Ce dimanche 30 juin 2019 avait lieu la course sur route du Tour du Lac de Vassivière. Or j’avais un rendez-vous un peu particulier en Limousin : chaque année, nous participons en effet avec mon frère à une course dans notre région natale, le Limousin.

Il s’agit pour nous d’un rituel incontournable.

Mais si depuis plusieurs années notre choix se portait sur le trail des Gendarmes et des Voleurs de Temps à Ambazac, deux contretemps ont ruiné nos projets en 2019 : mon frère est atteint d’une spondylarthrite ankylosante depuis plusieurs années, une maladie handicapante peu connue. Au moment de la course, il était en soins. Quant à moi, je me suis décidée trop tard et je n’avais guère envie d’y participer seule en de telles circonstances.

Aussi avons-nous dû choisir un nouveau challenge avant mon départ pour le Kenya. Mon frère avait déjà couru cette épreuve à Vassivière et m’avait vanté l’ambiance et l’organisation.

Il n’a donc eu aucun mal à me convaincre de venir le rejoindre pour m’élancer sur l’épreuve…

Le lac de Vassivière, un écrin de verdure

Un véritable écrin de verdure

Niché au cœur du Limousin, au nord du Parc Naturel Régional de Millevaches, le lac de Vassivière est artificiel. Les travaux gigantesques ont commencé en 1947.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 9,76 km₂, 233 mètres de long et une profondeur de 38 mètres.

Il s’agit du plus important plan d’eau de tout le Limousin !

Imaginez un environnement boisé tout autour et vous comprendrez aisément que l’endroit se prête à tous les loisirs et sports possibles.

D’ailleurs, ce n’est pas par hasard si Vassivière est connu pour le cyclisme : une route desservant les villages alentour a en effet été nommée le circuit Raymond Poulidor en hommage à l’enfant du pays.

Plusieurs courses d’étape du Tour de France contre-la-montre ont ainsi eu lieu sur ce parcours de près de 47 kilomètres.

Avec cinq plages surveillées, l’endroit est propice aux activités nautiques et à la baignade. Campings, restaurants, il y a toutes les infrastructures nécessaires pour accueillir confortablement le voyageur.

Mais pour la Bee, ce lac est aussi le lieu de souvenirs d’enfance en famille : y retourner après plusieurs années ne pouvait que faire rejaillir une multitude d’émotions…

Une course sur route avec des relances

Parcours et profil de course

Comme vous le savez, je ne suis pas fan des courses sur route : mes baskets répondent en effet plus spontanément à l’appel des sentiers. Mais la perspective de courir dans une belle nature, en famille, m’a tout de suite enthousiasmée. Mon frère a su trouvé en plus les arguments pour finir de me convaincre : un site splendide, un barbecue convivial pour clore la manifestation et l’une des plages à proximité pour aller faire trempette.

« J’me voyais déjà, sur mon beau paddle ! » comme aurait pu le chanter Aznavour.

L’organisation propose trois épreuves :

  • une course nature de 9 kilomètres
  • une épreuve de marche nordique de 26 kilomètres
  • le Tour du Lac, soit 23,4 kilomètres

Pour plus d’informations sur les autres épreuves, je vous invite à consulter directement le site du Tour du Lac de Vassivière.

Avec mon frère, nous avons donc choisi la distance phare : le 23,4 kilomètres.

Si d’aventure vous comptez venir sur cette course pour un record, oubliez cette idée ! Le Limousin n’est pas un plat pays et même si on court sur route, on alterne incessamment côtes et descentes. On compte un D+ de plus de 400.

Le ton est d’ailleurs donné dès le départ avec une montée sur le tout premier kilomètre : un vrai casse-pattes !

Le parcours propose ensuite de jolis faux-plats descendants jusqu’au cinquième kilomètre, avant une succession de kilomètres vallonnés jusqu’à la fin.

Inutile de chercher un semblant de sentier : mes baskets n’ont en effet pas quitté le bitume jusqu’à l’arrivée.

Et pourtant, j’ai particulièrement apprécié cette épreuve…

Une Bee diesel sur route

Courir sur route n’a absolument rien à voir avec le trail, c’est une évidence.

Ayant misé sur une préparation pour ma compétition de stand up paddle, je n’avais aucun objectif particulier sur cette course, sinon me faire plaisir. Je savais pertinemment que la vitesse ne serait pas au rendez-vous, comme je ne courais plus régulièrement avec des allures spécifiques.

C’était aussi un bon prétexte pour passer un moment comme on les aime avec mon frère et ma belle-soeur. J’appréhendais d’ailleurs fortement la chaleur, car nous avions eu 39 degrés la veille : or mon frère avait eu des soins à l’hôpital dans la semaine pour sa spondylarthrite. Il était donc hors de question de prendre des risques.

