Compte rendu du test de la brassière Thuasne Top Strap®XBack

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Comme vous le savez, j’accorde une attention toute particulière aux brassières que je porte : certes, je n’ai pas une poitrine plantureuse, mais je tiens à préserver son maintien et son élasticité.

J’ai déjà écrit plusieurs articles à ce sujet que vous pourrez relire en cliquant sur ce lien ou encore cet autre lien.

Avec le mois d’octobre dédié à la recherche contre le cancer du sein et à la prévention, j’ai trouvé judicieux de publier mon test concernant la brassière Thuasne Top Strap®XBack, une façon pour moi de rappeler combien il est important dans nos pratiques sportives de chouchouter cette partie si féminine de notre corps.

Lors du salon du running à Paris, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour participer au test d’une toute nouvelle brassière de la marque Thuasne.

Ses promesses ? Assurer un maintien optimal et du confort lors de pratiques sportives extrêmes.

Cela tombait bien, car je m’embarquais quelques jours plus tard pour l’Ultra Run Raramuri au Mexique : comment mieux tester une brassière que sur un ultra de 200 kilomètres, dans des conditions un peu extrêmes ?

Retour sur un test qui a commencé au mois d’avril 2018…

 

Une marque dédiée à la contention médicale

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Nombre d’entre nous ont déjà entendu parler de la marque Thuasne en pénétrant dans une pharmacie : orthèse, compression, maintien, elle est spécialisée dans plusieurs domaines.

Mais elle s’est aussi spécialisée dans les sous-vêtements de maintien avec l’aide de scientifiques, afin d’apporter son savoir-faire et son expertise aux sportifs.

Bénéficiant des dernières innovations textiles, ces sous-vêtements sont conçus pour prendre soin de nos poitrines malmenées par des amplitudes de mouvement : nos seins sont en effet des organes fragiles et lorsque nous courons, ces mouvements peuvent devenir douloureux, gêner nos performances et à la longue, entraîner une distension.

Hors de question de se retrouver avec des gants de toilette douloureux, alors que nous avons la possibilité de préserver les organes symbolisant notre féminité !

 

Un maintien optimal

 

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La marque a développé sept modèles de brassières :

  • deux avec un maintien normal pour les activités sportives de faible intensité comme le yoga
  • trois avec un maintien supérieur pour les activités plutôt orientées fitness, crossfit, etc.
  • deux avec un maintien extrême pour éviter les rebonds des seins lors de pratiques avec de forts impacts.

Étant amenée à courir de nombreuses heures sur des terrains techniques et dans des conditions extrêmes, j’ai immédiatement été orientée vers un modèle de brassière avec un maintien extrême, la brassière Thuasne Top Strap® XBack.

Son coloris ? Pour une Bee girly, il ne pouvait être que rose.

La brassière comporte une bande de contention renforcée située sur la partie supérieure de la poitrine, qui se prolonge latéralement et contrôle aussi les mouvements vers l’extérieur, empêchant ainsi les « rebonds » que peuvent faire nos seins lors de nos activités.

La poitrine n’est toutefois pas écrasée par cette bande : elle vient juste permettre aux seins un meilleur placement, renforçant l’action des deux demi-bonnets en tissu de contention.

Les bretelles sont réglables devant grâce à des agrafes de type papillon, ce qui est un plus pour ajuster parfaitement la brassière.

L’accent a été également mis sur le dos nageur – ou en X si vous préférez – qui a l’avantage d’épouser nos morphologies grâce à ses bretelles  larges et réglables, ce qui confère une totale liberté de mouvement.

Mais j’apprécie également ce type de dos, car d’un point de vue esthétique, les bretelles ne dépassent pas de nos tee-shirts.

 

Mon avis de Bee

 

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Il est temps de dresser un petit bilan, après quelques mois de test à l’entraînement et en compétition. Il est dans l’ensemble très positif !

Les plus

L’atout indéniable de cette brassière est son maintien sans failles : la poitrine est plaquée sans être compressée et elle ne bouge pas, quelle que soit l’intensité de l’activité.

Comme le dirait Balavoine, elle peut autant convenir à une Bee avec « ses petits lolos » qu’à une « poupée gonflée à l’hydrogène ».

On a l’impression d’avoir une seconde peau, que la brassière fait corps, tout en préservant les tissus délicats de notre poitrine.

Rien en bouge à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur !

J’apprécie particulièrement le dos nageur et les bretelles larges : il m’est en effet déjà arrivé d’avoir des marques sur les épaules à la suite d’un ultra avec des bretelles classiques. Or avec cette brassière, je n’ai ressenti aucun jeu, ni aucun frottement à ce niveau là lors de mes entraînements et de la plupart de mes courses.

Est-il besoin de rappeler que la Bee aime les coloris flashy ?

Alors comme vous pouvez vous en douter, je n’ai pu qu’être sous le charme de ce rose électrique.

Mais j’ai surtout aimé la facilité avec laquelle on enfile cette brassière : elle est très souple et se fixe en un rien de temps.

Les moins

Comme vous le savez, je pars souvent sur des ultra trails en autosuffisance.

J’ai été gênée par les agrafes papillons lorsque je portais mon ultra bag de 20 litres : en effet, le frottement des bretelles du sac sur la partie plastique des agrafes a généré une gêne, puis des brûlures, ce qui était pour la suite de la course très inconfortable.

Je n’ai pas eu ce type de soucis sur des courses avec des sacs plus légers ou lors d’entraînements : est-ce le poids du sac ou sa forme qui a généré ce problème ?

J’ai remarqué que le tissu sur la poitrine mettait un peu de temps à sécher une fois qu’on avait transpiré, alors que le mesh du dos permettait une évacuation optimale.

Il m’est arrivé un petit souci de décoloration lors de mon dernier ultra, dans le désert de Fuerteventura : est-ce lié à la transpiration ou à l’humidité ?

Bilan

Après plusieurs mois d’utilisation, je suis plutôt satisfaite de ma brassière qui englobe parfaitement la poitrine et maintient nos seins sans les écraser.

Je ressens vraiment un effet seconde peau qui me permet presque d’oublier que je porte des sous-vêtements.

J’ai pallié le problème des agrafes par des bandes spéciales contre les frottements que je colle sous les bretelles lorsque je pars avec un sac à dos assez lourd.

 

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L’aventure Half Marathon des Sables 2018 – Part IV : le blues de l’ultra traileuse ou la fin d’une aventure

42913035_475559989618802_3972541455389425664_nLe dernier réveil, sur un bivouac, est très particulier…

Tu sais que l’aventure va prendre fin et la situation est vraiment paradoxale : tu oscilles entre l’envie d’en finir, d’aller prendre une bonne douche pour te décrasser – l’appel des sirènes de la salle de bain ! – et la jouissance de l’instant.

Tu humes chaque grain de sable, chaque rafale comme si c’était la dernière…

Nostalgique, j’ai mis mon réveil un peu plus tôt pour vivre pleinement cette matinée là : mon sac est prêt, mais je veux savourer chaque instant…

Il fait encore nuit et je branche ma frontale pour aller goûter un peu plus loin le silence, une notion tellement rare dans notre monde actuel !

Je croise une ou deux personnes  qui cheminent lentement à travers cet immense champ de sable, cyclopes lumineux à la silhouette vacillante.

Comme j’aime cette sensation de liberté ! Cette impression de n’être plus qu’un grain de sable balayé comme les autres par une langue d’air chaud !

Je ferme les yeux pour méditer et écarte les bras, comme pour me sentir happée par ces souffles…

Mais au bout de quelques minutes, le bruit de fermetures Éclair me tire de ma rêverie éveillée : le bivouac s’éveille pour vivre l’ultime étape de l’aventure…

Un bivouac de bric et de broc

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Existe-t-il dans le désert un service pour enlever les encombrants ?

En voyant les poubelles remplies à ras bord, c’est en tout cas ce qu’on pourrait penser !

Une véritable frénésie semble s’être emparée du bivouac : pour se délester sur les derniers kilomètres de l’étape, les traileurs jettent sans compter – ni regrets – leur fidèle tapis de sol qui les a pourtant tant soulagés, des sachets de plats lyophilisés non entamés, des piles à peine utilisées – mon instinct écolo fulmine devant une telle vision !- et bien d’autres objets d’un poids dérisoire, ne gardant pas en tête la liste du matériel obligatoire…

Une véritable caverne d’Ali Baba du traileur qui déborde !

Abasourdie par un tel gaspillage, je ne cède néanmoins pas à la révolte qui gronde et pourrait se transformer en mauvaise énergie.

Je regagne ma tente pour me transformer en fée du logis, puis me faufile entre les tentes pour rejoindre les copains et immortaliser les derniers instants sur notre terrain d’habitation éphémère.

L’heure du départ a sonné : un dernier coup d’oeil au petit « chez moi » qui aura été le témoin de ma fatigue, de mes insomnies, de mes dînettes improvisées, de mes joies, de mes rencontres et de mon bazar organisé.

Je soupçonne même Cham, calé solidement sur mon épaule, d’avoir un soupçon de nostalgie en imaginant le retour à la civilisation : il faut dire que ce n’est pas le plus à plaindre dans l’histoire, il a au moins eu la chance de pouvoir prendre une douche gratuite à chaque CP !

Nous entamons une marche de plus de deux kilomètres qui doit nous mener aux cars qui nous permettront de rallier le départ de la dernière étape.

L’ambiance est décontractée, les conversations vont bon train et le moral des troupes est au beau fixe : à ce stade là de l’aventure, le terme d’abandon a disparu de notre vocabulaire d’ultra traileurs.

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Un dernier selfie entre copains avant de monter dans le car nous permet de nous rendre compte de nos mines réjouies malgré nos regards empreints de fatigue…

Fuerteventura, terre volcanique

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Il ne faut jamais sous-estimer les difficultés d’une dernière étape : même si elle marque la fin d’une aventure, elle n’est jamais gagnée d’avance !

