Le Morvan, un spot de trail à découvrir

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Ce week-end, j’ai eu l’immense honneur d’être invitée en voyage presse avec une équipe de journalistes et de blogueurs pour découvrir une région à quelques encâblures de Paris : le Morvan.

Mais il ne s’agissait pas à proprement parler que d’un voyage touristique, car le fil conducteur était le trail.

Comme vous vous en doutez, inconcevable pour une Beerunneuse de répondre par la négative à une telle proposition : dès qu’il s’agit de chausser des baskets, je réponds toujours présente.

Mais je ne me doutais pas à quel point ce séjour allait être sportif, ni combien cette région avait d’intérêt pour la pile que je suis.

Prenez place, je vous emmène faire une jolie promenade, non loin de la région parisienne, dans une nature verdoyante et riante…

Une région méconnue

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J’avoue être souvent passée non loin du Morvan pour me rendre vers mes destinations estivales, mais jamais je ne m’y suis arrêtée : il n’y a pas de grands axes vraiment directs, et pourtant, cela vaut le coup de faire un petit détour !

En parlant de mon séjour à venir, plusieurs personnes m’avaient dit ne pas connaître la région ou alors que c’était un endroit superbe.

Situé en Bourgogne-Franche-Comté, le Morvan est un massif de basse montagne dont le point culminant, le Mont Folin, se situe à 901 mètres d’altitude.

Certes, on ne trouve pas de hauts sommets comme dans certaines régions de France, mais la région est très vallonnée et boisée, ce qui n’est pas pour déplaire à la Bee en quête de dénivelé.

Autre atout majeur : le réseau hydrographique est dense et la région abonde de lacs artificiels.

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Adeptes des sports nautiques, vous allez être surpris par le nombre d’activités qu’il est possible d’y pratiquer !

Mais avant d’évoquer tous les sports que nous avons essayés et ceux auxquels vous pouvez vous adonner, je vous propose de nous attarder sur ma passion, le trail, qui était le fil conducteur du week-end.

Une grande variété de terrains

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En arrivant dans ce splendide parc national, mes baskets ont tout de suite commencé à me titiller.

La Bee traileuse s’est réveillée, tandis que le réseau téléphonique disparaissait : une véritable immersion en pleine nature, loin de la modernité et de l’excès de communication dont nous sommes souvent les victimes.

Logées loin de tout dans des chalets tout en bois, nous avons eu l’espace d’un instant l’impression de nous retrouver dans le décor de « La petite maison dans la prairie » : des champs et des étangs tout autour de nous !

Nous étions accueillis, pendant toute la durée du séjour, par Arnaud et Laura qui travaillent à l’office du tourisme : ils nous ont parlé d’un énorme projet autour du trail afin d’exploiter les ressources de la région.

Neuf circuits balisés ont été créés, de distances et dénivelés différents, afin de parcourir les plus beaux sentiers du Morvan :

  • « Les grandes ventes » affiche une distance de 7,150 km pour 200 D+
  • « Les sources de l’Yonne », 15,5 km pour 477 D+
  • « À la conquête de Bibracte », 23 km pour 1000 D+
  • etc.

L’idée est à chaque fois de se faire plaisir d’un point de vue sportif, tout en découvrant des endroits touristiques ou des curiosités.

Un petit livret donne le détail du circuit et les noms des lieux et curiosités.

Vous pouvez télécharger les tracés en cliquant ici.

Accompagnés de deux traileurs de renom, nous avons découvert deux parcours somptueux autour de cascades, dont celle appelée le Saut du Gouloux, avec des terrains bien différents : des sous-bois moussus, des sentiers au milieu de feuillus avec des ornières et des cailloux, des pistes de VTT, etc.

Point de goudron dans ce cadre idyllique, mais un grand nombre de ponts et de rivières que la Bee a allègrement traversés en fredonnant l’air du « Petit pont de bois » de Yves Duteil.

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Mes impressions de Bee

Autant le dire tout de suite, je suis conquise par le projet « Morvan Trail » et par la région : inutile de rappeler que je suis une amoureuse des cadres champêtres et des coins de nature préservés.

Ce qui m’a particulièrement semblé intéressant pour des coureurs qui comme moi habitent en région parisienne, c’est le dénivelé qu’offre la région pour s’entraîner sur des ultras en montagne par exemple : quasiment 600 de D+ sur un des parcours de 13 km que nous avons fait !

Que demander de mieux à seulement deux heures et des poussières de Paris !

L’alternance forêts de pins et de feuillus n’est pas non plus sans rappeler les paysages de montagne : combien de fois me suis-je d’ailleurs fait la réflexion !

Certaines côtes et descentes m’ont paru assez techniques, notamment une que nous avons abordée juste après le pique-nique, pour descendre du Rocher du Chien et aller jusqu’au parking : le filin métallique disposé sur l’un des côtés de la descente n’était pas de trop, entre les racines et le dénivelé.

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Je suis partie un peu frustrée car je n’ai pas vraiment eu le temps de courir autour des lacs – le week-end est passé tellement vite !- mais un ami journaliste belge qui était hébergé autour du lac des Settons et qui en a fait le tour, soit 15 kilomètres, a adoré l’endroit.

Bon, c’est certes plat, mais les paysages sont juste sublimes et cela peut permettre de faire un peu de fractionné et de vitesse.

Que l’on soit traileur débutant ou confirmé, il me semble que la région permet de trouver son compte et de repartir satisfait.

Nous avons également croisé des randonneurs qui prenaient beaucoup de plaisir à arpenter à leur rythme les sentiers ombragés : les parcours me paraissent parfaitement accessibles avec des enfants.

Je me suis même projetée l’espace de quelques secondes faisant un trek avec mini Bee !

Il y a donc fort à parier que je reviendrai traîner mes guêtres – celles du Marathon des Sables peut-être d’ailleurs – dans ces forêts touffues et ressourçantes.

Avant de vous quitter et de clore cette partie trail, je tenais à vous informer qu’une course a justement lieu dans la région le week-end prochain : le Morvan Oxygène Trail.

Au programme, plusieurs distances dont un ultra de 83 kilomètres.

Alors si vous n’avez rien de prévu le 30 juin et que vous avez envie de chausser vos baskets pour découvrir en famille une magnifique région, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je vous donne rendez-vous demain pour découvrir la suite de ce périple sportif dans le Morvan.

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part VIII : un final riche en émotions

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Les meilleures choses ont une fin : j’ai tardé à relater toute cette aventure au Mexique, goûtant et revivant chaque instant par le biais de ma plume, comme si je voulais encore y garder un pied, faire perdurer l’émotion ressentie.

Ou plutôt les émotions qui ont été intenses, car cette dernière portion du parcours a laissé place à tout autre chose que la course en elle-même : le loisir et la performance physique se sont effacés au profit de la dimension humaine.

Ce challenge a pris une teinte inattendue : il est devenu partage, sentiments, chaleur, tendresse et jouissance, un retour aux fondamentaux qui vous font relativiser bien des choses dans votre petite existence confortable.

Mais reprenons le fil de notre course, là où la Bee l’avait laissé en début de semaine : cette fameuse pause à Cuitado.

Partage et épicurisme

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Après une courte pause méditation dont les bénéfices ont été immédiats, j’ai rejoint l’équipe du CP pour avaler un petit café avant le départ : certains endroits sont magiques, il y règne une certaine atmosphère, on s’y sent bien et ils nous paraissent familiers, sans que nous ne puissions l’expliquer.

Cuitado en aura fait partie, et après avoir rapidement étudié le roadbook avec Mimi, nous avons quitté avec un peu de nostalgie le paisible village vers 18 heures.

Nous voulions avancer de nuit jusqu’au prochain CP – la portion jusqu’à Bore ne faisait que 20 kilomètres – pour y faire une courte pause et n’avoir plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.

Nous devions longer un cours d’eau pendant une bonne partie du parcours, et après avoir quitté le village, nous nous sommes bien vite rendu compte que mettre du long serait judicieux pour éviter de servir de pâture aux moustiques.

Il faut croire que le cuir de la petite Normande est moins coriace que celui de la Limousine, car Mimi, en à peine quelques mètres, pouvait déjà enregistrer deux ou trois piqûres.

Alors que nous nous changions au sortir du village, un superbe coucher de soleil s’est présenté à nos yeux : splendeurs de la nature qui font jaillir des émotions contenues !

Immédiatement, nous avons la même pensée : ce sera le dernier coucher de soleil de cette fabuleuse aventure dans une nature préservée.

L’émotion nous étreint, les larmes montent sans que nous ne puissions les contrôler.

Une embrassade empreinte de tendresse et nous décidons de nous mettre en route, sinon à ce rythme, nous risquons de faire de l’ombre à Coluche dans le célèbre film Banzai, offrant nos peaux fatiguées aux moustiques voraces.

La portion est plutôt roulante, sablonneuse et ne présentera aucune difficulté dans sa première moitié.

Mais nous sentons bien que la fatigue est présente : nous faisons quelques arrêts gastronomiques sur des pierres pour admirer la voûte céleste entièrement dégagée.

Je suis sous le charme du ballet lumineux des araignées dont les yeux, sous la lumière de nos frontales, se transforment en stroboscopes.

Mimi semble moins les apprécier que moi et nous décidons de nous asseoir au milieu du sentier pour les éviter.

Le corps humain est une machine surprenante, et que dire de notre mental ?

Moi qui suis phobique des serpents et des insectes, je suis passée à côté d’un scorpion, dard relevé, sans aucune réaction, alors qu’en temps normal, j’aurais fui en poussant des cris hystériques.

Sans vraiment le ressentir, la fatigue commence peu à peu à s’installer sournoisement…

Perte de repères

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Nous avons enchaîné nombre de côtes et de descentes, sans pouvoir évaluer la distance parcourue étant chacune adepte de la course à la sensation : inutile de vous dire qu’il n’était plus temps de lire le manuel de ma Garmin pour l’utiliser à bon escient !

