Une Bee sur les terres des Raramuri Part VIII : un final riche en émotions

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Les meilleures choses ont une fin : j’ai tardé à relater toute cette aventure au Mexique, goûtant et revivant chaque instant par le biais de ma plume, comme si je voulais encore y garder un pied, faire perdurer l’émotion ressentie.

Ou plutôt les émotions qui ont été intenses, car cette dernière portion du parcours a laissé place à tout autre chose que la course en elle-même : le loisir et la performance physique se sont effacés au profit de la dimension humaine.

Ce challenge a pris une teinte inattendue : il est devenu partage, sentiments, chaleur, tendresse et jouissance, un retour aux fondamentaux qui vous font relativiser bien des choses dans votre petite existence confortable.

Mais reprenons le fil de notre course, là où la Bee l’avait laissé en début de semaine : cette fameuse pause à Cuitado.

Partage et épicurisme

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Après une courte pause méditation dont les bénéfices ont été immédiats, j’ai rejoint l’équipe du CP pour avaler un petit café avant le départ : certains endroits sont magiques, il y règne une certaine atmosphère, on s’y sent bien et ils nous paraissent familiers, sans que nous ne puissions l’expliquer.

Cuitado en aura fait partie, et après avoir rapidement étudié le roadbook avec Mimi, nous avons quitté avec un peu de nostalgie le paisible village vers 18 heures.

Nous voulions avancer de nuit jusqu’au prochain CP – la portion jusqu’à Bore ne faisait que 20 kilomètres – pour y faire une courte pause et n’avoir plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.

Nous devions longer un cours d’eau pendant une bonne partie du parcours, et après avoir quitté le village, nous nous sommes bien vite rendu compte que mettre du long serait judicieux pour éviter de servir de pâture aux moustiques.

Il faut croire que le cuir de la petite Normande est moins coriace que celui de la Limousine, car Mimi, en à peine quelques mètres, pouvait déjà enregistrer deux ou trois piqûres.

Alors que nous nous changions au sortir du village, un superbe coucher de soleil s’est présenté à nos yeux : splendeurs de la nature qui font jaillir des émotions contenues !

Immédiatement, nous avons la même pensée : ce sera le dernier coucher de soleil de cette fabuleuse aventure dans une nature préservée.

L’émotion nous étreint, les larmes montent sans que nous ne puissions les contrôler.

Une embrassade empreinte de tendresse et nous décidons de nous mettre en route, sinon à ce rythme, nous risquons de faire de l’ombre à Coluche dans le célèbre film Banzai, offrant nos peaux fatiguées aux moustiques voraces.

La portion est plutôt roulante, sablonneuse et ne présentera aucune difficulté dans sa première moitié.

Mais nous sentons bien que la fatigue est présente : nous faisons quelques arrêts gastronomiques sur des pierres pour admirer la voûte céleste entièrement dégagée.

Je suis sous le charme du ballet lumineux des araignées dont les yeux, sous la lumière de nos frontales, se transforment en stroboscopes.

Mimi semble moins les apprécier que moi et nous décidons de nous asseoir au milieu du sentier pour les éviter.

Le corps humain est une machine surprenante, et que dire de notre mental ?

Moi qui suis phobique des serpents et des insectes, je suis passée à côté d’un scorpion, dard relevé, sans aucune réaction, alors qu’en temps normal, j’aurais fui en poussant des cris hystériques.

Sans vraiment le ressentir, la fatigue commence peu à peu à s’installer sournoisement…

Perte de repères

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Nous avons enchaîné nombre de côtes et de descentes, sans pouvoir évaluer la distance parcourue étant chacune adepte de la course à la sensation : inutile de vous dire qu’il n’était plus temps de lire le manuel de ma Garmin pour l’utiliser à bon escient !

Si bien que nous avons commis une erreur qui a été fatale pour ma motivation : nous avons raté une balise et sommes passées à une centaine de mètres du CP sans le voir !

Vous me direz que ce sont des choses qui arrivent en ultra.

Certes, mais cette erreur nous a valu presque 10 kilomètres de course en plus, avec une interminable montée.

Fatiguée, j’ai mis la Bee en mode pilotage automatique : j’avance sans réfléchir, des taches noires viennent obscurcir mon champ de vision.

Je n’éprouve même plus de frayeur en apercevant les yeux brillants d’animaux dans la nuit.

Lorsque Mimi fait l’amer constat que nous nous sommes perdues, je délire : je lui aurais parlé d’un portail blanc – bizarre sur une terre sans aucune habitation ! – devant lequel nous serions passées.

Je me sens à bout de forces et n’ai qu’une envie : m’allonger !

Mais je dois tenir, il le faut, ne rien lâcher si près du but !

Nous rebroussons chemin et apercevons au bout de quelques kilomètres les fameux repères que nous n’avions pas vus.

Comme la veille, tout le monde dort à notre arrivée sur le camp : mais le veilleur décide de réveiller tout le staff pour nous accueillir.

Inutile de mobiliser tout le monde, nous sommes éreintées.

Je me promène en mode zombie et n’ai même plus la force d’avaler quoi que ce soit.

Tiphaine, l’une des kinés en service, me rapportera même que je suis restée plusieurs minutes devant ma tente à me demander comment j’allais y rentrer.

Ce qui est certain, c’est que mon capital forme à cet instant est au plus bas : je songe à tout arrêter.

Mais la nuit porte conseil et je me réveille le lendemain avec une tout autre optique en tête…

Une rencontre inoubliable

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Tu t’es vue quand tu te réveilles après avoir à peine dormi deux heures en pente et parcouru 166 kilomètres ?

Sans compter ceux que tu as fait en rab !

Je me suis levée absolument euphorique en découvrant le somptueux paysage qui s’offrait à nous : des montagnes à perte de vue !

Mais la chose la plus magique était cette famille de Raramuri auprès du feu, d’une authenticité touchante.

Le temps s’arrête : on oublie la course, le chrono qui est secondaire, pour jouir de cet instant magique, inoubliable et touchant.

La Bee n’a alors qu’une idée en tête : revêtir ses habits de clown pour lier contact avec eux !

Le rire est un vecteur de communication inouï !

Pas besoin de mots pour se faire comprendre : mimiques et gestes suffisent quand on a la barrière de la langue.

Je suis sous le charme de la petite tribu indienne qui nous prépare du feu, et plus précisément sous celui de Rafaella, la grand-mère, qui me fait penser à la mienne.

Je me transforme en pitre pour la faire rire et cela marche : elle rit aux éclats.

Elle doit me prendre pour une folle, mais je continue mon spectacle.

Un premier échange tactile, une main, de la chaleur…

Je suis requinquée !

Plus rien ne pourra m’arrêter !

Rafaella fait un bout de chemin avec nous, bienveillante : elle me dit de prendre soin de moi.

Elle viendra me faire la surprise de me retrouver à l’arrivée !

Nous reprenons notre route sur le sentier de la veille.

Au moins, notre égarement nous aura servi à quelque chose : nous sommes en terrain connu !

La fin d’une aventure

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Notre périple s’est poursuivi sur une voie de chemin de fer empruntée par des enfants qui se rendaient à l’école : notre accoutrement les a fait rire.

Nous adoptons un rythme rapide pour enjamber les rails qui nous conduisent jusqu’à une gare et une ville, San Rafael, puis nous retournons dans les canyons, mais par une piste plus praticable.

Les kilomètres s’enchaînent péniblement à travers les cailloux.

Nous décidons de nous offrir une pause plaisir pour profiter de nos derniers instants de course en duo : j’ai dans ma cave portative un grand cru de smoothie lyophilisé dont Mimi risque de me dire des nouvelles et il me reste quelques graines.

Un festin !

Mais alors que nous trinquons à cette belle aventure sur le point de se terminer, nous entendons un bruit de moteur, témoin de notre proche retour à la civilisation.

Un bras sort d’une fenêtre et nous apercevons Mehidy accompagné d’Emma : ils sont venus nous suivre sur la dernière dizaine de kilomètres et nous encourager.

Nous sommes euphoriques et éprouvons tellement de joie que nous en sommes confuses.

Nous reprenons notre route, confiant nos impressions à la caméra d’Emma.

Puis petit à petit, le duo Mehidy/Emma se fait plus discret : une attention touchante pour nous permettre à Mimi et à moi de vivre ensemble notre aventure jusqu’au bout.

Et ce bout nous l’apercevons en arrivant sur la route de sable qui mène à l’hôtel.

Les larmes montent : l’émotion est intense.

Je suis en proie à un dilemme : j’ai hâte d’arriver et de franchir cette ligne, mais je retarde également ce moment qui marquera la fin de cette aventure magique.

Le son de la musique d’arrivée retentit : »The final countdown » du groupe Europe.

« La musique préférée de mon fils » dis-je à Mimi en chuchotant.

Il est un peu dans mes pensées, à quelque cent mètres de l’arrivée, comme toutes les personnes qui me sont chères… et Mimi, bien sûr, qui symbolise cette rencontre extraordinaire.

Nous fonçons main dans la main dans les bras de Jean-François, ravies de nous être dépassées et d’avoir vécu une telle aventure…

Si vous souhaitez faire un commentaire sur ce récit, poser des questions ou donner votre avis, vous pouvez le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram.

Dans les jours à venir, je vous parlerai de ma préparation mentale et de mon équipement sur cette course.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VII : les collines ont des yeux !