Maints coureurs en auront fait les frais : chevilles tordues, pieds écorchés, ampoules infectées, le champ de pierres volcaniques de Malpais ne s’aborde pas à la légère !

Sans compter la chaleur qui s’est invitée au rendez-vous ! D’après les dires des habitants, on a connu la semaine la plus chaude depuis bien longtemps !

Chaque pas demande une vigilance particulière, afin de ne pas trébucher ou d’avoir une cheville qui part en vrille.

Je décide d’alterner marche et course à allure modérée, une sorte de fractionné à la sensation et ça me réussit plutôt bien sur cette première partie : pas de bobos particuliers à déclarer et la douleur générée par mes ampoules de la veille est supportable.

Je redécouvre le même parcours que l’année précédente, reconnaissant certains détails que j’avais figés dans ma mémoire : une colline avec des chèvres, une petite ville colorée, un oued interminable exposé en plein cagnard où il faut surfer sur les ombres des rares végétaux pour espérer trouver le moindre souffle d’air, et ces collines derrière lesquelles je sais que se trouve l’arrivée.

5 petits kilomètres d’ascension, ce n’est rien quand on vient d’en parcourir plus de 110 !

Mais après plusieurs jours en autonomie, avec la fatigue des kilomètres cumulés, il faut gérer intelligemment l’effort…

Je m’élance sur le sentier qui serpente sur les collines en freinant mon rythme : le D+ n’est pas exceptionnel sur cette portion, mais je sais que les cuisses vont tout de même brûler dans la dernière montée.

Une Bee euphorique a du mal à se contrôler : très vite, mon esprit prend le contrôle de mes jambes, sans que je ne m’en aperçoive.

Les kilomètres défilent rapidement et j’arrive à un somptueux col : je m’arrête pour enregistrer à tout jamais cette belle image d’une mer turquoise qui contraste avec la noirceur des rochers.

J’aperçois enfin la croix qui marque le sommet de la première colline, je m’emballe, mes jambes tournent comme jamais, à tel point que je rattrape deux traileurs dans la dernière montée…

Un ascenseur émotionnel

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Quand tu parviens au dernier sommet et que tu aperçois la blancheur des bâtiments hôteliers, une sorte d’extase s’empare de toi…

Je frissonne et éprouve une certaine fierté à l’idée de terminer ce nouveau challenge : l’an dernier, je faisais mon premier ultra en étapes et en autonomie.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis : j’acquiers peu à peu de l’expérience, mes entraînements sont plus qualitatifs et je me sens surtout plus assurée.

L’expérience du Mexique, avec l’Ultra Run Raramuri restera certainement la plus marquante, singulière, unique – je vous invite d’ailleurs à relire mon récit, sachant qu’il n’y aura pas de nouvelle édition, en cliquant sur ce lien.

J’y ai bravé de vieux démons comme mon vertige, mon manque d’assurance et j’ai surtout trouvé ma place en tant qu’ultra traileuse : je suis une Bee solitaire, qui n’aime pas les défis trop conventionnels – 9 internationaux inscrits sur cette course, les chiffres parlent d’eux-mêmes – mais l’Aventure, celle avec un grand A, et le plaisir…

Bien des images se bousculent dans ma tête lors de la descente assez périlleuse et glissante qui mène jusqu’à la plage de Las Playitas.

La musique tonitruante des haut-parleurs installés sur la plage vient interrompre ce diaporama interne de mon parcours.

Une petite voix semble me souffler : « Profite, Bee, de ces derniers instants ! Ils sont uniques et n’appartiennent qu’à toi. Ils sont ton histoire, savoure-les ! »

J’arrive enfin en bas de la colline et suis encouragée par des Espagnols qui ont installé leur fan zone sur un monticule de sable. Ils m’indiquent le sens du parcours et j’entame alors un sprint final sur le sable noir et meuble de Las Playitas.

Je souris en pensant à Émilie avec laquelle nous avons évoqué l’idée d’emporter avec nous, dans nos valises, un échantillon de cette terre volcanique si caractéristique. L’acte étant interdit, nous avions ébauché des plans pour essayer de passer incognito à l’aéroport les précieux grains tant désirés. Ô jouissance de la transgression !

Cette longue ligne droite sur la plage me paraît interminable ; j’entends alors quelques Français qui m’encouragent et mets un dernier coup de collier.

Mais qui a donc eu l’idée saugrenue de vouloir faire une boucle sur cette plage avant de franchir la ligne ?

Un journaliste me tend une Gopro pour que j’immortalise mon arrivée. Je m’empare de la perche, mais suis tellement ancrée dans le moment que je ne prête pas vraiment attention à ce que je filme.

10 mètres… 5 mètres… L’émotion m’étreint…

Je suis finisher de la deuxième édition du Half Marathon des Sables de Fuerteventura en 18 heures et quelques minutes, soit plus de deux heures de moins que l’année dernière, 6ème femme, 39ème au classement général et 1ère par équipes.

Ma joie est immense, mais je ne réalise pas la perf que je viens d’accomplir : je me sens simplement bien, euphorique et détendue. On analysera tout cela plus tard !

Je rejoins les copains français sur le bord du parcours pour encourager les copines qui arrivent.

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Une nouvelle aventure est sur le point de se terminer : elle aura une fois de plus été riche en sensations, en émotions, en rencontres humaines, en partages, en moments de plaisir…

Vivement la prochaine !

Je consacrerai bientôt de nouveaux articles à la nutrition adoptée sur cette course et au matériel que j’ai testé et dont je suis convaincue.

En attendant, vous pouvez réagir à cet article, donner vos impressions ou émettre un avis via ce blog, sur ma page FB Beerunneuse ou sur mon compte Instagram…

L’aventure Half Marathon des Sables 2018 – Part III : une journée de repos mise à profit !

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Je vous ai quittés après mon étape longue, une bonne douche, la dégustation d’un smoothie réconfortant et les retrouvailles avec mon cher duvet, dans lequel Cham s’est empressé de se glisser…

Je m’attendais à sombrer dans un sommeil paisible et récupérateur, mais non !

Morphée a eu du mal à s’inviter, repoussé par l’euphorie énergisante de la Bee : j’ai sorti mon lecteur mp3 pour écouter un peu de musique relaxante et suis parvenue, une bonne heure plus tard, à lâcher prise pour glisser dans un doux sommeil.

Mais pensez-vous que la Bee a profité de cette journée pour faire une grasse mat’ ?

Point du tout ! À 7 heures pétantes, je commençais déjà à vaquer à mes petites activités sur le bivouac.

Cette journée tant attendue m’a permis de lier davantage connaissance avec les trailers présents sur le bivouac, mais aussi d’avoir un peu de confort et de trouver de nouveaux trucs et astuces que je partagerai au fur et à mesure…

 

Des retrouvailles chargées en émotions

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La première chose qui te vient à l’esprit quand tu te réveilles, c’est de vérifier si tous les copains sont eux aussi bien arrivés.

L’étape longue est à l’origine de maints abandons et j’ai croisé sur mon parcours des coéquipiers qui ont dû abandonner.

Je jette un oeil aux tentes alentour : a priori, mes compagnons d’alvéole sont arrivés à bon port, mais dorment encore.

Je m’extirpe sans trop de mal de ma tente et constate avec étonnement que mes jambes n’ont pas trop de courbatures, ni de bobos : miracle de l’arnica ?

En revanche, mes pieds ont souffert : ampoules et hématomes décorent mes ongles et orteils, de vraies blessures de guerre !

Je vous rassure, je ne prends jamais ce genre de souvenirs en photos : je ne vois pas l’intérêt de publier des photos peu ragoûtantes afin d’apparaître dans un top ten du petit musée des atrocités de la course à pied !

Mais l’heure n’est pas aux soins : je cherche les tentes de mes coéquipiers WAA et constate avec bonheur qu’ils sont là.

J’ai l’impression de passer mes troupes en revue : j’aperçois avec joie Émilie, ma copine d’aventure, puis Emma et d’autres filles de la team Lady WAA.

Pas de carnage au sein de mes connaissances, quasiment tout le monde est là, mais nous recensons les mêmes bobos : grosses ampoules, pieds brûlés, courbatures pour certains.

Je discute un peu plus longuement avec Valérie et Delphine, deux connaissances parisiennes : j’apprends que Delphine a souffert de déshydratation et a dû être perfusée, mais grâce à un mental d’acier, elle a quand même fini l’étape !

Les conversations vont bon train sur le bivouac, au milieu des ronflements de coureurs emportés dans les bras de Morphée.

Un petit-déjeuner collectif s’improvise, lieu d’échanges et de partage. Nous revenons bien sûr sur l’étape de la veille et racontons à tour de rôle les petites anecdotes qui ont émaillé ce périple.

L’ambiance est sereine, détendue…

 

Une fée du logis des sables

 

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Le rôle de la petite ménagère, même au milieu d’un désert, l’emporte très vite sur l’aventurière !

Même si certains points ne sont pas ma priorité sur un ultra, je souffre assez vite de l’absence de propreté : en sentant mes vêtements collants, je rêve de douche, de machine à laver et plus simplement, d’odeurs de propre !

Comme l’an dernier, je suis venue avec ma savonnette prise à l’hôtel : l’ouverture du sachet, avec l’odeur qui s’en dégage, m’évoque immédiatement, dans un autre registre, les fameuses madeleines de Proust !

J’ai l’impression d’avoir emporté un diamant odorant dans mon sac !

Je coupe mon bidon à la moitié, à l’aide de mon couteau, puis râpe la savonnette pour en faire de petits copeaux. Il ne me reste plus qu’à laisser tremper.

J’ai emporté cette année un accessoire peu encombrant et léger, mais qui m’avait manqué : deux pinces à linge pour maintenir les vêtements humides sur le cordage de la tente.

