Le Morvan, un spot de trail à découvrir

8f3a2934-788b-4ef6-b425-44cb30b716f4

Ce week-end, j’ai eu l’immense honneur d’être invitée en voyage presse avec une équipe de journalistes et de blogueurs pour découvrir une région à quelques encâblures de Paris : le Morvan.

Mais il ne s’agissait pas à proprement parler que d’un voyage touristique, car le fil conducteur était le trail.

Comme vous vous en doutez, inconcevable pour une Beerunneuse de répondre par la négative à une telle proposition : dès qu’il s’agit de chausser des baskets, je réponds toujours présente.

Mais je ne me doutais pas à quel point ce séjour allait être sportif, ni combien cette région avait d’intérêt pour la pile que je suis.

Prenez place, je vous emmène faire une jolie promenade, non loin de la région parisienne, dans une nature verdoyante et riante…

Une région méconnue

bourgogne-map-gd

J’avoue être souvent passée non loin du Morvan pour me rendre vers mes destinations estivales, mais jamais je ne m’y suis arrêtée : il n’y a pas de grands axes vraiment directs, et pourtant, cela vaut le coup de faire un petit détour !

En parlant de mon séjour à venir, plusieurs personnes m’avaient dit ne pas connaître la région ou alors que c’était un endroit superbe.

Situé en Bourgogne-Franche-Comté, le Morvan est un massif de basse montagne dont le point culminant, le Mont Folin, se situe à 901 mètres d’altitude.

Certes, on ne trouve pas de hauts sommets comme dans certaines régions de France, mais la région est très vallonnée et boisée, ce qui n’est pas pour déplaire à la Bee en quête de dénivelé.

Autre atout majeur : le réseau hydrographique est dense et la région abonde de lacs artificiels.

lac.jpg

Adeptes des sports nautiques, vous allez être surpris par le nombre d’activités qu’il est possible d’y pratiquer !

Mais avant d’évoquer tous les sports que nous avons essayés et ceux auxquels vous pouvez vous adonner, je vous propose de nous attarder sur ma passion, le trail, qui était le fil conducteur du week-end.

Une grande variété de terrains

2659ba5b-5f71-44cb-80d7-86fee57c9703

En arrivant dans ce splendide parc national, mes baskets ont tout de suite commencé à me titiller.

La Bee traileuse s’est réveillée, tandis que le réseau téléphonique disparaissait : une véritable immersion en pleine nature, loin de la modernité et de l’excès de communication dont nous sommes souvent les victimes.

Logées loin de tout dans des chalets tout en bois, nous avons eu l’espace d’un instant l’impression de nous retrouver dans le décor de « La petite maison dans la prairie » : des champs et des étangs tout autour de nous !

Nous étions accueillis, pendant toute la durée du séjour, par Arnaud et Laura qui travaillent à l’office du tourisme : ils nous ont parlé d’un énorme projet autour du trail afin d’exploiter les ressources de la région.

Neuf circuits balisés ont été créés, de distances et dénivelés différents, afin de parcourir les plus beaux sentiers du Morvan :

  • « Les grandes ventes » affiche une distance de 7,150 km pour 200 D+
  • « Les sources de l’Yonne », 15,5 km pour 477 D+
  • « À la conquête de Bibracte », 23 km pour 1000 D+
  • etc.

L’idée est à chaque fois de se faire plaisir d’un point de vue sportif, tout en découvrant des endroits touristiques ou des curiosités.

Un petit livret donne le détail du circuit et les noms des lieux et curiosités.

Vous pouvez télécharger les tracés en cliquant ici.

Accompagnés de deux traileurs de renom, nous avons découvert deux parcours somptueux autour de cascades, dont celle appelée le Saut du Gouloux, avec des terrains bien différents : des sous-bois moussus, des sentiers au milieu de feuillus avec des ornières et des cailloux, des pistes de VTT, etc.

Point de goudron dans ce cadre idyllique, mais un grand nombre de ponts et de rivières que la Bee a allègrement traversés en fredonnant l’air du « Petit pont de bois » de Yves Duteil.

4a934baf-6618-4777-a6fb-177452f1b081.jpeg

Mes impressions de Bee

Autant le dire tout de suite, je suis conquise par le projet « Morvan Trail » et par la région : inutile de rappeler que je suis une amoureuse des cadres champêtres et des coins de nature préservés.

Ce qui m’a particulièrement semblé intéressant pour des coureurs qui comme moi habitent en région parisienne, c’est le dénivelé qu’offre la région pour s’entraîner sur des ultras en montagne par exemple : quasiment 600 de D+ sur un des parcours de 13 km que nous avons fait !

Que demander de mieux à seulement deux heures et des poussières de Paris !

L’alternance forêts de pins et de feuillus n’est pas non plus sans rappeler les paysages de montagne : combien de fois me suis-je d’ailleurs fait la réflexion !

Certaines côtes et descentes m’ont paru assez techniques, notamment une que nous avons abordée juste après le pique-nique, pour descendre du Rocher du Chien et aller jusqu’au parking : le filin métallique disposé sur l’un des côtés de la descente n’était pas de trop, entre les racines et le dénivelé.

1d08c2e5-105f-4b40-8df9-5f94796b9b20

Je suis partie un peu frustrée car je n’ai pas vraiment eu le temps de courir autour des lacs – le week-end est passé tellement vite !- mais un ami journaliste belge qui était hébergé autour du lac des Settons et qui en a fait le tour, soit 15 kilomètres, a adoré l’endroit.

Bon, c’est certes plat, mais les paysages sont juste sublimes et cela peut permettre de faire un peu de fractionné et de vitesse.

Que l’on soit traileur débutant ou confirmé, il me semble que la région permet de trouver son compte et de repartir satisfait.

Nous avons également croisé des randonneurs qui prenaient beaucoup de plaisir à arpenter à leur rythme les sentiers ombragés : les parcours me paraissent parfaitement accessibles avec des enfants.

Je me suis même projetée l’espace de quelques secondes faisant un trek avec mini Bee !

Il y a donc fort à parier que je reviendrai traîner mes guêtres – celles du Marathon des Sables peut-être d’ailleurs – dans ces forêts touffues et ressourçantes.

Avant de vous quitter et de clore cette partie trail, je tenais à vous informer qu’une course a justement lieu dans la région le week-end prochain : le Morvan Oxygène Trail.

Au programme, plusieurs distances dont un ultra de 83 kilomètres.

Alors si vous n’avez rien de prévu le 30 juin et que vous avez envie de chausser vos baskets pour découvrir en famille une magnifique région, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je vous donne rendez-vous demain pour découvrir la suite de ce périple sportif dans le Morvan.

Si vous souhaitez réagir à cet article ou échanger, vous pouvez le faire via un commentaire sur ce blog, sur mon compte Instagram Beerunneuse ou sur ma page Facebook.

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VIII : un final riche en émotions

famylly

Les meilleures choses ont une fin : j’ai tardé à relater toute cette aventure au Mexique, goûtant et revivant chaque instant par le biais de ma plume, comme si je voulais encore y garder un pied, faire perdurer l’émotion ressentie.

Ou plutôt les émotions qui ont été intenses, car cette dernière portion du parcours a laissé place à tout autre chose que la course en elle-même : le loisir et la performance physique se sont effacés au profit de la dimension humaine.

Ce challenge a pris une teinte inattendue : il est devenu partage, sentiments, chaleur, tendresse et jouissance, un retour aux fondamentaux qui vous font relativiser bien des choses dans votre petite existence confortable.

Mais reprenons le fil de notre course, là où la Bee l’avait laissé en début de semaine : cette fameuse pause à Cuitado.

Partage et épicurisme

IMG_0753

Après une courte pause méditation dont les bénéfices ont été immédiats, j’ai rejoint l’équipe du CP pour avaler un petit café avant le départ : certains endroits sont magiques, il y règne une certaine atmosphère, on s’y sent bien et ils nous paraissent familiers, sans que nous ne puissions l’expliquer.

Cuitado en aura fait partie, et après avoir rapidement étudié le roadbook avec Mimi, nous avons quitté avec un peu de nostalgie le paisible village vers 18 heures.

Nous voulions avancer de nuit jusqu’au prochain CP – la portion jusqu’à Bore ne faisait que 20 kilomètres – pour y faire une courte pause et n’avoir plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.

Nous devions longer un cours d’eau pendant une bonne partie du parcours, et après avoir quitté le village, nous nous sommes bien vite rendu compte que mettre du long serait judicieux pour éviter de servir de pâture aux moustiques.

Il faut croire que le cuir de la petite Normande est moins coriace que celui de la Limousine, car Mimi, en à peine quelques mètres, pouvait déjà enregistrer deux ou trois piqûres.

Alors que nous nous changions au sortir du village, un superbe coucher de soleil s’est présenté à nos yeux : splendeurs de la nature qui font jaillir des émotions contenues !

Immédiatement, nous avons la même pensée : ce sera le dernier coucher de soleil de cette fabuleuse aventure dans une nature préservée.

L’émotion nous étreint, les larmes montent sans que nous ne puissions les contrôler.

Une embrassade empreinte de tendresse et nous décidons de nous mettre en route, sinon à ce rythme, nous risquons de faire de l’ombre à Coluche dans le célèbre film Banzai, offrant nos peaux fatiguées aux moustiques voraces.

