, selon ton niveau.

Jugez-en par vous-même…

 

Des challenges pour tous

 

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Pas besoin d’être un traileur émérite pour venir profiter des somptueux paysages autour de Grenoble et de l’ambiance de course : la carte des parcours proposés lors de l’UT4M s’est encore étoffée cette année de nouvelles distances.

Il y en a pour tous les goûts, en fonction de vos envies et de votre niveau : vous n’êtes pas convaincus ?

Croyez-moi, peu de challenges proposent autant de courses, puisqu’on en dénombre 12 au total :

  • pour les néophytes ou ceux qui préfèrent les petites distances, ils peuvent se confronter à un 20 km, un 17 km ou un 10, à moins qu’ils ne préfèrent les murs et s’attaquer directement à un kilomètre vertical ;
  • pour ceux qui sont un peu plus gourmands, il est possible de courir sur un seul massif, soit une quarantaine de kilomètres ;
  • pour les amoureux du long, deux possibilités s’offrent à vous : soit l’UT4M Xtrem et ses 169 km et 11000 D+ d’un coup, soit l’UT4M Challenge qui vous propose les mêmes distances mais avec un massif par jour.

Pour satisfaire toute la famille, une course est même organisée pour vos rejetons !

Je vous invite à regarder le descriptif de chaque course en cliquant sur ce lien et vous propose de vous replonger dans mon compte rendu de l’année dernière avec ce lien.

Plaisir des yeux garanti, quel que soit votre parcours !

Moi qui avais peur de la montagne et n’avais, en bonne terrienne, aucun atome crochu, je me suis laissé complètement embarquer par les paysages à couper le souffle… et les pattes !

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Mais vous êtes étonnés de ne pas voir l’UT4M Master parmi toutes ces courses ?

C’est normal, il fallait bien que je réserve une place particulière à ce challenge si singulier en ce qui me concerne…

 

L’UT4M Master, l’Everest de la Bee

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Cette année, après mon challenge mexicain qui m’a menée vers des sommets vertigineux, j’avais envie de repartir en solitaire à l’aventure, à la montagne, mais pas n’importe où : j’aime le format de l’UT4M et sa fréquentation.

La Bee n’est pas adepte des grosses courses et est agoraphobe : elle préfère les courses intimistes, avec des ambiances conviviales et bien pensées.

J’ai demandé conseil à Nicolas, tout naturellement : mon vertige n’est pas encore un dossier classé et je cherche encore des moyens probants pour l’éradiquer, ou du moins le maîtriser.

Après avoir regardé quelques photos des éditions précédentes, mon choix s’est très vite porté sur l’UT4M Master : j’ai été séduite bien sûr par les montagnes, mais aussi par les lacs qui jalonnent le parcours.

Ce détail est forcément une source de motivation pour une Bee contemplatrice !

Mais trêve de bavardages, on passe aux choses sérieuses : vous voulez savoir à quelle sauce je vais être mangée ?

L’épreuve se déroule sur 95 kilomètres avec 5500 D+.

Vous voulez une petite photo de profil pour vous faire votre propre idée ?

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Comme vous pouvez le constater, elle concerne deux massifs sur les quatre : Belledonne et la Chartreuse qui n’est plus une inconnue pour moi.

Je ne connais pas du tout le massif de Belledonne qui est minéral et exigeant, m’a-t-on rapporté : j’espère juste qu’il n’y aura pas de passages trop vertigineux, car avec la Bee, il n’y a pas trop de monde au balcon dans ces moments-là.

Les ravitaillements sont toujours assez nombreux, quelle que soit la course et on dénombre aussi des points d’eau.

Pour la petite anecdote, sachez que les bénévoles chaque année organisent entre eux des concours du ravito le plus sympa : cela donne une idée de l’ambiance et de l’accueil que vous pouvez avoir lors de vos pauses.

Mes impressions de Bee

À quelques jours de la course, je ressens une certaine forme d’excitation : je suis assez surprise car je n’ai pas d’angoisse comme cela peut m’arriver lorsque je m’élance sur un challenge avec un gros D+.