C’est fou ce que l’expérience nous apprend et combien un petit objet devient soudainement indispensable !

Je rentre dans mon petit chez moi pour l’aérer et faire un peu de rangement : l’air est encore un peu frais et je décide de prendre mon carnet pour écrire la suite de mon aventure, afin de n’oublier aucun détail…

 

Un après-midi bien rempli

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Pas question de s’ennuyer sur un bivouac du Half Marathon des Sables !

De petits événements sont prévus pour ponctuer la journée des coureurs, après une grosse sieste, cela va de soi…

Et le nec plus ultra, c’est d’avoir pu bénéficier de fatboys pour faire notre récup, un pur délire : imaginez-vous en plein désert, confortablement installés, après avoir enquillé près de 90 kilomètres ! Un luxe !

Mais le moment certainement le plus attendu est l’arrivée des bouteilles de Coca frais pour chaque coureur ! Un pur moment de bonheur, même pour ceux qui ne sont pas des aficionados du breuvage !

Un cours de yoga pour s’étirer, des danses locales, tout est prévu pour essayer de distraire les coureurs, car il faut le dire, une journée sans rien faire, c’est long, foi de Bee qui ne tient pas en place !

Après mes déconvenues mexicaines, j’ai préféré pour ma part faire un atelier d’un tout autre genre : les premiers soins des pieds, ceux qui te permettent de pouvoir rechausser tes baskets pour l’ultime étape.

La tente médicale était tellement bondée – l’an dernier, je n’avais pas souffert de ces problèmes – que nous avons eu un cours collectif donné par un médecin : j’ai découvert le traitement des ampoules à l’aide d’une seringue et d’une pipette d’éosine !

Impressionnant, mais rudement efficace, car sans cela, je pense que je n’aurais pas aussi bien couru la dernière étape.

Quelques straps et conversations plus loin, il a fallu songer à raviver notre foyer afin de déguster l’ultime plat chaud lyophilisé de ce périple : pour ma part, une brandade de morue délicieuse !

Mais je consacrerai plus tard un article à mon alimentation…

Dois-je préciser notamment que j’ai passé toute cette journée à bien m’hydrater, entre boissons de récup, eau et smoothies ? Même Cham a eu droit à des petites attentions…

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Le vent s’est levé en fin de soirée, et frissonnant de froid et de fatigue, nous avons regagné nos tentes pour ranger notre sac à dos pour l’étape du lendemain, et surtout, dormir !

À bientôt pour le récit de la dernière étape…

 

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Test du laçage Unchain, un concept approprié pour une Bee déchaînée

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Avant de partir faire le Half Marathon des Sables de Fuerteventura, je n’ai guère eu le temps de vous parler de certains de mes partenaires, mais à présent que mes objectifs majeurs sont passés, je vais avoir tout le loisir de le faire.

Comme vous le savez, je ne pratique pas la langue de bois et aime faire partager mes trouvailles et bons plans : une Bee aux bons tuyaux en somme…

Il y a quelques mois de cela, un ami m’avait parlé d’un système qui remplaçait le laçage traditionnel : je lui avais prêté une oreille attentive sans trop avoir, je l’avoue, le déclic.

Pourtant je fais partie de ces traileuses Barbara Gourde auxquelles on assène fréquemment sur les courses des « Attention ! Tes lacets sont défaits ! » ou des « Fais gaffe ! Tu vas marcher sur tes lacets ! »

Il faut bien le reconnaître, ce sont des petits détails qui peuvent polluer toute une course.

Combien de fois, en fonction du modèle de baskets que je portais, me suis-je arrêtée sur un bas-côté à cause d’un lacet défait ? Ou ai-je pesté parce qu’un caillou s’était glissé dans ma chaussure, caressant de sa rugosité ma voûte plantaire ?

Vous avez déjà connu cela ?

Vous essayez vainement de faire glisser le caillou indésirable vers l’avant ou vers l’arrière de la chaussure, recroquevillant vos doigts de pied ou courbant votre voûte plantaire – je n’ose d’ailleurs imaginer la dégaine, surtout pour les coureurs qui suivent – pour au final abdiquer, arrêter, défaire ses lacets pour chasser l’intrus et remettre sa chaussure.

Imaginez le scénario catastrophe quand en plus vous avez des gants ou des doigts gelés !

Oui, je sais, on sent le vécu !

Aussi, forte de ces déconvenues, j’ai décidé de m’intéresser un peu plus à ce nouveau concept de laçage révolutionnaire, qui affiche de belles promesses…

Rencontre au sommet

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Après mon challenge UT4M, je suis allée faire un tour à Chamonix, car j’avais envie de gambader autour du Mont Blanc.

Heureux hasard, c’était l’époque de l’UTMB.

J’en ai donc profité pour passer faire un petit coucou à mes partenaires et sponsors, mais une rencontre fortuite a changé ma vie de traileuse enquiquinée par ses lacets, et m’a justement délassée…

En effet, le concepteur du système UNCHAIN tenait un stand sur le village et je n’ai pas manqué l’occasion de le rencontrer, piquée par ma légendaire curiosité.

Mais laissez-moi vous parler de ce fabuleux concept…

Il s’agit d’une solution de laçage ultime à partir d’un cordon en silicone de 95 centimètres made in France !

Son prix ? 20 euros avec une garantie de 3 ans ou de 3000 kilomètres !

Adios les lacets défaits qui vous faisaient pester, ou pour les plus compétiteurs, qui vous faisaient perdre de précieuses secondes pour la chasse au podium !

Un seul laçage suffit, dont le verrouillage est garanti grâce à une petite plaque appelée Blocknot : une fois le système mis en place, vous pouvez enlever et remettre à l’infini vos chaussures, car le système se tend et se détend pour garder une mémoire.

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Un autre atout du produit est de permettre de ne subir aucune compression du pied pendant l’effort : nous savons combien en ultra trail les pieds peuvent gonfler !

Avec Mimi, nous avons attribué grâce à notre verve fleurie, lors de notre ultra au Mexique, tout un tas de sobriquets à nos orteils meurtris.

Le système Unchain permet un réglage micrométrique personnalisable pour permettre un maintien parfait avec un contrôle des mouvements, un point intéressant notamment quand on aborde des descentes et que le pied vient à glisser dans la chaussure : un simple ajustement du lacet permet de le maintenir et d’empêcher les orteils d’aller toucher le bout, sans aucune compression !

Exit les ongles noirs, voire ceux qui tombent, ruinant nos pieds de sirènes sur les plages l’été !

Cerise sur le gâteau pour les plus fashion victimes d’entre nous : les lacets se déclinent en 17 couleurs plus ou moins pétantes, que l’on peut associer avec des Memory Lace , des Blocknot et des Center Pod de tons différents, soit 4913 combinaisons possibles !

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Associer performance et esthétique est un véritable plus, même si nous savons que nous malmenons bien souvent nos chaussures de trail en les faisant passer dans la boue !

 

Le test de la Bee sur le Half Marathon des Sables de Fuerteventura

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Après avoir testé le système lors de mes entraînements, j’ai décidé de partir avec sur le Half Marathon des Sables, dans des conditions plus extrêmes : les lacets résistent à des températures allant de – 60 à +220°C, je n’avais donc aucun souci à me faire, ils n’allaient pas fondre ou se détendre avec la chaleur !

Lors de mon test en montagne, Laurent, le concepteur, avait réalisé lui-même l’installation du système pour aller plus vite et me faire la démonstration, mais j’avais par la suite ressenti une certaine gêne sur un pied trop serré.

Comme une grande Bee, j’ai donc mis la main à la pâte : j’appréhendais l’installation, car j’avais peur que le système soit trop compliqué à mettre en place – il existe un tutoriel pour tout expliquer, mais je vous rassure, la notice fournie dans la boîte est très claire.

J’ai donc mis moi-même mes jolis lacets colorés – avec une dominante de jaune, comme vous vous en doutez ! – et malgré les oeillets un peu fins de mes chaussures, l’extrémité profilée des lacets a permis un passage plutôt simple.

Je n’ai malheureusement pas de photos de mes chaussures, ayant mis des guêtres dessus pour empêcher le sable de pénétrer à l’intérieur, et parce que mon appareil photo a rendu l’âme le premier jour de la course.

Mais ce système a vraiment facilité ma course pour une raison évidente : le sable !

Sur ce type de courses, on est souvent amené à enlever et à remettre ses chaussures pour enlever le sable ou lorsqu’on arrive au bivouac.

Croyez-moi, avec les guêtres, on retarde au maximum le moment, car on perd beaucoup de temps.

Mais avec ce système, toute manoeuvre est rapide : plus besoin de défaire ses lacets et tu remets tes chaussures en un rien de temps, comme elles gardent une mémoire de forme et que les lacets se détendent quand tu enfiles à nouveau ta pantoufle de vair.

Pendant l’épreuve, j’en ai presque oublié mes pieds qui ont tout de même subi les déconvenues traditionnelles – ampoules, échauffements – liées aux conditions climatiques.

Mais je n’ai surtout pas entendu l’agaçant « Tes lacets sont défaits ! » que j’ai pu en revanche lancer à certains autres coureurs…

Vous pouvez retrouver ces lacets magiques chez plusieurs revendeurs : j’ai trouvé les miens dans la boutique Endurance Shop de Saint-Germain-en-Laye tenue par le très professionnel et sympathique Alain, mais vous pouvez en trouver sur Paris à la Boutique Marathon et dans bien d’autres lieux.

N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations et sachez que le site consacré au concept sera bientôt en ligne.

Je vous réserverai d’ailleurs, à l’occasion de son lancement, une petite surprise très colorée.

Si vous souhaitez réagir à cet article, faire part de votre expérience ou poser des questions, je vous invite à le faire via ce blog, sur ma page Facebook ou mon compte Instagram.

