
Courir un marathon, en France ou à l’étranger, n’est jamais anodin.
Mais courir son deuxième marathon à l’étranger, dans une ville vibrante comme Manchester, au milieu de 42 000 coureurs… c’est une expérience encore différente.
Mi-avril, j’ai pris le départ du marathon de Manchester en Angleterre avec cette excitation particulière que seuls les grands week-ends running procurent. Celui où l’on mélange voyage, découverte, stress d’avant course et cette petite dose d’inconnu qui rend l’aventure encore plus intense.
Et ce marathon a tenu toutes ses promesses.
Entre l’ambiance incroyable tout au long du parcours, l’énergie du public anglais, les rues de Manchester noires de monde et cette arrivée franchie en 3 h 31, ce week-end restera longtemps gravé dans ma mémoire.
J’ai pris un peu de temps pour redescendre de mon petit nuage anglais, mais je vous livre à présent le récit de mon marathon de Manchester.
Pourquoi choisir le marathon de Manchester ?

L’an dernier, j’ai couru mon premier « vrai » marathon à Paris : c’était avant tout un choix pratique, l’organisation paraissait plus simple. Même si le moment avait été dingue émotionnellement, je ne souhaitais pas réitérer cette expérience : j’aime en effet explorer, découvrir en baskets de nouveaux endroits.
Quand on commence à regarder les marathons européens, Manchester revient souvent parmi les courses les plus appréciées au Royaume-Uni. Et après l’avoir vécu, je comprends totalement pourquoi.
Le marathon de Manchester séduit par plusieurs aspects :
- un parcours réputé roulant,
- une ambiance exceptionnelle,
- une organisation impressionnante,
- et une ville parfaite pour un city-trip running.
J’avais aussi envie de vivre un marathon à l’anglaise.
On connaît la passion des Britanniques pour le sport, le football notamment (j’ai en plus travaillé quelques années dans cet univers) et les grands événements populaires. Mais découvrir cette ferveur sur 42 kilomètres est encore autre chose.
Dès notre arrivée, l’atmosphère du week-end se ressentait partout dans la ville.

Découvrir Manchester autrement

Ce que j’aime avec les courses à l’étranger, c’est cette sensation de découvrir une ville (ou un pays) d’une manière totalement différente.
Comme vous le savez, mes divers ultras au Mexique, en Inde, ou encore mes off en Albanie, Crète et autres, témoignent de mes passions.
Quand on s’intéresse à l’histoire de la ville, on se rend compte que Manchester possède une identité forte : industrielle, sportive, vivante, populaire, la ville dégage une vraie personnalité. On sent dès l’arrivée son ancrage, sa culture footballistique omniprésente et cette ambiance typiquement anglaise entre pubs, briques rouges et quartiers animés.
Que dire de son emblème ? J’ai découvert le symbole de la Bee sur chaque mur, des enseignes, des arrêts de bus, des sculptures, des affiches, etc.

Ma rencontre avec cette ville était donc inévitable.
J’avais choisi de loger chez l’habitant à côté d’Old Trafford, le mythique stade de Manchester United. Pour les amateurs de sport, difficile de ne pas ressentir quelque chose en passant devant ce lieu chargé d’histoire. Outre les grands championnats qui s’y déroulent et font vibrer la ville, Old Trafford est également un lieu de mémoire pour le crash de Munich : on peut en effet y trouver une plaque avec les noms des joueurs ayant perdu la vie dans cet accident et une horloge arrêtée à l’heure de la tragédie.
Mais revenons à nos baskets : les jours précédant la course, les rues étaient déjà remplies de coureurs venus du monde entier. On croisait des vestes finishers d’anciens majors, des groupes de running, des familles venues encourager… Toute la ville semblait vivre au rythme du marathon.
Et c’est aussi ça que j’aime dans ces week-ends : cette impression d’appartenir, le temps de quelques jours, à une immense communauté.
Une véritable expérience clients avec le Adidas store

Le vrai point de ralliement des runners était l’Adidas Store dans l’une des rues principales de Manchester : l’accueil dans le magasin était juste incroyable. Après avoir récupéré mon dossard, je me suis dirigée vers l’un des corners proposant des massages gratuits dans un caisson. Une belle façon de se décontracter pendant une bonne vingtaine de minutes.
Dans un coin de l’enseigne nous attendait un barista avec une carte étoffée : lattes divers, matchas, cappuccinos, l’occasion de rencontrer de futurs marathoniens des quatre coins du globe et d’échanger autour de nos courses.