Si bien que nous avons commis une erreur qui a été fatale pour ma motivation : nous avons raté une balise et sommes passées à une centaine de mètres du CP sans le voir !

Vous me direz que ce sont des choses qui arrivent en ultra.

Certes, mais cette erreur nous a valu presque 10 kilomètres de course en plus, avec une interminable montée.

Fatiguée, j’ai mis la Bee en mode pilotage automatique : j’avance sans réfléchir, des taches noires viennent obscurcir mon champ de vision.

Je n’éprouve même plus de frayeur en apercevant les yeux brillants d’animaux dans la nuit.

Lorsque Mimi fait l’amer constat que nous nous sommes perdues, je délire : je lui aurais parlé d’un portail blanc – bizarre sur une terre sans aucune habitation ! – devant lequel nous serions passées.

Je me sens à bout de forces et n’ai qu’une envie : m’allonger !

Mais je dois tenir, il le faut, ne rien lâcher si près du but !

Nous rebroussons chemin et apercevons au bout de quelques kilomètres les fameux repères que nous n’avions pas vus.

Comme la veille, tout le monde dort à notre arrivée sur le camp : mais le veilleur décide de réveiller tout le staff pour nous accueillir.

Inutile de mobiliser tout le monde, nous sommes éreintées.

Je me promène en mode zombie et n’ai même plus la force d’avaler quoi que ce soit.

Tiphaine, l’une des kinés en service, me rapportera même que je suis restée plusieurs minutes devant ma tente à me demander comment j’allais y rentrer.

Ce qui est certain, c’est que mon capital forme à cet instant est au plus bas : je songe à tout arrêter.

Mais la nuit porte conseil et je me réveille le lendemain avec une tout autre optique en tête…

Une rencontre inoubliable

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Tu t’es vue quand tu te réveilles après avoir à peine dormi deux heures en pente et parcouru 166 kilomètres ?

Sans compter ceux que tu as fait en rab !

Je me suis levée absolument euphorique en découvrant le somptueux paysage qui s’offrait à nous : des montagnes à perte de vue !

Mais la chose la plus magique était cette famille de Raramuri auprès du feu, d’une authenticité touchante.

Le temps s’arrête : on oublie la course, le chrono qui est secondaire, pour jouir de cet instant magique, inoubliable et touchant.

La Bee n’a alors qu’une idée en tête : revêtir ses habits de clown pour lier contact avec eux !

Le rire est un vecteur de communication inouï !

Pas besoin de mots pour se faire comprendre : mimiques et gestes suffisent quand on a la barrière de la langue.

Je suis sous le charme de la petite tribu indienne qui nous prépare du feu, et plus précisément sous celui de Rafaella, la grand-mère, qui me fait penser à la mienne.

Je me transforme en pitre pour la faire rire et cela marche : elle rit aux éclats.

Elle doit me prendre pour une folle, mais je continue mon spectacle.

Un premier échange tactile, une main, de la chaleur…

Je suis requinquée !

Plus rien ne pourra m’arrêter !

Rafaella fait un bout de chemin avec nous, bienveillante : elle me dit de prendre soin de moi.

Elle viendra me faire la surprise de me retrouver à l’arrivée !

Nous reprenons notre route sur le sentier de la veille.

Au moins, notre égarement nous aura servi à quelque chose : nous sommes en terrain connu !

La fin d’une aventure

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Notre périple s’est poursuivi sur une voie de chemin de fer empruntée par des enfants qui se rendaient à l’école : notre accoutrement les a fait rire.

Nous adoptons un rythme rapide pour enjamber les rails qui nous conduisent jusqu’à une gare et une ville, San Rafael, puis nous retournons dans les canyons, mais par une piste plus praticable.

Les kilomètres s’enchaînent péniblement à travers les cailloux.

Nous décidons de nous offrir une pause plaisir pour profiter de nos derniers instants de course en duo : j’ai dans ma cave portative un grand cru de smoothie lyophilisé dont Mimi risque de me dire des nouvelles et il me reste quelques graines.

Un festin !

Mais alors que nous trinquons à cette belle aventure sur le point de se terminer, nous entendons un bruit de moteur, témoin de notre proche retour à la civilisation.

Un bras sort d’une fenêtre et nous apercevons Mehidy accompagné d’Emma : ils sont venus nous suivre sur la dernière dizaine de kilomètres et nous encourager.

Nous sommes euphoriques et éprouvons tellement de joie que nous en sommes confuses.

Nous reprenons notre route, confiant nos impressions à la caméra d’Emma.

Puis petit à petit, le duo Mehidy/Emma se fait plus discret : une attention touchante pour nous permettre à Mimi et à moi de vivre ensemble notre aventure jusqu’au bout.

Et ce bout nous l’apercevons en arrivant sur la route de sable qui mène à l’hôtel.

Les larmes montent : l’émotion est intense.

Je suis en proie à un dilemme : j’ai hâte d’arriver et de franchir cette ligne, mais je retarde également ce moment qui marquera la fin de cette aventure magique.

Le son de la musique d’arrivée retentit : »The final countdown » du groupe Europe.

« La musique préférée de mon fils » dis-je à Mimi en chuchotant.

Il est un peu dans mes pensées, à quelque cent mètres de l’arrivée, comme toutes les personnes qui me sont chères… et Mimi, bien sûr, qui symbolise cette rencontre extraordinaire.

Nous fonçons main dans la main dans les bras de Jean-François, ravies de nous être dépassées et d’avoir vécu une telle aventure…

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Dans les jours à venir, je vous parlerai de ma préparation mentale et de mon équipement sur cette course.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VII : les collines ont des yeux !

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Dans la partie précédente, je vous avais quittés alors que nous étions en perdition – n’exagérons rien quand même, nous n’avions juste pas une bonne perception de la distance – avec Mimi dans les bois et que sa cheville était bien mal en point.

Soudain, après plusieurs kilomètres sur des lacets, nous parvenons enfin à une route. Je rappelle Jean-François comme convenu  – le pauvre ! Sa nuit a dû être bien tourmentée car un autre binôme avait appelé – qui me demande si la voie est goudronnée.

Je m’empresse de lui répondre que oui et que des directions sont indiquées. Il semble ne pas comprendre : logique !

Un paramètre a déformé ma vision des choses : la fatigue !

Cela fait plus de deux heures que nous désespérons d’atteindre le fameux CP 4 de San Isidro, sujettes à un genre de mirages !

Ah, la Bee ! Comme tu t’en es voulu à ce moment là de ne pas utiliser les fonctionnalités de ta montre.

« Ta Garmin au poignet, c’est pour faire joli ou accessoirement pour te fournir des données pour des ultras ? Ah mais j’oubliais : tu cours à la sensation ! Elles sont chouettes là tes sensations alors que tu te trouves au milieu de nulle part sur le bord d’une route… en sable ! » me susurre le petit diable qui habite ma conscience.

Mais oui, Mimi attire mon attention sur la route : ce n’est pas du goudron mais bien du sable !

Quelques centaines de mètres plus loin et après avoir pris quelques bouffées de poussière dans la figure – mon Dieu ! Il y a donc des gens qui roulent au milieu de nulle part, la nuit à pas d’heure, sur notre Terre ! – nous trouvons enfin le drapeau rose mentionné par Jean-François, qui indique le CP.

Nous arrivons dans un campement endormi, en riant comme à notre habitude.

Nous réveillons bien entendu le Mexicain en charge du CP par nos gloussements, mais nous n’avons ni faim, ni soif : juste envie de dormir. Nous sommes fourbues et frissonnons de froid – nous sommes en altitude – et de fatigue.

Le jeune homme nous fournit des mini couvertures Cars : vu mes jambes, j’ai l’impression de ressembler à Arnulfo avec son pagne – Dieu des Huarachi, donne-moi les mêmes jambes !- et je fais bien évidemment mon One woman show pour faire rire la galerie avant de gagner notre tente.

Il est hors de question pour moi de poser mes chaussures, mon orteil est bien trop douloureux et j’ai peur de ne pouvoir les remettre.

Mais une fois dans la tente, la fatigue s’abat sur moi comme la foudre : éreintée, je m’endors sans même prendre le temps de déplier mon duvet.

Un retour brutal à la civilisation

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Deux heures plus tard, le réveil de Mimi me tire d’un sommeil profond.

Je quitte à regret mon hôtel 10 000 étoiles pour aller avaler un café revigorant : une nuit avec seulement un pagne Cars pour se réchauffer, ça vous congèle une Bee !

J’attends avec inquiétude la sortie de ma partenaire : j’appréhende qu’elle m’annonce la fin de son aventure.

Je m’imagine déjà raconter mes pitreries aux arbres et aux rocailles pour essayer de tuer le temps.

L’immensité de la nature qui nous entoure ne m’angoisse étonnamment pas : j’avais apprécié, lors du Half Marathon des Sables me retrouver seule avec moi-même au milieu de nulle part, un moment privilégié pour laisser libre cours à la méditation.

Mais avec Mimi, nous avons noué une sorte de complicité, certes un peu déjantée, mais qui donne un charme inattendu et singulier à l’aventure.

Le suspense ne dure pas longtemps : notre maigre repos a agi sur la blessure, et après avoir avalé un plat de pâtes bolognaises digne d’un chef, nous reprenons notre route vers le CP 5, Cuitaco, à 35 kilomètres.

Je passerai rapidement notre descente vers la vallée : après avoir foulé pendant près de 111 kilomètres des roches, du sable et des cailloux, nous arrivons sur une partie en bitume que nous suivrons pendant 15 kilomètres.

Alors oui, je sais, le bitume ne fait pas rêver le traileur, mais nous avons apprécié ce changement de terrain qui nécessitait moins de concentration.

Nous avons traversé une petite ville dans laquelle nous avons photographié la voiture blanche du dentiste stationnée devant son cabinet, clin d’oeil au roadbook de Jean-François.