L’aventure Half Marathon des Sables 2018 – Part II : une longue traversée du désert…

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Après cette première étape qui avait donné le ton commençait la vie sur le bivouac, en autosuffisance alimentaire : une partie de l’aventure que j’aime particulièrement, où nous revenons en général à l’essentiel…

Une fois la ligne d’arrivée franchie, nous devions prendre notre bidon d’eau et nous installer dans la tente qui nous était attribuée.

Cinq litres à gérer pour tous nos besoins et le départ de la prochaine étape, cela peut paraître beaucoup quand on y réfléchit, mais il ne faut pas oublier qu’on se dessèche vite sur ce type de courses.

L’hydratation et la récupération sont essentielles pour aborder sereinement chaque étape : si je ne suis pas une adepte des boissons de récup, je n’envisage aucunement de ne pas en prendre sur ces challenges pour recharger le corps en sel et en minéraux.

Je m’offre également le premier jour une pause jus vert réconfortante, en dégustant une gourde de mon partenaire : un luxe quand on sait que cette douceur est assez pesante dans le sac, mais une récompense et un plaisir d’une valeur inestimable après un tel effort.

Mais revenons à nos moutons, à mon installation, ou plutôt à mon Cham WAA à qui j’ai mené la vie dure durant cette première journée…

 

Bienvenue dans mon T1 Bis écolo !

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Cette année, les tentes étaient directement attribuées : on nous a donc donné un numéro d’alvéole pour retrouver notre logement écolo.

Imaginez une jolie petite demeure design au toit jaune, avec fenêtres sur le côté et fils à linge intégrés !

Mais le must reste la forme et la surface au sol – j’ai bien dit au sol et pas en loi Carrez !

Un logement conçu pour deux !

Exit les problèmes de sac contre lequel tu te heurtes chaque nuit et la position foetale propre aux grandes Bees pour ne pas avoir les pieds qui sortent !

Cham WAA, quant à lui, en a profité pour se sécher et se dorer au soleil – il avait malencontreusement pris une douche lorsque j’avais demandé à une bénévole de m’asperger la tête – pendant que j’installais mon couchage de fortune.

Cette année, comme la précédente, j’avais décidé de ne pas prendre de matelas, pas par souci de m’alléger, mais parce que j’ai l’habitude de dormir à même le sol – je suis une adepte du camping – et que cela ne me dérange pas.

En revanche, je savais qu’il y avait beaucoup de condensation dans les tentes, à cause de l’humidité liée à la proximité de l’océan.

Pas très drôle d’avoir des gouttes qui tombent sur la figure quand on dort et de se réveiller dans un duvet humide !

Pour contrer ce problème, j’avais décidé de tester un nouveau système : j’avais pris une deuxième couverture de survie que j’avais disposée sur le sol et dont je me recouvrais chaque nuit !

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Un système ingénieux qui m’a préservée de l’humidité, qui conserve la chaleur corporelle, mais qui est juste un peu bruyant quand on bouge !

Cette première soirée sur le bivouac nous a permis de faire quelques rencontres et de partager des moments entre copains autour de nos réchauds : je remercie d’ailleurs vivement le groupe avec qui j’ai partagé le foyer abrité du vent.

Mais malgré l’apparente décontraction, tout le monde redoutait LA fameuse étape longue du lendemain : 66 kilomètres en plein cagnard !

C’est ce qui explique – entre autres, car la chaleur et la fatigue de la première étape y sont certainement pour quelque chose –  qu’à l’heure où se couchent les poules, plus aucun bruit n’émergeait du bivouac…

 

Une longue virée en solitaire…

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66 kilomètres, ça peut être long, même très long en solitaire, surtout quand tu as déjà fait une première étape la veille de 25 bornes, seule, en plein soleil, dans le sable et en portant un sac à dos de près de 9 kilos !

Pour certains qui ne se sont jamais aventurés sur la distance, ce fut une découverte, mais pour la Bee, après une nuit un peu agitée – ô joies des îles venteuses balayées de rafales qui secouent les tentes menaçant de les emporter ! – c’est une réminiscence : nous avions pris le départ ensemble avec Mathilde, en bonnes compagnes de galère, et avons gardé de ce périple des souvenirs impérissables…

Après avoir avalé un muesli au chocolat pour bien me caler, je prépare mon sac avec sérénité : j’ai la certitude que j’irai au bout de cette étape, mon esprit en est étrangement persuadé, il va simplement falloir gérer les moments de doutes et de moins bien…

Ma facette de Bee sauvage a pris le dessus et je ne cherche pas à m’appuyer sur un groupe cheminant au même rythme : mon aventure, je l’ai su à l’instant même où j’ai franchi la ligne de départ de la première étape, sera une véritable introspection, un périple en solitaire, avec ou contre moi-même…

Remarquez, je ne suis pas bien seule, j’ai un compagnon de route cette année, doux, docile, muet : Cham…

Je n’ai pas peur de m’aventurer seule dans la nuit, de me perdre

J’aime au contraire ces atmosphères singulières qui te font puiser dans tes dernières ressources, qui découvrent des facettes insoupçonnées de ta personnalité, ce Moi profond qui se tapit dans les méandres de ton esprit…

9 h 30, un brief de l’organisation et le compte à rebours du départ est lancé : les plus rapides s’envolent telles des machines sur une route sablonneuse qui nous éloigne du bivouac et nous mène au milieu de dunes.

Je reconnais rapidement une portion du parcours de la première étape de l’année précédente… sauf que cette fois, nous n’aurons pas à gravir la fameuse dune qui est venue l’an dernier à bout de la volonté de maints traileurs : nous la dévalons, tels des enfants, avec délectation avant de gagner un canyon.

Puis nous découvrons enfin le paradis : une somptueuse plage de sable blanc qui s’étend à perte de vue, bordant des eaux turquoises.

Oui, ceux qui me suivent et auront lu mon récit de l’année précédente – pour les autres, voici le lien pour combler ce manque ! – l’auront bien deviné : il s’agit de la fameuse plage nudiste de Cofete !

Pas de rencontres à l’état primaire à signaler cette année !

Mais le paradis s’est bien vite transformé en enfer : 8 kilomètres de plage à marée montante, avec un sable meuble dans lequel tu t’enfonces, balayé par le flux des vagues que j’ai évitées pour ne pas avoir la déconvenue de l’année précédente.

Si tu es subjuguée par la beauté de l’endroit à l’arrivée, quelques kilomètres plus loin, tu pries pour avoir du dénivelé !

Je suis parvenue au CP qui marquait la fin de cette étendue interminable avec soulagement.

Un long périple en pleine chaleur a alors commencé dans les collines, avec le passage de quelques cols fantastiques mais parfois périlleux.

Mon corps s’est mis en pilotage automatique sans que je ne m’en rende compte et hormis sur les CP où j’ai rencontré quelques coureurs qui se ravitaillaient ou souffraient de la chaleur, ma route n’a croisé personne.

Des coups durs ? Je n’en ai guère eu, sinon une fois sortie des collines, quand je me suis rendu compte que nous remontions l’interminable plage de Cofete avant de gravir les falaises !

Mais la méditation en pleine conscience m’a permis de chasser les émotions négatives, de créer une bulle de confort, de me projeter dans les hauteurs…

Si bien que l’ascension des falaises, malgré le dénivelé important après de longues heures de course, m’a semblé bienvenue.

J’en garde en tout cas de magnifiques souvenirs et ai été heureuse de les voir immortalisés par le biais des photographes.

Comme mini Bee me l’a dit un jour, le coucher de soleil sur la plage, depuis le haut des falaises, fera partie du top ten des plus beaux instants de ma vie…

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Sans que je ne m’en rende vraiment compte, la nuit est peu à peu tombée et arrivée au dernier CP, à la sortie d’une piste bien tracée, j’ai entamée une longue ascension vers le bivouac, sans croiser âme qui vive…

La nuit, seule dans un désert, tu dois mobiliser toute ton attention : tout est blanc !

Je distingue mal le balisage avec le halo blafard de ma frontale et dois balayer avec attention de mon faisceau chaque arbre, chaque talus.

Je me perds et peste : il va falloir revenir sur mes pas.

Mais j’aperçois soudain deux phares qui descendent la piste : je pousse un soupir de soulagement, je suis sur le bon tracé, je peux reprendre ma lente ascension, je ne suis plus très loin, tout au plus quatre kilomètres.

J’aperçois derrière moi la lumière sautillante d’une frontale : Alexandra, ma camarade de chambre, vient de me rejoindre !

Je souris en pensant à la probabilité absurde de nous retrouver ainsi, en pleine nuit, toutes les deux…

Elle veut en finir et a l’énergie pour parcourir les derniers mètres en courant.

Je la laisse filer, avant de la rejoindre quelques minutes plus tard.

Je franchis avec une immense émotion l’arche éclairée de l’arrivée, seule, en larmes.

Alexandra est venue pour me filmer et je la serre très fort dans mes bras…

Affaire à suivre…

 

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L’aventure Half Marathon des Sables 2018 – Part I : une première étape qui donne le ton !

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Je vous ai quittés hier, déterminée et enjouée à l’idée de vivre cette nouvelle aventure dans le désert de Fuerteventura.

J’avais pris mon billet d’avion un jour plus tôt afin de me reposer et de profiter des infrastructures de l’hôtel : un véritable paradis pour les triathlètes !

Le piège pour une Bee hyperactive était de ne pas s’épuiser à force de longueurs dans la piscine olympique, ou dans la salle de sport dernier cri équipée de tous les appareils à la pointe.

La rencontre avec Émilie, une traileuse de Bordeaux, m’a sauvée de cette dérive, même si le lendemain matin, nous avons décidé de nous retrouver pour faire un run tranquille – je vous rassure, seulement 3-4 kilomètres ! – et découvrir le petit village de pêcheurs de Las Playitas.