En fait, comme bien souvent, je ne me mets aucune pression : les dernières semaines ont été quelque peu difficiles au niveau de la préparation et je n’ai rien à prouver à personne.

La canicule a été un obstacle majeur pour les sorties longues et j’ai ressenti de la fatigue liée à mon année de travail et de courses.

J’ai aussi eu quelques contretemps médicaux qui m’ont fait douter quant à ma participation à l’épreuve.

Mais c’est mue par le plaisir de courir dans une belle nature, dans un cadre de rêve, que je prendrai le départ : mon maître mot sera comme bien souvent le plaisir et la jouissance du moment.

Comme je le dis souvent, l’important est de prendre le départ et de s’éclater.

Bien évidemment, j’espère être finisher, mais les épreuves longues et en montagne sont incertaines : plusieurs paramètres interviennent, comme la météo, la forme du moment, et pour moi, mes réactions vis-à-vis du vide et ma gestion de cette phobie.

Mais quelle que soit l’issue, ce sera une belle parenthèse dans mes vacances et un bon tremplin pour les aventures à suivre…

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Chaque expérience, chaque partage nous enrichit…

Atteindre des sommets avec le vinyasa yoga sur l’Arche de la Défense

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Depuis plusieurs semaines, vous voyez la Bee se rendre le lundi matin, aux aurores, à un rendez-vous bien singulier.

Comme vous le savez, je pratique tous les jours le yoga et la méditation à mon humble niveau : mais je profite souvent de l’été pour me rendre dans un studio parisien et bénéficier de cours encadrés par des professionnels renommés.

Étant une vraie pile, je n’adhère pas à toutes les formes de yoga, il faut que ce soit dynamique : je pratique ainsi essentiellement le Bikram, le Ashtanga et utilise certaines postures que je trouve complémentaires à ma pratique du trail.

De plus, j’ai beau être déjantée, le côté spirituel et mystique prôné par certains instructeurs me dépasse.

J’avais entendu parler des séances organisées sur le toit de l’Arche depuis un certain temps et avais tiqué toujours pour la même raison : mon fameux vertige !

Mais j’ai trouvé l’idée tellement insolite que poussée par la curiosité, j’ai franchi le pas…

Si j’ai réitéré l’expérience, vous vous doutez bien que ce n’est pas par pur masochisme, mais parce que j’y ai trouvé un réel intérêt…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir cette nouvelle expérience et une interview exclusive d’un des professeurs, Jean Tamalay, qui dispense les cours.

 

Une Arche énigmatique

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J’ai toujours été intriguée par ce monument architectural renfermant des bureaux, construit sur l’axe historique parisien et réalisé au cours du premier mandat de François Mitterrand.

Qu’à cela ne tienne, je me suis dit que ce serait l’occasion de découvrir un peu l’intérieur et le sommet, mais surtout d’avoir une vue à couper le souffle – ou une crise de tétanie – une fois sur le toit.

Pour ce qui était du yoga, je verrais bien une fois sur place si le professeur et la pratique me plairaient.

J’avoue avoir eu un peu d’appréhension en voyant les ascenseurs en verre à mon arrivée, le stress est monté d’un coup : aller faire du yoga pour se détendre et repartir stressée à l’idée de redescendre dans une cage en verre, quel intérêt ?

Heureusement pour moi, l’entrée se fait sur un des côtés de l’Arche et la montée, dans un ascenseur des plus classiques.

Vestiaires, toilettes, eau, tapis vous attendent à l’arrivée : un vrai plus !

Après être passée devant une immense salle d’exposition, il reste à grimper quelques marches pour atteindre le fameux toit où la vue est absolument démentielle : aucune sensation de vertige, mais l’impression de dominer la ville, d’être dans les airs.

Imaginez un genre de scène à la Titanic en version urbaine.