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Dans la partie précédente, je vous avais quittés alors que nous étions en perdition – n’exagérons rien quand même, nous n’avions juste pas une bonne perception de la distance – avec Mimi dans les bois et que sa cheville était bien mal en point.

Soudain, après plusieurs kilomètres sur des lacets, nous parvenons enfin à une route. Je rappelle Jean-François comme convenu  – le pauvre ! Sa nuit a dû être bien tourmentée car un autre binôme avait appelé – qui me demande si la voie est goudronnée.

Je m’empresse de lui répondre que oui et que des directions sont indiquées. Il semble ne pas comprendre : logique !

Un paramètre a déformé ma vision des choses : la fatigue !

Cela fait plus de deux heures que nous désespérons d’atteindre le fameux CP 4 de San Isidro, sujettes à un genre de mirages !

Ah, la Bee ! Comme tu t’en es voulu à ce moment là de ne pas utiliser les fonctionnalités de ta montre.

« Ta Garmin au poignet, c’est pour faire joli ou accessoirement pour te fournir des données pour des ultras ? Ah mais j’oubliais : tu cours à la sensation ! Elles sont chouettes là tes sensations alors que tu te trouves au milieu de nulle part sur le bord d’une route… en sable ! » me susurre le petit diable qui habite ma conscience.

Mais oui, Mimi attire mon attention sur la route : ce n’est pas du goudron mais bien du sable !

Quelques centaines de mètres plus loin et après avoir pris quelques bouffées de poussière dans la figure – mon Dieu ! Il y a donc des gens qui roulent au milieu de nulle part, la nuit à pas d’heure, sur notre Terre ! – nous trouvons enfin le drapeau rose mentionné par Jean-François, qui indique le CP.

Nous arrivons dans un campement endormi, en riant comme à notre habitude.

Nous réveillons bien entendu le Mexicain en charge du CP par nos gloussements, mais nous n’avons ni faim, ni soif : juste envie de dormir. Nous sommes fourbues et frissonnons de froid – nous sommes en altitude – et de fatigue.

Le jeune homme nous fournit des mini couvertures Cars : vu mes jambes, j’ai l’impression de ressembler à Arnulfo avec son pagne – Dieu des Huarachi, donne-moi les mêmes jambes !- et je fais bien évidemment mon One woman show pour faire rire la galerie avant de gagner notre tente.

Il est hors de question pour moi de poser mes chaussures, mon orteil est bien trop douloureux et j’ai peur de ne pouvoir les remettre.

Mais une fois dans la tente, la fatigue s’abat sur moi comme la foudre : éreintée, je m’endors sans même prendre le temps de déplier mon duvet.

Un retour brutal à la civilisation

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Deux heures plus tard, le réveil de Mimi me tire d’un sommeil profond.

Je quitte à regret mon hôtel 10 000 étoiles pour aller avaler un café revigorant : une nuit avec seulement un pagne Cars pour se réchauffer, ça vous congèle une Bee !

J’attends avec inquiétude la sortie de ma partenaire : j’appréhende qu’elle m’annonce la fin de son aventure.

Je m’imagine déjà raconter mes pitreries aux arbres et aux rocailles pour essayer de tuer le temps.

L’immensité de la nature qui nous entoure ne m’angoisse étonnamment pas : j’avais apprécié, lors du Half Marathon des Sables me retrouver seule avec moi-même au milieu de nulle part, un moment privilégié pour laisser libre cours à la méditation.

Mais avec Mimi, nous avons noué une sorte de complicité, certes un peu déjantée, mais qui donne un charme inattendu et singulier à l’aventure.

Le suspense ne dure pas longtemps : notre maigre repos a agi sur la blessure, et après avoir avalé un plat de pâtes bolognaises digne d’un chef, nous reprenons notre route vers le CP 5, Cuitaco, à 35 kilomètres.

Je passerai rapidement notre descente vers la vallée : après avoir foulé pendant près de 111 kilomètres des roches, du sable et des cailloux, nous arrivons sur une partie en bitume que nous suivrons pendant 15 kilomètres.

Alors oui, je sais, le bitume ne fait pas rêver le traileur, mais nous avons apprécié ce changement de terrain qui nécessitait moins de concentration.

Nous avons traversé une petite ville dans laquelle nous avons photographié la voiture blanche du dentiste stationnée devant son cabinet, clin d’oeil au roadbook de Jean-François.

Mais notre soulagement a été de courte durée, car courir en plein cagnard sur de l’asphalte, ça épuise.

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Et c’était sans compter un événement inattendu qui nous a replongées dans la réalité du pays.

Plusieurs pick-up sont passés avec des hommes à l’arrière qui parfois nous sifflaient : concentrées sur notre course, nous n’y avons dans un premier temps pas trop prêté attention.

Mais un détail a interpellé Émilie : ils étaient armés !

Inutile de vous décrire notre frayeur quand quelques minutes plus tard, un de ces véhicules a freiné et a fait mine de s’arrêter !

Pendant quelques secondes, nous avons pensé qu’ils allaient nous emmener : nous avons alors quitté notre bulle de traileuses épicuriennes pour imaginer les pires scenarii, le loisir est devenu cauchemar !

Heureusement, ils poursuivront leur route, mais cet instant nous a fait prendre conscience de l’instabilité qui régnait dans le pays et du danger que nous venions de vivre : deux gringos au milieu de nulle part, sans véritable géolocalisation, hum…

Inutile de vous dire que nous avons regagné rapidement le sentier menant à Dame Nature avec bonheur : cette partie d’asphalte ainsi que cette déconvenue ne figureront pas dans le top 5 de mes meilleurs souvenirs, mais seront bien vite oubliées en découvrant les panoramas suivants…

Cuiteco, un havre de paix

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Après une petite pause sous une chaleur étouffante pour nous remettre de nos émotions, nous avons entamé une nouvelle grimpette qui nous a menées jusqu’à un somptueux lac.

Si certains sont des furieux du chrono, à votre avis, qu’ont fait votre petite Normande et votre Bee ?

Un arrêt cryothérapie ! Il fallait bien recharger en eau, non ?

Quel bonheur de goûter à la fraîcheur de l’eau du lac !

Je décide bien sûr de ne pas poser ma chaussure maintenant mon pied endolori, mais je me dis que le glacer un peu ne pourra que lui faire du bien.

Entre séances de photos et rafraîchissement, seules au monde, nous en oublierions presque la course : ces instants là, uniques, magiques, singuliers, nous ne les vivrons qu’une fois, alors autant en profiter.

Bien retapées, nous commençons une longue grimpette interminable  en plein cagnard : hallucinations – j’ai vu un homme qui me surveillait pendant plusieurs mètres avant de me rendre compte que ce n’était qu’un tronc ! – et fous rires, chansons et histoires, silences et réflexion, viendront jalonner cette portion jusqu’à notre arrivée à Cuiteco.

Cette étape marquera le 146e kilomètre et restera gravée dans ma mémoire de Bee : un village dans les montagnes où le temps semble s’être arrêté, une autre époque.

Nous traversons une petite rivière avant de parvenir en son centre, sous les regards curieux des habitants de la bourgade : j’imagine qu’ils nous prennent pour des folles dans nos accoutrements. N’ont-ils pas tort ?

Nous retrouvons avec bonheur les mines familières du staff de la course : il est environ 17h30 et nous décidons de faire une pause pour nous restaurer, visiter ce village typique et faire une micro sieste réparatrice qui se transformera pour ma part en une séance de méditation…

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Je vous laisse sur cette pause et vous donne bientôt rendez-vous pour le dernier épisode, certainement le plus riche en émotions, de ce périple.

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part VI : perdues dans la nuit…

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Dans la partie précédente, je venais de franchir MON Everest, ce fameux pont suspendu au-dessus d’un rio presque à sec qui avait engendré plusieurs nuits de cauchemars et donné lieu à moultes séances d’hypnose et de méditation avant mon départ – je vous reparlerai après la fin de mon récit de cette préparation.

Après tant d’épreuves, je me disais alors que le plus dur était passé : nous approchions d’une bonne centaine de kilomètres et nous allions aborder des terrains plus propices à la course pour rejoindre en fin de challenge des pistes.

Courir en hors-piste est usant et demande une concentration maximum pour anticiper les appuis sur des terrains glissants et changeants.

Ajoutez à cela les démons de la Bee – vertige et phobie du vide – et vous obtenez rapidement un cerveau en surchauffe.

Mais d’autres paramètres redoutables allaient aussi changer la donne sur cette deuxième partie de course : la fatigue et la chaleur qui ont malmené nos organismes et ont quelque peu altéré notre mental…

Des montées sans fin

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Après une telle portion de parcours, je me sentais rassurée : j’avais fait le plus dur, plus rien ne pouvait m’arrêter.

Témoin de notre calvaire, ma jupette WAA, déchirée sur la fesse : la descente dans les cactus avait même entamé le shorty.

Que pouvait-il nous arriver de pire à présent ?

Sereines, nous avons poursuivi notre périple avec une énorme montée en zigzag, suivies de notre fidèle Raramuri balai, le sieur Lolo.

Mais après un tel début de journée, notre sac à dos fort lourd nous a semblé peser une tonne entre le dénivelé et la chaleur.

Nous avons bien vite compris que la gestion de l’eau allait être capitale.

Nous avons cheminé plusieurs heures sur cette montée usante et interminable, nous octroyant des pauses fréquentes et nécessaires.

Vous connaissez cette expression issue d’une célèbre publicité « Quand y’en a plus, y’en a encore » ?

