Tout savoir sur la cryothérapie : une interview exclusive qui va vous réconcilier avec le froid

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Alors que nous sommes en plein coeur de la saison froide, je vous propose de faire encore descendre de quelques degrés la température en abordant un thème qui m’intéresse particulièrement : la cryothérapie.

Depuis le début de ma préparation pour l’Ultra Run Raramuri, je vous parle souvent de mes partenaires grâce auxquels je vais pouvoir vivre cette fabuleuse aventure.

Parmi eux, Vincent et Guillaume, deux kinésithérapeutes qui officient à Franconville dans leur cabinet Cryocare, ont décidé de m’accompagner dans ma préparation : je fais des séances de cryothérapie avec eux depuis plus d’un an – j’avais déjà écrit un article sur le sujet sur mon blog que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien, mais ponctuellement, pour des douleurs liées à un accident de voiture, ou après de gros challenges en récupération.

J’étais ravie lorsqu’ils m’ont proposé d’intégrer des séances dans ma préparation, pour optimiser mes temps de récupération et réduire la fatigue : je vais pouvoir tester cette pratique pendant plusieurs semaines et voir réellement les bienfaits sur du long terme.

C’est aussi l’occasion de vous présenter ces deux professionnels ainsi qu’une pratique qui ne manque pas de susciter des interrogations.

Vincent a chaleureusement accepté de répondre à mes questions après une de mes séances givrées…

Un entretien qui va faire fondre quelques préjugés…

Vincent, peux-tu présenter Cryocare et l’équipe en quelques mots ?

L’aventure a commencé il y a cinq ans, alors que nous étions à la recherche de clés thérapeutiques supplémentaires à nos pratiques en kinésithérapie pour soigner certaines pathologies, notamment rhumatismales.

La cryothérapie se pratiquait déjà énormément à l’étranger. Avec Guillaume, nous avons alors créé Cryocare et avons été les pionniers dans le coin.

Quelles personnes peuvent pratiquer la cryothérapie ? Y a-t-il des contre-indications ?

Tout le monde quasiment peut faire des séances de cryothérapie, il n’y a pas de limite d’âge. Il faut bien sûr être en bonne santé. On se limite toutefois aux personnes majeures, n’ayant pas encore de retours très précis sur les mineurs pour lesquels se pose le problème de la croissance.

À la base, cette pratique a été créée par un rhumatologue, puis médiatisée et détournée par le sport de haut niveau.

Les contre-indications ? Il ne faut pas avoir d’antécédents cardiovasculaires ou être enceinte, ce sont les deux principales. Après chaque cas doit être étudié.

Quel type de personnes accueillez-vous essentiellement à Cryocare ?

60% des personnes qui viennent au cabinet sont des sportifs de haut niveau et amateurs : ils viennent préparer leurs challenges, ou on les voit en récupération. Nous accueillons beaucoup de boxeurs, de pratiquants de crossfit, des footballeurs et des coureurs.

40% viennent pour des pathologies : fibromyalgies, troubles du sommeil, sclérose en plaques, douleurs chroniques et inflammatoires…

Quels sont les bienfaits de la cryothérapie ?

Ils sont multiples, mais l’intérêt majeur est le côté anti-inflammatoire : on observe effectivement une diminution des douleurs, ce qui est intéressant pour certaines pathologies.

La cryothérapie permet aussi l’accélération du fonctionnement interne, donc une récupération active. Elle engendre la sécrétion des mêmes hormones que celles utilisées pour le traitement de la dépression, une autre façon de voir la vie en rose si vous préférez.

La pratique de la cryothérapie est-elle dangereuse ?

Non, si les séances sont bien encadrées : il faut prendre le temps, comme je l’ai dit précédemment, de voir quels sont les antécédents des personnes susceptibles de rentrer dans la cabine.

Mais si les séances sont réalisées dans les règles, avec un temps déterminé et une fréquence calibrée, ce n’est que du positif ! Il n’y a pas de danger, ni d’effets secondaires.

Quelles précautions faut-il prendre avant une séance ?

Certaines zones se refroidissent plus vite que d’autres : elles souffrent en premier d’un problème de circulation. C’est pour cette raison que nous fournissons des gants et des chaussettes à nos patients, pour couvrir les extrémités. Ils sont également vêtus de leurs sous-vêtements, mais pas plus :  pour que la séance soit efficace, la peau doit être en contact direct avec le froid.