La portion est plutôt roulante, sablonneuse et ne présentera aucune difficulté dans sa première moitié.

Mais nous sentons bien que la fatigue est présente : nous faisons quelques arrêts gastronomiques sur des pierres pour admirer la voûte céleste entièrement dégagée.

Je suis sous le charme du ballet lumineux des araignées dont les yeux, sous la lumière de nos frontales, se transforment en stroboscopes.

Mimi semble moins les apprécier que moi et nous décidons de nous asseoir au milieu du sentier pour les éviter.

Le corps humain est une machine surprenante, et que dire de notre mental ?

Moi qui suis phobique des serpents et des insectes, je suis passée à côté d’un scorpion, dard relevé, sans aucune réaction, alors qu’en temps normal, j’aurais fui en poussant des cris hystériques.

Sans vraiment le ressentir, la fatigue commence peu à peu à s’installer sournoisement…

Perte de repères

IMG_0771

Nous avons enchaîné nombre de côtes et de descentes, sans pouvoir évaluer la distance parcourue étant chacune adepte de la course à la sensation : inutile de vous dire qu’il n’était plus temps de lire le manuel de ma Garmin pour l’utiliser à bon escient !

Si bien que nous avons commis une erreur qui a été fatale pour ma motivation : nous avons raté une balise et sommes passées à une centaine de mètres du CP sans le voir !

Vous me direz que ce sont des choses qui arrivent en ultra.

Certes, mais cette erreur nous a valu presque 10 kilomètres de course en plus, avec une interminable montée.

Fatiguée, j’ai mis la Bee en mode pilotage automatique : j’avance sans réfléchir, des taches noires viennent obscurcir mon champ de vision.

Je n’éprouve même plus de frayeur en apercevant les yeux brillants d’animaux dans la nuit.

Lorsque Mimi fait l’amer constat que nous nous sommes perdues, je délire : je lui aurais parlé d’un portail blanc – bizarre sur une terre sans aucune habitation ! – devant lequel nous serions passées.

Je me sens à bout de forces et n’ai qu’une envie : m’allonger !

Mais je dois tenir, il le faut, ne rien lâcher si près du but !

Nous rebroussons chemin et apercevons au bout de quelques kilomètres les fameux repères que nous n’avions pas vus.

Comme la veille, tout le monde dort à notre arrivée sur le camp : mais le veilleur décide de réveiller tout le staff pour nous accueillir.

Inutile de mobiliser tout le monde, nous sommes éreintées.

Je me promène en mode zombie et n’ai même plus la force d’avaler quoi que ce soit.

Tiphaine, l’une des kinés en service, me rapportera même que je suis restée plusieurs minutes devant ma tente à me demander comment j’allais y rentrer.

Ce qui est certain, c’est que mon capital forme à cet instant est au plus bas : je songe à tout arrêter.

Mais la nuit porte conseil et je me réveille le lendemain avec une tout autre optique en tête…

Une rencontre inoubliable

rafaella

Tu t’es vue quand tu te réveilles après avoir à peine dormi deux heures en pente et parcouru 166 kilomètres ?

Sans compter ceux que tu as fait en rab !

Je me suis levée absolument euphorique en découvrant le somptueux paysage qui s’offrait à nous : des montagnes à perte de vue !

Mais la chose la plus magique était cette famille de Raramuri auprès du feu, d’une authenticité touchante.

Le temps s’arrête : on oublie la course, le chrono qui est secondaire, pour jouir de cet instant magique, inoubliable et touchant.

La Bee n’a alors qu’une idée en tête : revêtir ses habits de clown pour lier contact avec eux !

Le rire est un vecteur de communication inouï !

Pas besoin de mots pour se faire comprendre : mimiques et gestes suffisent quand on a la barrière de la langue.

Je suis sous le charme de la petite tribu indienne qui nous prépare du feu, et plus précisément sous celui de Rafaella, la grand-mère, qui me fait penser à la mienne.

Je me transforme en pitre pour la faire rire et cela marche : elle rit aux éclats.

Elle doit me prendre pour une folle, mais je continue mon spectacle.

Un premier échange tactile, une main, de la chaleur…

Je suis requinquée !

Plus rien ne pourra m’arrêter !

Rafaella fait un bout de chemin avec nous, bienveillante : elle me dit de prendre soin de moi.

Elle viendra me faire la surprise de me retrouver à l’arrivée !

Nous reprenons notre route sur le sentier de la veille.

Au moins, notre égarement nous aura servi à quelque chose : nous sommes en terrain connu !

La fin d’une aventure

arrivée

Notre périple s’est poursuivi sur une voie de chemin de fer empruntée par des enfants qui se rendaient à l’école : notre accoutrement les a fait rire.

Nous adoptons un rythme rapide pour enjamber les rails qui nous conduisent jusqu’à une gare et une ville, San Rafael, puis nous retournons dans les canyons, mais par une piste plus praticable.

Les kilomètres s’enchaînent péniblement à travers les cailloux.

Nous décidons de nous offrir une pause plaisir pour profiter de nos derniers instants de course en duo : j’ai dans ma cave portative un grand cru de smoothie lyophilisé dont Mimi risque de me dire des nouvelles et il me reste quelques graines.

Un festin !

Mais alors que nous trinquons à cette belle aventure sur le point de se terminer, nous entendons un bruit de moteur, témoin de notre proche retour à la civilisation.

Un bras sort d’une fenêtre et nous apercevons Mehidy accompagné d’Emma : ils sont venus nous suivre sur la dernière dizaine de kilomètres et nous encourager.

Nous sommes euphoriques et éprouvons tellement de joie que nous en sommes confuses.

Nous reprenons notre route, confiant nos impressions à la caméra d’Emma.

Puis petit à petit, le duo Mehidy/Emma se fait plus discret : une attention touchante pour nous permettre à Mimi et à moi de vivre ensemble notre aventure jusqu’au bout.

Et ce bout nous l’apercevons en arrivant sur la route de sable qui mène à l’hôtel.

Les larmes montent : l’émotion est intense.

Je suis en proie à un dilemme : j’ai hâte d’arriver et de franchir cette ligne, mais je retarde également ce moment qui marquera la fin de cette aventure magique.

Le son de la musique d’arrivée retentit : »The final countdown » du groupe Europe.

« La musique préférée de mon fils » dis-je à Mimi en chuchotant.

Il est un peu dans mes pensées, à quelque cent mètres de l’arrivée, comme toutes les personnes qui me sont chères… et Mimi, bien sûr, qui symbolise cette rencontre extraordinaire.

Nous fonçons main dans la main dans les bras de Jean-François, ravies de nous être dépassées et d’avoir vécu une telle aventure…

Si vous souhaitez faire un commentaire sur ce récit, poser des questions ou donner votre avis, vous pouvez le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram.

Dans les jours à venir, je vous parlerai de ma préparation mentale et de mon équipement sur cette course.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part II : Roadbook et installation

groupe chepe.jpeg

Dans la première partie de mon récit, je vous ai laissés à bord du célèbre train El Chepe dans lequel nous avons passé des moments conviviaux entre coureurs, organisateurs, kinésithérapeutes et journalistes.

Interviews, photos, conversations débridées allaient bon train.

Mais j’ai surtout découvert un peu mon double dans le genre déjanté et j’avoue que cela m’a plutôt plu : avant l’ultra, je ne connaissais aucun des membres de notre équipe de Globe Trotteuses.

J’avais juste rencontré Delphine à une session running avec la boutique KM42 à Paris et nous avions ensuite partagé une sortie à la station de trail de Bures-sur-Yvette avec son compagnon Benoît : je savais donc que l’ambiance serait bonne sur la course, car nous étions dans la même attitude positive, fans d’aventure.

Le petit-déjeuner à bord du train nous a permis de faire connaissance avec Emilie et Catherine et d’évoquer nos visions et notre façon d’aborder la course.

Étant novice sur de telles distances, j’ai apprécié de pouvoir échanger avec des championnes de la discipline et d’avoir leurs conseils.

Mais je me suis aussi vite aperçue que nous avions un peu les mêmes délires avec Émilie. Je ne me doutais pas alors que mon aventure allait devenir « notre aventure » et que nous allions passer des moments aussi déjantés.

Un seul point à bord est venu me rappeler que nous ne partions pas en colonie de vacances, mais bel et bien pour un ultra trail réputé extrêmement difficile de 190 kilomètres et 10 000 de D+ : le roadbook distribué par Jean-François…

Un roadbook qui annonce la couleur

roadbook.jpeg

La lecture du roadbook m’a immédiatement plongée dans une réalité : la montée à bord de El Chepe m’avait transportée dans un autre univers et à une autre époque, me faisant vivre un rêve éveillé.

Celui d’une petite fille qui partageait avec ses parents devant le petit écran ses désirs d’évasion et sa curiosité.

Mais il allait falloir prochainement passer aux choses sérieuses : l’ultra trail !

La Bee à ce moment là a eu comme un coup de sang !

J’ai alors évoqué avec certains membres du groupe mon principal point faible pour notre discipline, sur lequel je travaille depuis près d’un an : mon vertige.