Hors de question pour nous de nous épuiser !

Un plat de pâtes aux gambas plus loin, au restau du coin, et nous avons vu affluer une masse de traileurs plus chargés les uns que les autres : pas de doute, le Half Marathon des Sables aurait bien lieu dans le coin  !

Mais avant, une première étape, et non des moindres, nous attendait…

Le juste poids…

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Le contrôle des sacs est une étape incontournable de ce type de courses : un certain nombre d’éléments obligatoires sont demandés – couverture de survie, sifflet, briquet, duvet, kit de bobologie, miroir SOS, épingles à nourrice, nourriture, crème solaire… – qui te font instantanément voyager et penser que tu vas devenir le Mike Horn du désert.

Pour le reste, chacun est libre d’emmener ce qu’il veut, mais il faut déclarer chaque chose.

Commence alors un véritable casse-tête : comment prendre l’essentiel sans trop alourdir sa charge ?

Il faut bien évidemment penser au poids du sac que nous devrons supporter pendant les 4 jours de course !

Toute une vie sur notre dos et ce n’est pas le moment d’en avoir plein le dos, comme on le dit si familièrement !

Les conversations vont bon train dans la file d’attente, on se croirait à une tombola pour gagner la bourriche : « Qui veut peser la bourriche ? Celui qui sera le plus près de son poids, gagnera… un nouveau dos ! »

Cette année, je suis surprise de la rapidité des contrôles : on ne scrute pas le nombre de calories de mes repas, ni les constituants de mon sac.

On ne le pèse pas non plus, ce qui permet pourtant une certaine équité entre les coureurs : au Marathon des Sables, votre sac doit être compris entre une fourchette de poids.

Seul le médecin pousse un peu plus loin la réflexion : je suis allergique à l’aspirine et un poinçon en forme d’étoile le signale sur mon dossard.

Dix minutes plus tard, je repars avec mon dossard et ma balise GPS en poche : l’aventure peut commencer…

Perles de sueur et panoramas enchanteurs

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Contrairement à l’année dernière, nous n’avons pas passé cette première nuit sur le bivouac, mais à l’hôtel, un luxe car nous y avons gagné le petit-déjeuner.

L’autosuffisance a donc commencé après le petit-déjeuner, en montant dans le car qui nous a conduits sur le lieu de la première étape…

Un rituel qui a fait jaillir quelques réminiscences chez la Bee…

Comme un flashback en arrivant sur cette côte et en gagnant la ligne de départ, mais cette année était un peu différente : je courais en tant qu’experte WAA et donc aussi sur le challenge équipes !

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Première petite halte pipi dans l’impudeur la plus totale – les charmes des courses dans le désert où les buissons et cactus ne sont pas légion ! – suivie d’une photo avec mes coéquipiers.

Pas de stress, juste l’impression d’être à ma place, au sein de la nature, dans mon élément…

Quelques échanges entre coureurs pour s’encourager, faire connaissance, tuer le temps…

Un petit brief de l’organisation pour nous rappeler l’importance de l’hydratation et comment bien la gérer, le profil du parcours et du terrain.

Le soleil est déjà haut dans le ciel et darde ses rayons cuisants.

9h30 : la musique démarre, le compte à rebours peut commencer…

Une Bee cavaleuse

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Je m’élance sans objectif précis sur cette étape de près de 25 kilomètres, mais je me fais vite embarquer par les premiers destriers qui s’emballent.

Une certitude s’impose alors : je ferai cavalier seul cette année.

Comme un besoin d’introspection, de me retrouver seule avec moi-même, de m’éprouver en solitaire.

Moi, la Bee si sociable, je vais m’offrir le luxe du silence, de la communion avec les éléments, de l’osmose avec la Nature !

Je ralentis rapidement l’allure, essoufflée et suant déjà au bout d’un kilomètre : je ne vais pas tenir le 4’50 au kilo, il ne faut pas rêver.

Un premier petit canyon vient d’ailleurs me rappeler à la dure réalité de la course, je sors les bâtons.

C’est étrange comme les sons, les odeurs, et bien évidemment certains éléments visuels peuvent s’imposer à votre esprit : je me rends vite compte que nous sommes en train de parcourir une partie de l’étape de nuit de l’année dernière, en me frayant un chemin à travers un genre de petit marécage.

Je souris, car nous nous y étions quelque peu perdues de nuit avec Mathilde et y avions rejoint un groupe de Français et d’Italiens.

Je cours à un bon rythme, sans trop ressentir la chaleur et la fatigue.

Je me plais à redécouvrir l’endroit en pleine lumière.

Je m’hydrate sans relâche, forte de mon expérience de l’année précédente : un coup de chaud peut vite entraîner un abandon, surtout dans ce paysage où la réverbération est importante.

Je passe les CP sans souci, mais je sue déjà à grosses gouttes : mon brushing dont je n’ai cure est déjà ruiné.

Un bruit familier, qui nous avait fortement impressionnées avec Mathilde l’an dernier, me fait alors frissonner : le fracas des vagues contre les falaises !

Je découvre alors le somptueux et vertigineux panorama que nous avions deviné avec appréhension l’année dernière.

Quelle beauté !

Je ralentis et hume l’air salé, m’immerge dans ce fracas sonore et cette ivresse sensorielle.

Je crée ma bulle pour affronter mon vertige, mais subjuguée par la vue, j’y arrive plutôt bien.

Je songe à mon ex coéquipière et m’empresse de prendre une photo pour lui faire partager ce panorama qui nous avait frustrées l’année passée…

Mais je me rends alors compte que mon téléphone est arrêté, ce qui restera d’ailleurs un grand mystère.

Une nouvelle côte et j’arrive enfin à un panneau indiquant le dernier kilomètre, interminable – à mon avis, il en faisait plutôt deux !

J’aperçois enfin le bivouac et l’arche libératrice de l’arrivée : je laisse aller mes jambes de Bee sans les freiner et finis avec bonheur cette première étape…

3h12, difficile d’établir une comparaison avec l’année dernière, car le parcours n’était pas vraiment le même, mais je suis plutôt satisfaite de mon classement…

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Rendez-vous au prochain épisode…

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Je serai ravie d’échanger avec vous…

L’aventure Half Marathon des Sables 2018 – Prélude…

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Il y a un an à peine…

Il y a un an déjà…

Un anniversaire, une date spéciale qui marque une étape décisive de ma vie de sportive.

Je ne réalise toujours pas ce qui s’est passé même si je me souviens du déclic, du chemin parcouru, comment j’ai soudainement décidé de franchir un cap, ce cap fatidique de l’ultra.

Mais ce qui est certain, c’est que la Bee a trouvé aujourd’hui sa place, qu’elle s’épanouit dans ce type de challenges : une mordue de l’ultra, c’est grave Docteur ?

Vous me direz qu’il y a des addictions bien plus néfastes, comme l’alcool, le tabac ou encore la drogue…

Certains rétorqueront que la pratique de la course à pied n’est pas aussi saine qu’il y paraît et qu’elle peut s’avérer néfaste ; je répondrai qu’il est doux de s’y adonner tant qu’elle nous procure du plaisir et que nous savons la gérer.

Mais après avoir cherché pendant plusieurs années ma distance, oscillant entre semis et dix kilomètres, après avoir traversé de lourdes épreuves de la vie qui me l’ont fait apprécier à sa juste valeur, après avoir conçu ma plus belle réussite, mon fils Théo alias mini Bee, je peux aujourd’hui me déclarer « ultradépendante » et je replonge à chaque fois avec délectation…

Aussi ai-je saisi sans grande résistance l’occasion de repartir à Fuerteventura pour y vivre la seconde édition du Half Marathon des Sables et assouvir ma soif de Bee aventurière.

Il faut dire que j’avais goûté chaque seconde de la première édition comme un nectar, appréciant chaque grain de sable et roche volcanique, admirant des paysages lunaires et maritimes féériques, redécouvrant les notions de chaleur humaine et de solidarité sur un bivouac.

Je vous invite d’ailleurs à lire les différents articles que j’y avais consacrés en allant sur mon blog ou en cliquant sur le lien suivant : HMDS

Aussi avais-je peur d’une redite, d’une pâle réplique de la première édition, un peu comme lorsqu’on découvre un film réalisé à partir d’un livre qu’on a adoré, mais je n’ai pas été déçue, car quels que soient les parcours, les aventures sportives et humaines ne sont jamais les mêmes.

Pourtant, les voyants n’étaient pas vraiment au vert au moment de mon départ…

 

Une mécanique enrayée

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Sujette à quelques soucis de santé au mois de juin – ô fâcheuses récidives ! – je n’avais pas abordé mon été de la meilleure des façons, tant physiquement que moralement.

Mais la préparation de mon challenge du mois d’août, le Master 100 de l’UT4M, m’avait donné de l’allant : une vraie source de motivation pour avancer et ne pas se laisser abattre.

La suite, vous la connaissez  – sinon je vous invite à relire le dernier article de mon épopée en cliquant sur ce lien : un arrêt à la base de vie du 55e kilomètre de l’UT4M, lié aux caprices d’une météo caniculaire jusqu’alors.

J’avais accepté quelques semaines plus tôt d’aller au Half de Fuerteventura.

Si l’arrêt sur l’UT4M ne m’avait pas posé de problème, en revanche la gestion des trois dernières semaines de préparation avant le Half, surtout après un abandon, était plus périlleuse : il fallait en effet rebondir avec une santé fragilisée et des doutes sur mes capacités.

Que celui qui n’a jamais douté après un abandon – bien sûr, si cette expérience a été vécue !  – lève la main !

Le mental prend une véritable bombe d’ondes négatives en pleine face, susceptible d’anéantir la moindre once de positivisme.

Difficile de se rassurer, même si vous savez que sur les longues distances, des paramètres totalement inattendus, indépendants de votre bonne volonté, peuvent venir saborder votre défi.