Mais j’avoue avoir craqué sur le tee-shirt officiel de la course à cause de la petite abeille. Le plus ? il était possible de le personnaliser gratuitement.

Enfin, nous avons participé à un atelier laser pour créer des pancartes d’encouragements personnalisés.
J’avoue que j’ai fortement apprécié cette expérience, différente des villages de courses que l’on peut trouver en France.
La veille du marathon de Manchester, entre excitation et appréhension
Comme avant chaque course, j’oscille toujours la veille entre impatience et nervosité.
Le retrait du dossard permet de vraiment réaliser l’aventure à venir : cette fois, on y est !
Le magasin Adidas déborde d’énergie. Des milliers de coureurs affluent, chacun avec son objectif, son histoire, ses doutes ou ses ambitions.
De mon côté, je me sens plutôt sereine.
L’objectif n’est pas de battre un record, je n’ai pas eu une prépa suffisante pour cela. C’est une étape pour ma part, pour me relancer sur des ultras. Mais je compte surtout profiter pleinement de l’expérience et courir un marathon solide du début à la fin.
J’ai profité des deux jours avant la course pour visiter la ville, partager de bons moments en famille et découvrir de bonnes tables anglaises. Mes jambes sont déjà fatiguées à force d’avoir arpenté les rues de la ville, mais je suis dans un bon état d’esprit. Cette parenthèse me fait du bien.
La météo annonce des conditions idéales : 8 degrés. Fraîches, mais agréables. On devrait avoir de belles éclaircies. Exactement ce qu’on espère avant 42,195 kilomètres.
Mon race pack pour le marathon de Manchester

Je le valide complètement, avec du recul :
- Une tenue Adidas avec un top court, parfait pour la liberté de mouvements (merci Rrunning Conflans) et un short moulant, avec quelques poches, de la même marque.
- Des HOKA Mach X 3 pour les chaussures, celles avec lesquelles je m’étais préparée. Avec un peu de recul, j’en aurais choisi de plus légère. Mais côté amorti, c’était le top.
- Un gilet Apirun pour transporter mon ravitaillement (produits Apirun à base de miel et boisson de l’effort Apirun.
- Des chaussettes de la marque Stox, simplement parfaites avec une compression juste
- Une brassière léopard Anita, un must have pour le confort et le maintien de ma poitrine
- Des flasque Oxsitis, fines et solides
- Des lunettes de la marque espagnole Bloom, très légères.
Le départ du marathon de Manchester : l’énergie de 42 000 coureurs

Le matin de la course, l’ambiance est déjà incroyable plusieurs heures avant le départ. Le ciel est bleu et je rejoins plutôt sereinement l’entrée du stade. Nous échangeons des photos souvenirs avec des coureurs irlandais, avant de nous diriger vers une place.
Je découvre avec surprise un immense village avec uniquement des toilettes sèches. On est loin ici des queues interminables du marathon de Paris devant seulement une dizaine de WC ! Pas de stress, on n’a vraiment pas l’impression d’être 42 000 à prendre le départ !
Un speaker appelle une couleur de dossard pour filtrer les coureurs. Une organisation hyper bien rodée : pas de bousculades, pas de queues, tout est fluide. Une fois passé ce deuxième filtre, une route nous mène vers le départ, à environ 500 mètres.
Ce moment où l’on rejoint son sas reste toujours particulier.
Les derniers réglages. Les regards concentrés. Les respirations profondes. Les montres GPS qui s’activent. Et cette foule immense prête à s’élancer.
Nous sommes juste 42 000 au départ.
42 000 histoires différentes.
42 000 raisons d’être là.
Puis le départ est donné.
Très vite, une chose m’a frappée : le public. Il est déjà massé sous la grande arche, mais comme nous partons en petit nombre, nous pouvons voir nos proches nous encourager. Les divers goulets du parcours permettront de retrouver nos plus fidèles supporters plusieurs fois pendant l’épreuve.
L’ambiance du marathon de Manchester est tout simplement exceptionnelle. Pendant quasiment tout le parcours, les spectateurs sont présents : des familles avec des cuvettes remplies de bonbons à la main, de boissons, de jelly, des groupes de musique, des supporters, des enfants tendant la main pour des high-fives, impossible de se sentir seule !