En lisant quelques paragraphes concernant des passages de la course, je pense m’être en effet décomposée, voire liquéfiée : « traversée du rio sur un pont suspendu », « très longue montée éprouvante », « parcours hors-piste de 82 kilomètres avec 5 500 m de D+ »…

OK, je savais bien que je ne m’étais pas engagée pour une sortie au Club Med, mais le fait de visualiser ces mots a eu un effet choc dans mon esprit.

Allez, on rassemble ses sens ! On respire comme Morgane, ma sophrologue, me l’a si bien appris lors de nos séances, on ne laisse pas l’appréhension envahir son petit corps de Bee, il sera bien assez tôt une fois que l’on sera sur place.

J’interroge – une nouvelle fois, le pauvre ! – Jean-François sur la difficulté du parcours pour une Bee sujette au vertige et novice dans ce genre de challenge.

Il m’assure que je suis capable de surmonter ma phobie et qu’à part un passage ou deux – mon Dieu ! Mais c’est déjà suffisant pour que je reste tétanisée pendant des heures ou que je sois aspirée dans un gouffre sans fond ! – je devrais m’en sortir.

J’essaye de faire bonne figure pour masquer mon anxiété et m’en sors comme à mon habitude par une pirouette humoristique, mais au fond de mon être, mes tripes sont chamboulées.

Lorsque Fabienne et Emma, les deux charmantes journalistes de la chaîne qui diffusera notre aventure, viennent me trouver pour m’interroger sur mes motivations, je ne peux cacher mon appréhension.

Mais que suis-je venue faire dans cette aventure ? N’aurait-il pas été plus simple d’aller me tester dans une contrée moins lointaine, et pourquoi pas de trouver un endroit comme l’an dernier en France dans la Tour Eiffel – un grand moment de fierté quand j’ai dit à mon fils que nous pourrions aller ensemble au deuxième étage ! – ou encore sur le massif de la Chartreuse lors de l’UT4M ?

Non, je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller m’engager sur un challenge qui me paraît d’un coup titanesque et dans lequel j’ai embarqué sponsors, famille et amis !

C’est bien là le côté tête brûlé de la Bee, mais que voulez-vous, j’aime l’aventure, les challenges, me retrouver en pleine nature et me confronter à mes démons, me dépasser, me dire que je suis vivante et que j’ai échappé à des situations tellement critiques que rien ne peut à présent m’ébranler.

Alors ce ne sont pas deux ou trois ponts suspendus et passages étroits au-dessus du vide qui vont m’effrayer… Quoique…

Découverte de la Barranca et installation

 

barranca.jpeg

Après 8 heures de train, nous avons enfin atteint Divisadero, le point de départ de notre course, qui culmine à 2 400 mètres.

À peine arrivés, nous n’avons eu d’yeux que pour elle, cette fameuse Barranca del Cobre, qui nous est apparue dans son immensité, minérale : des monts à perte de vue et des canyons.

Happée par ce paysage irréel, j’ai immédiatement ressenti une sorte de malaise – ou peut-être était-ce lié à l’altitude : j’avais en face de moi les fameuses montagnes auxquelles j’allais devoir me confronter !

On ne peut que rester sans voix devant un tel panorama, mais passé l’effet de surprise, j’ai immédiatement cherché – parfois je me demande si je ne suis pas dingue ! – dans ces amas gigantesques de pierres la trace de ponts de singe et autres…

En vain, bien évidemment, même si j’apprendrai plus tard que près de moi se trouvait l’un d’eux qui constituait dès le début de la course mon premier obstacle mental.

femmes marché

Nous avons ensuite mangé dans un magnifique restaurant qui surplombe la Barranca avant d’aller faire un petit tour de marché : des femmes avec leurs enfants vendaient en effet certains articles locaux, comme des paniers, des bijoux, des sacs et autres pour les touristes.

Une fois nos emplettes faites, nous avons gagné l’auberge dans laquelle nous avons été hébergés : Jean-François avait trouvé plus judicieux cette année d’aller dans cet endroit pour que nous partagions quelques instants de notre quotidien avec les indiens, et j’avoue que la formule m’a immédiatement séduite, même si je trouvais absolument fabuleux le premier hôtel où nous avions mangé, surplombant les canyons.

hotel

L’endroit était simple et sans prétention, mais chaleureux et efficace pour ce genre d’événement.

Après un repas du soir typiquement mexicain – soupe, purée de haricots et viande – nous sommes allés nous coucher avec des images extraordinaires dans notre esprit…

Une rencontre du troisième type

arnulfo.jpeg

Mais le plus incroyable restait à venir : nous avions une journée pour préparer nos sacs, avoir un brief et nous reposer, le décalage horaire n’aidant pas.

Mais nous avons choisi avec Émilie – que j’appellerai désormais Mimi pour plus de facilité et parce que j’affectionne ce surnom – d’aller à pied jusqu’à l’hôtel de la veille pour y boire un verre et surtout, avoir du WIFI pour donner des nouvelles à nos proches.

Nous y avons retrouvé d’autres coureurs, mais surtout, une belle surprise nous attendait à notre départ : des indiens Raramuri étaient en effet déjà arrivés pour la course – Jean-François avait été les chercher dans leurs villages avec les journalistes.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être déconnecté temporellement ? De devenir un personnage d’une quelconque fiction ?

C’est exactement ce qui m’est arrivé en apercevant le célèbre Arnulfo dont il est énormément question dans Born to run. Eh bien ce héros, dont la photo célèbre illustre la couverture du livre, prenait vie devant moi, au bord des mythiques canyons : un rêve éveillé !

Comment ne pas être humble et intimidée devant une telle personne !

Je me suis focalisée sur ses pieds et sur les sandales – huarachi – qu’il portait.

Après deux ou trois sourires échangés, nous sommes parties avec Mimi nous préparer pour le début de notre aventure…

raramuri.jpeg

À suivre…

Si vous souhaitez réagir à cet article, faire un commentaire ou poser des questions, vous pouvez le faire via ce blog, ma page Facebook Beerunneuse ou mon compte Instagram Beerunneuse.

 

CHONDRO-AID, l’allié des traileurs pour de bonnes articulations

mouvement

« Pour courir longtemps, ménage tes articulations… »

Telle pourrait être la devise des traileurs !

Combien de participants ai-je déjà entendu sur des courses – lors de la soirée de gala du Half Marathon des Sables notamment – évoquer des douleurs ou des gênes au niveau de leurs articulations ?

Des études l’ont démontré : les trails et les ultras mettent à rude épreuve nos organismes et nos articulations. Terrains meubles, descentes techniques, sols rocailleux, autant de facteurs qui ont un impact sur nos chers cartilages.

Si le renforcement musculaire peut permettre d’éviter les blessures et de soulager nos articulations, j’ai découvert récemment un produit des laboratoires Arkopharma, CHONDRO-AID, qui a retenu toute mon attention pour deux raisons : la première est qu’il respecte les rythmes chronobiologiques.

Comme vous le savez, la Bee est curieuse. J’ai déjà évoqué dans un article des en-cas pour les courses respectant la chrononutrition, qui m’avaient véritablement séduite et que j’avais emmenés sur mon ultra.

Christelle MDS WEB (3)

Vous me direz quid des articulations ? Quel peut être l’intérêt de la chronobiologie ?

C’est bien simple : nos articulations sont énormément sollicitées pendant la journée par nos diverses activités, voire malmenées lors de certains de nos challenges, alors que la nuit, elles sont au repos.

Le laboratoire Arkopharma a tenu compte de ces données pour apporter des solutions pour soulager nos gênes et douleurs : il propose des produits qui mettent l’accent sur les fonctions cellulaires la journée, axés sur la défense contre les agressions et à base de curcuma, poivre gris et ovomet (une substance composée essentiellement de membrane d’œuf), et la nuit, d’autres qui permettent le renouvellement des cellules – c’est exactement le même processus que pour la peau – contenant du manganèse, de l’acide hyaluronique, de la vitamine D, de la glucosamine et du reveratrol.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ma hantise est de ne plus pouvoir m’adonner à ma jolie passion : l’ultra trail.

Bien souvent, j’entends des amis autour de moi me dire qu’ils ont arrêté cette pratique à cause de douleurs, de gênes ou sur avis médical.

Comme vous vous en doutez, l’immobilisme est l’ennemi juré de la Bee : je me dis que donner un petit coup de pouce à mon organisme, plus particulièrement à mes articulations, tout en respectant les rythmes chronobiologiques, peut être une façon de poursuivre mes aventures dans le temps…

Affaire à suivre…

 

Cet article est sponsorisé par les laboratoires Arkopharma.

Si vous souhaitez poser des questions, réagir ou faire part d’un commentaire, n’hésitez pas à le faire via ce blog ou par le biais de mes pages Facebook et Instagram Beerunneuse.

 

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 3 : dans le silence de la nuit…

départ 22

Prêts pour embarquer sur la deuxième étape de cette belle aventure canarienne ?

Bouclez vos ceintures, je vous emmène sur les traces d’une Bee plus déterminée que jamais !

Je ne vais pas me la raconter en vous disant que j’ai abordé cette étape longue sereinement : après quelques heures de repos l’après-midi, une discussion avec les copains sur le bivouac, de nouvelles rencontres et un repas fortement apprécié – comme il a été difficile de faire du feu avec nos pastilles Esbit à cause du vent ! – je me suis juste sentie mieux.