J’ai donc pris conseil auprès du coach trail de mon club, Les Foulées de Saint-Germain-en-Laye, afin d’aborder de la façon la plus sereine ces quelques jours de préparation.

Son verdict a été sans appel : « Il faut faire du jus ! »

Un challenge difficile pour une Bee hyperactive…

 

Une préparation réduite, mais efficace

 

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Après 55 kilomètres et une hypothermie, la machine a besoin d’un peu de repos !

J’ai donc pris quelques jours avant de rechausser les baskets.

Durant cette courte période, j’ai décidé d’intégrer mentalement comme une expérience positive ma course de l’UT4M : rien ne sert en effet de se lamenter, il faut avancer dans la vie, en tirant profit de ses échecs !

Après tout, ne s’agissait-il pas en fait d’une sortie longue classique comme j’aurais pu en faire – même si je n’excède en général pas trois heures – lors d’un week-end choc ?

J’ai vite pris rendez-vous dans mon centre de cryothérapie à Franconville afin d’accélérer le processus de récupération de ma carlingue de Bee et de me détendre.

L’idée était d’arriver la plus fraîche possible sur le challenge : j’ai misé sur le sommeil, une hygiène de vie impeccable avec l’alimentation qui va bien, des entraînements croisés et de petites sorties de 10-12 kilomètres en courant à la sensation.

Je n’ai refait qu’une seule véritable sortie longue avec le sac à dos lesté.

Mais j’ai surtout mis l’accent sur la préparation mentale, en axant notamment sur la sophrologie : j’avais en effet besoin de faire retomber toute la pression générée par cet arrêt sur l’UT4M, mais aussi le stress cumulé à la rentrée avec la reprise sur les chapeaux de roue de mes activités.

Morgane, ma sophrologue, a une fois de plus été d’un grand soutien avec ses séances axées sur la respiration et la relaxation.

Mais je vous reparlerai très bientôt d’elle lors d’une interview que j’ai réalisée.

 

Une Bee plus déterminée que jamais…

 

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À la veille de mon départ pour Fuerteventura, j’étais contre toute attente détendue et déterminée.

Je n’avais qu’une idée en tête : vivre pleinement mon aventure.

Zéro pression à l’horizon !

Mais un soupçon de ce qu’on appelle familièrement « la gnaque » commençait à poindre : j’étais certaine, sans pouvoir l’expliquer, que j’irais au bout de cette aventure.

J’aurais pu alors faire comme les enfants à qui on lance des défis, et répondre : « Même pas peur ! »

Je n’avais qu’une envie : en découdre avec ces 120 kilomètres !

Aucun objectif de temps, simplement passer l’arrivée pour conjurer le sort et repartir dans une dynamique positive…

Aucune anticipation jusque dans la logistique : j’ai fait et refait mon sac à dos en dernière minute, je n’ai pas programmé si j’allais courir seule ou non, je n’ai préparé aucun timing pour les points de contrôle…

Je voulais juste m’ouvrir à l’aventure et la savourer…

Mais je ne me doutais pas alors qu’elle allait prendre des proportions plus incroyables que je ne les aurais imaginées…

Affaire à suivre…

 

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Nos partages nous enrichissent…

Quand Belledonne refroidit l’ardeur de la Bee…

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Ce week-end se déroulait en Isère, du 22 au 26 août, le fabuleux événement de l’UT4M dont je vous ai déjà longuement parlé dans plusieurs articles.

Une course qui me tient à coeur, car comme je vous l’ai déjà dit, c’est un peu celle qui m’a mis le pied à l’étrier pour les ultras : l’an dernier, j’étais en effet finisher de mon premier trail en montagne, en arpentant le massif de la Chartreuse et en finissant au pied du podium dans ma catégorie.

Mais j’avais surtout accompli un incroyable travail sur mon vertige et m’étais senti pousser des ailes pour voler vers d’autres horizons : le Half Marathon des Sables, puis l’Ultra Run Raramuri en avril dont le parcours affichait 190 kilomètres pour plus de 10000 D+, le tout en autosuffisance.

C’est donc avec une certaine ardeur que je m’étais inscrite dernièrement à l’UT4M Master, soit 95 kilomètres et 5500 D+.

Mais j’ai découvert qu’en montagne, rien n’est jamais acquis, et que malgré toute la bonne volonté que nous pouvons mettre dans nos préparations, plusieurs paramètres peuvent nous échapper le jour J…

Quand l’avant-course rime avec convivialité

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« La météo risque de ne pas être clémente », « Il va y avoir de la neige », « On n’a pas de chance : cela fait des semaines qu’on est en pleine canicule, et justement ce week-end, on annonce une chute des températures »…

Ces quelques bribes de phrases échangées entre coureurs lors du retrait de mon dossard ne m’avaient pas particulièrement interpellée : la météo n’est pas un paramètre qui me dérange en trail, je peux courir par tous les temps.

Sauf que je ne cours quasiment jamais en montagne, je n’ai donc pas véritablement conscience du potentiel danger que cela peut représenter.

J’étais passée au contrôle très strict du matériel obligatoire et j’étais rassurée de savoir qu’il ne me manquait rien : « Une chute des températures, ça se gère », m’étais-je dit.

La météo n’est jamais très fiable en plus, il faut bien le dire : on ne va tout de même pas passer de la canicule à l’hiver ?

J’ai donc débarqué le samedi matin sans trop de stress à Grenoble, à 3 heures 30 du matin.

À peine sortie du taxi, je reconnais le minois familier d’Éric, un trailer avec lequel j’ai échangé plusieurs messages pendant notre préparation, mais que je ne connais que virtuellement.

On s’embrasse et on rigole : il est bientôt 4 heures et on se demande ce qu’on fait là, devant les navettes, avec nos têtes de déterrés.

On monte dans un bus qui nous conduit à Uriage où le départ aura lieu à 6 heures.

Ambiance ouatée : certains finissent leur nuit, tandis que d’autres ingurgitent barres et autres denrées gastronomiques du coureur pour charger à bloc leurs batteries.

Zéro stress et je me sens même plutôt bien : j’envisage ma course comme une préparation avant le Half Marathon des Sables de Fuerteventura, je viens découvrir un nouveau massif – j’ai déjà arpenté la Chartreuse deux fois – et prendre du plaisir.

Sur place, nous rencontrons Arnaud, un copain de la région parisienne : nous pestons ensemble quand on nous informe d’un nouveau contrôle du matériel obligatoire, même si nous le comprenons.

Je ne suis pas organisée et ai dû me livrer à un véritable jeu de Tétris pour faire rentrer mon matériel obligatoire et le reste : mon sac ressemble davantage à un fourre-tout qu’au Camelbak d’une bonne petite ultra traileuse et je pâlis en me disant qu’il va falloir se creuser les méninges pour tout y remettre.

Mais tant bien que mal – je pencherais plutôt vers le mal – j’arrive à tout tasser après les contrôles et je vais me positionner dans le sas avec Arnaud.

Ce dernier s’endort sur ses bâtons : le stress monte, le coup d’envoi est donné…

En route pour les sommets…

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Après un petit tour de parc où quelques supporters scandent les noms de leur favori, nous faisons un galop d’essai en montant vers le Château d’Uriage, avant de passer aux choses sérieuses avec Belledonne.

Je souris en entendant l’animateur brailler dans son micro et songe aux curistes qui sont dérangés dans leur sommeil récupérateur et thérapeutique.

Les jambes tournent bien, les voyants sont au vert, j’adopte une marche rapide sans m’essouffler.

Le jour se lève et je me sens bien, perdue dans ce silence parfois troublé par le bruit de l’accroche d’un bâton.

J’ai hâte de voir les somptueux lacs dont Nico m’a souvent parlé : je souris en le soupçonnant de m’avoir caché quelques balcons susceptibles d’éprouver mon vertige.

Mais tout se passe plutôt bien : le balisage est parfait et pas de souci de vertige.

La brume matinale met juste un peu de temps à s’évanouir, masquant certains panoramas que je tente de deviner.

Le parcours est très technique et alterne sentiers – plutôt des singles – couverts de racines et pierres, voire rochers : je ne suis pas dépaysée, j’ai un peu connu cela au Mexique.

Mais Dieu que cela monte ! Il faut vraiment y aller pas à pas et imprimer un rythme.

Arrivée à Chamrousse, je me ravitaille et fais un petit point mental : les jambes tournent sans douleurs, la tête est là, je profite !

Heureusement d’ailleurs, car le pire reste à venir…

Choc thermique sur Belledonne

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Mais que s’est-il passé ce week-end sur les cimes de Belledonne ?

Comme vous le savez, je suis adepte de cryothérapie, mais j’aime choisir les heures de mes séances !

Telle une anguille sournoise, le froid s’est peu à peu insinué, sans réellement prévenir : un invité dont on aimerait mieux se passer !

Ma tête a commencé à tourner, assez rapidement, et j’ai fait un premier malaise : j’ai vomi.

Un coureur s’est empressé de venir me voir : je l’ai rassuré en lui disant que c’était juste une réaction après un effort intense, que j’allais manger un peu.

Mais la sensation de froid s’est amplifiée…

Dans la montée vers la croix de Chamrousse, je me suis arrêtée pour enfiler des gants : sujette au syndrome de Reynaud, mes doigts se sont ankylosés, vous savez, cette sensation désagréable qu’on peut les casser, rien qu’en les effleurant.

Arrivée au ravitaillement, je décide de boire un café pour me réchauffer, mais je n’arrive même pas à décrocher mon gobelet : je ne remercierai jamais assez la petite bénévole qui me l’a enlevé et a fermé mon sac.

J’ai l’impression que mes doigts ressemblent à des Knackis – une de nos comparaisons récurrentes avec Mimi au Mexique – et qu’ils vont tomber.