Mais notre soulagement a été de courte durée, car courir en plein cagnard sur de l’asphalte, ça épuise.

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Et c’était sans compter un événement inattendu qui nous a replongées dans la réalité du pays.

Plusieurs pick-up sont passés avec des hommes à l’arrière qui parfois nous sifflaient : concentrées sur notre course, nous n’y avons dans un premier temps pas trop prêté attention.

Mais un détail a interpellé Émilie : ils étaient armés !

Inutile de vous décrire notre frayeur quand quelques minutes plus tard, un de ces véhicules a freiné et a fait mine de s’arrêter !

Pendant quelques secondes, nous avons pensé qu’ils allaient nous emmener : nous avons alors quitté notre bulle de traileuses épicuriennes pour imaginer les pires scenarii, le loisir est devenu cauchemar !

Heureusement, ils poursuivront leur route, mais cet instant nous a fait prendre conscience de l’instabilité qui régnait dans le pays et du danger que nous venions de vivre : deux gringos au milieu de nulle part, sans véritable géolocalisation, hum…

Inutile de vous dire que nous avons regagné rapidement le sentier menant à Dame Nature avec bonheur : cette partie d’asphalte ainsi que cette déconvenue ne figureront pas dans le top 5 de mes meilleurs souvenirs, mais seront bien vite oubliées en découvrant les panoramas suivants…

Cuiteco, un havre de paix

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Après une petite pause sous une chaleur étouffante pour nous remettre de nos émotions, nous avons entamé une nouvelle grimpette qui nous a menées jusqu’à un somptueux lac.

Si certains sont des furieux du chrono, à votre avis, qu’ont fait votre petite Normande et votre Bee ?

Un arrêt cryothérapie ! Il fallait bien recharger en eau, non ?

Quel bonheur de goûter à la fraîcheur de l’eau du lac !

Je décide bien sûr de ne pas poser ma chaussure maintenant mon pied endolori, mais je me dis que le glacer un peu ne pourra que lui faire du bien.

Entre séances de photos et rafraîchissement, seules au monde, nous en oublierions presque la course : ces instants là, uniques, magiques, singuliers, nous ne les vivrons qu’une fois, alors autant en profiter.

Bien retapées, nous commençons une longue grimpette interminable  en plein cagnard : hallucinations – j’ai vu un homme qui me surveillait pendant plusieurs mètres avant de me rendre compte que ce n’était qu’un tronc ! – et fous rires, chansons et histoires, silences et réflexion, viendront jalonner cette portion jusqu’à notre arrivée à Cuiteco.

Cette étape marquera le 146e kilomètre et restera gravée dans ma mémoire de Bee : un village dans les montagnes où le temps semble s’être arrêté, une autre époque.

Nous traversons une petite rivière avant de parvenir en son centre, sous les regards curieux des habitants de la bourgade : j’imagine qu’ils nous prennent pour des folles dans nos accoutrements. N’ont-ils pas tort ?

Nous retrouvons avec bonheur les mines familières du staff de la course : il est environ 17h30 et nous décidons de faire une pause pour nous restaurer, visiter ce village typique et faire une micro sieste réparatrice qui se transformera pour ma part en une séance de méditation…

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Je vous laisse sur cette pause et vous donne bientôt rendez-vous pour le dernier épisode, certainement le plus riche en émotions, de ce périple.

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part IV : seuls au monde !

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Mardi, je vous laissais sur votre faim, aux portes de la fameuse Barranca del Cobre : la Bee venait effectivement de franchir un premier pont suspendu, avant d’emprunter le « sentier touristique » partant de Divisadero et surplombant les canyons.

Nous avons cheminé avec légèreté sur cette promenade, sondant d’un oeil les vertigineux canyons dans lesquels nous allions descendre : notre terrain de jeu pour les quelques jours à venir.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être face à un obstacle insurmontable ?

La première fois que j’ai vu le massif de la Chartreuse – en préparation de l’UT4M, un bloc minéral posé sur des prairies, je me souviens avoir dit à mon coach trail Nicolas : « Mais il est impossible d’accéder à ce sommet ! ».

Comme vous le savez, je suis Limousine et ai des origines bien terriennes : le milieu montagnard m’était jusqu’à l’année dernière inconnu.

Je disais détester la montagne parce qu’elle me faisait peur, parce que j’avais le vertige et que dans mon esprit, on montait presque en escaladant pendant les courses.

J’ai découvert cet univers avec un amoureux de la nature et après avoir fait tout un travail sur mon vertige que j’ai d’ailleurs poursuivi pour l’Ultra Run Raramuri : mon expérience sur l’UT4M a été une vraie révélation.

Je me suis rendu compte qu’on ne descend pas en rappel sur les trails et qu’on ne fait pas de l’alpinisme, qu’on se le dise !

Ouf, parce que je ne me sens pas encore vraiment prête pour cela comme vous vous en doutez.

Mais mon expérience dans cette Baranca dépassait véritablement tout ce que j’avais pu imaginer…

Un quatuor déterminé

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Si les douze premiers kilomètres nous ont semblé plutôt aisés, Jean-François nous avait prévenus de ne pas trop nous emballer : il est difficile pendant les 82 premiers kilomètres de courir, d’autant plus que le parcours est hors-piste.

De notre point de départ, notre hôtel Lolita Cabanas, jusqu’au CP1 à Guitayvo, nous avions 35 kilomètres à parcourir : ils nous ont permis de prendre la mesure de ce qui nous attendait…

Dans l’euphorie du départ, la Bee s’est senti pousser des ailes jusqu’au parking du téléphérique, mais en quittant la piste, elle a vite pris conscience de ce qui l’attendait : après un terrain sablonneux, le parcours s’est vite transformé en amas de rochers – un remake des 25 bosses de Fontainebleau, mais avec beaucoup beaucoup plus de bosses ! – et nous avons abordé une montée de plus de 10 kilomètres, très difficile.

Des groupes se sont créés spontanément : nous avons formé un quatuor infernal, Delphine, Benoît, Bertrand et moi, alternant course sur les portions de descentes et à peu près plates, et marche rapide dans les rochers et les montées.

Notre bonne humeur et notre excitation nous ont permis de cheminer en plein cagnard sans trop souffrir dans un premier temps.

Par forte chaleur, la principale difficulté réside dans l’hydratation : pendant le Half Marathon des Sables de Fuerteventura, j’avais pris conscience de l’importance de boire quelques gorgées régulièrement, sans attendre la sensation de soif.

La chaleur étant assez accablante, j’ai sagement respecté un écart d’une dizaine de minutes entre chaque gorgée. J’avais pris 2,5 litres d’eau ce qui me paraissait amplement suffisant.

L’une des difficultés de l’Ultra Run Raramuri réside dans le fait que les CP sont très éloignés les uns des autres : en s’hydratant correctement, il est donc difficile de les atteindre sans avoir rechargé ses gourdes dans des points d’eau indiqués sur le roadbook.

On est bien loin du confort de la plupart des courses où l’eau est disponible dans des ravitaillements fort rapprochés !

J’ai découvert l’utilisation des pastilles Micropur qui donnent un goût de piscine fort chlorée à tes bidons et à ton eau, mais qui sont indispensables au regard des eaux croupies – je n’ose repenser à ce trou d’eau avec une bouse dans lequel j’ai dû recharger !- qui constituent les seules réserves.

Nous avons parcouru de magnifiques paysages, dont cette fabuleuse arche rocheuse sur la photo…

Si beaux que la Bee contemplatrice que je suis a laissé très vite son esprit rêvasser : erreur fatale !

J’ai appris malgré moi que sur une course en hors-piste de cette teneur, une erreur d’attention peut être fatale : vers le vingtième kilomètre, mon pied, dans une descente, a heurté un énorme rocher, engendrant une douleur intense et lancinante.

Un cri de douleur ! Un échange de regards ! Delphine a compris que l’incident est sérieux. Je ne dis rien – par fierté ? Orgueil ? – mais je comprends et je sens à ce moment là que ma course a des chances d’être compromise.

Delphine ne dit rien, mais a le même ressenti : elle m’avouera plus tard avoir préféré se taire pour ne pas en rajouter, je l’en remercie d’ailleurs.

Avez-vous remarqué, dans certaines situations, comme nous sommes bons donneurs de leçons ?

Lorsque mon fils, intrépide, jouait au cascadeur dans les premières années de sa vie et prenait d’impressionnants gadins, je contenais mon anxiété en n’accordant en apparence que peu d’importance à ses petits accidents, alors qu’au fond de moi, je bouillais d’inquiétude : parfois, il se relevait et faisait abstraction du bobo, parfois il fallait appeler le 15 !

La stratégie de Delphine, digne de celles que je pratiquais avec mon chérubin, a bien marché : tout le monde a repris la course, sans rien dire.

Que faire ? Je n’allais tout de même pas rendre les armes au début d’une si merveilleuse aventure ?

J’ai essayé de bouger mon orteil tout en courant, une douleur insupportable traversait mon pied : fracture ? Non, ma souffrance semblait plutôt venir de l’ongle.

Mon côté Bee girly s’est alors réveillé : zut ! J’étais quitte à avoir un ongle noir dans le meilleur des cas, ou un orteil à vif.

Adieu les pieds de Bee sexy sur la plage cet été ! Il allait falloir user de ruses.

J’ai chassé mes idées négatives en me concentrant sur le parcours et les paysages aux alentours : une nature à la fois hostile et intrigante, sauvage, avec un sol jonché de roches coupantes.

Mais le paradis se mérite et il nous restait quelques kilomètres avant de l’atteindre…

Un premier CP ombragé

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Nous sommes parvenus sous une chaleur écrasante au CP1 de Cuitayvo, après avoir longé un immense plateau.

Les Indiennes présentes nous ont proposé un verre de coca, de la viande séchée et des pots de soupe déshydratée.

Nos comportements sont parfois surprenants lors de telles aventures : on ôte ses barrières, on bouleverse ses convictions, on se révèle.