Elle résume véritablement ce que nous avons vécu : à peine avions-nous franchi un sommet, espérant que ce soit l’issue de la portion, qu’un autre apparaissait immédiatement : on aurait pu rebaptiser notre périple « l’histoire sans fin ».

Même notre Lolo local a manifesté des signes de fatigue et de lassitude !

La preuve : plusieurs fois, il a tenté de nous écarter du droit chemin pour nous faire prendre des raccourcis raramuri.

Si nous nous sommes fait avoir une première fois, nous n’avons pas cédé les suivantes, en voyant les raidillons qu’il nous proposait d’emprunter pour gagner un peu de terrain.

« Non, Monsieur Lolo, nous ne sommes pas des chamois nés avec des huarachis aux pieds ! Nous tenons à notre vie ! »

Constatant notre manque de témérité, il a fini par s’effacer pour nous laisser suivre les traces matérialisées par un ruban rose et des confettis.

Comme je vous le disais précédemment, cette interminable montée est certainement la portion qui nous a demandé une gestion très stricte de l’eau : hors de question de ne pas recharger nos bidons sous peine d’être déshydratées !

Avec ma Mimi, nous avons scrupuleusement rempli nos gourdes dès que nous trouvions un point d’eau : la Micropur a été une bénédiction sur cette portion parsemée de bouses et excréments divers.

Mais la Bee a découvert que quand on a soif et qu’il est essentiel de boire pour avancer, on ne fait pas la fine bouche : alors que nous nous étions arrêtées pour recharger, j’ai eu un haut le cœur en voyant les eaux souillées – excréments d’animaux baignant dans les trous d’eau, bêtes étranges sous les rochers… – qui allaient nous servir de breuvage.

Imaginez transformer une eau trouble avec des particules en suspension en un liquide cristallin et potable ! Micropur l’a fait ou du moins a eu cette ambition !

Que dire de Lolo qui, voyant mon dégoût et mon désarroi devant ces trous d’eau infestés, a voulu me rassurer en buvant à pleine bouche l’eau croupie dans laquelle baignait une fiente !

Mimi et moi avons tout fait pour économiser nos gourdes précédentes et boire le moins possible de cette eau : j’ai prié intérieurement pour ne pas même y tremper mes lèvres, sentant poindre la menace d’une bonne gastro.

L’arrivée à Churo

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Petit à petit, les sentiers se sont transformés pour devenir plus praticables : adieu les pierres, place au sable !

Nous n’avions plus qu’une hâte avec Mimi : aborder le plateau qui devait nous mener à Churo, au CP 3.

Sans doute est-ce la fatigue, mais nous avons eu un énorme fou rire quand j’ai raconté à Mimi que j’avais compris que Lolo me proposait d’aller boire avec lui un énorme coca et de manger une pizza dans un village tout près.

Ah les joies de la barrière de la langue !

Peut-être exprimait-il tout simplement son envie de boire et de manger un bout, mais ce qui est certain, c’est que cette anecdote m’a redonné de la vigueur et m’a fait oublier notre lassitude jusqu’à l’arrivée sur le plateau.

Enfin, nous avons aperçu des habitations : après avoir cheminé plusieurs dizaines de kilomètres dans des espaces immenses et désertiques, nous revenions enfin à la civilisation !

Que dire quand au milieu des champs, nous avons aperçu la petite habitation Raramuri qui allait nous servir de CP !

Tiphaine, l’adorable kiné, nous a accueillies à bras ouverts : un peu de chaleur réconforte dans de tels moments !

Nous avons un peu mangé et j’ai décidé d’abandonner quelques instants Mimi entre les mains expertes de Tiphaine, pour aller faire une micro sieste dans une tente installée au milieu d’un genre de grange.

Tiphaine avait évoqué la présence d’un homme armé sur ce CP pour surveiller la propriété – ah ! Les joies de l’insécurité au Mexique ! – et j’avoue ne pas avoir dormi sur mes deux oreilles pendant cette pause.

Sans compter les courants d’air qui ballotaient ma toile de tente et les poules qui sont venues jusque dans mon dortoir !

Dépitée, je suis sortie rejoindre les filles et nous avons décidé de reprendre notre route, quitte à courir de nuit pour rejoindre le CP 4 et ne pas prendre trop de retard.

Quelques plaisanteries plus tard, nous reprenions notre périple vers San Isidro, le CP 4…

Des lueurs dans la nuit…

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À ce stade de notre aventure, nous venions d’enquiller 5 500 mètres de D+ en hors-piste.

Nous nous doutions donc qu’il nous restait de belles portions de montées, mais nous avions lu sur le road book qu’il était possible de courir.

La première partie du parcours traversait une somptueuse forêt de pins, aux senteurs agréables.

Nous avons pu jouir de magnifiques panoramas sur la Barranca, baignés dans une jolie lumière.

Il nous a fallu ouvrir et refermer de nombreuses barrières pour le bétail.

29 kilomètres nous séparaient de San Isidro, ce qui nous semblait être une bagatelle.

Nous cheminions tranquillement en espérant arriver vers minuit à ce fameux CP.

La nuit est tombée petit à petit et nous avons dû allumer nos frontales assez rapidement.

Puis nous sommes arrivées dans un village où nous avons aperçu des lumières.

Est-ce la hâte de parvenir au CP qui nous a fait rater un balisage ?

Je plaisante en voyant sur ma droite un cimetière : j’évoque avec Émilie le fameux film « Coco » que mini Bee et moi sommes allés voir quelques semaines plus tôt.

Nous rions – peut-être pour nous rassurer – et commençons alors à chercher les lumières du CP : j’ai oublié de vous dire que ni l’une ni l’autre n’avions de montre en marche pour comptabiliser les kilomètres restants.

Nous pensons, d’après nos estimations, être à bon port.

Mais alors, où est le fameux CP ?

Nous nous dirigeons vers des lumières sur notre gauche, comme indiqué dans le road book : mais rien !

Nous décidons de rebrousser chemin, mais revenons bredouilles sur nos pas.

Plus de balisage et toujours cette fichue intersection qui nous pose problème : après une bonne heure, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes perdues !

Transies de froid, nous nous changeons : Mimi m’a fait part d’une douleur à la cheville et j’avoue être assez inquiète.

Je décide d’appeler Jean-François qui me donne une réponse digne de la Pythie – cette prêtresse grecque qui mâchait des feuilles de laurier rose et entrait en transe pour faire ses prédictions difficilement interprétables :

« Les filles, vous n’êtes pas encore au CP 3, il n’est pas dans le village. D’autres coureurs ont appelé : poursuivez, les enfants du village ont dû enlever le balisage. Faites-vous confiance ! »

Se faire confiance ? À une heure du matin, au milieu de nulle part, quand tu es éreintée et que ta partenaire manifeste de la souffrance ?

Je commence à maudire Jean-François et toutes les caillasses de la terre !

Mais nous finissons par trouver un signe et abordons une nouvelle montée interminable.

Mimi se plaint plus fréquemment de sa cheville, ne parle plus.

Je l’entends parfois gémir, mais me refuse à lui demander si ça va ou si elle veut qu’on s’arrête : la compassion dans ces moments là peut être nuisible, je suis mon intuition et fais la sourde oreille.

J’aperçois de la lumière et lui dit que ce doit être le CP, que nous sommes presque arrivées.

Mais il n’en est rien : ce n’est que Dame Lune qui joue avec sa lueur à travers les arbres et génère des mirages dans l’esprit de la Bee.

Je me laisse berner plusieurs fois par ce halo, mais ce faux espoir vient baisser le moral des troupes à chaque fois.

Je décide de me taire, car je sens bien que Mimi est à bout de forces : sa cheville est noire et gonflée. Je suis inquiète…

Combien de temps allons-nous encore errer dans ces massifs rocailleux ?

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Une photo prise à l’arrivée avec Lolo, notre indien Raramuri balai

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part II : Roadbook et installation

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Dans la première partie de mon récit, je vous ai laissés à bord du célèbre train El Chepe dans lequel nous avons passé des moments conviviaux entre coureurs, organisateurs, kinésithérapeutes et journalistes.

Interviews, photos, conversations débridées allaient bon train.

Mais j’ai surtout découvert un peu mon double dans le genre déjanté et j’avoue que cela m’a plutôt plu : avant l’ultra, je ne connaissais aucun des membres de notre équipe de Globe Trotteuses.

J’avais juste rencontré Delphine à une session running avec la boutique KM42 à Paris et nous avions ensuite partagé une sortie à la station de trail de Bures-sur-Yvette avec son compagnon Benoît : je savais donc que l’ambiance serait bonne sur la course, car nous étions dans la même attitude positive, fans d’aventure.

Le petit-déjeuner à bord du train nous a permis de faire connaissance avec Emilie et Catherine et d’évoquer nos visions et notre façon d’aborder la course.

Étant novice sur de telles distances, j’ai apprécié de pouvoir échanger avec des championnes de la discipline et d’avoir leurs conseils.

Mais je me suis aussi vite aperçue que nous avions un peu les mêmes délires avec Émilie. Je ne me doutais pas alors que mon aventure allait devenir « notre aventure » et que nous allions passer des moments aussi déjantés.

Un seul point à bord est venu me rappeler que nous ne partions pas en colonie de vacances, mais bel et bien pour un ultra trail réputé extrêmement difficile de 190 kilomètres et 10 000 de D+ : le roadbook distribué par Jean-François…

Un roadbook qui annonce la couleur

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La lecture du roadbook m’a immédiatement plongée dans une réalité : la montée à bord de El Chepe m’avait transportée dans un autre univers et à une autre époque, me faisant vivre un rêve éveillé.