Ma plus grande crainte était d’avoir les classiques courbatures post course de la première étape : en prévention, j’avais pris un gel cryo et du baume du tigre avec lequel je m’étais massée.

Je craignais les 70 kilomètres annoncés après l’étape de 30 kilomètres – course et marche cumulées – de la veille, surtout le dénivelé et la nature du terrain.

Croyez-moi, nous n’avons pas été déçus : j’ai eu l’impression de vivre en une étape un condensé de tous les trails que j’avais pu faire ces derniers temps…

Un road book qui annonce la couleur

Initiation natation et fitness (15)

Après une nuit un peu plus calme – les rafales de vent étaient moins fortes – et un soupçon de sommeil, je me suis réveillée déterminée à affronter cette étape tant redoutée.

On nous avait conseillés la veille d’essayer de faire ce challenge en binômes, certains passages étant assez compliqués, mais surtout parce qu’une partie de la course s’effectue de nuit : la barrière horaire était de 25 heures, il fallait donc gérer le repas du soir et éventuellement songer à une pause récupération.

Dormir en plein milieu d’immensités de sable balayées par le vent ne m’enchantait guère, je préférais encore retrouver ma tente qui me paraissait alors être un palais doré !

Avec Mathilde, nous avons décidé de faire l’étape ensemble et de marcher pendant une bonne partie du trajet.

Après notre cheminement quotidien de près de trois kilomètres pour rejoindre les bus, nous avons reçu notre nouveau road book qui a conforté nos choix : nous avons découvert avec stupeur qu’il y aurait près de 1900 mètres de dénivelé et qu’un passage se ferait sur une chaîne de crêtes.

J’ai oublié de vous dire que nous avons pris chaque jour le départ à l’heure où le soleil tape le plus fort, soit entre onze heures et midi : un paramètre qui explique aussi la difficulté des étapes, les déshydratations et parfois les perfusions.

Ce jour-là, certains ont eu la chance d’apercevoir des robinets d’eau sur le chemin et en ont généreusement profité, mais il fallait faire partie des chanceux, car l’organisation qui n’avait pas pensé qu’une horde de coureurs verraient la tuyauterie miraculeuse et en profiteraient pour abondamment s’arroser, a vite fait fermer les conduits porteurs de fraîcheur.

J’ai fait partie des heureux élus et ai généreusement mouillé ma chevelure pour me rafraîchir en attendant le départ…

Un parcours avec des terrains variés

falaises.jpg

Oueds, falaises, tunnels, monts et dunes se sont succédé tout au long de cette étape…

Une véritable balade touristique si l’effort physique n’était pas aussi intense !

Nous avons décidé avec Mathilde de mettre en place une stratégie afin d’arriver au bout de cette interminable étape : la première partie était une succession de collines sablonneuses en plein soleil, il nous a semblé préférable de marcher un maximum pour s’économiser avant d’aborder les monts et les crêtes.

La chaleur tombe vers 17h30 sur l’île et il nous paraissait judicieux de courir plutôt à ce moment là.

Mention spéciale à un horrible tunnel assez long dans lequel il a fallu allumer nos frontales : j’ai eu une énorme frayeur, car nous avancions le dos courbé et en me redressant, j’ai senti une chose gluante sur mes cheveux.

Nous avons préféré ne pas savoir de quoi il s’agissait, même si nous avons aperçu des formes collées sur le plafond.

Nous avions également prévu de franchir le CP4 avant la nuit dans le meilleur des cas, car la chaîne de crêtes s’étendait entre le CP3 et 4 : nous avions un peu d’appréhension à l’idée de gravir les collines pierreuses de nuit.

sommet d'un champ de sable.jpg

Nous avons réussi cet objectif fort heureusement, car les sentiers étaient plutôt escarpés à certains endroits, voire périlleux.

Portée par mon envie d’en finir avant la nuit avec ces monts, j’en ai oublié mon vertige et le dénivelé.

Une Bee déterminée en oublie ses phobies !

Nous avons traversé de somptueux paysages pendant la journée, dont des falaises majestueuses qui se détachaient au bord d’une mer turquoise.

Un pur plaisir visuel !

Une Bee sous la nuit étoilée

L’organisation avait demandé à chaque coureur d’allumer sa frontale et de fixer des bâtonnets lumineux sur le sac à partir de 19h30, sous peine de pénalités.

Nous étions au sommet du dernier mont à ce moment là, nous avons donc effectué toute la descente dans une semi-obscurité.

Le CP4 a enfin pointé le bout de son nez…

La difficulté sur une étape longue est de gérer l’alimentation : je ne mange jamais beaucoup sur les courses, mais pour avoir suffisamment d’énergie pour aborder la nuit, une pause repas était nécessaire.

J’ai dégusté le meilleur taboulé lyophilisé au monde !

Certes, je n’ai pas pris le temps de le réhydrater complètement – les petits pois étaient encore croquants – mais je l’ai savouré jusqu’au dernier grain.

Après une vingtaine de minutes, nous avons repris la route, fermement décidées à arriver le plus vite possible.

Quelques passages nous ont un peu effrayées : la traversée d’une route avec des voitures qui arrivaient assez vite, l’entrée d’une ville où des épouvantails squelettiques trônaient sur des vélos, des brouettes et autres objets, nous avons longé une falaise et n’arrivions pas à estimer sa hauteur en entendant le bruit des vagues qui se fracassaient contre les parois.

Petit épisode mémorable : une pause pipi derrière un rocher d’où est sorti un crabe !

A-t-il été ébouillanté ? J’ai vite détalé sans attendre la réponse…

La toute dernière partie dans les dunes nous a semblé interminable : nous apercevions le bivouac au loin et quand nous avions l’impression de l’atteindre, il s’éloignait de plus en plus. Illusion d’optique ?

Nous avons franchi main dans la main la ligne d’arrivée à 1h15 du matin, éreintées mais heureuses d’avoir atteint notre objectif…

Mes impressions de Bee

bivouac matin

Dire que cette étape a été une partie de plaisir serait prétentieux : elle a été source d’abandon pour un certain nombre de coureurs.

Mais j’ai néanmoins apprécié sa diversité, son côté technique qui la rendait particulièrement exigeante.

Vous connaissez mon goût pour les courses de nuit, alors bien sûr, j’ai été comblée : courir sous les étoiles a un charme particulier, j’aime ce silence, cette ambiance singulière…

Dans un désert, c’est encore une autre dimension, rien à voir avec l’esprit d’une Saintélyon où l’on n’est jamais seule, ou d’un trail de nuit classique.

J’ai aussi apprécié les diverses rencontres tout au long du parcours : nous avons échangé sur nos vies avec un coureur français, refait le monde avec un duo d’Anglais, ri en traversant un genre de forêt de buissons avec un groupe…

La magie du trail a une nouvelle fois opéré chez la Bee et ces images fortes sont celles qui resteront ancrées dans ma mémoire, bien au-delà de la fatigue que j’ai pu ressentir…

Cette fameuse nuit, après notre arrivée, je n’ai pas eu l’envie de faire des chichis de toilette ou autres : j’ai directement plongé dans mon duvet sans chercher à attendre le marchand de sable qui était d’ailleurs certainement passé depuis belle lurette…

Si vous souhaitez réagir à cet article, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur ce blog ou via mes pages Facebook et Instagram Beerunneuse.

Je vous donne très vite rendez-vous pour la suite…

 

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 1 : installation

attente

Ce chapitre pourrait bien ressembler à celui d’Alphonse Daudet et de ses fameuses Lettres de mon moulin dont je vous parlais cet été…

Mais il ne sera pas question de lapins !

Inutile de revenir sur les motivations qui m’ont poussée à vivre cette aventure, je vous en ai déjà longuement parlé en amont.

Aussi je vous propose de revivre mon aventure à partir du moment où nous sommes descendus du car qui nous a conduits jusqu’à l’hôtel de La Pared à Fuerteventura, point de départ de notre périple.

J’ai volontairement découpé en plusieurs chapitres les divers moments de la course pour vous donner l’aperçu le plus précis possible de ce qui pourrait vous attendre si vous décidez de signer l’année prochaine.

Prêts à embarquer ? Go !

Rencontres et affinités

départ

J’avais décidé de venir à Fuerteventura un jour avant la course afin de m’acclimater, mais aussi de me reposer après une semaine de travail éprouvante.

Ce fut l’occasion de rencontrer de nombreux runners qui avaient eu la même idée que moi et de sympathiser : nous avons ainsi papoté, nagé et partagé quelques repas avec Mathilde, ce qui nous a permis de voir que nous avions quelques affinités.

Cette étape peut paraître anodine, mais elle permet déjà en amont de constituer un peu la configuration du bivouac, surtout quand on part seule à l’aventure.

Pour une Bee, malgré son côté sauvage, il est essentiel d’avoir un environnement amical positif : le relationnel fait partie intégrante de la course à mon sens.

Un car nous a conduits le lundi matin avant le départ de la course jusqu’à l’hôtel La Pared où ont eu lieu toutes les formalités et où nous a été servi un gigantesque buffet.

Contrôles et choix de dernière minute

Cette première partie n’est pas la plus amusante, mais elle est nécessaire : à notre arrivée, nous avons tous reçu un roadbook très général afin de nous présenter les grands principes et les règles de la course.