Une passerelle plus loin et vous arrivez au studio aérien de yoga où les maîtres des lieux, Mylène et Jean, vous accueillent avec simplicité : les tapis colorés jonchent rapidement les lattes de bois, chaque yogi ou apprenti yogi semblant apprécier à sa façon le plafond céleste et la ventilation naturelle qui parcourt les visages ouverts.

Après quelques respirations et trois « om », le cours peut commencer…

 

Jean et Mylène, des instructeurs passionnés

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Lors des différentes séances auxquelles j’ai participé, j’ai pu faire connaissance avec Jean et Mylène qui dispensent le cours et apportent des corrections lorsqu’il y a de mauvais placements.

Ce lundi, j’ai réalisé pour vous une interview de Jean qui m’a parlé avec passion de cet incroyable projet.

Jean, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean Tamalay et je suis français. À l’origine, j’étais monteur réalisateur pour des chaînes de télévision pour le cinéma. Je passais des heures enfermé dans un studio jusqu’au jour où je ne l’ai plus supporté : j’avais besoin d’air. Je me suis mis au vélo, puis au yoga.

Comme je pratiquais de plus en plus, j’ai décidé de faire une formation et j’ai lâché mon travail.

Depuis, j’enseigne dans plusieurs studios : au Centre de danse du Marais, à Yoga Mania dans le XVe, à Montparnasse, à Montrouge…

J’interviens aussi dans les entreprises.

Quel(s) type(s) de yoga pratiques-tu et pourquoi ?

Le vinyasa est ma méthode fétiche et j’aime aussi le bikram qui est très controversé, mais qui permet d’aborder le yoga comme un sport.

J’ai suivi une formation avec un grand maître, Gérard Arnaud, qui est une référence.

Le yoga, c’est la vie, une attitude pour être bien avec soi-même et les autres.

Il permet de se sentir vivant, de sentir des vibrations à l’intérieur de son corps qui entrent en résonance avec le cosmique. Mais la spiritualité est une autre histoire…

Je suis un passeur de yoga : les postures existent depuis des siècles et je crois à leur fonction, le minimum est de respecter une certaine logique dans une séance.

J’ai eu l’occasion de prendre des cours avec un maître de yoga et de la voix : Patrick Torr.

Il enseigne à chanter des mantras en restant naturel, il ne faut surtout pas surjouer pour avoir les bonnes vibrations.

Comment t’est venue l’idée de faire du yoga sur le toit de la Grande Arche ?

Mylène connaissait la responsable de la Grande Arche, qui pratique aussi le yoga.

Elle lui a donc naturellement proposé d’y dispenser des cours : le lieu est exceptionnel, symbolique avec son alignement avec l’Arc de Triomphe.

Outre le côté médiatique, l’endroit nous a séduits par sa belle ouverture de ciel : on y entend la ville et il faut se concentrer à l’intérieur de soi pour calmer les sons, l’agitation du mental.

Le lieu se prête à une sorte de méditation.

À qui s’adressent les séances ? À des débutants ou à des confirmés ?

Elles sont adaptées à tous les niveaux : l’intérêt est de ressentir la posture et nous sommes là avec Mylène pour corriger les éventuels problèmes.

Le yoga s’adapte aux personnes.

Nous avons entre 15 et 20 personnes présentes depuis le début, dont un tiers d’hommes.

L’idée n’est pas de chercher une performance, mais de donner aux gens l’envie de revenir : nous avons d’ailleurs des « réguliers ».

Ces sessions sont-elles amenées à perdurer ?

A priori, oui : tout dépendra du monde qui s’y intéressera.

Mais elles seront vraisemblablement reconduites en septembre.

Impressions et témoignages

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Pour ma part, après avoir été subjuguée par le lieu, je l’ai été par les cours : j’apprécie la simplicité avec laquelle les postures sont présentées, mais aussi la légèreté des professeurs qui ont beaucoup d »humour.

Pas de miroir pour se regarder, on est vraiment centré sur son ressenti !

Ne croyez pas que le cours ne soit pas exigeant : comme on l’a évoqué précédemment, le yoga s’adapte aux personnes, et Jean n’hésite pas à donner des indications pour les plus expérimentés qui souhaitent éprouver des positions plus « acrobatiques ».