Celui d’une petite fille qui partageait avec ses parents devant le petit écran ses désirs d’évasion et sa curiosité.

Mais il allait falloir prochainement passer aux choses sérieuses : l’ultra trail !

La Bee à ce moment là a eu comme un coup de sang !

J’ai alors évoqué avec certains membres du groupe mon principal point faible pour notre discipline, sur lequel je travaille depuis près d’un an : mon vertige.

En lisant quelques paragraphes concernant des passages de la course, je pense m’être en effet décomposée, voire liquéfiée : « traversée du rio sur un pont suspendu », « très longue montée éprouvante », « parcours hors-piste de 82 kilomètres avec 5 500 m de D+ »…

OK, je savais bien que je ne m’étais pas engagée pour une sortie au Club Med, mais le fait de visualiser ces mots a eu un effet choc dans mon esprit.

Allez, on rassemble ses sens ! On respire comme Morgane, ma sophrologue, me l’a si bien appris lors de nos séances, on ne laisse pas l’appréhension envahir son petit corps de Bee, il sera bien assez tôt une fois que l’on sera sur place.

J’interroge – une nouvelle fois, le pauvre ! – Jean-François sur la difficulté du parcours pour une Bee sujette au vertige et novice dans ce genre de challenge.

Il m’assure que je suis capable de surmonter ma phobie et qu’à part un passage ou deux – mon Dieu ! Mais c’est déjà suffisant pour que je reste tétanisée pendant des heures ou que je sois aspirée dans un gouffre sans fond ! – je devrais m’en sortir.

J’essaye de faire bonne figure pour masquer mon anxiété et m’en sors comme à mon habitude par une pirouette humoristique, mais au fond de mon être, mes tripes sont chamboulées.

Lorsque Fabienne et Emma, les deux charmantes journalistes de la chaîne qui diffusera notre aventure, viennent me trouver pour m’interroger sur mes motivations, je ne peux cacher mon appréhension.

Mais que suis-je venue faire dans cette aventure ? N’aurait-il pas été plus simple d’aller me tester dans une contrée moins lointaine, et pourquoi pas de trouver un endroit comme l’an dernier en France dans la Tour Eiffel – un grand moment de fierté quand j’ai dit à mon fils que nous pourrions aller ensemble au deuxième étage ! – ou encore sur le massif de la Chartreuse lors de l’UT4M ?

Non, je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller m’engager sur un challenge qui me paraît d’un coup titanesque et dans lequel j’ai embarqué sponsors, famille et amis !

C’est bien là le côté tête brûlé de la Bee, mais que voulez-vous, j’aime l’aventure, les challenges, me retrouver en pleine nature et me confronter à mes démons, me dépasser, me dire que je suis vivante et que j’ai échappé à des situations tellement critiques que rien ne peut à présent m’ébranler.

Alors ce ne sont pas deux ou trois ponts suspendus et passages étroits au-dessus du vide qui vont m’effrayer… Quoique…

Découverte de la Barranca et installation

 

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Après 8 heures de train, nous avons enfin atteint Divisadero, le point de départ de notre course, qui culmine à 2 400 mètres.

À peine arrivés, nous n’avons eu d’yeux que pour elle, cette fameuse Barranca del Cobre, qui nous est apparue dans son immensité, minérale : des monts à perte de vue et des canyons.

Happée par ce paysage irréel, j’ai immédiatement ressenti une sorte de malaise – ou peut-être était-ce lié à l’altitude : j’avais en face de moi les fameuses montagnes auxquelles j’allais devoir me confronter !

On ne peut que rester sans voix devant un tel panorama, mais passé l’effet de surprise, j’ai immédiatement cherché – parfois je me demande si je ne suis pas dingue ! – dans ces amas gigantesques de pierres la trace de ponts de singe et autres…

En vain, bien évidemment, même si j’apprendrai plus tard que près de moi se trouvait l’un d’eux qui constituait dès le début de la course mon premier obstacle mental.

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Nous avons ensuite mangé dans un magnifique restaurant qui surplombe la Barranca avant d’aller faire un petit tour de marché : des femmes avec leurs enfants vendaient en effet certains articles locaux, comme des paniers, des bijoux, des sacs et autres pour les touristes.

Une fois nos emplettes faites, nous avons gagné l’auberge dans laquelle nous avons été hébergés : Jean-François avait trouvé plus judicieux cette année d’aller dans cet endroit pour que nous partagions quelques instants de notre quotidien avec les indiens, et j’avoue que la formule m’a immédiatement séduite, même si je trouvais absolument fabuleux le premier hôtel où nous avions mangé, surplombant les canyons.

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L’endroit était simple et sans prétention, mais chaleureux et efficace pour ce genre d’événement.

Après un repas du soir typiquement mexicain – soupe, purée de haricots et viande – nous sommes allés nous coucher avec des images extraordinaires dans notre esprit…

Une rencontre du troisième type

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Mais le plus incroyable restait à venir : nous avions une journée pour préparer nos sacs, avoir un brief et nous reposer, le décalage horaire n’aidant pas.

Mais nous avons choisi avec Émilie – que j’appellerai désormais Mimi pour plus de facilité et parce que j’affectionne ce surnom – d’aller à pied jusqu’à l’hôtel de la veille pour y boire un verre et surtout, avoir du WIFI pour donner des nouvelles à nos proches.

Nous y avons retrouvé d’autres coureurs, mais surtout, une belle surprise nous attendait à notre départ : des indiens Raramuri étaient en effet déjà arrivés pour la course – Jean-François avait été les chercher dans leurs villages avec les journalistes.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être déconnecté temporellement ? De devenir un personnage d’une quelconque fiction ?

C’est exactement ce qui m’est arrivé en apercevant le célèbre Arnulfo dont il est énormément question dans Born to run. Eh bien ce héros, dont la photo célèbre illustre la couverture du livre, prenait vie devant moi, au bord des mythiques canyons : un rêve éveillé !

Comment ne pas être humble et intimidée devant une telle personne !

Je me suis focalisée sur ses pieds et sur les sandales – huarachi – qu’il portait.

Après deux ou trois sourires échangés, nous sommes parties avec Mimi nous préparer pour le début de notre aventure…

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À suivre…

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Une Bee sur les terres des Raramuri. Part I : en route pour Divisadero !

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Il y a une semaine, je franchissais la mythique ligne de la troisième édition de l’Ultra Run Raramuri au Mexique, après 190 km de course dans les Barrancas del Cobre – plus exactement plus de 200, vous comprendrez bientôt pourquoi ! – et un dénivelé positif de 10 000 mètres, un genre de Diagonale des Fous rallongée – sans les ravitaillements et le nombre d’inscrits – selon les dires de certains ultra runners que je côtoie et qui maîtrisent le sujet.

Une expérience magique, profonde, intérieure, qui a marqué ma vie de Bee, m’invitant à la contemplation, au dépassement de soi, à faire des rencontres extraordinaires, très riches humainement : une véritable introspection !

Je vous avais déjà présenté cette course dans un précédent article dont voici le lien, mais j’étais alors bien loin de me douter de ce qui m’attendait…

Jamais je n’ai ressenti une telle émotion en franchissant une ligne d’arrivée, jamais une aventure ne m’a paru aussi belle, ne m’a autant fait vibrer, donné des frissons, poussée dans mes retranchements.

Il faut dire que j’avais mis la barre très haut en m’engageant sur un tel challenge – une Bee phobique du vide dans des canyons avec des points culminants à 2400 m ! – dont l’évocation du D+ donne à elle seule le vertige !

Je vous propose de vous dévoiler au fur et à mesure des semaines quelques épisodes marquants de ce périple dont l’organisateur aime rappeler, à juste titre, le côté aventurier tout autant que sportif.

Mais effectuons aujourd’hui un petit bond dans le temps, au moment où la Bee s’apprêtait à prendre l’avion en direction de Mexico, à l’aéroport de Roissy…

Un vol sans encombres

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Quand on s’engage sur une telle course, il faut observer quelques paramètres non négligeables : le décalage horaire, le climat du pays et l’altitude.

Ces trois points m’effrayaient un peu, car étant une petite dormeuse et l’excitation étant à son comble depuis quelques jours, je me voyais arriver sans avoir dormi une seule heure avec une tête de Bee décalquée : des circonstances peu productives pour aborder un tel challenge.

Mais finalement, mes appréhensions ont vite été chassées, car parmi les quelques films proposés par la compagnie aérienne, certains ont eu un effet soporifique plutôt intéressant.

Parler de sommeil récupérateur serait un bien grand mot, mais j’ai pris ce qui était bon à prendre.

Nous avions tous réservé le même vol et avons pu commencer à faire connaissance jusqu’à Mexico : nous avons décollé à 11h10 et sommes arrivés à 15h51 heure locale, avec 8 heures de décalage horaire.

Nous étions huit participants internationaux et non plus 9, Benoît Girondel ayant renoncé à prendre part à la course – à mon grand regret ! – au dernier moment.

Une journaliste et une caméraman d’une chaîne bien connue nous ont accompagnés dans ce périple : surprise ! Vous pourrez découvrir en même temps que nous le reportage qu’elles ont consacré à notre course dans le courant du mois de mai !