Nous avons ensuite patienté – zut ! Je n’avais pas gardé mon maillot de bain sur moi pour profiter de la belle piscine de l’hôtel ! – avant de nous rendre vers les points de contrôle.

Il a fallu en premier lieu récupérer le combustible pour nos réchauds – un mail nous avait informés que plusieurs compagnies aériennes n’autorisaient pas le transport des pastilles Esbit – que nous avions acheté via le site de la course.

Puis nous avons déposé nos valises renfermant les derniers vestiges de notre confort – adieu vêtements frais aux senteurs de lessive, produits de beauté, chaussures… – avant de nous rendre sur les points de contrôles.

Ce challenge nécessite des examens médicaux spécifiques : un certificat médical propre à la course et un électrocardiogramme au repos.

Tout est contrôlé au premier poste : attention, si vous êtes comme moi asthmatique, veillez à bien faire préciser à votre médecin que vous êtes susceptibles d’utiliser de la Ventoline et ayez une ordonnance que vous remettrez – ce produit peut être dopant !

Je n’en ai heureusement pas eu besoin, mais il vaut mieux prévenir que guérir comme le dit l’adage.

Le deuxième poste concernait le poids du sac – on vous indique une fourchette sur le site, ce qui occasionne en général de belles surprises : j’ai découvert que le mien pesait 7,5 kilos.

Inutile de préciser que le sac, sur ce type de courses, représente un vrai handicap : il n’est pas aisé de courir avec trop de poids, surtout quand on a le gabarit d’une Bee !

Mais il est trop tard, il fallait y penser avant : votre valise est déjà récupérée et vous devez conserver les denrées avec l’énergie demandée pour les quatre jours !

Je ne vous cache pas que pour ma prochaine expérience, je serai plus légère !

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

Après les contrôles, c’est la pose de la balise et la remise des dossards : fixez bien l’un et l’autre, car leur perte entraîne de nombreux points de pénalités.

Petite remarque : la balise clignote et cela m’a sensiblement gênée sous la tente pendant la nuit. Si j’ai la chance d’aller un jour sur le MDS, je prévoirai un petit cache.

En route pour le bivouac !

vers le bivouac

Une fois les formalités accomplies, un photographe immortalise le moment : souvenirs souvenirs…

Puis il est l’heure de partir vers le bivouac : une petite randonnée de plus de 7 kilomètres dans le sable afin de s’habituer à ce qui nous attend.

Je pense que nous avons tous à ce moment là réalisé l’envergure du challenge qui nous attendait, entre la chaleur, le poids du sac, le type de terrain et le dénivelé.

Quelques dunes plus tard et nous apercevions enfin le bivouac…

Installation

bivouac

Imaginez un champ de tentes sur une étendue désertique, comme un décor de film d’anticipation…

Du sable, des dunes, juste quelques pales d’éoliennes pour nous rappeler que la civilisation n’est pas si loin…

Les tentes sont disposées par îlots de six ou sept : après avoir pris votre bidon de 5 litres d’eau, on vous demande alors d’en choisir une que vous conserverez jusqu’à la fin de votre aventure.

Autant vous prévenir, point de loi Carrez pour votre logement de la semaine !

Mais n’allons pas nous apitoyer : cela fait partie de l’aventure !

Mention spéciale pour le traitement de la toile qui confère une obscurité absolue…

Certes, elles ne sont pas conçues pour les grands : mon mètre soixante-seize a un peu souffert, mais j’ai redécouvert les bienfaits de la position foetale…

Une fois l’installation terminée a lieu un brief avec les organisateurs du Half Marathon des Sables dont Patrick Bauer, une vraie messe solennelle dont nous ne ratons pas une miette, en bons disciples.

Un grand barbecue y succède afin de marquer le début de l’aventure et de l’autosuffisance alimentaire : le vent, le froid et peut-être l’appréhension du lendemain font que personne ne s’est éternisé ce soir là sous le barnum géant…

pretes

Je vous retrouve rapidement pour découvrir la deuxième journée de ce périple avec la première étape…

Si vous voulez réagir à cet article, le commenter ou apporter des précisions, n’hésitez pas à le faire via ce blog ou sur mes pages Facebook et Instagram Beerunneuse.

 

 

S’alimenter sur le Half Marathon des Sables, une interview exclusive de Nicolas Aubineau

half

Dans quelques semaines, nous serons environ 500 à prendre le départ du Half Marathon des Sables, la première édition très attendue d’un ultra trail à Fuerteventura, une des îles Canaries.

Nous parcourrons plus de 120 kilomètres sur des étendues désertiques : sable, cailloux, montagnes, chaque aventurier trouvera son compte lors de cette magnifique expérience.

Mais depuis plusieurs jours, une question existentielle taraude la Bee, plus que sa condition physique : l’alimentation.

N’ayant en effet connu aucune expérience de ce type, la perspective de passer quatre jours en complète autonomie m’effraie : nous devons respecter un nombre de calories qui sera contrôlé chaque jour, gérer notre quantité d’eau…

Nous devons anticiper les quatre jours, car le principe de cette course est que notre sac contiendra tout notre garde-manger : point de ravitaillement prévu sur ce challenge à étapes.

Pour aborder au mieux ce défi, je me suis donc rapprochée d’un professionnel de la nutrition que j’avais déjà interviewé : Nicolas Aubineau.

Auteur de plusieurs livres consacrés à la nutrition du sportif, j’ai pensé que c’était la personne idéale pour répondre à quelques-unes des questions d’une Bee un peu perdue…

Une interview riche en conseils

Pour aider votre lecture, j’ai mis mes questions en bleu et en gras : elles sont bien entendu suivies des réponses de Nicolas.

Nicolas, quel type d’alimentation conseillerais-tu sur une telle course ?

Il faut tenir compte de plusieurs paramètres, notamment du poids du sac qui va contenir déjà un certain nombre d’éléments obligatoires : réchaud, popote, boussoles, sac de couchage…

Il importe donc de ne pas trop se charger. Il faudra d’ailleurs certainement reconditionner les plats achetés pour gagner quelques centaines de grammes.

Je conseillerais plutôt les plats lyophilisés qui sont un peu plus chers que les déshydratés, mais qui ont une durée de stockage plus importante et une qualité des vitamines intéressante.

On garde le goût et la texture des aliments, il n’y a pas de déformation des produits.

L’hydratation est essentielle sur cette course, mais comment la gérer au mieux ?

Sur les courses de ce type, l’alimentation est essentiellement liquide : il faut compter entre 1 à 2 litres par heure, entre la chaleur et le vent.

Le reste de l’alimentation sera constitué pendant la course surtout de barres et de fruits secs. Il est important aussi d’essayer de manger des oléagineux qui apportent des nutriments intéressants.

Sur de telles épreuves, on perd énormément de sodium et de potassium, il faut donc faire des apports en conséquence : les boissons de l’effort peuvent être intéressantes car elles sont bien calibrées. On peut éventuellement y ajouter de la fleur de sel pour compenser les pertes.

Certains coureurs utilisent des pastilles de sel pendant l’effort, mais il ne faut pas trop en abuser.

Pour les pertes en potassium, il peut aussi être intéressant d’amener des bananes séchées sur la course.

Quel menu type quotidien conseillerais-tu sur une telle épreuve ?

Il faut prendre des forces pour aborder les épreuves et faire attention car un nombre de calories journalier est demandé.

Manger un muesli le matin, une ou deux heures avant le départ, est intéressant : c’est digeste, souvent enrichi et bourré de vitamines.

Selon les goûts et pour en faire un moment plaisir et gourmand, on peut y ajouter des fruits secs ou des graines. On en trouve dans certaines marques enrichis en vitamines et en protéines.

Pendant la course, l’alimentation sera donc essentiellement liquide comme nous l’avons dit précédemment.

À l’arrivée, il faut essayer de prendre un genre de collation ou un repas.

Le soir, on peut faire un repas « normal ».

As-tu quelques astuces à nous donner ?

viande

Il existe un produit intéressant : la  viande séchée. Non seulement c’est un bon produit, gourmand, mais il permet des apports en protéines et sel.

Sinon, je propose un certain nombre de recettes dans mon nouvel ouvrage « Trail, Coaching nutrition.

Je conseille également de prendre des probiotiques avant ce type de compétition pour éviter les troubles digestifs qui pourraient survenir.

Merci Nicolas pour toutes ces astuces bien utiles !

Vous pouvez également retrouver d’autres conseils sur le site de Nicolas Aubineau qui a consacré tout un article sur la nutrition pendant le Marathon des Sables.

Un ouvrage riche en conseils

trailnico.jpg

Je suis allée immédiatement après notre entretien téléphonique faire ma curieuse : j’ai découvert le livre très complet de Nicolas sur la nutrition des traileurs.

Aurélia Truel, membre de l’équipe de France championne du monde de trail, a co-écrit l’ouvrage.

Le sommaire est riche et propose d’aborder la nutrition du traileur avant, pendant et après la course.

trail sommaire.jpg

Ce que j’aime dans cette collection de livres sur la nutrition, c’est que chacun peut y trouver son compte : il n’y a pas de vérité unique, mais des conseils variés, chaque coureur étant bien différent.

Une mention spéciale pour les recettes qui sont saines et naturelles.