Je suis à chaque fois partie de la session sereine, comme apaisée, rayonnante, positive.

J’ai réussi à me dépasser, à me recentrer et à être en osmose avec l’endroit.

Il faut croire que je ne suis pas la seule, car j’ai rencontré des « réguliers » tout aussi mordus que moi.

Parmi eux, Geneviève, 71 ans, qui vient toutes les semaines « pour se dérouiller, se poser pour échapper à notre monde de fous, où tout va vite. Lors de ce cours, on peut se détendre et se reposer. C’est idéal, car dans beaucoup de salles, c’est un peu l’usine : il faut rapidement filer à la fin du cours pour le suivant. On n’a pas le temps de profiter des bienfaits. Ici, tout incite à la détente : le cours et la cadre ».

 

Si vous êtes intéressé pour suivre ces sessions, sachez qu’il vous faudra attendre fin août à présent : pour vous inscrire, rendez-vous sur le site de la Grande Arche – cliquez sur ce lien pour obtenir vos tickets.

Une séance, avec la montée sur le toit, le tapis, l’eau et le cours, ne coûte que 15 euros.

Alors, prêts à vous lancer dans une aventure intérieure insolite ?

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Merci à Jean pour le temps qu’il m’a généreusement accordé.

Le Trek des Gazelles, des femmes en marche contre les cancers infantiles

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« Une vraie rencontre, une rencontre décisive, c’est quelque chose qui ressemble au destin. » Tahar Ben Jelloun

Il y a deux ans, je vous présentais une fabuleuse aventure qui se déroulait dans le désert marocain, sous la houlette de Mélanie, une jeune femme dynamique et déterminée : le Trek des Gazelles.

Vous pouvez cliquer sur ce lien pour relire l’article.

Ce projet qui a germé dans son esprit et dans celui de son compagnon Olivier, atteint d’un cancer incurable, a pris forme en octobre 2015 : pour le couple, il était inconcevable que des enfants puissent supporter de telles souffrances liées à la maladie.

Mus par leur passion de la randonnée, ils décident alors d’organiser une marche solidaire pour récolter des fonds et aider les enfants.

La première édition est lancée, portée par Mélanie qui vient de perdre Olivier.

C’est une véritable réussite, un moment de partage sincère, une communion entre femmes autour d’une magnifique cause.

Depuis, l’événement a pris de l’ampleur et a quelque peu évolué.

J’ai eu l’immense honneur de retrouver en ce mois de juillet Mélanie dont le sourire est toujours aussi radieux, et de faire le point avec elle, lors d’une interview concernant son formidable projet.

 

Mélanie, peux-tu nous présenter en quelques mots ton projet ?

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En 2018, il n’y aura pas une, mais plusieurs éditions :

  • une édition « mer » dont le départ aura lieu à Essaouira, du 29 octobre au 2 novembre 2018 et concernera 100 participantes. Le lieu d’arrivée sera la cap Tafelney.
  • une édition « découverte » dans les hauteurs de l’Atlas qui conduira les participantes à Ifrane, « la petite Suisse marocaine ». Elle concernera 150 participantes.

Ces deux treks auront lieu sans aucune notion de compétition : les femmes parcourront entre 15 et 25 kilomètres par jour, à leur rythme.

La communication et les repérages ont été faits avec l’aide des autorités marocaines qui garantissent la sécurité du trek.

Plusieurs groupes de niveaux seront organisés et gérés par des guides : les femmes n’auront plus qu’à se laisser porter.

Les dons et autres sont versés à des organisations et des associations essentiellement marocaines et servent à plusieurs actions : formation médicale des personnels, recherche, création de services, financement de journées pour les enfants  – équitation, trek, etc.

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Le Trek des Gazelles compte aujourd’hui une trentaine de personnes dans son staff, sans compter les civils et ambulanciers qui participent au bon déroulement de l’événement.