Deux jeunes kinésithérapeutes d’une école de Rennes, dans le cadre de leur stage,  étaient aussi de la partie : Charlotte et Tiphaine, mais j’aurais bientôt l’occasion de vous reparler de ces deux jeunes femmes aux doigts de fée… et de fer ! Le père d’une traileuse de notre équipe était aussi présent.

Une escale de deux heures nous a permis de rompre la glace autour d’un premier pot, avant de prendre un vol local de la compagnie AeroMexico pour Los Mochis, qui a été une aventure à lui seul : âmes sensibles s’abstenir !

Un train mythique, El Chepe !

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Nous sommes arrivés à 20h16 à Los Mochis, une ville qui borde l’Océan Pacifique, où nous attendaient Jean-François Tantin, l’organisateur de la course, et son fidèle bras droit Romain.

J’avais pris mon maillot Speedo dans l’idée d’aller piquer une petite tête en arrivant dans le Pacifique, mais mes délires de Bee déjantée ont été bien vite réfrénés : la plage était assez loin de l’hôtel, les 17 heures de transports avaient un peu calmé la Bee, et surtout, nous avions un rendez-vous exceptionnel qui me fait encore monter les larmes aux yeux rien qu’en y pensant.

Nous devions prendre le lendemain matin, à 6 heures, le mythique train El Chepe qui relie le Pacifique à Chihuahua : 8 heures de trajet avant de gagner notre destination, la ville de Divisadero, qui culmine à 2400 mètres.

Hors de question pour la Bee de ne pas jouir de ce privilège unique !

Enfant, j’avais découvert ce train avec mes parents lors d’une émission intitulée « Des trains pas comme les autres » : combien de fois ai-je rêvé de voyager à bord de ces mythiques transports dont les noms seuls étaient une invitation au voyage…

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Inutile de vous préciser que le lendemain, à 6 heures, la Bee débordait d’énergie et avait des étoiles dans les yeux au moment de monter dans ce superbe train prêt à arpenter canyons, viaducs et tunnels.

Transition mexicaine

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Monter dans un tel train, c’est comme emprunter la porte temporelle d’un film d’anticipation : vous vous sentez immédiatement propulsés dans le passé, dans un genre d’espace où le temps semble s’être arrêté.

Près de 40 tunnels, des multitudes de viaducs, des paysages somptueux et variés, notre périple a pris des allures de séries, me rappelant indéniablement mon enfance devant « Les Mystères de l’Ouest ».

Mais si les paysages à l’extérieur étaient somptueux, ce qui se passait à l’intérieur ne l’était pas moins.

Nous avons vécu un grand moment de convivialité lié à un paramètre international qui fédère tous les individus : la nourriture.

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Quel bonheur de pouvoir commencer sa journée dans un tel train autour d’une table chargée de mets plus appétissants les uns que les autres !

On en oublierait presque le challenge qui nous attend et qui pointe pourtant bien le bout de son nez entre deux discussions légères autour de purée de haricots et de tartines beurrées.

Mais une fois nos estomacs repus, nos discussions se sont bien vite orientées vers les plats lyophilisés que nous avions tous pris pour nous redonner de l’énergie pendant la course.

De fil en aiguille, après ce petit-déjeuner gargantuesque, Jean-François nous a distribué le roadbook de la course : le ton était déjà donné…

Je ne me suis tout de même pas laissé submerger par l’appréhension à ce moment-là, préférant jouir de chaque instant du voyage : la Bee est épicurienne et ne cède aucune place aux éléments toxiques qui pourraient lui gâcher son présent.

J’ai préféré laisser mon esprit s’échapper dans les collines, profiter des images colorées offertes à chacun de nos arrêts, discuter avec mes comparses de nos vies et de la vie en général…

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La suite de mon aventure à venir…

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Prologue : « Une Bee sur les terres des Raramuri »

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En écrivant le titre de cet article, j’ai l’impression de rédiger une nouvelle fiction, et pourtant, si tout se passe bien, le rêve devrait bientôt devenir réalité…

Tout a commencé il y a plusieurs mois, alors que je préparais le Half Marathon des Sables de Fuerteventura : un coup de fil improbable, celui de l’organisateur de l’Ultra Run Raramuri, Jean-François Tantin, qui me faisait part de son envie de me voir intégrer une équipe féminine sur sa course.

Un véritable choc pour une Bee qui s’apprêtait à courir son premier ultra par étapes !

J’ai préféré attendre de voir comment se passait mon aventure canarienne avant de me décider, même si le livre « Born to run » que j’avais dévoré me faisait de l’oeil sur mon étagère.

La suite, vous la connaissez, car vous avez suivi mon blog avec attention : je suis rentrée de Fuerteventura enchantée, des étoiles dans les yeux, avec un bon classement et surtout, avec la ferme envie d’en découdre dans les canyons mexicains.

Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé quelques précisions sur cette course et à présent que l’aventure commence à prendre forme, je vais vous la présenter dans ses grandes lignes…

En route pour l’aventure !

sommet d'un champ de sable

Lors du Half Marathon des Sables, j’avais eu l’occasion de discuter avec des traileurs qui m’avaient dit que je repartirais certainement, car ils sentaient que j’avais le goût de l’aventure.

Ils ne s’étaient pas trompés : à mon retour, l’envie de reprendre mon sac à dos s’est très vite fait sentir, d’aller découvrir de vastes horizons.

Si certains rêvent de vacances au soleil étendus sur un transat, la Bee, pour sa part, rêve de parcourir de grandes étendues, de découvrir de nouveaux pays : mes vacances ressemblent à mon quotidien, je ne tiens pas en place !

Je ne suis encore jamais allée au Mexique et cette destination m’a toujours attirée : certainement ma passion pour les civilisations antiques et la mythologie.

Certes, il ne sera pas question de faire du tourisme – du moins en partie, mais nous aurons le privilège de nous rendre sur des territoires peu fréquentés, loin des plages bruyantes de la péninsule du Yucatan ou de la capitale bouillonnante, Mexico : la course a en effet lieu dans l’État de Chihuahua, dans la zone des canyons “Cañon del Cobre”, faisant partie de la chaîne de montagnes “Sierra Madre Occidental”, la sierra Tarahumara, au milieu des populations indigènes Tarahumaras (nom traduit en espagnol de la communauté indigène locale, les coureurs Rarámuri).

train chepe

Mais un autre point m’a tout de suite fait rêver : quand j’étais petite, je regardais avec mes parents une émission sur les trains mythiques qui parcourent le monde, « Des trains pas comme les autres ».

Or il se trouve que pour nous rendre sur le point de départ, Divisadero, nous allons emprunter depuis Los Mochis, ville de la côte Pacifique, le célèbre train « El Chepe » qui va jusqu »à Chihuahua.

Ce trajet, qui durera 8 heures, ne va pas manquer de me rappeler ces doux moments, et risque à lui seul d’émerveiller mon âme de Bee.

Un challenge à taille humaine

Pour vivre cette belle aventure, nous serons seulement 9 coureurs internationaux privilégiés à nous élancer sur les sentiers mexicains, du 21 au 30 avril 2018 : on est donc bien loin des courses où des milliers de runners prennent le départ, et j’avoue que ce côté intime me plaît particulièrement.

Je fuis un peu les grosses manifestations, aimant et recherchant la tranquillité de la nature, contemplant le moindre recoin de paysage et m’émerveillant devant chaque rencontre avec un animal – enfin tout dépend lesquels !

Je ferai partie d’une équipe de jeunes femmes expérimentées, avec un palmarès impressionnant : les Globe Trotteuses. À l’occasion de la course, nous avons d’ailleurs créé une page Facebook, « 4 traileuses chez les Raramuri », sur laquelle vous pourrez suivre nos aventures.

D’autres traileurs aguerris feront partie de l’aventure, dont Benoît Girondel, vainqueur en octobre dernier de la Diagonale des fous.

Parmi ces champions, je serai un peu la « bleue », la petite novice, car je n’ai encore jamais couru une aussi longue distance avec autant de dénivelé : 190 kilomètres pour plus de 10000 D+ en moins de 96 heures.

À chaque fois que j’écris ces chiffres, je ne réalise pas l’ampleur du challenge – peut-être vaut-il d’ailleurs mieux rester dans cette douce insouciance – voyant le caractère exceptionnel d’une telle aventure.

Mais je sais en revanche que je vais mettre toutes les chances de mon côté pour arriver au bout de ce fabuleux périple, et surtout vivre à 200% l’aventure.

Mon unique objectif ? Prendre du plaisir et franchir la ligne d’arrivée…

Des rencontres inoubliables

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Mais le point d’orgue de cette fabuleuse aventure sera certainement la rencontre avec un peuple indigène incroyable, les Tarahumaras, qui occupe ces canyons quasiment inaccessibles depuis plus de cinq siècles, résistant à notre civilisation pour préserver la leur.

Nous serons confrontés à quelques-uns de ces Raramuri, nom par lequel ils se désignent et qui signifie « ceux qui ont les pieds légers ».

Le plus incroyable ? C’est que contrairement à nous, ils n’ont pas des baskets issues des dernières technologies : ils courent avec des sandales, les Huaraches, découpées dans des morceaux de pneu !

Dans les éditions précédentes, ils ont toujours remporté la course en une vingtaine d’heures, alors que le meilleur international la finissait en plus de 50 heures !

Ce sont donc des coureurs hyper endurants, puisqu’ils peuvent courir près de 100 km par jour, et agiles.