Deux chapitres ont attiré immédiatement mon attention de Bee : celui sur « le placard idéal » du traileur et celui sur l’hydratation.

À découvrir absolument pour revoir ses fondamentaux !

 

Si vous souhaitez réagir à cet article ou faire un commentaire, n’hésitez pas via ce blog ou sur mes pages Instagram et Facebook Beerunneuse.

Mes accessoires coups de coeur sur l’UT4M

équipement.jpg

Bien des photos des équipements dont nous nous servons circulent sur la toile avant nos courses, mais nos chers accessoires ont rarement la vedette après nos frasques.

Pourtant, ils contribuent bien souvent à nos victoires personnelles, à notre confort et à notre plaisir : est-ce parce qu’ils arrivent crottés ou que nous oublions rapidement leur importance jusqu’à la course suivante, pour savourer notre but atteint et goûter un peu de repos ?

J’ai décidé de rendre un petit hommage à trois de ces équipements et accessoires qui m’ont été bien utiles pendant mon challenge, pour certains sur plusieurs courses.

Je ne suis pas fétichiste, mais ai apprécié réellement ce qu’ils m’ont apporté et sais déjà qu’ils deviendront les fidèles compagnons de mes prochains périples…

Focus sur mes trois accessoires et équipements UT4M phares…

En confiance avec les bâtons Guidetti

batons.jpg

Je n’étais jusqu’à présent pas une adepte des bâtons de trail : j’en avais gagné lors de mon podium sur l’Ultra Marin que j’avais entreposés, telles des reliques, dans mon armoire à matériel.

Pour tout vous dire, je m’y suis intéressée au retour de mon week-end choc : mon ami ultra traileur, Nicolas, en avait pris pour la reconnaissance du parcours de l’UT4M.

Il m’avait prêté des bâtons de la marque Leki, avec des dragonnes et des poignées : une référence dans le monde du trail.

Je m’étais vite rendu compte de leur importance sur un dénivelé aussi fort, mais j’avais ressenti une irritation au niveau de mes mains et je ne m’étais pas sentie à l’aise avec le gantelet : je me suis même demandé si ma chute – je vous avais raconté que mes bâtons s’étaient emmêlés – n’était pas liée à ce détail ?

Les bâtons que j’avais gagnés étaient encore sous plastique et me semblaient surtout collectors : un peu lourds, avec des images des éditions précédentes collées dessus et beaucoup d’éléments en plastique.

Je comptais donc sur mes vacances dans le Sud pour trouver bâtons à ma convenance : j’ai trouvé un magasin spécialisé en accessoires running et trail à Aubagne, « Passion Course » et ai été conseillée par Richard.

Ce qui m’a immédiatement plu, c’est qu’il a pris le temps de m’écouter, de jauger ma petite expérience avant de me conseiller : il en a déduit que j’étais certainement gênée par la poignée et le gantelet.

Il m’a alors orientée vers la marque Guidetti, pour laquelle il a d’excellents retours.

Je n’en avais jamais honnêtement jamais entendu parler, mais ai apprécié qu’elle soit française, qui plus est de la région grenobloise.

Je suis fan d’anecdotes et aime l’histoire de cette marque : Pascal Guidetti aurait eu l’idée de créer ses bâtons de randonnée télescopiques après avoir acheté une table à repasser.

Est-ce un signe – pas la table à repasser ! -, mais en me renseignant, j’ai appris qu’une partie de la conception de ces bâtons s’était passée dans une usine près du Massif de La Chartreuse !

Ils étaient donc faits pour moi !

Après en avoir essayé plusieurs de différentes marques, mon choix s’est orienté vers le modèle Guidetti F-Light Carbon au design très girly : il s’agit de bâtons trois brins télescopiques, légers – 205 g – et facilement réglables.

Ils sont équipés d’un système Easy Lock qui permet de facilement les bloquer une fois qu’ils sont ajustés.

La poignée en mousse R-Go Light, pensée et designée par GUIDETTI, apporte confort et légèreté au bâton : je n’ai ressenti aucune irritation au niveau de mes mains et ai trouvé qu’elle était ergonomique et douce.

J’ai immédiatement apprécié la prise en mains.

Leur coût ? 99 euros.

Lors de ma course, je n’ai à aucun moment été gênée par mes bâtons, allant même jusqu’à les oublier.

J’ai utilisé leur fonction télescopique dans quelques descentes et ai apprécié la rapidité et la facilité d’utilisation : un simple clic permet de les réduire et de les bloquer.

Je me suis sentie en confiance, avec de bons appuis, ce qui n’était pas gagné avec la météo de la veille : des orages et de la pluie.

Ils m’ont servi à braver la boue et les pierres glissantes.

départ.JPG

Merci Richard pour tes excellents conseils !

Les multiples gains de la tasse Salomon Soft Cup Speed

salomon-soft-cup-speed-150ml-accessoires-148212-1-fb

Avant de descendre en vacances, je n’avais pas pensé à prendre mon éco tasse Raidlight.

J’avais pris un gobelet simple, rigide, mais ai commencé à m’inquiéter du poids de mon sac en voyant le matériel obligatoire.

J’ai alors découvert, au détour d’un rayon, un produit merveilleux, qui se plie, s’accroche, est hyper léger et compressible : ma tasse Salomon Soft Cup Speed – disponible sur le site http://www.irun.fr notamment.

Elle ne tient absolument pas de place dans le sac, comme elle est pliable et permet de vite s’hydrater : je l’avais accrochée en haut de mon sac pour pouvoir m’en emparer sans perdre de temps aux ravitaillements.

Elle a fini par arriver dans l’une des poches de ma tenue Waa : compacte, je l’ai pliée rapidement.

Je n’ai pas eu de souci non plus en buvant : je ne sais en revanche si ce gobelet peut s’utiliser avec du chaud, sous peine de se brûler.

Ce qui est certain, c’est qu’il m’accompagnera dans mon aventure sur le Half Marathon des Sables : un gain de place et de poids !

Les GoTrail de la marque Skechers, un véritable coup de foudre

skec

Inutile je pense de revenir sur l’importance du confort des pieds lors d’une course : malmenés, ils sont soumis à des déconvenues et peuvent même être source d’abandon.

Depuis que j’ai recommencé à vraiment courir, il y a presque deux ans, j’accorde une attention particulière à mes chaussures, ayant eu une luxation d’un orteil dès ma reprise et une déformation.

Quand je suis allée au Salon du Running en avril, je suis passée par le stand Skechers.

J’avais déjà testé une paire de runnings – la GoRun 4 – que j’avais trouvée très confortable et légère.

Je voulais voir ce que la marque américaine proposait en termes de chaussures de trail.

Je m’apprêtais alors à courir un trail de 24 kilomètres en Vendée et j’étais inscrite également en juin sur la course des « Gendarmes et des Voleurs de Temps » dans ma région natale, un trail de 32 kilomètres.

Le commercial que j’ai rencontré m’a alors proposé la GoTrail : bien sûr, j’ai tout de suite apprécié ses couleurs girly, mais je n’ai rien à vous apprendre, vous savez déjà que la Bee est sensible aux coloris et à ce qui est féminin.

Ce qui m’a vraiment étonnée, c’est sa légèreté – 270 grammes !- et sa souplesse : on peut la tordre sans problème, ce qui n’était pas le cas de chaussures que j’avais eues auparavant, assez rigides.

Dotée d’un drop de 4 mm – 24 mm d’épaisseur au talon, 20 mm sous l’avant-pied – elle est de hauteur moyenne.

Elle est au prix de 105 euros, ce qui est plutôt abordable par rapport à d’autres marques.

Elle a un fin pare-pierres sur le devant et des crampons d’un peu plus de 3 mm.

Ce que j’ai immédiatement apprécié en les chaussant, c’est leur confort : une vraie pantoufle qui englobe bien le pied, sans être trop large – j’ai le pied fin.

Mais attention, elles cachent bien leur jeu, car elles sont très dynamiques et ont une bonne accroche.

Quand j’en ai parlé à certains de mes amis traileurs, ils n’ont pas été convaincus : la marque américaine jouit encore dans l’hexagone d’une réputation plutôt sportswear et bon marché.

J’ai donc testé mes GoTrail sur le TRail de l’Auzance en Vendée, des sentiers assez propres avec quelques passages de ruisseaux, et sur les Gendarmes et les Voleurs de Temps où il y avait un peu de boue et quelques passages rocailleux : j’ai été conquise !

J’ai souvent mal aux pieds à la fin de mes compétitions et n’ai qu’une envie : quitter mes chaussures crottées.

Là, ce n’a pas été le cas : l’amorti est très bien réparti dans la chaussure et j’ai ressenti un certain confort pendant toute ma course.

Quand je suis partie pour l’UT4M, je me suis posé la question du choix de mes baskets : n’ayant jamais véritablement fait de haute montagne, je me suis dit qu’il me fallait une paire avec une bonne accroche.

Mais j’ai eu du mal à renoncer à mes Skechers qui m’avaient apporté tant de confort : en plein été, je me suis dit que le terrain serait certainement sec et qu’elles conviendraient, même si les crampons me paraissaient un peu justes.

Malheureusement, la veille du challenge, il y a eu de gros orages et nous avons appris que les sentiers étaient très glissants et que la course serait vraisemblablement modifiée.

