La Bee et Emilie sont avec un groupe de garçons indiens pour une photo à leur demande

Lors de l’épisode précédent, je vous ai quittés alors que nous descendions de nuit une rivière : il nous restait encore quelques kilomètres avant de pénétrer dans la zone tribale indienne de notre aventure.

L’ambiance était alors plutôt sereine. Après plusieurs passages répétés dans la rivière, nos pieds ont peu à peu séché avec le lever du soleil.

Nous avons ensuite emprunté une montée en lacets très longue qui nous a conduites jusqu’au village de Sandookon Ka Gurhaz.

Nous avons vite commencé à ressentir une forte chaleur et à faire des pauses plus rapprochées. Jean-Pierre, notre reporter de choc, nous a rattrapées et nous l’avons retrouvé au CP4, au bord d’une rivière.

Après une sieste improvisée et une trempette dans l’eau, nous avons décidé de cheminer ensemble jusqu’au CP 5.

Mais une portion du parcours éprouvante allait commencer…

Sous le soleil de la pampa

Un troupeau de vaches cherche de l'ombre
Troupeau paissant à l’ombre

Imaginez une succession de petites routes de campagne sous un soleil de plomb !

Il fait en effet des températures en Inde en cette saison allant jusqu’à 37 degrés !

Notre trio a donc cheminé sous une chaleur éprouvante, bénissant les quelques arbres qui bordaient parfois la route pour leur ombre.

Mais la plupart des pistes étaient sauvages. Nous avons en effet parcouru de vastes étendues à la végétation grillée par l’astre solaire.

Même les troupeaux semblaient souffrir, cherchant le moindre point d’eau pour se baigner allègrement.

Un troupeau de vaches se baigne dans une mare
Troupeau cherchant de la fraîcheur

Mais la Bee a particulièrement apprécié ces paysages désertiques, baignés d’une lumière intense : si la végétation n’était guère présente, une sérénité paradoxale régnait dans ces lieux hostiles et désertiques.

Toutefois, ce passage en plein cagnard a fortement malmené nos organismes.

Mais quelques kilomètres plus loin, c’était le retour à la civilisation avec un village et des échoppes…

Un bref retour à la civilisation

Approche d’un village

Dans des conditions extrêmes, on apprécie parfois les brèves incursions dans notre monde moderne…

Enfin tout est relatif en Inde : en effet, entendez par « moderne » le simple fait de trouver des traces de civilisation.

Comme me l’a souvent répété Mimi, cela commence en général par des amas de détritus : « Quand on commence à voir des déchets, c’est qu’il y a un village non loin. »

Cet adage s’est souvent avéré, notamment aux abords des grandes villes où les déchetteries sauvages fleurissaient.

Mais ce jour-là, j’avoue que la civilisation m’a ravie : Jean-Pierre nous a en effet offert sa tournée de soda.

Un luxe au milieu d’une telle aventure !

Imaginez en pleine pampa, alors qu’on ne trouve pas de produits frais dans les villes, une échoppe avec un frigo !

Si je ne bois jamais de sodas en temps normal, la perspective de toucher une bouteille fraîche m’a émoustillée : on aurait presque pu participer à une publicité pour la marque, une fois nos corps dépoussiérés.

Rien qu’en collant cette bouteille contre ma joue, je crois bien avoir fait monter le liquide de quelques degrés. Je pense à peine exagérer.

Malgré un goût de citron chimique, on n’a pas joué les difficiles après deux jours d’eau chaude et de nourriture lyophilisée.

Nous avons repris ensuite notre route jusqu’au CP 5, croisant fréquemment Carl, un coureur, qui se reposait à l’ombre.

Mais nous approchions enfin du CP 5 qui allait marquer un grand tournant dans notre aventure : l’arrivée dans la zone tribale indienne…

Une annonce préoccupante

Une vache en travers des sentiers
Nos rencontres de la journée

Nous sommes parvenus en fin de journée (vers 17 heures) dans une petite ville où la fête de Diwali battait son plein : les habitants sont en effet en effervescence et allument lampes et pétards pour célébrer cette fête religieuse.

Le CP était situé dans un champ avec deux tentes un peu à l’écart.

Malgré la fatigue de la journée, nous avons décidé avec Mimi de reprendre notre route de nuit vers la zone tribale indienne : en effet, la chaleur serait moins étouffante. J’aime de plus particulièrement cheminer de nuit.

Nous avons investi une tente pour une micro-sieste. Puis après avoir ingurgité un repas lyophilisé à la belle étoile, nous avons quitté le CP.

Néanmoins, Marc, un des membres de l’organisation, nous a donné une information confuse avant notre départ : il nous a en effet confié que dans la zone tribale indienne vers laquelle nous nous dirigions, des coureurs avaient pris des jets de pierre dans la tête.

Mais il n’en savait guère plus. Cette information nous a particulièrement choquées : les risques d’incivilités en effet existent sur les courses à l’étranger, mais je n’en ai guère vu jusqu’à présent.