Je regarde les personnes emmitouflées sur le ravitaillement et vois du givre : ce sont mes cheveux, certainement humides, qui ont gelé !

Des bénévoles nous distribuent des buffs UT4M pour nous couvrir le cou et les oreilles : le ressenti est alors en-dessous de zéro.

Je décide de vite reprendre ma route pour ne pas me refroidir plus, mais le mal a déjà frappé : je vomis de nouveau et me sens plus faible dans les montées qui me paraissent titanesques.

Jusqu’au Grand Colon, je subis ma course : ma tête est comme enserrée dans un étau, mes yeux pleurent : que se passe-t-il ?

Je fais une pause pour apprécier le paysage au sommet, je me convaincs intérieurement que tout va s’arranger, tout ne peut d’ailleurs que s’arranger, car je suis là pour vivre ma passion, prendre du plaisir…

Mais rien à faire, la descente jusqu’à Freydières est un vrai supplice : je lutte pour garder les yeux ouverts et avancer.

Dans la dernière descente avant le ravitaillement, j’aperçois mini Bee qui vient à ma rencontre : il me fait un câlin et je le serre très fort, je n’ose lui parler de mes problèmes et attends de voir mon conjoint et Nicolas pour le faire.

Nico me donne deux trois conseils – hydratation, repos… – avant de repartir et je me force à ingurgiter quelques fruits secs.

L’énergie semble revenir et je décide de poursuivre : on est au kilomètre 40 et je n’ai rien gardé depuis le vingtième kilomètre…

Mais les choses ne vont pas aller en s’arrangeant, et une dizaine de minutes plus tard, je vomis à nouveau.

Un jeune trailer vient prendre de mes nouvelles – je repartirai d’ailleurs avec lui et nous nous perdrons pendant un bon kilomètre.

À partir de ce moment, rien ne va plus et je branche mon GPS mental, mon pilotage automatique : « Arrivée à la base de vie de Saint-Nazaire dans 15 kilomètres, avancez tout droit » !

Moi qui suis adepte des portions plates pour relancer, je n’ai cette fois pas du tout apprécié la vallée qui reliait à Saint-Nazaire.

Arrivée à la base de vie, j’ai été prise en charge par les secours qui m’ont conseillé de ne pas repartir, comme je n’arrivais plus à m’alimenter.

J’ai tenté de me reposer, de m’alimenter un peu, mais rien à faire.

54 kilomètres, fin de l’aventure…

Mes impressions de Bee

Je ne vais bien sûr pas vous dire que cet arrêt a été plaisant, mais étonnamment, je ne l’ai pas mal vécu : il est dur de courir le ventre vide, avec des douleurs !

Les abandons font malheureusement partie du parcours des ultra trailers, comme bon nombre me l’ont déjà expliqué : ils sont plus vécus comme une expérience que comme un échec.

La longue distance force à l’humilité, rien n’est jamais joué…

J’ai appris plus tard que plusieurs trailers n’avaient pas suivi le même parcours – pas de montée au Grand Colon, ni à Chamechaude à cause de la météo – et avaient emprunté un sentier de repli : tant mieux pour eux, on ne va pas refaire l’histoire.

Mais je suis surtout satisfaite d’avoir parcouru Belledonne, un massif dont j’avais beaucoup entendu parler, que ce soit pour l’UT4M ou L’échappée belle.

Les sentiers sont fort techniques et les côtes de vrais murs : j’ai pourtant apprécié cette traversée de lacs, de prairies et ces raidillons qui nous ont conduits bien souvent au-dessus des nuages.

Je n’ai quasiment pas eu le vertige et ai réussi à mettre en application les préceptes vus lors de mes séances de sophrologie avec Morgane.

Le chemin est encore long pour être complètement à l’aise, mais c’est justement cette aventure qui vient pimenter mon parcours et provoque de l’excitation, qui motive la Bee.

Rassurez-vous, cette expérience est loin de m’avoir dégoûtée, bien au contraire : ma détermination est renforcée.

Je ne vis pas dans le passé, mais en tire des leçons, et n’ai qu’une hâte : vivre une nouvelle expérience déjantée qui viendra enrichir mon parcours d’ultra traileuse…

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Je tenais à vous remercier pour votre soutien et vos adorables messages si vous me lisez…

N’hésitez pas à réagir ou à partager votre expérience sur mon blog, ma page Facebook Beerunneuse ou mon compte Instagram.

En route vers les cîmes avec l’UT4M Master…

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Il y a un an, si on m’avait dit que dans à peine six jours, je serai sur la ligne de départ d’un gros challenge en montagne, j’aurais certainement éclaté de rire.

Mais il a suffi d’une rencontre avec un passionné, Nicolas, pour me faire sortir de ma zone de confort et affronter mes vieux démons : un vertige sans nom et mes crises régulières d’asthme.

Comme vous avez pu le voir depuis plusieurs semaines, j’ai choisi cette année comme challenge estival l’UT4M Master : l’an dernier, j’avais pris à la suite d’un pari le départ du 40 kilomètres de la Chartreuse, une épreuve pour laquelle j’avais entrepris diverses démarches afin de gérer mon vertige et ma phobie du vide. Cliquez sur ce lien pour voir un des articles qui y est consacré.

Je fermais en effet la porte à diverses aventures à cause de dénivelés qui me donnaient des sueurs froides rien que sur le papier.

Après quelques séances d’hypnose et un week-end choc avec Nicolas – cliquez sur ce lien – pour reconnaître le parcours, j’avais réussi en solitaire l’ascension de la Chartreuse, non sans stress et un petit vomis pour marquer le coup, me classant même au pied du podium dans ma catégorie.

Je suis d’ailleurs ravie d’avoir généré des motivations parmi vous en écrivant et partageant mon périple : je sais que plusieurs d’entre vous se sont inscrits après avoir lu mon aventure.

Je ne remercierai jamais assez Nicolas qui m’a permis de mettre un pied à l’étrier et de découvrir le monde des ultras, car depuis, je suis complètement piquée.

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Mais revenons à nos massifs et à la raison qui m’a poussée à me réinscrire sur l’un des challenges de l’UT4M : j’ai été immédiatement séduite par l’ambiance, tant au niveau des bénévoles que de l’organisation, par les paysages extraordinaires, par le gala de fin de course gargantuesque et convivial, mais ce que je trouve vraiment intéressant, c’est que tu peux venir t’éclater et faire du trail à la carte, selon ton niveau.

Jugez-en par vous-même…

 

Des challenges pour tous

 

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Pas besoin d’être un traileur émérite pour venir profiter des somptueux paysages autour de Grenoble et de l’ambiance de course : la carte des parcours proposés lors de l’UT4M s’est encore étoffée cette année de nouvelles distances.

Il y en a pour tous les goûts, en fonction de vos envies et de votre niveau : vous n’êtes pas convaincus ?

Croyez-moi, peu de challenges proposent autant de courses, puisqu’on en dénombre 12 au total :

  • pour les néophytes ou ceux qui préfèrent les petites distances, ils peuvent se confronter à un 20 km, un 17 km ou un 10, à moins qu’ils ne préfèrent les murs et s’attaquer directement à un kilomètre vertical ;
  • pour ceux qui sont un peu plus gourmands, il est possible de courir sur un seul massif, soit une quarantaine de kilomètres ;
  • pour les amoureux du long, deux possibilités s’offrent à vous : soit l’UT4M Xtrem et ses 169 km et 11000 D+ d’un coup, soit l’UT4M Challenge qui vous propose les mêmes distances mais avec un massif par jour.

Pour satisfaire toute la famille, une course est même organisée pour vos rejetons !

Je vous invite à regarder le descriptif de chaque course en cliquant sur ce lien et vous propose de vous replonger dans mon compte rendu de l’année dernière avec ce lien.

Plaisir des yeux garanti, quel que soit votre parcours !

Moi qui avais peur de la montagne et n’avais, en bonne terrienne, aucun atome crochu, je me suis laissé complètement embarquer par les paysages à couper le souffle… et les pattes !

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Mais vous êtes étonnés de ne pas voir l’UT4M Master parmi toutes ces courses ?

C’est normal, il fallait bien que je réserve une place particulière à ce challenge si singulier en ce qui me concerne…

 

L’UT4M Master, l’Everest de la Bee

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Cette année, après mon challenge mexicain qui m’a menée vers des sommets vertigineux, j’avais envie de repartir en solitaire à l’aventure, à la montagne, mais pas n’importe où : j’aime le format de l’UT4M et sa fréquentation.

La Bee n’est pas adepte des grosses courses et est agoraphobe : elle préfère les courses intimistes, avec des ambiances conviviales et bien pensées.

J’ai demandé conseil à Nicolas, tout naturellement : mon vertige n’est pas encore un dossier classé et je cherche encore des moyens probants pour l’éradiquer, ou du moins le maîtriser.

Après avoir regardé quelques photos des éditions précédentes, mon choix s’est très vite porté sur l’UT4M Master : j’ai été séduite bien sûr par les montagnes, mais aussi par les lacs qui jalonnent le parcours.

Ce détail est forcément une source de motivation pour une Bee contemplatrice !

Mais trêve de bavardages, on passe aux choses sérieuses : vous voulez savoir à quelle sauce je vais être mangée ?

L’épreuve se déroule sur 95 kilomètres avec 5500 D+.

Vous voulez une petite photo de profil pour vous faire votre propre idée ?

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Comme vous pouvez le constater, elle concerne deux massifs sur les quatre : Belledonne et la Chartreuse qui n’est plus une inconnue pour moi.

Je ne connais pas du tout le massif de Belledonne qui est minéral et exigeant, m’a-t-on rapporté : j’espère juste qu’il n’y aura pas de passages trop vertigineux, car avec la Bee, il n’y a pas trop de monde au balcon dans ces moments-là.

Les ravitaillements sont toujours assez nombreux, quelle que soit la course et on dénombre aussi des points d’eau.