Certains runners souffrent du fameux syndrome de Raynaud et angoissent à l’idée de se plonger dans un caisson gelé. La pratique est-elle déconseillée ?

Non, il suffit juste de le signaler : on leur fournit une paire de gants supplémentaire afin de pallier ce désagrément.

(NB : j’ai ce syndrome et n’ai jamais eu de soucis depuis que je fais de la cryothérapie).

La séance est-elle plus efficace si on descend à une température très basse ?

Absolument pas. Chaque organisme est différent et ne réagit pas de la même manière. Nous le prenons en compte et adaptons en fonction la température.

À quel rythme faut-il pratiquer la cryothérapie pour en tirer des bénéfices ? Y a-t-il des moments plus judicieux que d’autres

On effectue encore des recherches pour élaborer des protocoles fiables.

Mais on connaît déjà trois grands items sur la manière de l’utiliser. Tout dépend en fait des objectifs que l’on s’est fixés :

 – pour une récupération efficace, il faut choisir le bon moment, suivant l’activité (dans le cas de gain musculaire, le timing n’est pas le même). On peut alors faire une séance ponctuelle, au plus près de l’effort.

 – si on a un pépin physique (traumatisme par exemple), il est bon de faire trois séances rapprochées pendant trois jours d’affilé. Une étude a été faite chez des rugbymen démontrant qu’au bout de trois jours, le taux d’anti-inflammatoires chute.

 – dans le cadre de pathologies chroniques, on préconise un protocole plus intense et contraignant de 10 à 15 jours, avec une à deux séances quotidiennes. Un certain bien-être est alors garanti sur plusieurs mois. Plus la fréquence augmente, plus l’effet est durable.

Quels atouts spécifiques peut avoir la cryothérapie dans nos pratiques de sportifs ?

Il faut bien distinguer deux éléments importants :

  • en phase préparatoire, la cryothérapie permet d’enchaîner plus facilement les entraînements : elle réduit la fatigue, produit un sommeil de qualité et limite les risques de blessures. D’un point de vue global, elle agit sur la fatigabilité, sur ce qu’on peut appeler « l’usure »du sportif.

 

  • en phase de récupération, elle est également intéressante, car une séance permet de gagner environ trois jours au niveau physiologique (élimination de déchets intramusculaires).

En quoi des séances de cryothérapie peuvent-elles être utiles dans la préparation de mon ultra trail et à quel moment avez-vous choisi de les caler ?

Il est important d’établir un planning assez précis : les séances sont ainsi calées en fonction de la charge des entraînements. Il ne faut pas casser les moments de surcompensation, et optimiser les moments de récupération : pour avoir un effet maximum, on a donc décidé de glisser tes séances dans les fenêtres de récupération.

Certaines personnes sont frileuses et redoutent cette pratique. Qu’auriez-vous à leur dire pour les motiver ?

Il ne faut pas redouter le froid de la machine qui est particulier, car l’appareil sèche l’air. Il n’y a pas de courant d’air, et le ressenti n’a pas de réelle relation avec la température affichée.

Il s’agit d’un froid superficiel qu’on injecte sur la peau : la température interne du corps ne change absolument pas, comme l’a démontré une étude de l’INSEP.

Vous ne pouvez être transie de froid comme cela arrive parfois en hiver.

Témoignage de Fanny, adepte de crossfit

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Alors que je réalisais cette interview, j’ai eu la chance de recueillir les impressions d’une jeune femme qui venait faire sa toute première séance : comme c’était le cas pour beaucoup d’entre nous, elle appréhendait fortement cette séance, de ne pas supporter le froid.

Mais ayant des personnes de sa box qui en avaient vanté les bienfaits, elle s’est laissé tenter.

Voici ses propos : « J’ai trouvé que les trois minutes étaient passées vite, comme le kiné s’entretient avec nous pendant la séance. Bon, le froid produit une sensation de picotements, surtout sur les cuisses. J’attends de voir la suite, mais je reviendrai certainement avec moins d’appréhension. »

J’espère que cet article vous aura fourni quelques réponses. Il sera bientôt complété par d’autres informations.

Sachez qu’une séance dans ce cabinet coûte 40 euros, mais qu’il existe des forfaits pour avoir des tarifs plus intéressants.

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Je transmettrai vos questions à mes deux partenaires de choc qui ne manqueront pas d’y répondre par mon intermédiaire.