« En matière de très longues distances, rien ni personne ne peut battre un coureur tarahumara – ni un cheval de course, ni un guépard, ni un marathonien olympique », écrit Christopher McDougall dans son best-seller « Born to run » en 2009.

Certaines femmes Raramuri seront de la partie et ont la particularité de courir… en robes longues !

Ok, je sais ce que vous allez dire, « La Bee court bien en jupette », mais il y a fort à parier que même avec ce handicap, je serai bien loin derrière.

Mes réflexions de Bee

Comme vous pouvez vous en douter, je suis bien sûr excitée mais aussi stressée à l’idée de partir pour une telle aventure.

Il va falloir gérer plusieurs aspects :

  • mon vertige : si depuis l’UT4M il y a une nette amélioration, j’ai pu me rendre compte qu’il subsistait quelques appréhensions. Or dans des canyons de ce type, traversés parfois par des ponts, il n’y a pas de place pour cette phobie du vide. Je fais donc une entière confiance à mon hypnothérapeute pour m’aider à braver ce problème.
  • l’alimentation : j’ai pu me rendre compte de mes erreurs sur le Half Marathon des Sables et vais essayer de les corriger en partie. Je vais notamment tester tous mes plats lyophilisés avant de partir et surtout emporter des aliments plaisir, car cela m’a manqué.
  • le sommeil : contrairement au HMDS, nous n’avons pas de bivouac sur cette course, juste des points de contrôle. L’idée de dormir seule au milieu de nulle part et de gérer mon temps de sommeil m’angoisse un peu, mais je vais faire comme j’ai l’habitude : écouter mes sensations.
  • la préparation physique : comme je suis assez novice, c’est un point assez délicat. Comment trouver le juste milieu dans son plan pour faire suffisamment de volume sans se blesser ? J’ai la chance d’être plutôt bien entourée et pourrai suivre les conseils du coach trail de mon club, ceux d’un ami coach en PPG, et ceux d’autres coaches divers dont je vous parlerai. J’ai également un excellent partenaire en cryothérapie.
  • la préparation mentale : j’y reviendrai plus longuement très bientôt. Je dois rencontrer quelques personnes qui vont me donner des conseils. La méditation et le yoga vont aussi jouer un énorme rôle.

Comme vous vous en doutez, je partagerai avec beaucoup d’enthousiasme cette aventure avec vous et n’en laisserai pas filer une seule miette…

Si vous souhaitez réagir à ce premier volet, vous pouvez le faire en laissant un commentaire sur ce blog ou sur mes pages Instagram et Facebook.

Rejoignez la Beez Team pour la No Finish Line 2018 !

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Depuis deux ans, la No Finish Line est devenue un peu un incontournable de la Bee, non pour le challenge, mais pour l’esprit qui y règne : j’y viens en effet pour ma part pour partager de bons moments avec mes amis runners ou non, pour participer à une bonne cause concernant les enfants et pour motiver de nouvelles personnes à courir.

Cette année, la Beez Team reprend du service et espère gonfler ses rangs pour récolter un maximum d’argent en faveur d’une association.

Allez-vous vous laisser tenter ?

Plutôt que de me répéter, je vous invite à relire l’article que j’avais écrit l’année dernière concernant cette course solidaire autour du Champ de Mars et je vous propose de revenir sur l’édition 2017 qui a vu la création de notre Beez Team.

Une course solidaire

Avouons-le, c’est tout de même un luxe de pouvoir courir dans un cadre aussi prestigieux que celui du Champ de Mars !

Chaque tour de piste nous offre une vue imprenable sur la Tour Eiffel et nous sommes plusieurs à nous être extasiés en voyant la Dame de fer s’illuminer lors de nos passages.

Mais revenons à nos moutons, car il ne s’agit pas non plus d’une course touristique.

Pendant cinq jours, il s’agit de courir ou de marcher sur un circuit d’environ 1 300 mètres, ouvert 24h/24. Il n’y a aucune pression, car on peut venir autant de fois qu’on le désire et faire autant de kilomètres qu’on le souhaite.

Des ravitaillements, des toilettes, des vestiaires et des animations diverses sont prévus.

Le montant de l’inscription est unique : il est de 12 euros, quelle que soit la distance réalisée, que vous veniez une seule ou plusieurs fois durant les 5 jours.

Grâce aux inscriptions, aux donateurs et aux sponsors, pour chaque kilomètre parcouru, l’association Children & Future Paris reverse 1 € pour soutenir des projets en faveur d’enfants défavorisés ou malades.

Les deux associations qui bénéficieront de ces dons sont cette année encore le Samu social de Paris et la Chaîne de l’Espoir.

Une équipe fun et motivée

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L’année dernière, la Beez Team avait rassemblé une vingtaine de coureurs de tous les âges, puisque nous avions deux loulous de huit ans qui avaient parcouru chacun 15 kilomètres pendant cette période !

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Une belle leçon de vie !

Marcheurs ou coureurs, notre objectif avait été largement atteint : prendre du plaisir, courir dans la bonne humeur et récolter un maximum d’argent pour l’association que nous soutenions alors : les Chaînes de l’espoir.

Plusieurs d’entre nous étaient venus courir ou marcher à différents moments de la semaine, en fonction de nos emplois du temps respectifs, et nous avions essayé de faire un temps fort le dimanche pour pouvoir partager un moment convivial : une dégustation de jus verts de la Bee et un restaurant healthy nous avaient permis de poursuivre cette belle matinée.

Cette équipe avait permis de belles rencontres, des fous rires et des moments de partage.

Le mot d’ordre ? Zéro pression !

Une association tournée vers les enfants

Cette année encore, La Beez Team soutiendra l’association de la Chaîne de l’Espoir.

Cette association a pour but d’aider à dispenser des soins aux enfants en France.

Dans le monde, tous les pays ne disposent pas de structures hospitalières, de moyens ou de personnels pour pouvoir opérer les enfants atteints de lourdes pathologies.

Les fonds versés lors de la No Finish Line peuvent être un tremplin pour faire venir des enfants en France afin qu’ils bénéficient d’opérations ou de traitements.

Chaque participation symbolise donc l’espoir de sauver un enfant.

La Chaîne de l’Espoir prend en effet en charge des enfants de 15 mois à 15 ans présentant des pathologies cardiaques, orthopédiques, ophtalmologiques, viscérales ou neurologiques ne pouvant pas être prises en charges dans leur pays d’origine.

Pour ceux qui veulent découvrir cette association, je vous invite à cliquer sur le lien de leur site : https://www.chainedelespoir.org/fr

Donner un peu de son temps pour une bonne action, tout en se faisant plaisir et en partageant de bons moments, ça vous tente ?

Alors inscrivez-vous vite avec nous !

Modalités pour s’inscrire dans la Beez Team

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Pour venir partager la bonne humeur de la Beez Team, du 2 au 6 mai 2017, c’est très simple :

  1. cliquez sur le lien suivant : http://nofinishlineparis.com/page/38/Individuelles.html
  2. donnez les informations demandées
  3. pensez à inscrire le nom de l’équipe : « Beez Team »
  4. procédez au paiement (12 euros)
  5. prévenez-moi de votre participation en message privé, sur Facebook, Instagram ou sur le blog

Rejoignez-nous vite pour faire chauffer vos baskets au pied de la Tour Eiffel !

Si vous souhaitez poser des questions ou réagir à cet article, n’hésitez pas à le faire via ce blog, sur ma page Facebook ou via mon compte Instagram.

 

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 5 : l’ultime étape…

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C’est avec beaucoup de nostalgie que je me suis réveillée sur le bivouac le matin de la dernière étape : l’aventure allait bientôt prendre fin.

Même si je n’avais étrangement plus aucun doute sur son issue, j’étais partagée entre le désir d’en découdre et celui de poursuivre quelque temps le périple.

J’ai apprécié chaque minute de sérénité dans ces immenses étendues et mon esprit a vagabondé ce matin-là sur les dunes silencieuses, comme pour les imprimer dans mes souvenirs.

L’appel du désert, vous y croyez ?

Mais pour l’heure, il n’y avait pas de temps à perdre sur le bivouac : outre nos rations d’eau à préparer, il nous fallait démonter notre tente, ce qui n’a pas été une mince affaire pour une Bee empotée. Comment rentrer une immense toile humide et ensablée dans un tout petit sac de rien du tout ?

Un tour de passe-passe plus loin – et surtout avec l’aide de Mathilde ! – l’affaire était dans le sac !

Nous avons donc emprunté le sentier quotidien de trois kilomètres qui nous menait jusqu’au poste où nous étaient délivrés les précieux roadbooks, laissant derrière nous un amas de sacs contenant les vestiges de nos dernières demeures…

Un dernier challenge d’envergure nous attendait…

Une étape variée

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Nous sommes arrivés à la table des roadbooks avec un peu d’appréhension : les étapes précédentes avaient eu leur lot de surprises, alors nous nous attendions à un parcours aux petits oignons.

Nous n’avons pas été déçus !

Ne jamais se fier à la distance sur ce type de courses : il ne s’agit absolument pas de challenges sur route – je pense en voyant les commentaires de certains coureurs sur la vitesse des concurrents qu’ils n’ont absolument pas conscience de la difficulté du parcours – mais de terrains variés avec du dénivelé !

Ajoutez à cela la chaleur et le poids d’un sac à dos…

L’étape était composée de pistes confortables de sable, mais aussi d’ascensions et de passages dans le lit d’oueds.

Mais la principale difficulté, en ce qui concerne les terrains, résidait dans la traversée d’un champ de pierres volcaniques, « Malpaís » (terrain de laves solidifiées).