Pour la petite anecdote, sachez que les bénévoles chaque année organisent entre eux des concours du ravito le plus sympa : cela donne une idée de l’ambiance et de l’accueil que vous pouvez avoir lors de vos pauses.

Mes impressions de Bee

À quelques jours de la course, je ressens une certaine forme d’excitation : je suis assez surprise car je n’ai pas d’angoisse comme cela peut m’arriver lorsque je m’élance sur un challenge avec un gros D+.

En fait, comme bien souvent, je ne me mets aucune pression : les dernières semaines ont été quelque peu difficiles au niveau de la préparation et je n’ai rien à prouver à personne.

La canicule a été un obstacle majeur pour les sorties longues et j’ai ressenti de la fatigue liée à mon année de travail et de courses.

J’ai aussi eu quelques contretemps médicaux qui m’ont fait douter quant à ma participation à l’épreuve.

Mais c’est mue par le plaisir de courir dans une belle nature, dans un cadre de rêve, que je prendrai le départ : mon maître mot sera comme bien souvent le plaisir et la jouissance du moment.

Comme je le dis souvent, l’important est de prendre le départ et de s’éclater.

Bien évidemment, j’espère être finisher, mais les épreuves longues et en montagne sont incertaines : plusieurs paramètres interviennent, comme la météo, la forme du moment, et pour moi, mes réactions vis-à-vis du vide et ma gestion de cette phobie.

Mais quelle que soit l’issue, ce sera une belle parenthèse dans mes vacances et un bon tremplin pour les aventures à suivre…

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Chaque expérience, chaque partage nous enrichit…

Atteindre des sommets avec le vinyasa yoga sur l’Arche de la Défense

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Depuis plusieurs semaines, vous voyez la Bee se rendre le lundi matin, aux aurores, à un rendez-vous bien singulier.

Comme vous le savez, je pratique tous les jours le yoga et la méditation à mon humble niveau : mais je profite souvent de l’été pour me rendre dans un studio parisien et bénéficier de cours encadrés par des professionnels renommés.

Étant une vraie pile, je n’adhère pas à toutes les formes de yoga, il faut que ce soit dynamique : je pratique ainsi essentiellement le Bikram, le Ashtanga et utilise certaines postures que je trouve complémentaires à ma pratique du trail.

De plus, j’ai beau être déjantée, le côté spirituel et mystique prôné par certains instructeurs me dépasse.

J’avais entendu parler des séances organisées sur le toit de l’Arche depuis un certain temps et avais tiqué toujours pour la même raison : mon fameux vertige !

Mais j’ai trouvé l’idée tellement insolite que poussée par la curiosité, j’ai franchi le pas…

Si j’ai réitéré l’expérience, vous vous doutez bien que ce n’est pas par pur masochisme, mais parce que j’y ai trouvé un réel intérêt…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir cette nouvelle expérience et une interview exclusive d’un des professeurs, Jean Tamalay, qui dispense les cours.

 

Une Arche énigmatique

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J’ai toujours été intriguée par ce monument architectural renfermant des bureaux, construit sur l’axe historique parisien et réalisé au cours du premier mandat de François Mitterrand.

Qu’à cela ne tienne, je me suis dit que ce serait l’occasion de découvrir un peu l’intérieur et le sommet, mais surtout d’avoir une vue à couper le souffle – ou une crise de tétanie – une fois sur le toit.

Pour ce qui était du yoga, je verrais bien une fois sur place si le professeur et la pratique me plairaient.

J’avoue avoir eu un peu d’appréhension en voyant les ascenseurs en verre à mon arrivée, le stress est monté d’un coup : aller faire du yoga pour se détendre et repartir stressée à l’idée de redescendre dans une cage en verre, quel intérêt ?

Heureusement pour moi, l’entrée se fait sur un des côtés de l’Arche et la montée, dans un ascenseur des plus classiques.

Vestiaires, toilettes, eau, tapis vous attendent à l’arrivée : un vrai plus !

Après être passée devant une immense salle d’exposition, il reste à grimper quelques marches pour atteindre le fameux toit où la vue est absolument démentielle : aucune sensation de vertige, mais l’impression de dominer la ville, d’être dans les airs.

Imaginez un genre de scène à la Titanic en version urbaine.

Une passerelle plus loin et vous arrivez au studio aérien de yoga où les maîtres des lieux, Mylène et Jean, vous accueillent avec simplicité : les tapis colorés jonchent rapidement les lattes de bois, chaque yogi ou apprenti yogi semblant apprécier à sa façon le plafond céleste et la ventilation naturelle qui parcourt les visages ouverts.

Après quelques respirations et trois « om », le cours peut commencer…

 

Jean et Mylène, des instructeurs passionnés

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Lors des différentes séances auxquelles j’ai participé, j’ai pu faire connaissance avec Jean et Mylène qui dispensent le cours et apportent des corrections lorsqu’il y a de mauvais placements.

Ce lundi, j’ai réalisé pour vous une interview de Jean qui m’a parlé avec passion de cet incroyable projet.

Jean, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean Tamalay et je suis français. À l’origine, j’étais monteur réalisateur pour des chaînes de télévision pour le cinéma. Je passais des heures enfermé dans un studio jusqu’au jour où je ne l’ai plus supporté : j’avais besoin d’air. Je me suis mis au vélo, puis au yoga.

Comme je pratiquais de plus en plus, j’ai décidé de faire une formation et j’ai lâché mon travail.

Depuis, j’enseigne dans plusieurs studios : au Centre de danse du Marais, à Yoga Mania dans le XVe, à Montparnasse, à Montrouge…

J’interviens aussi dans les entreprises.

Quel(s) type(s) de yoga pratiques-tu et pourquoi ?

Le vinyasa est ma méthode fétiche et j’aime aussi le bikram qui est très controversé, mais qui permet d’aborder le yoga comme un sport.

J’ai suivi une formation avec un grand maître, Gérard Arnaud, qui est une référence.

Le yoga, c’est la vie, une attitude pour être bien avec soi-même et les autres.

Il permet de se sentir vivant, de sentir des vibrations à l’intérieur de son corps qui entrent en résonance avec le cosmique. Mais la spiritualité est une autre histoire…

Je suis un passeur de yoga : les postures existent depuis des siècles et je crois à leur fonction, le minimum est de respecter une certaine logique dans une séance.

J’ai eu l’occasion de prendre des cours avec un maître de yoga et de la voix : Patrick Torr.

Il enseigne à chanter des mantras en restant naturel, il ne faut surtout pas surjouer pour avoir les bonnes vibrations.

Comment t’est venue l’idée de faire du yoga sur le toit de la Grande Arche ?

Mylène connaissait la responsable de la Grande Arche, qui pratique aussi le yoga.

Elle lui a donc naturellement proposé d’y dispenser des cours : le lieu est exceptionnel, symbolique avec son alignement avec l’Arc de Triomphe.

Outre le côté médiatique, l’endroit nous a séduits par sa belle ouverture de ciel : on y entend la ville et il faut se concentrer à l’intérieur de soi pour calmer les sons, l’agitation du mental.

Le lieu se prête à une sorte de méditation.

À qui s’adressent les séances ? À des débutants ou à des confirmés ?

Elles sont adaptées à tous les niveaux : l’intérêt est de ressentir la posture et nous sommes là avec Mylène pour corriger les éventuels problèmes.

Le yoga s’adapte aux personnes.

Nous avons entre 15 et 20 personnes présentes depuis le début, dont un tiers d’hommes.

L’idée n’est pas de chercher une performance, mais de donner aux gens l’envie de revenir : nous avons d’ailleurs des « réguliers ».

Ces sessions sont-elles amenées à perdurer ?

A priori, oui : tout dépendra du monde qui s’y intéressera.

Mais elles seront vraisemblablement reconduites en septembre.

Impressions et témoignages

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Pour ma part, après avoir été subjuguée par le lieu, je l’ai été par les cours : j’apprécie la simplicité avec laquelle les postures sont présentées, mais aussi la légèreté des professeurs qui ont beaucoup d »humour.

Pas de miroir pour se regarder, on est vraiment centré sur son ressenti !

Ne croyez pas que le cours ne soit pas exigeant : comme on l’a évoqué précédemment, le yoga s’adapte aux personnes, et Jean n’hésite pas à donner des indications pour les plus expérimentés qui souhaitent éprouver des positions plus « acrobatiques ».

Je suis à chaque fois partie de la session sereine, comme apaisée, rayonnante, positive.

J’ai réussi à me dépasser, à me recentrer et à être en osmose avec l’endroit.

Il faut croire que je ne suis pas la seule, car j’ai rencontré des « réguliers » tout aussi mordus que moi.

Parmi eux, Geneviève, 71 ans, qui vient toutes les semaines « pour se dérouiller, se poser pour échapper à notre monde de fous, où tout va vite. Lors de ce cours, on peut se détendre et se reposer. C’est idéal, car dans beaucoup de salles, c’est un peu l’usine : il faut rapidement filer à la fin du cours pour le suivant. On n’a pas le temps de profiter des bienfaits. Ici, tout incite à la détente : le cours et la cadre ».

 

Si vous êtes intéressé pour suivre ces sessions, sachez qu’il vous faudra attendre fin août à présent : pour vous inscrire, rendez-vous sur le site de la Grande Arche – cliquez sur ce lien pour obtenir vos tickets.

Une séance, avec la montée sur le toit, le tapis, l’eau et le cours, ne coûte que 15 euros.

Alors, prêts à vous lancer dans une aventure intérieure insolite ?

Si vous souhaitez réagir à cet article, poser des questions ou émettre un commentaire, n’hésitez pas à le faire via ce blog, sur ma page Facebook ou mon compte Instagram Beerunneuse.

Merci à Jean pour le temps qu’il m’a généreusement accordé.