Mon ami Nicolas, sur la ligne de départ, m’a aussi prévenue qu’il valait mieux être équipée, car après le passage des premiers, on risquait d’être sur une patinoire.

Mais il était trop tard et j’ai pris le départ un peu soucieuse…

Cela n’a pas duré : en retrouvant les mêmes sensations que sur mes courses avec un dénivelé moins fort, j’ai vite été rassurée.

Certains passages ont été un peu plus compliqués, mais quelle que soit la marque, cela n’avait rien à voir avec les chaussures : que peut-on faire contre une coulée de boue !

Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée et que je suis allée au pôle de récupération, je me rappelle avoir rencontré une connaissance Facebook, Vincent, à qui j’ai dit que j’étais vraiment ravie de ma paire de GoTrail : il se trouve que lui aussi en portait et avait les mêmes impressions.

Le seul bémol, pour ma part, est l’espèce de pare-pierres qui n’est pas assez renforcé : en tapant dans les cailloux, il s’est décollé et abîmé.

J’ai aussi ouï dire qu’il valait mieux ne pas trop courir sur le bitume, car les crampons s’usaient vite.

Mais ce qui est certain, c’est que ce modèle est mon vrai coup de coeur depuis quelques mois et qu’il n’a pas démérité sur l’UT4M.

gevversarrivée

 

Si vous souhaitez réagir à cet article, apporter un commentaire ou nous faire bénéficier de votre expérience, n’hésitez pas via ce blog ou sur mon Facebook et Instagram Beerunneuse.

 

Le défi estival de la Bee. Final part : « Veni, vidi, vici »… Amavi !

pastille.jpg

Challenge réussi ! J’ai gravi mon Everest !

Je ne pouvais que reprendre des paroles de César pour faire écho à l’épisode précédent, même si je les ai quelque peu détournées.

Les larmes me viennent en réalisant le parcours que j’ai accompli : un pari fou, quelques séances d’hypnose pour soigner une phobie liée à un traumatisme, des semaines d’entraînement pour devenir une Beerunneuse qui puisse faire concurrence aux chamois – enfin là, il y a encore du travail ! – et des heures sacrifiées à ma famille.

Mais aujourd’hui, le résultat est là, avec une performance inespérée : je suis finisher, 122ème au  classement et 4e V1F en 7 heures 26 !

finisher

Pourtant, si on remonte à la veille de la course, toutes les conditions étaient loin d’être réunies.

Retour sur une aventure extraordinaire qui représente pour moi une véritable victoire intérieure…

J-1 : une météo apocalyptique

orage.JPG

Étonnamment, je me suis trouvée relativement détendue cette veille de course.

Sachant que je n’allais pas profiter de mon Loulou le lendemain, j’avais décidé d’aller passer l’après-midi au Lac de la Terrasse avec lui.

Bien mal m’en a pris, car je ne savais pas que le lac disposait de structures gonflables qu’il faut escalader, dévaler, etc.

Pour mon Loulou, adepte du jeu Ninja Warriors, pas de problème ! Mais pour une Bee censée se reposer et garder son énergie, ce n’est pas la même histoire !

C’était sans compter l’arrivée d’un gros orage qui m’a bien contrariée…

Imaginez : cela faisait trois jours que les épreuves de l’UT4M avaient commencé, avec une météo des plus clémentes.

On dirait parfois que cela le fait exprès : je n’avais pourtant pas besoin de ce stress supplémentaire.

J’ai commencé à paniquer, pas à cause de l’instant présent, même si les orages en montagne sont très impressionnants.

Non, j’ai pensé bien évidemment à la course du lendemain et plus particulièrement à un endroit qui était pour moi le point délicat de l’épreuve : la montée vers Chamechaude.

En arrivant sur Grenoble pour le retrait des dossards, je suis anxieuse : un écran diffuse un film des éditions antérieures.

Comme bien des coureurs une veille de compétition, je me demande alors ce que je fais là.

Je me maudis intérieurement : « Te voilà bien avec ton vertige ! Quand est-ce que tu cesseras de sauter sur tous les défis qu’on te propose ? Et tes chaussures, sont-elles adaptées à un terrain de montagne glissant ? D’ailleurs, comment une traileuse qui s’entraîne en région parisienne, qui plus est sujette au vertige, peut-elle espérer arriver au bout d’une course avec un tel dénivelé ? Tu vas avoir l’air fin avec tes bâtons parmi des montagnards expérimentés ! »

Bref, un very bad trip que j’oublie très vite en arrivant au contrôle du matériel : je me rends compte à ce moment-là qu’on est bien loin des trails avec un faible dénivelé auxquels je suis habituée.

Plus de 2750 de D+, une météo incertaine et des sentiers étroits, je commence à comprendre pourquoi on nous demande autant de matériel.

J’avoue avoir été sceptique pour la frontale – en pleine journée, quel intérêt ? – mais en voyant la brume et la pluie qui tombe dru, je commence à saisir l’importance de chaque accessoire.

bénévoles

Rien n’est laissé au hasard et les bénévoles contrôlent scrupuleusement chaque sac : j’en profite pour demander si un brief aura lieu en raison de la météo. Une des bénévoles m’annonce alors que le parcours a été modifié, raccourci, et que la montée vers Chamechaude n’est pas maintenue. Me voilà rassurée !

Je me rends confiante vers le retrait du dossard : je porterai le numéro 4108.

Il ne me reste plus qu’à activer ma puce pour commencer l’aventure et à récupérer mon sac de bienvenue : mention spéciale aux tongs collector « I love UT4M » très girly qui ne peuvent que plaire à une Bee ! Le stress est alors évacué.

Je ne sais pas pour vous, mais c’est surtout l’aspect logistique d’une course qui m’angoisse : l’hébergement, le réveil, le matériel, la navette, etc.

J’ai découvert qu’une de mes cousines habitait à Saint-Nazaire-les-Eymes, à 500 mètres du départ ! Une aubaine !

L’hébergement était tout trouvé et cela m’a surtout permis de voir les courageux traileurs engagés sur les challenges en continu courir sous la pluie et les orages : respect !

Il ne me restait plus qu’à invoquer le Dieu Râ pour changer cette épouvantable météo et surtout sécher les roches de la montagne pendant la nuit…

À l’assaut de Chamechaude !

départ

J’ai plutôt bien dormi, insouciante, pensant que l’obstacle majeur serait contourné.

Après un petit déjeuner frugal et une discussion matinale débridée avec ma cousine – eh oui, la Bee est bavarde à n’importe quelle heure ! – j’ai ouvert les volets : point de pluie, mais un temps assez nuageux.

J’ai rejoint le départ où j’ai retrouvé Nicolas qui après quelques photos m’a annoncé que le parcours ne serait finalement pas modifié.

L’angoisse est revenue instantanément, mais plus le temps de faire demi-tour, ni l’envie d’ailleurs : je n’avais pas fait toute cette préparation pour rien !

Après un brief succinct, confirmant l’ascension vers Chamechaude, le départ est donné.

Vous dire que j’ai été à l’aise sur le parcours ? J’ai surtout évité de réfléchir, me concentrant sur l’aventure que je vivais et les paysages extraordinaires qui s’offraient à moi.

J’ai aussi eu la chance pendant la première heure de course de partager des moments avec des trublions qui à mon avis travaillent sur « Rires et chansons » : blagues triviales, humour potache, humour noir m’ont fait oublier les précipices et le sol glissant.

Puis pendant les deux heures suivantes de montée, un véritable combat a commencé avec moi-même : après le Col de la Faïta, sous la brume, les singles sont devenus plus glissants.

Ce passage sur les crêtes a marqué le début d’un calvaire.

Pour ne pas céder aux sirènes de ma phobie, j’ai songé à des choses positives : la fierté qu’aurait mon fils si je franchissais la ligne d’arrivée, ma propre satisfaction après tant de préparation, ma guérison après une grave maladie, le plaisir et l’équilibre que m’apporte le sport dans ma vie, les moments de partage que je peux avoir grâce au trail et l’assurance que cela m’a donné…

Je n’ai ainsi plus fait attention aux précipices et au temps passé jusqu’au Habert de Chamechaude : l’équipe de bénévoles m’a alors accueillie avec une telle chaleur que je suis repartie affronter MON obstacle regonflée à bloc.

L’ascension s’est révélée difficile, car le terrain était vraiment très glissant et après plusieurs heures de montée, chaque pas devient compliqué.

Un autre point m’a déstabilisée : sur une partie de la montée, on croisait des coureurs – les premiers – qui redescendaient, or le sentier était très étroit ! Certains croisements ont été assez délicats.

Mais le pire restait à venir : la descente boueuse après les crêtes !

Le vertige s’est invité justement à ce moment : ma vue s’est troublée, j’ai cru que j’allais m’évanouir, mais un autre coureur qui m’a doublée m’a ouvert la voie.

Quelques glissades et vomissements plus loin liés à l’appréhension – cette descente m’a retourné le ventre, la deuxième partie de course a commencé, mais bien moins compliquée pour ma part.

J’ai redécouvert avec beaucoup de plaisir les sentiers empruntés avec Nicolas lors de mon week-end choc.