Une partie particulièrement technique !

La dernière portion nous menait jusqu’à une crête, avant de redescendre, par un sentier un peu technique, vers la plage de l’hôtel Las Playitas où trônait l’arche de l’arrivée…

Quand la Bee déploie ses ailes…

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Que s’est-il passé lors de cette étape ?

Était-ce le fait de sentir que l’écurie était proche ? Les bienfaits de la méditation en pleine conscience que je parviens à mettre en place de plus en plus facilement lorsque je suis sur des compétitions ?

Il faisait pourtant particulièrement chaud pendant cette étape dont nous avons pris le départ tard.

Mais les jambes de la Bee se sont emballées, mon esprit s’est détaché de mon corps, oubliant la fatigue et les souffrances, pour ne se concentrer que sur le plaisir de l’instant.

Je n’ai pas honte de le dire, j’ai vécu une étape avec deux cents pour cent de plaisir !

Bien des gens m’ont d’ailleurs fait remarquer ma vitesse et ce sourire qui ne m’a pas quitté : j’ai couru quasiment toute l’étape, sauf dans le lit d’un oued où le soleil dardait fortement ses rayons.

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Contrairement à bien des coureurs, la traversée de Malpais ne m’a pas paru difficile : une nouvelle occasion de me rendre compte que mes Skechers Gotrail, pourtant bien abîmées lors de l’UT4M, me convenaient parfaitement.

Je n’ai pas été gênée par le relief des cailloux sous ma voûte plantaire, sensation qu’ont éprouvée maints coureurs.

Mention spéciale à deux passages du parcours : celui du Gran Tarajal où bien des gens nous ont encouragés et où une jeune bénévole déjantée avec une frimousse rouge dansait au milieu de la rue – quelle pêche ! – et la descente vers la plage de Las Playitas : malgré le sentier technique, je ne contrôlais plus mes jambes, et les encouragements d’amis photographes et de coureurs rencontrés sur le bivouac m’ont portée jusqu’à l’arche de l’arrivée.

Une arrivée mémorable

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Que d’émotion en franchissant la ligne d’arrivée de cette première édition du Half Marathon des Sables de Fuerteventura !

Non, je n’ai pas fondu en larmes – du moins pas lors de mon arrivée ! – en franchissant la ligne, après avoir traversé l’immense plage de Las Playitas.

Quel honneur d’être embrassée par l’organisateur même de la course, le pétillant Patrick Bauer !

Bon, j’avoue avoir été un peu gênée, car après quatre jours de bivouac, bien que j’aie essayé de faire un brin de toilette avec des fonds de bidons, on ne peut pas dire que je sentais la rose !

Mais il était hors de question de refuser ces embrassades et de ne pas vibrer dans la bonne humeur de cette première édition réussie : c’était un peu comme marquer l’histoire de cette nouvelle épreuve du Marathon des Sables.

L’arrivée de Mathilde, en revanche, a suscité une émotion bien singulière : nous avons littéralement fondu en larmes en nous serrant dans les bras l’une de l’autre, ravies du chemin accompli, du partage et des échanges vécus lors de la deuxième étape et sur le bivouac, de notre amitié naissante grâce à ce beau challenge.

Aucun mot ne pourrait résumer la joie et le bonheur éprouvés !

Après avoir immortalisé cette arrivée par quelques clichés, nous avons remis un pied dans la civilisation…

Confort et crustacés

À votre avis, quel a bien pu être le moteur de la Bee pour arriver aussi vite sur cette dernière étape ?

La perspective d’une bonne douche, bien sûr !

J’ai bien cru que l’île de Fuerteventura allait être en pénurie d’eau tant nous avons profité des délices du précieux liquide sur nos peaux salées et brûlées !

Mais le bonheur suprême a été de loin le shampooing : j’avais pris l’option queue de cheval pendant quatre jours, pensant que ce serait la coiffure la plus adéquate pour supporter mes cheveux graissés et sales.

Les quelques rinçages avec des fonds de bidons n’avaient été que rafraîchissants.

Pouvoir retrouver une crinière propre et la dompter m’a semblé un luxe incommensurable.

Quant à enfiler des vêtements qui sentent bon la lessive…

J’ai un petit aveu à vous faire : la dernière nuit de la course est normalement prévue sur un bivouac aménagé sur les parterres de l’hôtel.

Mais nous sommes plusieurs à avoir préféré ne pas affronter une nuit de plus la condensation et les rafales de vent sous la tente…

Bref, nous avons pris l’option Appart Hôtel.

Une soirée de gala avec remise des prix, suivie d’un buffet gargantuesque, venait clore cette aventure mémorable…

Inutile de vous dire que les plats lyophilisés ne rentraient pas dans le Top 5 Gourmet des mets proposés !

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Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 3 : dans le silence de la nuit…

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Prêts pour embarquer sur la deuxième étape de cette belle aventure canarienne ?

Bouclez vos ceintures, je vous emmène sur les traces d’une Bee plus déterminée que jamais !

Je ne vais pas me la raconter en vous disant que j’ai abordé cette étape longue sereinement : après quelques heures de repos l’après-midi, une discussion avec les copains sur le bivouac, de nouvelles rencontres et un repas fortement apprécié – comme il a été difficile de faire du feu avec nos pastilles Esbit à cause du vent ! – je me suis juste sentie mieux.

Ma plus grande crainte était d’avoir les classiques courbatures post course de la première étape : en prévention, j’avais pris un gel cryo et du baume du tigre avec lequel je m’étais massée.

Je craignais les 70 kilomètres annoncés après l’étape de 30 kilomètres – course et marche cumulées – de la veille, surtout le dénivelé et la nature du terrain.

Croyez-moi, nous n’avons pas été déçus : j’ai eu l’impression de vivre en une étape un condensé de tous les trails que j’avais pu faire ces derniers temps…

Un road book qui annonce la couleur

Initiation natation et fitness (15)

Après une nuit un peu plus calme – les rafales de vent étaient moins fortes – et un soupçon de sommeil, je me suis réveillée déterminée à affronter cette étape tant redoutée.

On nous avait conseillés la veille d’essayer de faire ce challenge en binômes, certains passages étant assez compliqués, mais surtout parce qu’une partie de la course s’effectue de nuit : la barrière horaire était de 25 heures, il fallait donc gérer le repas du soir et éventuellement songer à une pause récupération.

Dormir en plein milieu d’immensités de sable balayées par le vent ne m’enchantait guère, je préférais encore retrouver ma tente qui me paraissait alors être un palais doré !

Avec Mathilde, nous avons décidé de faire l’étape ensemble et de marcher pendant une bonne partie du trajet.

Après notre cheminement quotidien de près de trois kilomètres pour rejoindre les bus, nous avons reçu notre nouveau road book qui a conforté nos choix : nous avons découvert avec stupeur qu’il y aurait près de 1900 mètres de dénivelé et qu’un passage se ferait sur une chaîne de crêtes.

J’ai oublié de vous dire que nous avons pris chaque jour le départ à l’heure où le soleil tape le plus fort, soit entre onze heures et midi : un paramètre qui explique aussi la difficulté des étapes, les déshydratations et parfois les perfusions.

Ce jour-là, certains ont eu la chance d’apercevoir des robinets d’eau sur le chemin et en ont généreusement profité, mais il fallait faire partie des chanceux, car l’organisation qui n’avait pas pensé qu’une horde de coureurs verraient la tuyauterie miraculeuse et en profiteraient pour abondamment s’arroser, a vite fait fermer les conduits porteurs de fraîcheur.

J’ai fait partie des heureux élus et ai généreusement mouillé ma chevelure pour me rafraîchir en attendant le départ…

Un parcours avec des terrains variés

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Oueds, falaises, tunnels, monts et dunes se sont succédé tout au long de cette étape…

Une véritable balade touristique si l’effort physique n’était pas aussi intense !

Nous avons décidé avec Mathilde de mettre en place une stratégie afin d’arriver au bout de cette interminable étape : la première partie était une succession de collines sablonneuses en plein soleil, il nous a semblé préférable de marcher un maximum pour s’économiser avant d’aborder les monts et les crêtes.

La chaleur tombe vers 17h30 sur l’île et il nous paraissait judicieux de courir plutôt à ce moment là.

Mention spéciale à un horrible tunnel assez long dans lequel il a fallu allumer nos frontales : j’ai eu une énorme frayeur, car nous avancions le dos courbé et en me redressant, j’ai senti une chose gluante sur mes cheveux.

Nous avons préféré ne pas savoir de quoi il s’agissait, même si nous avons aperçu des formes collées sur le plafond.

Nous avions également prévu de franchir le CP4 avant la nuit dans le meilleur des cas, car la chaîne de crêtes s’étendait entre le CP3 et 4 : nous avions un peu d’appréhension à l’idée de gravir les collines pierreuses de nuit.

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Nous avons réussi cet objectif fort heureusement, car les sentiers étaient plutôt escarpés à certains endroits, voire périlleux.

Portée par mon envie d’en finir avant la nuit avec ces monts, j’en ai oublié mon vertige et le dénivelé.

Une Bee déterminée en oublie ses phobies !

Nous avons traversé de somptueux paysages pendant la journée, dont des falaises majestueuses qui se détachaient au bord d’une mer turquoise.

Un pur plaisir visuel !

Une Bee sous la nuit étoilée

L’organisation avait demandé à chaque coureur d’allumer sa frontale et de fixer des bâtonnets lumineux sur le sac à partir de 19h30, sous peine de pénalités.