Je ne bois jamais de coca, par goût et parce que cette boisson est liée à un souvenir traumatisant.

Mais avec cette chaleur et mon ventre gargouillant depuis plusieurs heures, j’ai suivi mon intuition : quel bonheur de sentir la fraîcheur de cette multitude de petites bulles !

Sujette en temps normal aux problèmes d’intestins sur les ultras, j’ai l’impression que d’avoir bu quelques verres pendant la course a eu un effet bénéfique. J’ai aussi pris un pot de soupe déshydratée, plus pour m’alimenter que par goût.

Puis je suis allée voir les petits indiens qui jouaient sous les arbres de ce CP : une conversation muette par gestes, quelques échanges de regards empreints d’une curiosité réciproque. Une photo !

Nous n’avons pas fait une trop longue pause, car nous avions un objectif commun très clair en tête : lorsque Jean-François nous avait détaillé le roadbook quelques jours plus tôt, un point avait retenu toute notre attention.

Nous devions en effet nous rendre au fond d’un canyon où serpentait un magnifique rio, aux eaux pures et limpides et nous avions pour ambition d’y arriver avant la tombée de la nuit, d’autant plus qu’il fallait le traverser à l’aide d’une corde sur environ 300 mètres.

Jean-Pierre Giorgi qui avait fait la course l’année précédente m’avait fait rêver en évoquant ce passage : mon imagination avait immédiatement replongé dans les classiques étudiés au lycée avec le mythe du bon sauvage.

Imaginez le privilège de se retrouver dans un tel endroit, au milieu – ou plutôt au fond – de nulle part, foulé seulement par une poignée d’hommes !

Deux journalistes, venues faire un reportage sur la course, Emma et Fabienne, ont décidé de nous accompagner entre les 2 CP, mais chargées de leur matériel, nous les distançons assez rapidement.

21 kilomètres nous séparaient du CP2 que nous comptions atteindre vers 21 heures.

Nous avons foulé un superbe parcours, très technique et très glissant, en descente.

Une fois de plus, pas question de laisser son esprit divaguer : un deuxième heurt dans un rocher m’a rappelée à l’ordre et a amplifié ma douleur à l’orteil déjà bien présente.

La chaleur me tape sur le système, je bois plus de gorgées espérant rapidement atteindre le paradis tant attendu pour faire des réserves.

Mais si à maintes reprises on en a entendu le doux ruissellement, nous ne l’avons atteint que tardivement.

Je trébuche plus fréquemment et sens la déshydratation poindre : je n’ai plus d’eau et pas le moindre point indiqué aux alentours par le roadbook.

Delphine me donne une petite gourde : est-ce la douleur ou la chaleur qui m’ont fait perdre la notion du temps ?

Alors que je m’interroge sur ma gestion de l’eau, Delphine m’appelle : elle vient de trouver notre championne, Catherine, en larmes, en contrebas du sentier.

Cette dernière, dépitée, nous explique qu’elle a eu un coup de chaud, une insolation et qu’elle ne sait si elle va poursuivre l’aventure.

Nous la motivons pour qu’elle vienne avec nous jusqu’au rio qui est proche : nous sommes tous pressés d’arriver à ce paradis…

Au coeur du paradis

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Enfin, nous l’atteignons et il est à la hauteur de mes espérances : imaginez un sable blanc, sans traces, baigné par le clapotis du rio, parsemé de quelques rochers. Une nature vierge.

Cette image restera longtemps gravée dans ma mémoire et donnera certainement lieu à bien des séances de méditation.

Nous nous arrêtons et j’en profite pour étancher ma soif : j’étais au bord de la déshydratation et ce cours d’eau salvateur, le rio Urique, m’a comblée.

Il est malheureusement trop tard pour songer à se baigner – un de mes délires de Bee déjantée – car nous allons reprendre de l’altitude pour aller jusqu’au CP2 et les nuits sont fraîches, mais nous nous consolons en nous disant que la traversée du rio avec la corde nous servira de séance de cryothérapie.

Bertrand enfile ses aquashoes – un moment mémorable qui lui a valu quelques boutades – alors que le reste de la troupe décide de garder ses chaussures : intérieurement, je me dis que la fraîcheur de l’eau peut avoir un effet anesthésiant sur ma douleur.

Je profite pleinement de cette traversée, semblable à une exploratrice des temps modernes qui découvrirait une terre inconnue.

L’eau qui m’arrive à mi-cuisse réconforte et apaise mes muscles endoloris.

Pour mon pied, c’est une autre histoire !

Catherine me demande de l’aider à remettre ses chaussures, ses crampes lui génèrent des douleurs insupportables. Je lui donne les derniers cachets de mon tube de Sporténine.

Puis nous décidons d’avancer avec Delphine et Benoît, comme la nuit descend peu à peu dans le canyon : nous allumons nos frontales pour gravir une longue montée très éprouvante de 8 kilomètres.

La fatigue se fait sentir, les pauses sont plus rapprochées : nous essayons avec Delphine d’alterner pour la reconnaissance du sentier.

Nous nous perdons un peu mais finissons par apercevoir les lumières du village : elles nous semblent proches, mais les apparences sont trompeuses.

Je suis éreintée et n’ai qu’une hâte : manger.

Je me rends compte que la configuration du parcours a changé : nous évoluons sur des singles fort étroits et même si je ne distingue pas grand chose, je sens que le vide est proche.

Quelques kilomètres plus loin, nous distinguons la silhouette et la voix de Charlotte, une des charmantes étudiantes kinésithérapeutes sur la course, qui vient nous accueillir.

Il est 20h15 et nous décidons avec Benoît et Delphine de faire une pause d’une heure avant de repartir et de courir à la fraîche.

Mais les choses ne vont pas totalement se passer comme prévu…

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Suite à venir…

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Une Bee sur les terres des Raramuri Part III : un départ sur les chapeaux de roues !

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Dans la partie précédente, je vous contais ma rencontre avec les Raramuri et mes préparatifs pour la course. Je reviendrai d’ailleurs bientôt avec davantage de précisions sur le contenu de mon sac et mes incontournables gourmandises, grigris, etc.

La journée du 23 avril a été consacrée à un brief, à une rencontre dans le vif du sujet avec les Raramuri, à une cérémonie de remise des dossards, mais aussi à du repos : il faut bien récupérer après un tel voyage – 8 heures de décalage horaire laissent des traces ! – sans compter le fait de devoir s’acclimater à l’altitude et aux températures !

Mais lors de cette veille de course, mon côté Bee épicurienne rejaillit : j’ai envie d’en profiter !

La pile est en marche et l’idée d’une sieste ressourçante s’évanouit bien vite pour laisser place à une marche active avec Mimi pour se rendre au bar de Divisadero, à une dizaine de kilomètres de notre hôtel.

Mais ce que je ne sais pas encore, c’est que cette sortie aux allures touristiques et aux apparences légères va me faire glisser d’emblée dans une situation cauchemardesque…

Un pont c’est tout !

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Après avoir chantonné et déliré sur la route sablonneuse menant à Divisadero, évité quelques meutes de chiens, photographié sous tous les angles une station de gare du fameux El Chepe, nous sommes allées prendre un pot avec Mimi pour nous détendre et avons retrouvé Sander et Mehidy au bar, qui avaient eu la même idée.

Mais au moment de partir, nous avons voulu reconnaître un bout du parcours, tranquillement, tout en rentrant à l’hôtel.

Je ne savais alors pas que ce retour allait me confronter à ma plus grande terreur : le vide !

Un pont suspendu se trouvait effectivement sur notre chemin, dominant un précipice vertigineux – je ne pense pas exagérer en disant cela, puisque tout le monde a avoué par la suite n’avoir pas été rassuré.

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Excédée et en proie à une terreur profonde, je maudis ouvertement Jean-François qui n’a pas fait état de ce pont dans son roadbook, mais Sander et Mehidy me réconfortent en me disant qu’il est possible de le contourner.

Rassurée, je prends sur moi et mets en place les techniques de respiration apprises lors de mes séances de sophrologie avec Morgane : je crée ma bulle et tente de trouver une certaine sérénité.

Mais avant de comprendre quoi que ce soit, Mehidy me tend la main et m’entraîne sur le pont de la mort, au-dessus d’un vide aspirant.

Mes jambes flageolent, mon petit coeur de Bee bat la chamade, menaçant de crever ma cage thoracique, je me concentre sur ma respiration et sur la voix rassurante de Mehidy qui tente de détourner mon esprit vers d’autres sources d’intérêt.

Suis-je en train de lui broyer la main comme j’ai pu le faire avec le bras de Nicolas, inconsciemment, lors de ma reconnaissance de l’UT4M à Chamechaude, l’année précédente ?

En situation de vertige, je ne maîtrise rien, je perds pied : un genre de syndrome de la Tourette mêlé soit d’agressivité – relative quand même – soit de dérision.

Imaginez un cocktail détonant avec des conséquences difficiles à maîtriser…

Je respire profondément, sens les plaques du pont qui bougent, me promets de recompter chacun des doigts de Mehidy si je sors vivante de ce passage et de lui payer, s’il le faut, une greffe pour ceux qui seraient manquants au bout du compte…

Mais je touche, avant même d’envisager le pire, la terre ferme.

Je l’ai fait ! I did it ! Un moment grisant…

Moi qui n’étais pas capable de monter sur une chaise, un an et demi auparavant, je viens de franchir un précipice !

Je n’ai qu’une hâte : raconter cet exploit personnel à Jean-François qui me félicite et me réconforte en me disant que le pont mentionné entre le CP2 et le CP3 n’a rien à voir…

Forte de cette nouvelle expérience, je me sens pousser des ailes et me dis que la partie est déjà un peu gagnée.

Mais un pont peut en cacher un autre, et l’euphorie de ma récente victoire personnelle cède place à la panique et aux cauchemars pendant la nuit : je n’ai pas peur des kilomètres, mais imaginons que j’abandonne à cause d’un simple pont ? Ce pont que j’imagine depuis plusieurs semaines tenant entre deux cordes et n’offrant un passage pas plus large que l’un de mes pieds ?