 

Pourquoi avoir choisi le Maroc pour faire vivre ce projet ?

J’ai beaucoup voyagé et ai eu un réel coup de coeur pour ce pays : je trouve qu’il représente un véritable concentré de l’Afrique.

Chaque région est différente et on retrouve sur ce territoire tous les paysages.

C’est une véritable terre du trek !

L’événement permet de découvrir de somptueux territoires, comme l’Ifrane célèbre pour sa cèdrerie et ses macaques.

 

À quels types de femmes s’adresse ce projet ?

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Il ne s’adresse pas à un type de femmes mais à toutes les femmes motivées pour participer à une cause solidaire. Il n’y a pas de barrières sociales.

Il n’est pas nécessaire d’être une grande sportive, car il n’y a pas de notion de compétition, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut chercher le dépassement de soi.

Pour les novices en trek, on fait des petits rappels en début d’édition sur les notions basiques du sport, comme l’hydratation, la gestion de l’effort, etc.

Un briefing sportif a lieu pour toutes les femmes pour préparer au mieux l’événement.

Le parcours n’est dévoilé qu’à la dernière minute, ce qui renforce la sécurité.

Nous avons remarqué sur les éditions précédentes que la moyenne d’âge était entre 40 et 50 ans, mais nous avons des participantes de 18 à 70 ans.

Cette année, la tranche des 25-30 ans était également bien représentée.

 

Quelles valeurs cherches-tu à véhiculer avec ce projet ?

J’ai avant tout envie de faire du bien aux femmes : cette aventure leur apporte beaucoup de bonheur, elles se retrouvent entre elles, sans les pressions générées par notre société.

Il n’y a plus ni jugements, ni discriminations.

Il s’agit d’une aventure sportive, mais avec une grande part de spiritualité, qui exacerbe la philosophie du trek en transmettant des messages de solidarité, d’espoir, de retour à l’essentiel.

Pour beaucoup, c’est une véritable quête de soi : en marchant, les émotions ressortent, des liens se créent, il y a comme un côté mystique.

Cet événement véhicule aussi des valeurs éthiques : on apprend à vivre en respectant la nature, les femmes rencontrent des populations locales, ont des échanges, etc.

Les valeurs sportives sont aussi à l’honneur avec la notion de dépassement de soi, que ce soit pour les femmes, mais aussi pour les enfants et les personnes privées de leur mobilité. On prend conscience de la chance que nous avons d’être vivants.

 

Comment se déroule une journée type sur le trek ?

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Les journées sont ponctuées de petits rendez-vous : nous avons la présence sur le bivouac d’un professeur certifié de hatha yoga, Marie.

Elle propose des séances au lever du soleil pour préparer à la marche, puis au petit-déjeuner.

Pour celles qui le souhaitent, Marie organise avant le dîner des séances de méditation et des groupes de partage.

Après les temps de marche, un goûter est organisé autour d’un thé et de pâtisseries locales.

Tous les produits utilisés au niveau alimentaire sont frais pour garantir une sécurité : les plats sont toujours réalisés au dernier moment.

Un des moments phare du bivouac reste celui de la douche : les femmes reviennent à l’essentiel en utilisant un simple seau et un mug. Ce rituel est en général fort apprécié.

 

Que pourrais-tu ajouter pour motiver les femmes à rejoindre cette aventure ?

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Aujourd’hui, il faut savoir que nos inscriptions sont complètes cinq minutes après l’ouverture du serveur !

Certaines femmes ont émis le souhait d’être préinscrites pour l’édition 2019 !

Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux contribuent à la réussite du projet.

Nous sommes forcément touchées par le succès que remporte notre événement, mais voulons conserver son format pour garantir la qualité de l’accueil et des relations qui se nouent.

D’autres idées germent encore pour les années à venir…

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Merci Mélanie pour cette belle présentation et ce projet solidaire en faveur des enfants atteints de cancer.

Je me joins à toutes les femmes qui y adhèrent pour lui souhaiter toute la pérennité qu’il mérite…

 

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