Cette énergie porte littéralement les jambes.
Une course bien gérée et des sensations solides

Les premiers kilomètres sont passés très vite.
Je me sentais bien, portée par l’ambiance et par des sensations plutôt fluides. J’ai même réussi assez longtemps à oublier ma fichue contracture dont je n’ai réussi à me débarrasser avant mon départ, malgré les bons soins de mon kiné.
Le parcours du marathon de Manchester est relativement roulant, ce qui permet de trouver un rythme assez rapidement. Mais comme toujours sur marathon, il faut savoir rester patiente et prudente.
Ne pas partir trop vite.
Ne pas se laisser emporter par l’euphorie.
J’ai essayé de courir de manière régulière, en restant attentive aux sensations et à l’énergie dépensée. Une véritable prouesse pour une Bee sur piles ! Jusqu’au semi-marathon, tout semblait parfaitement maîtrisé. Puis ma contracture m’a vivement rappelée à l’ordre : une sensation de mollet tétanisé.
Se sentir portée par la foule du marathon de Manchester
Sont alors arrivés les kilomètres les plus difficiles : un marathon reste un marathon.
À partir du 30e kilomètre, le corps commence forcément à négocier, même si je n’ai pas ressenti le fameux mur. Les jambes deviennent plus lourdes, l’effort plus mental. Mais paradoxalement, c’est aussi là que l’expérience devient forte émotionnellement.
Chaque kilomètre prend une autre valeur.
Malmenée par ma douleur persistante, je dois bien avouer que le public du marathon de Manchester a joué un rôle énorme : les encouragements étaient constants, sincères, bruyants, communicatifs. L’idée d’arrêter l’aventure m’est venue à l’esprit à un moment, mais a disparu en voyant cette ferveur.
Je crois que je n’avais jamais vécu une ambiance aussi présente sur une course.
L’arrivée en 3 h 31, un mélange unique d’émotions
J’ai bien cru à quelques kilomètres de l’arrivée que j’allais lâcher l’affaire avec ma jambe de plus en plus raide.
Et puis il y a eu ce moment.
Celui où l’on comprend que la ligne d’arrivée approche vraimentLes derniers mètres.
Le bruit.
L’émotion qui monte.
La fatigue et la douleur qui disparaissent presque soudainement.
On se met alors à penser à tout ce qui nous a menés sur cette route, dans cette aventure…

Après 3 h 31 d’effort, j’ai franchi la ligne du marathon de Manchester avec ce sentiment si difficile à décrire : un mélange de soulagement, de fierté, d’euphorie et d’épuisement.
Un marathon vous vide certes complètement, mais vous remplit aussi énormément.
Ce chrono de 3h31 représente pour moi bien plus qu’un simple temps : il symbolise ces toutes dernières semaines de ce début d’année me ramenant à l’attentat que j’ai vécu, un entraînement chaotique avec une énergie avoisinant parfois le zéro, des matins difficiles, des doutes… Mais surtout cette envie d’aller de l’avant, de vivre pleinement, et de découvrir jusqu’où le physique et le mental peuvent aller.
Ce que je retiens du marathon de Manchester