Je ne peux trouver un sommeil serein, trop excitée à l’idée de prendre le départ d’une telle aventure, mais gardant aussi en tête qu’il me faudra passer plusieurs obstacles qui mettront mes nerfs à rude épreuve.

Un départ retardé…

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Au petit matin, je me lève avec cette impression qui ne me quitte pas depuis plusieurs semaines : celle d’être éreintée après avoir franchi une multitude de ponts et de précipices !

Combien mon esprit aura souffert dans mes cauchemars, et que mes jambes auront gambadé !

Avant de rejoindre le groupe dans la salle du petit-déjeuner, je fais mes derniers choix, sans sourciller : tant pis pour la doudoune, elle m’attendra sagement à l’hôtel, si je parviens à franchir la ligne d’arrivée !

L’amplitude thermique risque d’être dure à gérer, mais je préfère prendre le risque d’avoir un peu froid – au pire je me dis que je courrai la nuit au frais et réduirai le rythme en journée – plutôt que de trop me charger.

Avec Mimi, nous profitons en totale décontraction – du moins apparente – de ce dernier petit-déjeuner des condamnées à partir à l’aventure : nous nous régalons de pinoletas faites maison – ce sont de petites galettes de maïs qui sont la spécialité de Chihuahua – de pancakes et de toasts grillés.

Je bois bien évidemment la potion verte de mon partenaire Boa Mon Jus pour faire le plein d’énergie.

Derniers instants dans notre monde moderne et civilisé – un bien grand mot me direz-vous quand on pense à toutes les atrocités qui y sont perpétrées !

Jean-François nous apprend alors que la course va être retardée d’une heure.

Étrangement, cela ne m’affole pas : on sera bien assez tôt dans l’arène, alors autant tourner un peu dans nos cages avant.

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Je croise les Raramuri vêtus de leur genre de pagne et de leurs tuniques colorées : je prends alors conscience qu’un challenge hors du commun se prépare.

Nous allons courir contre de véritables extraterrestres chaussés de bouts de pneus – certes, il s’agira de Michelin pour certains ! – ou de sandales de plage et vêtus de simples bouts de tissus, qui vont nous pulvériser sportivement, nous qui arborerons des chaussures aux amortis dernière génération, des vêtements ultra techniques et qui transporterons le parfait petit matériel du traileur endurci, pour effectuer le parcours en doublant leur temps !

La situation me paraît tout à coup des plus cocasses, cherchez l’erreur !

Mais il n’est plus temps de laisser son esprit divaguer : le jour vient de se lever sur Divisadero, il est bientôt 7 heures et nous devons gagner le départ.

Une folle ambiance s’empare alors du groupe : émotion, embrassades, rires, stress, excitation s’entremêlent sur cette ligne de départ… jusqu’au top qui nous permet de voir nos adversaires colorés partir sur un rythme effréné, avant de ne devenir que de minuscules points à l’horizon…

En route pour les canyons !

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Quelques kilomètres nous séparent de la Barranca del cobre et nous commençons notre périple sur une route large, au milieu d’habitations.

Nous courons tranquillement pour nous mettre en jambes : seule Catherine, vêtue de sa petite jupette, s’est détachée du groupe, collant aux jupons longs des Raramurettes.

Les conversations vont bon train et les groupes se forment peu à peu, jusqu’à la fameuse ambulance de Divisadero que nous devons contourner et qui nous permet de voir l’avancée de la course.

Nous apercevons enfin la somptueuse Barranca, minérale, qui semble nous lancer un appel : l’aventure est à nos pieds, nous ne l’avons encore jamais foulée d’aussi près.

Je n’ai alors qu’une obsession en tête : le pont de la veille !

Il faut absolument que j’accroche le groupe et que je ne me retrouve pas seule à franchir ce premier obstacle éprouvant.

Delphine chemine à mes côtés et perçoit certainement mon appréhension en me disant que nous serons plusieurs et que ce ne sera pas plus dur que la veille.

Mais mes entrailles et mon esprit ont imprimé ce souvenir traumatisant et me rappellent à l’ordre.

Je me concentre sur ma respiration et des visualisations positives à l’approche de l’obstacle, mais une main familière vient chercher la mienne pour me guider et me rassurer : Mehidy a une fois de plus pris les devants et le premier pont, bien qu’impressionnant et marquant l’entrée dans les canyons, ne devient alors plus qu’une formalité…

L’aventure peut commencer dans la Barranca…

À suivre…

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Je vous remercie par avance…

 

 

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part II : Roadbook et installation

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Dans la première partie de mon récit, je vous ai laissés à bord du célèbre train El Chepe dans lequel nous avons passé des moments conviviaux entre coureurs, organisateurs, kinésithérapeutes et journalistes.

Interviews, photos, conversations débridées allaient bon train.

Mais j’ai surtout découvert un peu mon double dans le genre déjanté et j’avoue que cela m’a plutôt plu : avant l’ultra, je ne connaissais aucun des membres de notre équipe de Globe Trotteuses.

J’avais juste rencontré Delphine à une session running avec la boutique KM42 à Paris et nous avions ensuite partagé une sortie à la station de trail de Bures-sur-Yvette avec son compagnon Benoît : je savais donc que l’ambiance serait bonne sur la course, car nous étions dans la même attitude positive, fans d’aventure.

Le petit-déjeuner à bord du train nous a permis de faire connaissance avec Emilie et Catherine et d’évoquer nos visions et notre façon d’aborder la course.

Étant novice sur de telles distances, j’ai apprécié de pouvoir échanger avec des championnes de la discipline et d’avoir leurs conseils.

Mais je me suis aussi vite aperçue que nous avions un peu les mêmes délires avec Émilie. Je ne me doutais pas alors que mon aventure allait devenir « notre aventure » et que nous allions passer des moments aussi déjantés.

Un seul point à bord est venu me rappeler que nous ne partions pas en colonie de vacances, mais bel et bien pour un ultra trail réputé extrêmement difficile de 190 kilomètres et 10 000 de D+ : le roadbook distribué par Jean-François…

Un roadbook qui annonce la couleur

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La lecture du roadbook m’a immédiatement plongée dans une réalité : la montée à bord de El Chepe m’avait transportée dans un autre univers et à une autre époque, me faisant vivre un rêve éveillé.

Celui d’une petite fille qui partageait avec ses parents devant le petit écran ses désirs d’évasion et sa curiosité.

Mais il allait falloir prochainement passer aux choses sérieuses : l’ultra trail !

La Bee à ce moment là a eu comme un coup de sang !

J’ai alors évoqué avec certains membres du groupe mon principal point faible pour notre discipline, sur lequel je travaille depuis près d’un an : mon vertige.

En lisant quelques paragraphes concernant des passages de la course, je pense m’être en effet décomposée, voire liquéfiée : « traversée du rio sur un pont suspendu », « très longue montée éprouvante », « parcours hors-piste de 82 kilomètres avec 5 500 m de D+ »…

OK, je savais bien que je ne m’étais pas engagée pour une sortie au Club Med, mais le fait de visualiser ces mots a eu un effet choc dans mon esprit.

Allez, on rassemble ses sens ! On respire comme Morgane, ma sophrologue, me l’a si bien appris lors de nos séances, on ne laisse pas l’appréhension envahir son petit corps de Bee, il sera bien assez tôt une fois que l’on sera sur place.

J’interroge – une nouvelle fois, le pauvre ! – Jean-François sur la difficulté du parcours pour une Bee sujette au vertige et novice dans ce genre de challenge.

Il m’assure que je suis capable de surmonter ma phobie et qu’à part un passage ou deux – mon Dieu ! Mais c’est déjà suffisant pour que je reste tétanisée pendant des heures ou que je sois aspirée dans un gouffre sans fond ! – je devrais m’en sortir.

J’essaye de faire bonne figure pour masquer mon anxiété et m’en sors comme à mon habitude par une pirouette humoristique, mais au fond de mon être, mes tripes sont chamboulées.

Lorsque Fabienne et Emma, les deux charmantes journalistes de la chaîne qui diffusera notre aventure, viennent me trouver pour m’interroger sur mes motivations, je ne peux cacher mon appréhension.

Mais que suis-je venue faire dans cette aventure ? N’aurait-il pas été plus simple d’aller me tester dans une contrée moins lointaine, et pourquoi pas de trouver un endroit comme l’an dernier en France dans la Tour Eiffel – un grand moment de fierté quand j’ai dit à mon fils que nous pourrions aller ensemble au deuxième étage ! – ou encore sur le massif de la Chartreuse lors de l’UT4M ?

Non, je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller m’engager sur un challenge qui me paraît d’un coup titanesque et dans lequel j’ai embarqué sponsors, famille et amis !

C’est bien là le côté tête brûlé de la Bee, mais que voulez-vous, j’aime l’aventure, les challenges, me retrouver en pleine nature et me confronter à mes démons, me dépasser, me dire que je suis vivante et que j’ai échappé à des situations tellement critiques que rien ne peut à présent m’ébranler.

Alors ce ne sont pas deux ou trois ponts suspendus et passages étroits au-dessus du vide qui vont m’effrayer… Quoique…

Découverte de la Barranca et installation

 

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Après 8 heures de train, nous avons enfin atteint Divisadero, le point de départ de notre course, qui culmine à 2 400 mètres.

À peine arrivés, nous n’avons eu d’yeux que pour elle, cette fameuse Barranca del Cobre, qui nous est apparue dans son immensité, minérale : des monts à perte de vue et des canyons.

Happée par ce paysage irréel, j’ai immédiatement ressenti une sorte de malaise – ou peut-être était-ce lié à l’altitude : j’avais en face de moi les fameuses montagnes auxquelles j’allais devoir me confronter !