Nous étions au sommet du dernier mont à ce moment là, nous avons donc effectué toute la descente dans une semi-obscurité.

Le CP4 a enfin pointé le bout de son nez…

La difficulté sur une étape longue est de gérer l’alimentation : je ne mange jamais beaucoup sur les courses, mais pour avoir suffisamment d’énergie pour aborder la nuit, une pause repas était nécessaire.

J’ai dégusté le meilleur taboulé lyophilisé au monde !

Certes, je n’ai pas pris le temps de le réhydrater complètement – les petits pois étaient encore croquants – mais je l’ai savouré jusqu’au dernier grain.

Après une vingtaine de minutes, nous avons repris la route, fermement décidées à arriver le plus vite possible.

Quelques passages nous ont un peu effrayées : la traversée d’une route avec des voitures qui arrivaient assez vite, l’entrée d’une ville où des épouvantails squelettiques trônaient sur des vélos, des brouettes et autres objets, nous avons longé une falaise et n’arrivions pas à estimer sa hauteur en entendant le bruit des vagues qui se fracassaient contre les parois.

Petit épisode mémorable : une pause pipi derrière un rocher d’où est sorti un crabe !

A-t-il été ébouillanté ? J’ai vite détalé sans attendre la réponse…

La toute dernière partie dans les dunes nous a semblé interminable : nous apercevions le bivouac au loin et quand nous avions l’impression de l’atteindre, il s’éloignait de plus en plus. Illusion d’optique ?

Nous avons franchi main dans la main la ligne d’arrivée à 1h15 du matin, éreintées mais heureuses d’avoir atteint notre objectif…

Mes impressions de Bee

bivouac matin

Dire que cette étape a été une partie de plaisir serait prétentieux : elle a été source d’abandon pour un certain nombre de coureurs.

Mais j’ai néanmoins apprécié sa diversité, son côté technique qui la rendait particulièrement exigeante.

Vous connaissez mon goût pour les courses de nuit, alors bien sûr, j’ai été comblée : courir sous les étoiles a un charme particulier, j’aime ce silence, cette ambiance singulière…

Dans un désert, c’est encore une autre dimension, rien à voir avec l’esprit d’une Saintélyon où l’on n’est jamais seule, ou d’un trail de nuit classique.

J’ai aussi apprécié les diverses rencontres tout au long du parcours : nous avons échangé sur nos vies avec un coureur français, refait le monde avec un duo d’Anglais, ri en traversant un genre de forêt de buissons avec un groupe…

La magie du trail a une nouvelle fois opéré chez la Bee et ces images fortes sont celles qui resteront ancrées dans ma mémoire, bien au-delà de la fatigue que j’ai pu ressentir…

Cette fameuse nuit, après notre arrivée, je n’ai pas eu l’envie de faire des chichis de toilette ou autres : j’ai directement plongé dans mon duvet sans chercher à attendre le marchand de sable qui était d’ailleurs certainement passé depuis belle lurette…

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Je vous donne très vite rendez-vous pour la suite…

 

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 2 : une première étape déroutante

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Mon premier chapitre s’est clos avec mon installation sur le bivouac et le fameux barbecue d’accueil qui constitue le dernier « véritable » repas avant l’autosuffisance.

Si l’ambiance est en apparence détendue, le stress commence à monter et la fatigue se fait sentir : c’est l’occasion de discuter avec quelques coureurs de leurs expériences respectives et de voir comment ils abordent ce périple.

J’ai notamment pu recroiser Gloria avec laquelle j’avais longuement discuté et sympathisé dans l’avion : elle a à son actif un palmarès incroyable, puisqu’elle a déjà participé à cinq Marathons des Sables !

Comme vous pouvez vous en douter, nous n’avons pas traîné nos guêtres – c’est le cas de le dire ! – très longtemps : la plupart des coureurs ont regagné leur tente assez tôt afin de bénéficier des bienfaits d’une nuit réparatrice…

Mais c’était sans compter sur le climat particulier de l’île…

Une première nuit agitée

premier jour

Fuerteventura est une île des Canaries balayée par le vent : j’avais eu l’occasion d’y séjourner une quinzaine de jours il y a quelques années et j’avais le souvenir de magnifiques spots dédiés au kite-surf.

Plusieurs championnats s’y déroulent : j’avais assisté à des démonstrations et me souviens d’un pratiquant qui s’était blessé en retombant fortement sur les flots.

Je me suis tapie sous ma tente, espérant y trouver un peu de sérénité après une première journée intense…

Mais j’ai bien vite compris qu’il allait être difficile de sombrer dans les bras de Morphée

Ma toile de tente, fouettée par le ballet incessant du vent, n’a cessé de claquer toute la nuit, ma balise a clignoté : je n’avais pas de matelas sous mon duvet, mais n’ai pas ressenti d’inconfort contrairement à d’autres coureurs.

J’ai eu plus jeune un accident de voiture qui m’a contrainte à dormir longtemps sur du dur et ne suis pas incommodée par ce type de contrainte.

Mais le pire restait à venir : deux grosses averses, contre toute attente, sont venues mouiller nos toiles, les rendant humides et créant un genre de condensation.

Des gouttes se sont formées à l’intérieur des tentes, mouillant les duvets.

Inutile de vous dire qu’entre le vent et l’humidité, la Bee a peu dormi…

Mon estimation de temps de sommeil ? Une heure, dixit ma montre TomTom !

Ce n’est pourtant pas le genre de périple sur lequel il faut partir épuisée !

Nous avons été réveillés à 7 heures – du moins j’aurais aimé que ce soit un vrai réveil ! – par une musique et après quelques préparatifs sommaires, nous avons émergé de nos tentes : je ne sais si c’est réconfortant, mais une bonne partie du bivouac avait passé la même nuit que moi.

Après avoir avalé un petit-déjeuner gastronomique – un muesli lyophilisé au chocolat – et healthy, nous avons rejoint le point de départ des cars où on nous a remis le roadbook de notre première étape.

Une première étape exigeante

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Nous sommes un peu restés perplexes en découvrant le profil de cette première étape : nous nous attendions à une immersion en douceur, mais il n’en a rien été.

Ok, je sais ce que vous allez vous dire : « Oh, le dénivelé n’est pas aussi important que sur certaines courses de montagnes, comme l’UT4M ».

Certes, mais il ne faut pas oublier plusieurs paramètres : la chaleur – il faisait 42 degrés, le poids du sac, le terrain technique et bien d’autres surprises.

Notre périple a commencé par une ascension assez longue en plein cagnard, avant de redescendre sur la somptueuse et immense plage de Cofete : lors du brief, on nous avait prévenus qu’il fallait essayer d’atteindre le seizième kilomètre avant un certain timing, car la marée recouvrait ensuite la plage.

premier jour 2

J’ai bien un petit détail croustillant à vous raconter, mais je n’ai pas de photos à l’appui, désolée : arrivée sur la plage, j’ai cru pendant quelques instants que je souffrais de déshydratation et que cela générait des hallucinations !

J’ai aperçu au loin des silhouettes aux contours flous…

J’ai cru rêver, mais non ! Il s’agissait bel et bien de nudistes !

Ce petit détail nous a bien fait rire avec mes adversaires mexicaine et espagnole : nous avons en effet eu bien du mal à avancer tant nos jambes étaient rendues lourdes par le sable, nous devançant chacune à tour de rôle.

Au bout de cette interminable mais somptueuse plage a commencé une nouvelle ascension, dans un genre de petit canyon.

Mais le plus difficile restait à venir : l’ascension d’une immense dune au sommet de laquelle se trouvait le CP 2.

Pendant quelques instants, je me suis dit qu’il s’agissait d’une transposition du mythe de Sisyphe, sauf que dans notre cas, il n’y avait pas de rocher, juste du sable !

Un véritable cauchemar !

À peine montions-nous d’un pas que nous redescendions de deux…

Pour corser le tout, la dune était en plein soleil, bien sûr.

Mais la Bee est rusée, et plutôt que d’aborder la dune de front, j’ai fait une ascension en diagonale : j’ai malgré tout perdu énormément d’énergie et les deux litres d’eau, en arrivant au sommet, n’ont pas été de trop !

Les derniers kilomètres m’ont semblé interminables jusqu’au bivouac, mais je m’en suis plutôt bien sortie, sans déshydratation ni coup de chaud…

Le bilan de cette première étape

J’ai terminé l’étape 1 à la quatrième place – chez les féminines – et ai pourtant eu l’impression de ne pas avancer…

Je crois que cette arrivée a été pour moi la plus intense : en franchissant le portique, les larmes sont montées.

J’ai pris conscience, je pense, de ce que j’étais en train de vivre, du chemin que j’avais parcouru depuis quelques années, depuis ma maladie qui m’avait privée de toute activité physique.

Vivre une telle expérience permet de relativiser bien des choses…

Ne vous y trompez pas, Half Marathon des Sables ne signifie pas « difficultés revues à la baisse » : seule la distance est raccourcie, mais plusieurs coureurs, qui avaient disputé le MDS, ont trouvé que le parcours était tout aussi exigeant.

Le taux d’abandons sur cette première journée a d’ailleurs été assez important : de telles courses nécessitent un minimum de préparation, sans compter les conditions climatiques et les autres paramètres.

Je consacrerai un chapitre entier à nos occupations sur le bivouac lors de notre temps libre, afin de ne pas me répéter.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le prochain chapitre…

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