Mais surtout j’ai eu la surprise de voir ma famille au niveau du Fort Saint-Eynard, notamment mon Loulou qui a fait quelques mètres avec moi : cela m’a complètement reboostée !

La partie allant du Fort jusqu’à la Bastille m’a paru extrêmement rapide.

J’ai en revanche éprouvé une certaine déception en constatant que le parcours avait été modifié en arrivant à Grenoble : nous avons emprunté des quais interminables au lieu de passer dans les rues commerçantes de la ville.

Certes, il n’était pas question d’y faire du shopping, mais Nicolas m’avait vanté la ferveur avec laquelle les passants encourageaient les coureurs proches de l’arrivée.

Personne sur les quais et surtout un parcours rallongé de deux kilomètres, or chacun le sait, il est difficile de gérer les kilomètres auxquels on ne s’attendait pas sur une telle course.

Mais le point d’orgue a bien sûr été mon arrivée dans la salle.

Je l’ai savourée comme aucune autre : applaudie par les autres coureurs, mais surtout soutenue par les miens qui savaient sa valeur, elle a été riche en émotions…

Un pur moment de bonheur…

Mes impressions de Bee d’après course

lfe

Comme je l’ai ajouté à la célèbre maxime de César, « amavi » : j’ai adoré !

Quelle belle aventure dans un cadre magnifique !

Je n’ai pas tout donné pour être sûre d’arriver, mais j’ai pris un plaisir incommensurable : l’ambiance état exceptionnelle, le parcours extrêmement bien balisé, les paysages somptueux.

Malgré un épisode vomitif désagréable, j’ai vécu sereinement ma course, profitant de chaque instant.

Je retournerai certainement faire un point avec l’hypnothérapeute les jours prochains pour voir où j’en suis.

J’ai bien sûr souffert, mes cuisses ont piqué, les côtes sont raides : certains coureurs qui ont fait des courses célèbres autour du Mont Blanc estiment ces challenges plus costauds, même si l’on ne peut véritablement comparer les trails entre eux. Outre le dénivelé et la distance, les divers terrains ajoutent de la difficulté.

Mais la palme revient aux bénévoles et à l’organisation : on sent une réelle osmose et une ferveur impressionnante.

IMG_5926

Sébastien, le président, ne laisse rien au hasard et est entouré d’un staff tout aussi perfectionniste. Je ferai très bientôt son portrait sur ce blog.

Aucun faux pas à signaler sur l’ensemble de la course.

Après de telles épreuves, la célèbre phrase « Après l’effort, le réconfort » prend tout son sens : des équipes de kiné, des systèmes de récupération (Life + et cryo)… sont à la disposition des coureurs sur le village.

Mais surtout, l’ambiance est à la fête : toute la salle s’est levée pour accueillir le dernier finisher et les joelettes.

Tout le monde s’est ensuite réuni autour d’un buffet gargantuesque et d’une soirée dansante.

Malgré la fatigue, j’ai été impressionnée par le nombre de personnes qui sont restées et qui ont dansé, même avec des jambes raides !

L’UT4M est donc certes un challenge relevé pour lequel il faut un entraînement bien spécifique, mais c’est aussi une ambiance très singulière et une belle aventure humaine faite de rencontres de passionnés...

Mais cela fera l’objet d’un autre article…

En attendant, place à la récup avant mes nouveaux challenges !

recup drole

Si vous souhaitez réagir à cet article ou laisser un commentaire, vous pouvez le faire sur ce blog ou via ma page Facebook Beerunneuse ou Instagram.

 

 

 

 

 

Une Bee dans le désert du Half Marathon des Sables

half

En écrivant ce titre, je ne réalise toujours pas l’aventure qui va bientôt s’offrir à moi.

Cela semble en effet un peu surréaliste quand on songe à l’origine de ce projet : une boutade qui est devenue réalité.

Tout est parti d’une amie qui m’a taguée pour entrer dans la Team d’un équipementier pour les ultra traileurs, la marque WAA sur laquelle j’ai déjà écrit un article (cliquez sur ce lien pour le découvrir), afin de participer à cette première édition du fameux Half Marathon des Sables.

170624-reco8

Il y a bien eu le « Renard du désert », alors je me suis dit : « Pourquoi pas la Bee du désert »?

Chaque traileur a dans sa tête un projet un peu fou qui constitue la consécration de son parcours : la Diagonale des Fous, l’UTMB, l’Andorra Ultra Trail…

Pour ma part, j’avoue m’être souvent évadée en pensées en entendant certains coureurs de mon club me parler du mythique Marathon des Sables, un peu ma vision du Koh Lanta du trail.

J’ai donc rempli sans trop y croire le questionnaire de motivation symbolisant le sésame de cette aventure : je n’en ai d’ailleurs pas parlé à mon entourage, je l’ai seulement évoqué en plaisantant auprès d’amis de mon club.

Aussi, quand le verdict est tombé, dans la nuit du 20 juillet, je suis tombée des nues : depuis, je flotte, comme sur un petit nuage, essayant de voir si ce projet est d’un point de vue logistique – vie professionnelle, familiale, engagements… – réalisable…

Mais laissez-moi vous faire découvrir l’ampleur et la folie de ce projet…

Le Marathon des Sables, une course mythique

désert

Quel traileur n’a jamais entendu parler de cette mythique course ?

Pour ma part, c’est certainement celle qui me semble de loin la plus inaccessible et génère toute mon admiration : avant même de devenir la Beerunneuse fan de trail que je suis, j’en avais entendu parler par un membre de mon club qui l’avait terminée.

Je venais juste de commencer la course à pied et m’entraînais sur des  10 kilomètres.

Alors 250 kilomètres dans le désert marocain, vous pensez bien ! C’était une distance titanesque !

Qui plus est dans des conditions extrêmes ! Une dizaine de jours en autonomie complète, en pleine chaleur !

Je ne sais plus trop si à ce moment-là je l’ai pris pour un athlète exceptionnel ou un fou !

Néanmoins ce challenge est toujours un peu resté dans ma tête : « Une façon de fêter mes 50 ans si j’acquière suffisamment d’expérience d’ici là », me disais-je.

Mais je n’imaginais pas toucher un jour du bout des doigts ce rêve et c’est pourtant bien ce qui est en train de se passer.

La première édition du Half Marathon des Sables

Je vous rassure tout de suite : je ne compte pas m’engager cette année sur l’un des grands périples de 250 kilomètres au Maroc ou au Pérou.

J’ai repris le trail après quelques soucis personnels et de santé, avant tout pour le plaisir de me sentir vivante et en osmose avec la nature.

Je suis engagée dans quelques semaines sur l’un des massifs de l’UT4M, ce qui représente déjà pour moi une distance conséquente et une certaine difficulté.

Le Half Marathon des Sables est la toute première édition d’une course avec une distance un peu plus abordable – enfin d’après les organisateurs ! – de 120 kilomètres en 3 étapes, dans le même esprit que sa grande soeur : chaque coureur est en autonomie alimentaire et a sa propre tente.

La course se déroule en trois étapes de 30 kilomètres, 60 kilomètres et environ 30 kilomètres, réparties sur quatre jours.

Les coureurs dorment le soir dans un bivouac.

Les réglementations sont très strictes et génèrent des points de pénalités si certaines clauses ne sont pas respectées.

Mais je reviendrai très vite plus amplement sur les modalités de la course.

Les dates ? Du 25 au 30 septembre 2017.

Le lieu ? L’Espagne, plus précisément l’une des îles des Canaries : Fuerteventura.

Pour y être déjà allée un été, je confirme que l’île est en majeure partie désertique et constituée de grandes dunes au sable blanc. Quelques montagnes sont disséminées ça et là.

Mais mon souvenir le plus marquant était certainement le vent qui balaye l’île et en fait un lieu idéal pour la pratique du kite surf.

Mon ressenti de Bee

be waa

Je vous avoue qu’à cette heure, mon coeur oscille entre angoisse et excitation.

Programmer une course d’une telle ampleur dans un délai aussi court n’est pas chose facile : il faut s’organiser sur tous les fronts ! Famille, travail, engagements, santé, etc.

Mais j’ai aussi conscience qu’il s’agit d’une magnifique expérience, indélébile et unique, qui de surcroît va me permettre d’intégrer une équipe spécialisée dans les ultras : la Team Lady WAA.

Je suis fan de la marque et de l’état d’esprit, ce sera donc un honneur de la représenter.

Concernant la préparation, les délais sont courts : je me dis toutefois que ma course en montagne, l’UT4M, peut me servir d’entraînement pour ce nouveau challenge.

Certes, ce n’est pas la même distance, je ne connais pas mes capacités avec de telles conditions de course (climat, alimentation…), mais je connais ma détermination et sais que je mettrai tout en oeuvre pour réussir ce défi.

Bon, je n’aime pas les petites bêtes qui rampent ou qui volent, c’est une véritable phobie.

Mais je suis également excitée à l’idée de vivre une véritable aventure lors de laquelle je vais me retrouver seule face à moi-même, éprouver mes limites et me dépasser.

Ce qui est certain, c’est que je compte bien évidemment partager cette aventure avec vous dès qu’elle prendra un peu forme…

 

Si vous souhaitez réagir à cet article, faire part de votre expérience ou apporter un commentaire, n’hésitez pas à le faire sur ce blog ou sur ma page Facebook Beerunneuse.