On ne peut que rester sans voix devant un tel panorama, mais passé l’effet de surprise, j’ai immédiatement cherché – parfois je me demande si je ne suis pas dingue ! – dans ces amas gigantesques de pierres la trace de ponts de singe et autres…

En vain, bien évidemment, même si j’apprendrai plus tard que près de moi se trouvait l’un d’eux qui constituait dès le début de la course mon premier obstacle mental.

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Nous avons ensuite mangé dans un magnifique restaurant qui surplombe la Barranca avant d’aller faire un petit tour de marché : des femmes avec leurs enfants vendaient en effet certains articles locaux, comme des paniers, des bijoux, des sacs et autres pour les touristes.

Une fois nos emplettes faites, nous avons gagné l’auberge dans laquelle nous avons été hébergés : Jean-François avait trouvé plus judicieux cette année d’aller dans cet endroit pour que nous partagions quelques instants de notre quotidien avec les indiens, et j’avoue que la formule m’a immédiatement séduite, même si je trouvais absolument fabuleux le premier hôtel où nous avions mangé, surplombant les canyons.

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L’endroit était simple et sans prétention, mais chaleureux et efficace pour ce genre d’événement.

Après un repas du soir typiquement mexicain – soupe, purée de haricots et viande – nous sommes allés nous coucher avec des images extraordinaires dans notre esprit…

Une rencontre du troisième type

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Mais le plus incroyable restait à venir : nous avions une journée pour préparer nos sacs, avoir un brief et nous reposer, le décalage horaire n’aidant pas.

Mais nous avons choisi avec Émilie – que j’appellerai désormais Mimi pour plus de facilité et parce que j’affectionne ce surnom – d’aller à pied jusqu’à l’hôtel de la veille pour y boire un verre et surtout, avoir du WIFI pour donner des nouvelles à nos proches.

Nous y avons retrouvé d’autres coureurs, mais surtout, une belle surprise nous attendait à notre départ : des indiens Raramuri étaient en effet déjà arrivés pour la course – Jean-François avait été les chercher dans leurs villages avec les journalistes.

Avez-vous déjà eu l’impression d’être déconnecté temporellement ? De devenir un personnage d’une quelconque fiction ?

C’est exactement ce qui m’est arrivé en apercevant le célèbre Arnulfo dont il est énormément question dans Born to run. Eh bien ce héros, dont la photo célèbre illustre la couverture du livre, prenait vie devant moi, au bord des mythiques canyons : un rêve éveillé !

Comment ne pas être humble et intimidée devant une telle personne !

Je me suis focalisée sur ses pieds et sur les sandales – huarachi – qu’il portait.

Après deux ou trois sourires échangés, nous sommes parties avec Mimi nous préparer pour le début de notre aventure…

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À suivre…

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Une Bee sur les terres des Raramuri. Part I : en route pour Divisadero !

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Il y a une semaine, je franchissais la mythique ligne de la troisième édition de l’Ultra Run Raramuri au Mexique, après 190 km de course dans les Barrancas del Cobre – plus exactement plus de 200, vous comprendrez bientôt pourquoi ! – et un dénivelé positif de 10 000 mètres, un genre de Diagonale des Fous rallongée – sans les ravitaillements et le nombre d’inscrits – selon les dires de certains ultra runners que je côtoie et qui maîtrisent le sujet.

Une expérience magique, profonde, intérieure, qui a marqué ma vie de Bee, m’invitant à la contemplation, au dépassement de soi, à faire des rencontres extraordinaires, très riches humainement : une véritable introspection !

Je vous avais déjà présenté cette course dans un précédent article dont voici le lien, mais j’étais alors bien loin de me douter de ce qui m’attendait…

Jamais je n’ai ressenti une telle émotion en franchissant une ligne d’arrivée, jamais une aventure ne m’a paru aussi belle, ne m’a autant fait vibrer, donné des frissons, poussée dans mes retranchements.

Il faut dire que j’avais mis la barre très haut en m’engageant sur un tel challenge – une Bee phobique du vide dans des canyons avec des points culminants à 2400 m ! – dont l’évocation du D+ donne à elle seule le vertige !

Je vous propose de vous dévoiler au fur et à mesure des semaines quelques épisodes marquants de ce périple dont l’organisateur aime rappeler, à juste titre, le côté aventurier tout autant que sportif.

Mais effectuons aujourd’hui un petit bond dans le temps, au moment où la Bee s’apprêtait à prendre l’avion en direction de Mexico, à l’aéroport de Roissy…

Un vol sans encombres

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Quand on s’engage sur une telle course, il faut observer quelques paramètres non négligeables : le décalage horaire, le climat du pays et l’altitude.

Ces trois points m’effrayaient un peu, car étant une petite dormeuse et l’excitation étant à son comble depuis quelques jours, je me voyais arriver sans avoir dormi une seule heure avec une tête de Bee décalquée : des circonstances peu productives pour aborder un tel challenge.

Mais finalement, mes appréhensions ont vite été chassées, car parmi les quelques films proposés par la compagnie aérienne, certains ont eu un effet soporifique plutôt intéressant.

Parler de sommeil récupérateur serait un bien grand mot, mais j’ai pris ce qui était bon à prendre.

Nous avions tous réservé le même vol et avons pu commencer à faire connaissance jusqu’à Mexico : nous avons décollé à 11h10 et sommes arrivés à 15h51 heure locale, avec 8 heures de décalage horaire.

Nous étions huit participants internationaux et non plus 9, Benoît Girondel ayant renoncé à prendre part à la course – à mon grand regret ! – au dernier moment.

Une journaliste et une caméraman d’une chaîne bien connue nous ont accompagnés dans ce périple : surprise ! Vous pourrez découvrir en même temps que nous le reportage qu’elles ont consacré à notre course dans le courant du mois de mai !

Deux jeunes kinésithérapeutes d’une école de Rennes, dans le cadre de leur stage,  étaient aussi de la partie : Charlotte et Tiphaine, mais j’aurais bientôt l’occasion de vous reparler de ces deux jeunes femmes aux doigts de fée… et de fer ! Le père d’une traileuse de notre équipe était aussi présent.

Une escale de deux heures nous a permis de rompre la glace autour d’un premier pot, avant de prendre un vol local de la compagnie AeroMexico pour Los Mochis, qui a été une aventure à lui seul : âmes sensibles s’abstenir !

Un train mythique, El Chepe !

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Nous sommes arrivés à 20h16 à Los Mochis, une ville qui borde l’Océan Pacifique, où nous attendaient Jean-François Tantin, l’organisateur de la course, et son fidèle bras droit Romain.

J’avais pris mon maillot Speedo dans l’idée d’aller piquer une petite tête en arrivant dans le Pacifique, mais mes délires de Bee déjantée ont été bien vite réfrénés : la plage était assez loin de l’hôtel, les 17 heures de transports avaient un peu calmé la Bee, et surtout, nous avions un rendez-vous exceptionnel qui me fait encore monter les larmes aux yeux rien qu’en y pensant.

Nous devions prendre le lendemain matin, à 6 heures, le mythique train El Chepe qui relie le Pacifique à Chihuahua : 8 heures de trajet avant de gagner notre destination, la ville de Divisadero, qui culmine à 2400 mètres.

Hors de question pour la Bee de ne pas jouir de ce privilège unique !

Enfant, j’avais découvert ce train avec mes parents lors d’une émission intitulée « Des trains pas comme les autres » : combien de fois ai-je rêvé de voyager à bord de ces mythiques transports dont les noms seuls étaient une invitation au voyage…

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Inutile de vous préciser que le lendemain, à 6 heures, la Bee débordait d’énergie et avait des étoiles dans les yeux au moment de monter dans ce superbe train prêt à arpenter canyons, viaducs et tunnels.

Transition mexicaine

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Monter dans un tel train, c’est comme emprunter la porte temporelle d’un film d’anticipation : vous vous sentez immédiatement propulsés dans le passé, dans un genre d’espace où le temps semble s’être arrêté.

Près de 40 tunnels, des multitudes de viaducs, des paysages somptueux et variés, notre périple a pris des allures de séries, me rappelant indéniablement mon enfance devant « Les Mystères de l’Ouest ».

Mais si les paysages à l’extérieur étaient somptueux, ce qui se passait à l’intérieur ne l’était pas moins.

Nous avons vécu un grand moment de convivialité lié à un paramètre international qui fédère tous les individus : la nourriture.

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Quel bonheur de pouvoir commencer sa journée dans un tel train autour d’une table chargée de mets plus appétissants les uns que les autres !

On en oublierait presque le challenge qui nous attend et qui pointe pourtant bien le bout de son nez entre deux discussions légères autour de purée de haricots et de tartines beurrées.

Mais une fois nos estomacs repus, nos discussions se sont bien vite orientées vers les plats lyophilisés que nous avions tous pris pour nous redonner de l’énergie pendant la course.

De fil en aiguille, après ce petit-déjeuner gargantuesque, Jean-François nous a distribué le roadbook de la course : le ton était déjà donné…

Je ne me suis tout de même pas laissé submerger par l’appréhension à ce moment-là, préférant jouir de chaque instant du voyage : la Bee est épicurienne et ne cède aucune place aux éléments toxiques qui pourraient lui gâcher son présent.

J’ai préféré laisser mon esprit s’échapper dans les collines, profiter des images colorées offertes à chacun de nos arrêts, discuter avec mes comparses de nos vies et de la vie en général…

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La suite de mon aventure à venir…

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Vade-mecum de la Bee pour se sentir bien dans ses baskets

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Culpabilité, quand tu t’accroches à nos baskets !

Ce matin, après avoir lu les nouvelles du jour et parcouru quelques posts matinaux qui m’ont interpellée, j’ai décidé de chausser mes baskets avant de prendre ma plume.

Courir est souvent une vraie source d’inspiration pour moi, mais j’avoue que depuis plusieurs mois, l’envie d’écrire sur un thème me démangeait.

Certains sujets restent tabou chez les coureurs.