Nous avons alors demandé si des consignes spéciales avaient été données, mais Marc n’en savait pas plus.

Comme nous allions aborder une zone tribale indienne, nous avons décidé de couvrir nos jambes avec nos paréos et sarongs. Inutile de trop se faire remarquer, d’autant plus s’il y a déjà eu des incivilités vis-à-vis de coureurs.

Frontales allumées, nous avons quitté le CP déterminées, mais un peu choquées toutefois par cette nouvelle.

Des chants et des musiques de fêtes résonnaient dans les villages proches de cette zone tribale indienne.

Nous étions un peu tendues et n’avions qu’une hâte : fuir pour le coup la civilisation et nous enfoncer de nouveau dans la pampa, loin des Indiens susceptibles d’être éméchés…

Une nuit cauchemardesque

Le muret derrière lequel nous nous sommes cachées. La flèche rose sur le rocher est le balisage sommaire.
Muret derrière lequel nous nous sommes abritées

Nous ne nous imaginions pas encore que notre périple allait prendre des allures de cauchemar.

En effet, après avoir parcouru deux ou trois kilomètres, j’ai aperçu au loin deux Indiens sur le bord d’un champ. La situation semblait vraiment improbable.

Je les ai signalés à Mimi et lui ai dit que ça ne laissait rien présager de bon. Arrivées à leur hauteur, nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient en fait plus nombreux.

Après avoir échangé le fameux « Namaste » de rigueur, nous avons exposé à voix haute notre espoir qu’ils ne s’en tiennent qu’à de courtoises salutations.

Mais ils nous ont emboîté immédiatement le pas. Nous avons tenté de leur faire comprendre que nous faisions une course, masquant tant bien que mal notre appréhension.

Mais ils sont devenus plus pressants. D’un commun accord, nous avons alors décidé de nous mettre à trottiner gentiment. Or ils ont commencé à nous suivre. J’ai voulu alors tenter un coup de bluff en leur montrant que bon, ok, le petit jeu avait assez duré et qu’il fallait nous laisser poursuivre notre aventure.

Mais ils ont continué à nous suivre. Nous avons alors augmenté le rythme, passant au cœur d’un village de cette zone tribale indienne. Puis nous avons doublé une moto dont ils connaissaient le conducteur.

Mimi m’a alors dit d’éteindre ma frontale et de courir le plus vite possible. Nous avons donc entamé une course folle, à en perdre haleine. Effrayées et éreintées, nous avons alors décidé de nous cacher dans un champ, derrière un petit muret.

Une attente interminable

Je ne saurais vous retranscrire avec mes mots la frayeur que nous avons éprouvée : je crois en effet que nous avons même vu notre dernière heure arriver.

Comme il est stressant dans ces moments de ne pouvoir communiquer dans la même langue pour comprendre les intentions des gens !

Ces jeunes ont-ils simplement voulu nous faire peur, en s’amusant de la situation ? Voulaient-ils nous faire du mal ? Des actes d’incivilité contre d’autres coureurs avaient eu lieu en zone tribale indienne. Peut-être avons-nous amplifié la situation ?

Nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire. Mais ce qui est certain, c’est que nous sommes restées prostrées derrière ce muret, tentant de joindre l’organisation.

Deux indiens sont venus à notre rescousse et nous ont finalement retrouvées et ramenées au CP après plusieurs heures.

L’organisateur a alors bloqué la course jusqu’au petit matin, au vu des événements, sur plusieurs portions de cette zone tribale indienne.

Mes impressions de Bee

La Bee garde le sourire malgré la fatigue et les péripéties.
Une Bee avide d’aventure

Quel soulagement lorsque nous avons enfin vu la voiture des Indiens qui nous ramenaient au CP dont nous étions parties !

Mais très vite, des pensées plus négatives se sont insinuées dans mon esprit : j’aime en effet courir de nuit à la fraîche.

Or nous avions perdu beaucoup de temps et d’énergie terrées derrière ce mur. L’organisateur avait de plus bloqué la course jusqu’à 6h30, alors que nous étions parties à 21 h. Que d’énergie perdue inutilement !

Nous allions prendre un retard considérable : allions-nous pouvoir finir dans le timing ? Pourrions-nous recourir de nuit sereinement après ces rencontres douteuses ? Avais-je simplement envie de poursuivre cette aventure ? Une bonne nuit dans une tente, au milieu d’un champ, allait me porter conseil…

Affaire à suivre…

Rencontre avec une indienne d'une tribu
Rencontre avec une indienne d’une tribu

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour la suite et fin de cette aventure.

Je voulais avant tout vous remercier de votre soutien durant cette année 2019 et vous souhaiter de belles fêtes.

N’hésitez pas bien sûr à parler du blog autour de vous et à liker et partager cet article depuis le blog s’il vous a plu…