Si je devais résumer cette expérience en quelques mots :
- une ambiance incroyable,
- un marathon parfaitement organisé,
- un public exceptionnel,
- et une ville idéale pour un week-end running.
Le marathon de Manchester est clairement une course que je recommande. Que l’objectif soit de performer ou simplement de vivre une grande expérience marathon, l’événement offre un cadre vraiment unique.
C’est aussi le genre de course qui rappelle pourquoi on aime tant courir.
Pas seulement pour les chronos.
Mais pour tout ce que ces aventures permettent de vivre.
Les plus et les moins du marathon de Manchester
Comme à mon habitude, je tenais à lister les points forts et les moins de cette course, pour que vous n’ayez pas trop de surprises si vous décidez de vous lancer sur ce marathon. Attention néanmoins, ce n’est que mon humble avis.
Les plus
Le parcours est particulièrement roulant.
Le trajet ne m’a coûté que 54 euros en avion aller-retour (bon ok, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux d’un point de vue environnemental), et ce n’est qu’à 1 h 20 de paris.
L’expérience clients Adidas est tout simplement incroyable ! Nous avons de la graine à prendre en France, avec le système en mode IKEA de nos villages très commerciaux de courses. On ne sent sent pas happés par le business du running : on passe un bon moment, ce qui incite à rester, partager et à consommer.
Les structures, notamment les toilettes qui sont largement présentes au départ et à l’arrivée, mais aussi sur chacun des 7 ravitaillements proposés. Un luxe et une charge mentale en moins pour les Bee femmes.
Les foodtrucks variés à l’arrivée avec des prix très accessibles
Les mails pour préparer au mieux l’événement trois mois avant, juste appréciables quand on ne connaît pas la ville : tout est absolument décortiqué, même pour les accompagnants.
Les moins
La sortie, après l’arrivée, est particulièrement longue : un vrai labyrinthe qui peut se transformer en parcours du combattant pour les participants épuisés ou mal en point.
Il faut savoir, avant de partir, qu’il n’y a pas comme chez nous de ravitos solides : seuls sont donnés des bouteilles d’eau et des gels. Cela peut donc impliquer d’apporter sa propre nutrition.
Il ne faut être ni fatiguée, ni pressée de rentrer après la course : les tramways sont paralysés et tout le centre de la ville est fermé. Un gros match de foot avait lieu le même week-end : nous avons donc eu des frayeurs et avons bien cru que nous ne trouverions personne pour nous amener à l’aéroport… et que les routes ne seraient pas débloquées à temps.
Mes conseils de Bee si vous voulez courir le marathon de Manchester

Si vous envisagez de courir le marathon de Manchester :
- Prévoyez quelques jours sur place pour profiter de la ville très surprenante
- Réservez votre logement assez tôt : nous avons trouvé une superbe chambre à côté du départ, chez l’habitant, pour 60 euros la nuit
- Préparez-vous à une ambiance très dense sur le parcours
- Et surtout, profitez !
Croyez-moi, ce marathon mérite d’être pleinement vécu.
Ma conclusion de Bee : bien plus qu’un marathon !

Manchester a réussi quelque chose d’assez rare : me faire aimer autant la ville que la course elle-même. Dieu sait pourtant à quel point je ne suis pourtant pas une fan de bitume à l’origine ! Mais on passe dans des quartiers incroyables !
Ce deuxième marathon restera associé à une énergie collective exceptionnelle, à des kilomètres d’encouragements non-stop, et à cette immense satisfaction de franchir une nouvelle fois une ligne d’arrivée après 42,195 kilomètres.
Et maintenant, forcément, une autre question commence déjà à apparaître dans un coin de ma tête : y aura-t-il un troisième marathon ? Et si oui, où ?
Et vous, avez-vous déjà couru un marathon à l’étranger ? Ou y a-t-il une course que vous rêvez absolument de faire un jour ? Dites-moi tout en commentaire.