Pourtant, depuis que je me suis remise à la course à pied il y a près de deux ans et que je discute avec plusieurs d’entre vous, je me rends compte que le running n’est pas que synonyme de bonheur et de bien-être.

Culpabilité, jalousies sournoises, pression, mauvais esprit font parfois partie de notre quotidien de runners.

Difficile de le concevoir quand on est une Bee issue de sports collectifs, où les notions de fair play, de plaisir et de solidarité sont essentielles !

Je vous rassure, je ne vais pas endosser le rôle d’un Maître Yoda du running à la sagesse avérée, mon humble expérience ne me le permettrait pas.

Mais je voulais partager avec vous quelques conseils ou astuces qui me permettent aujourd’hui d’être une Bee épanouie dans sa pratique du running, bien dans ses baskets et dans sa tête…

1. La culpabilité tu oublieras

En lisant les posts sur Instagram ce matin, un mot, « culpabilité », m’a interpellée : plusieurs coureurs évoquaient en effet le fait de culpabiliser comme ils étaient malades et qu’ils n’avaient pu aller courir depuis le premier janvier, alors qu’ils voyaient les comptes rendus d’autres sur les réseaux.

D’autres « se sentaient mal », car ils avaient l’impression d’avoir trop mangé pendant les fêtes et que les kilos accumulés allaient leur porter préjudice, s’ils ne les perdaient pas, pour leurs futurs objectifs.

Mais pourquoi cette culpabilité ?

Nous ne sommes pour beaucoup que des sportifs amateurs et notre vie professionnelle n’est pas dépendante du running.

Ce n’est pas parce que nous allons sauter un entraînement que nous n’allons pas franchir la ligne d’arrivée de notre marathon ou de notre ultra trail avec l’objectif que nous nous sommes fixé.

Que Pierre ou Paul fasse un entraînement de plus que vous n’a aucun impact sur votre vie de runner : ce n’est pas ce qui vous fera aller plus vite.

Au contraire : plus vous allez culpabiliser, plus vous risquez de perdre la notion de plaisir qui est essentielle pour la performance.

Quant à la culpabilité ressentie au sortir des fêtes et de leurs agapes, relativisons : bien des gens ne mangent pas à leur faim ou n’ont pas eu la chance de pouvoir vivre la magie de ces moments.

Gardons plutôt en tête les bons instants passés auprès de nos proches et positivons en nous disant que nous sommes des sportifs, et que même si nous avons pris quelques kilos, ils fondront lors de nos nombreux entraînements.

Il n’y a rien de pire que la frustration qui peut à la longue polluer notre mental et nous conduire à des contre-performances, voire à des blessures.

2. De vrais amis tu t’entoureras

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Pour la Bee, il s’agit d’un point essentiel : il est important de s’entourer de gens positifs et de chasser les toxiques.

Quand j’ai commencé à courir, je pensais que notre communauté était une grande famille, solidaire et bienveillante.

Certainement mon côté Bisounours qui ressortait…

Mais comme dans toute communauté, tout le monde ne peut s’entendre et j’en ai encore eu la preuve avec mon expérience et les nombreux posts privés ou non que je vois circuler sur la toile : étant enseignante, je me rends compte que parfois les cours d’école n’ont rien à nous envier.

La plus rude des épreuves  – que je ne souhaite à personne – m’a fait relativiser bien des choses et comprendre que nous n’avons pas de temps à perdre : il faut avancer.

Alors hors de question de se laisser polluer par tous ces gens qui vous mettent une pression qui n’a pas lieu d’être : vous remarquerez que bien souvent ces gens ont des performances moindres que les vôtres, sont aigris, ou s’ennuient fermement dans leur vie.

Les vrais amis sont toujours là pour toi, sont essentiels et seuls leurs propos et leurs actes ont de l’importance.

Leur plus ? Ils sont une réelle source de motivation !

3. Tes propres objectifs tu te fixeras

C’est un fait avéré : malgré nos entraînements et notre volonté, nous ne sommes pas égaux devant certains challenges.

Il faut l’accepter !

Que cherchons-nous dans le fond ? La reconnaissance des autres ou simplement nous dépasser ?

Il importe de nous fixer des objectifs réalistes pour se sentir bien dans nos baskets.

Quand j’ai commencé à courir, j’admirais les copains qui étaient capables de se lancer sur des distances extraordinaires et leurs récits me faisaient rêver.

Après ma maladie, j’ai voulu brûler les étapes en me lançant sur des défis pour lesquels je n’étais pas du tout prête, que ce soit mentalement ou physiquement, mais je me disais : « Pourquoi pas moi ? »

Avec du recul, cela me fait sourire, mais les conséquences auraient pu être vraiment dramatiques : ceux qui me connaissent auront bien évidemment à l’esprit l’hypothermie de l’Andorra Ultra Trail qui m’a valu cinq mois de soins !

Il m’aura fallu du temps, de l’énergie et un gros travail avant de jouir pleinement de la satisfaction d’arriver au bout de mon premier ultra…

4. Le stress tu chasseras

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Je comprends que les professionnels soient au taquet pour leurs performances et jouent une partie de leur salaire et de leur notoriété sur certaines courses.

Mais nous ne sommes pour la plupart que des amateurs…

Oui, je trouve le stress intéressant lorsqu’il est positif.

Mais que dire quand il prend une place trop importante dans nos vies de runners et qu’une course ratée parvient à vous faire sombrer dans une déprime sans nom ?

Que dire quand il conduit à la blessure qui engendre une frustration constante dans notre quotidien ?

Combien de coureurs ai-je entendu, au départ d’une course, me dire : « Alors, tu fais un nouveau podium aujourd’hui ? Tu as prévu de faire quel temps ? Tu penses que tu vas battre ton RP ? Tu veux faire une performance ? »

Si vous ressentez du stress, arrêtez de le transmettre aux autres et laissez chacun vivre sa course comme il l’entend.

Je ne suis pas médium, mais la seule chose que je peux prédire, c’est que quand je m’inscris à une course, je viens avant tout aujourd’hui prendre du plaisir : celui de la découverte de paysages, ou celui du dépassement de soi.

Je sais que je vais tout donner en fonction de ma forme du moment, la performance n’est qu’un plus.

D’ailleurs, pour me coller encore moins de pression et prendre davantage de plaisir, j’ai arrêté de courir avec une montre !

Essayez aussi le yoga et la méditation qui permettent de se préparer au mieux pour gérer nos courses !

Et visiblement, ça ne me réussit pas trop mal…

5. Du plaisir tu prendras

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N’oublions pas que le running est souvent pour nous un loisir, voire une passion.

Qu’est-ce qui nous motive le plus souvent à courir ?

Je pense que nous ne sommes pas masochistes et que notre motivation première est le plaisir, même si nous aimons aussi le dépassement de soi, d’ailleurs ce ne sont pas deux sentiments contradictoires.

Alors cessons de nous torturer avec des éléments extérieurs pour ne nous consacrer qu’au moment présent, au plaisir que nous avons à nous retrouver dans la nature, en solitaire ou en groupe, au plaisir que nous avons de nous dépasser, de franchir des limites que nous ne supposions pas, au plaisir de vivre tout simplement…

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L’Ultra Rain Jacket WAA, une veste poids plume VS le poids des intempéries

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Quand on pratique l’ultra trail, on ne peut faire fi des intempéries possibles.

L’équipement revêt une importance particulière : il est plus facile de supporter une fine pluie avec des rafales de vent pendant une quarantaine de minutes sur un 10 kilomètres que pendant plus de 20 heures !

Rien de pire que de supporter des vêtements collants d’humidité qui vous glacent lors des ravitaillements !

J’ai découvert la marque française WAA il y a près d’un an, lorsque je préparais mon premier gros trail en montagne : si mon côté Bee girly avait immédiatement été séduit par l’esthétique des produits, j’avais surtout été conquise par le confort et la praticité des vêtements.

L’Ultra Carrier Shirt avait révolutionné mes entraînements et mes courses : plus besoin de sac ou de ceinture pour porter mes gourdes ou mes clés sur des sorties ou des trails longs, mon seul maillot suffisait !

Un must quand on est une Bee qui aime courir en toute légèreté !

Aussi, lorsque je suis rentrée du Half Marathon des Sables de Fuerteventura, où j’avais eu la chance de courir avec la Team Lady WAA, et qu’on m’a proposé de tester l’Ultra Rain Jacket, j’ai immédiatement sauté sur l’occasion : après les chaleurs extrêmes du désert, je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de voir si la marque répondait vraiment à toutes les conditions climatiques extrêmes de sports outdoor que l’on pouvait rencontrer.

Je vous propose donc aujourd’hui, après près de trois mois de test, mon retour sur un produit qui risque de bientôt intégrer votre garde-robe de traileur ou de traileuse.

Suivez la Bee…

Une veste particulièrement technique

En discutant avec maints traileurs, je me suis rendu compte que nous étions tous à la recherche d’une veste imperméable confortable, légère, sympathique d’un point de vue esthétique et dans l’idéal pas trop chère.

Quand j’ai commencé à pratiquer l’ultra, j’ai eu bien du mal à dégoter cette perle rare : mes essais ont été peu concluants et je n’envisageais pas non plus de mettre un budget de 300 euros dans ce type de vêtement.

J’avais fait l’an dernier l’achat indispensable d’une veste technique pour la Saintélyon – les conditions étaient suffisamment dures pour envisager de me retrouver trempée jusqu’aux os ! – et je me suis rendu compte que j’avais eu bien de la chance qu’il ne pleuve pas : lors d’une sortie fort pluvieuse, l’imperméabilité de mon vêtement avait été mise à rude épreuve et finalement, l’humidité avait fini par remporter le combat.

J’attendais donc avec impatience l’essai de la fameuse Ultra Rain Jacket…

Je l’avais vue portée dans le désert et j’avoue que son coloris vert mint et sa coupe avaient fait succomber mon petit coeur de Bee fashion victime.