Nous sommes arrivés à Vassivière sous le brouillard, avec un genre de crachin et une chaleur moite : les Tropiques en Limousin !

L’organisation avait mis en place suffisamment de stands pour le retrait des dossards et nous avons donc peu attendu. Un grand nombre de clubs régionaux étaient présents et un plateau d’élites également, dont un grand champion. Le niveau était donc haut.

Je suis donc partie dans le milieu du peloton, tranquillement, avec l’idée de profiter un maximum du moment…

Une route déroutante

La première montée m’a clairement surprise : difficile en effet de commencer ainsi dans le dur, quand on sait qu’il reste une vingtaine de kilomètres derrière.

J’ai essayé de ne pas me laisser entraîner par les Speedy Gonzales du départ, afin de ne pas me mettre dans le rouge.

Avec ce type de météo, je sais qu’une épée de Damoclès pend au-dessus de ma tête : je suis en effet asthmatique et ai déjà abandonné une course à cause d’une grosse crise.

Je suis depuis suivie par un ostéopathe avec une méthode spécifique et je gère mieux mes crises. Mais avec une chaleur étouffante et inattendue, mieux vaut ne pas tenter le Diable ! J’avais en plus oublié ma Ventoline !

J’ai donc imprimé mon rythme sans me soucier des autres, remontant sans m’en apercevoir dans l’immédiat, une bonne partie des coureurs… et des filles.

Je ne vais pas vous mentir en vous disant que je me suis éclatée : le brouillard ne permettait pas en effet de bien voir le paysage pendant la première demi-heure.

Etonnament, j’ai fixé mon attention sur la route : des formes étranges, écrasées et sèches, jonchaient en effet çà et là le bitume. Des crapauds !

Ne me demandez pas pourquoi – ennui ? Méditation délirante ? – mais je me suis mise à les compter ! Je ne sais s’il y a une explication psychanalytique à cela, mais sans m’en apercevoir, je suis ainsi arrivée au vingtième kilomètre, avec neuf crapauds dénombrés et une couleuvre !

Le brouillard s’était levé depuis plusieurs kilomètres, laissant place à une chaleur écrasante et à un panorama splendide sur le lac. Un bénévole m’a alors annoncé que j’étais dixième féminine : j’avais les jambes, alors j’ai mis un coup de collier sur les derniers kilomètres en apercevant une féminine à quelques mètres devant moi…

L’avis de la Bee sur le Tour du Lac de Vassivière

De belles récompenses

Je finis 127ème sur 615, 8ème au scratch féminin et 1ère après le scratch dans ma catégorie. Un podium inattendu mais qui fait bien plaisir !

Je repars avec une jolie coupe, un beau bouquet de roses, une paire de running et de jolis souvenirs.

Mais mon plus grand plaisir est d’avoir vu mon frère franchir cette ligne d’arrivée : avec ses traitements et la chaleur, il m’a fait très peur. Mais je me rends compte que c’est un vrai warrior et j’en suis fière…

J’ai particulièrement aimé cette course, même si je n’ai toujours pas compris cet attachement subit pour les crapauds écrasés.

L’organisation du Tour du Lac de Vassivière est exceptionnelle : nous avons eu en effet des ravitaillements et des épongeages environ tous les 5 kilomètres, afin de ne pas nous mettre en danger. Inutile donc de prévoir un sac sur cette épreuve.

Mais ce qui prime, c’est l’ambiance : la course est en effet difficile. Beaucoup de coureurs sur route ont perdu des minutes à cause de la chaleur et des relances. Mais les bénévoles sont au top et des groupes musicaux régionaux égaient le parcours.

Miss Haute-Vienne et sa Dauphine à l’arrivée

Je pense que tous les messieurs ont apprécié d’avoir une remise de médaille par Miss Haute-Vienne et sa Dauphine, après un aussi gros effort.

Mention spéciale justement pour la superbe médaille et les dossards personnalisés.

Le barbecue qui vient clore la manifestation est aussi franchement bienvenu : pour dix euros, on partage entre coureurs une entrée, une grillade et son accompagnement, un dessert et les boissons. Le tout dans une ambiance conviviale ! Que demander de plus ?

Les sanitaires du camping de la plage sont mis à notre disposition : un vrai luxe ! Mais la cerise sur le gâteau, c’est de pouvoir aller piquer une tête dans le lac ou de faire une sieste sur la plage après l’épreuve.

Un vrai bonheur !

Le mot de la fin

Coupe et médaille

Je note dans mon agenda ce rendez-vous pour le Tour du Lac de Vassivière 2020 : c’est en effet un très beau moment qui m’a permis de croiser, de plus, de nombreux copains avec lesquels nous conversons sur les réseaux.

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