Mais ce qui surprend incontestablement dès qu’on la sort de son emballage, c’est son poids plume : 169 grammes !

On a du mal à se dire qu’un vêtement si léger va être capable de résister au vent et aux trombes d’eau !

Au toucher, on se rend pourtant immédiatement compte que la matière va tenir toutes ses promesses : il faut dire que la veste a une imperméabilité de 10 000 Schmerber – pour ceux qui ne connaîtraient pas ce mot à l’abord barbare, il s’agit de la mesure de la pression à laquelle l’eau commence à pénétrer dans le vêtement.

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J’ai souvent peur du manque de respirabilité de tels vêtements : la résistance évaporative thermique du vêtement est de 8, un vêtement jugé ultra respirant se situant entre 0 et 6. On est donc sur un bon produit.

Mais ce qui peut rassurer certainement un grand nombre d’ultra traileurs, c’est qu’elle est conforme à l’équipement obligatoire demandé lors des plus grandes courses.

Un bijou surprenant

Mais ce que j’aime particulièrement chez cette marque, c’est que l’on découvre toujours de petits trésors d’ingéniosité : la veste est compressible en une poche de 10×15 cm, ce qui est très pratique pour la transporter lors d’une course.

Un véritable gain de place, avec les avantages d’un poids plume !

Cette même poche, quand on porte la veste, est suffisamment grande pour accueillir un portable et des clés.

Bien évidemment, la marque n’a pas lésiné sur la sécurité : elle a misé sur des éléments réfléchissants particulièrement efficaces, comme vous pourrez en juger en voyant ma photo de Bee illuminée ci-dessous !

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Quant à la capuche, on est loin du sketch du K-WAY de Dany Boon, dans laquelle la capuche ne suit pas le mouvement de la tête : non seulement elle est ajustable, mais elle tient parfaitement en place, ce qui n’est pas le cas de certaines vestes de ce type.

Mes impressions de Bee

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Ce n’est pas parce qu’on est adepte d’une marque qu’on ne doit pas en dévoiler les petits défauts.

Mais franchement, je n’ai pas grand chose à dire : pour ma part, cette veste remplit parfaitement ses promesses.

Je l’ai revêtue lors d’entraînements pluvieux, lors d’une course venteuse, pluvieuse et avec des températures vraiment fraîches, et lors d’une randonnée.

Côté imperméabilité, il n’y a rien à dire : la veste garantit vraiment un maintien au sec.

J’apprécie aussi son confort lié certainement à l’absence de coutures et à la liberté de mouvements.

Je me suis souvent sentie oppressée avec certains modèles : j’avais rapidement très chaud et une sensation d’étouffement dans le vêtement. Cette veste ne m’a pas donné cette impression, mais je ne suis pas une adepte des sous-couches empilées, ni une grande frileuse. Je la porte uniquement avec un vêtement thermique en-dessous, ce qui est largement suffisant.

Le seul petit bémol que je pourrais trouver, qui tient essentiellement à ma morphologie de Bee, est que les manches sont légèrement trop courtes pour moi, mais j’ai de très grands bras et ce type de problème est récurrent avec bien des marques.

Plusieurs amis ont adopté ce petit bijou et j’en ai fait de même, surtout que j’ai gardé le meilleur pour la fin : son prix !

Au vu de ses promesses, on ne peut que se réjouir de son prix mini pour être bien à l’abri des intempéries : 189 euros !

Cela reste certes un budget, mais il est encore temps de se faire gâter avec la nouvelle année qui approche. Pensez aux étrennes !

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Partageons le plaisir de notre passion…

Une Bee au Half Marathon des Sables. Chapter 2 : une première étape déroutante

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Mon premier chapitre s’est clos avec mon installation sur le bivouac et le fameux barbecue d’accueil qui constitue le dernier « véritable » repas avant l’autosuffisance.

Si l’ambiance est en apparence détendue, le stress commence à monter et la fatigue se fait sentir : c’est l’occasion de discuter avec quelques coureurs de leurs expériences respectives et de voir comment ils abordent ce périple.

J’ai notamment pu recroiser Gloria avec laquelle j’avais longuement discuté et sympathisé dans l’avion : elle a à son actif un palmarès incroyable, puisqu’elle a déjà participé à cinq Marathons des Sables !

Comme vous pouvez vous en douter, nous n’avons pas traîné nos guêtres – c’est le cas de le dire ! – très longtemps : la plupart des coureurs ont regagné leur tente assez tôt afin de bénéficier des bienfaits d’une nuit réparatrice…

Mais c’était sans compter sur le climat particulier de l’île…

Une première nuit agitée

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Fuerteventura est une île des Canaries balayée par le vent : j’avais eu l’occasion d’y séjourner une quinzaine de jours il y a quelques années et j’avais le souvenir de magnifiques spots dédiés au kite-surf.

Plusieurs championnats s’y déroulent : j’avais assisté à des démonstrations et me souviens d’un pratiquant qui s’était blessé en retombant fortement sur les flots.

Je me suis tapie sous ma tente, espérant y trouver un peu de sérénité après une première journée intense…

Mais j’ai bien vite compris qu’il allait être difficile de sombrer dans les bras de Morphée

Ma toile de tente, fouettée par le ballet incessant du vent, n’a cessé de claquer toute la nuit, ma balise a clignoté : je n’avais pas de matelas sous mon duvet, mais n’ai pas ressenti d’inconfort contrairement à d’autres coureurs.

J’ai eu plus jeune un accident de voiture qui m’a contrainte à dormir longtemps sur du dur et ne suis pas incommodée par ce type de contrainte.

Mais le pire restait à venir : deux grosses averses, contre toute attente, sont venues mouiller nos toiles, les rendant humides et créant un genre de condensation.

Des gouttes se sont formées à l’intérieur des tentes, mouillant les duvets.

Inutile de vous dire qu’entre le vent et l’humidité, la Bee a peu dormi…

Mon estimation de temps de sommeil ? Une heure, dixit ma montre TomTom !

Ce n’est pourtant pas le genre de périple sur lequel il faut partir épuisée !

Nous avons été réveillés à 7 heures – du moins j’aurais aimé que ce soit un vrai réveil ! – par une musique et après quelques préparatifs sommaires, nous avons émergé de nos tentes : je ne sais si c’est réconfortant, mais une bonne partie du bivouac avait passé la même nuit que moi.

Après avoir avalé un petit-déjeuner gastronomique – un muesli lyophilisé au chocolat – et healthy, nous avons rejoint le point de départ des cars où on nous a remis le roadbook de notre première étape.

Une première étape exigeante

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Nous sommes un peu restés perplexes en découvrant le profil de cette première étape : nous nous attendions à une immersion en douceur, mais il n’en a rien été.

Ok, je sais ce que vous allez vous dire : « Oh, le dénivelé n’est pas aussi important que sur certaines courses de montagnes, comme l’UT4M ».

Certes, mais il ne faut pas oublier plusieurs paramètres : la chaleur – il faisait 42 degrés, le poids du sac, le terrain technique et bien d’autres surprises.

Notre périple a commencé par une ascension assez longue en plein cagnard, avant de redescendre sur la somptueuse et immense plage de Cofete : lors du brief, on nous avait prévenus qu’il fallait essayer d’atteindre le seizième kilomètre avant un certain timing, car la marée recouvrait ensuite la plage.

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J’ai bien un petit détail croustillant à vous raconter, mais je n’ai pas de photos à l’appui, désolée : arrivée sur la plage, j’ai cru pendant quelques instants que je souffrais de déshydratation et que cela générait des hallucinations !

J’ai aperçu au loin des silhouettes aux contours flous…

J’ai cru rêver, mais non ! Il s’agissait bel et bien de nudistes !

Ce petit détail nous a bien fait rire avec mes adversaires mexicaine et espagnole : nous avons en effet eu bien du mal à avancer tant nos jambes étaient rendues lourdes par le sable, nous devançant chacune à tour de rôle.

Au bout de cette interminable mais somptueuse plage a commencé une nouvelle ascension, dans un genre de petit canyon.

Mais le plus difficile restait à venir : l’ascension d’une immense dune au sommet de laquelle se trouvait le CP 2.

Pendant quelques instants, je me suis dit qu’il s’agissait d’une transposition du mythe de Sisyphe, sauf que dans notre cas, il n’y avait pas de rocher, juste du sable !

Un véritable cauchemar !

À peine montions-nous d’un pas que nous redescendions de deux…

Pour corser le tout, la dune était en plein soleil, bien sûr.

Mais la Bee est rusée, et plutôt que d’aborder la dune de front, j’ai fait une ascension en diagonale : j’ai malgré tout perdu énormément d’énergie et les deux litres d’eau, en arrivant au sommet, n’ont pas été de trop !

Les derniers kilomètres m’ont semblé interminables jusqu’au bivouac, mais je m’en suis plutôt bien sortie, sans déshydratation ni coup de chaud…

Le bilan de cette première étape

J’ai terminé l’étape 1 à la quatrième place – chez les féminines – et ai pourtant eu l’impression de ne pas avancer…

Je crois que cette arrivée a été pour moi la plus intense : en franchissant le portique, les larmes sont montées.

J’ai pris conscience, je pense, de ce que j’étais en train de vivre, du chemin que j’avais parcouru depuis quelques années, depuis ma maladie qui m’avait privée de toute activité physique.

Vivre une telle expérience permet de relativiser bien des choses…

Ne vous y trompez pas, Half Marathon des Sables ne signifie pas « difficultés revues à la baisse » : seule la distance est raccourcie, mais plusieurs coureurs, qui avaient disputé le MDS, ont trouvé que le parcours était tout aussi exigeant.

Le taux d’abandons sur cette première journée a d’ailleurs été assez important : de telles courses nécessitent un minimum de préparation, sans compter les conditions climatiques et les autres paramètres.

Je consacrerai un chapitre entier à nos occupations sur le bivouac lors de notre temps libre, afin de ne pas me répéter.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le prochain chapitre…

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