La Bee avec les copains sur le X ultra trail

Il est enfin temps de vous raconter mon aventure en Auvergne, lors des 80 kilomètres du X-Ultra trail des Grands Trails d’Auvergne.

Si j’ai quelque peu attendu, c’est parce que j’ai connu une véritable frustration lors de ce challenge : il faisait en effet un temps magnifique en France ce week-end du 8 octobre, sauf en Auvergne !

Difficile de ne pas ressentir une certaine déception, surtout quand on vient découvrir une région et qu’on n’y voit parfois pas à un mètre.

Heureusement, il y a eu certaines compensations : nous avions en effet profité de ce week-end pour nous rassembler entre running yogis. Un moment fort de partage et de rencontres !

Mais avant toute chose, retour sur ces 80 kilomètres dont je suis venue à bout grâce au mental…

LA RÉGION LIVRADOIS-FOREZ, UNE NATURE INTACTE

Vous connaissez la région Livradois-Forez ? Il s’agit du fief des Grands Trails d’Auvergne. Le départ des courses est en effet donné au bord du lac d’Aubusson d’Auvergne.

Il s’agit d’une région considérée comme moyenne montagne, avec le sommet de Pierre sur Haute qui culmine à 1 634 mètres. Ce parc naturel doit son nom aux deux chaînes de montagnes qui sont séparées par la rivière Dore : les monts du Forez sont du côté est, tandis que ceux du Livradois sont du côté ouest.

De superbes forêts de sapins s’étendent à perte de vue sur ces monts. Le plus troublant, c’est certainement l’absence d’habitations au sein de ces immenses espaces. Elles sont clairsemées çà et là, comme incrustées dans des interstices de nature.

Pas étonnant que l’endroit ait donné des envies de trails aux organisateurs !

Et encore, je vous décris simplement ce que j’ai pu voir en arrivant, avant de pénétrer dans un nuage de brume épais. J’ai en effet bien vite déchanté en allant retirer mon dossard au bord d’un lac recouvert d’une chappe de nuages.

PRÉSENTATION DES GRANDS TRAILS D’AUVERGNE

Affiche des Grands Trails d'Auvergne
Affiche des Grands Trails d’Auvergne

Certaines coïncidences vous rattrapent parfois.

J’étais en effet partie un été en solo avec mon sac à dos au Kenya. Je vous avais raconté cette incroyable aventure par épisodes. J’y avais rencontré un de mes contatcs Facebook, Érick. Il y dirige une éco-ferme, Muringa Farm, et reçoit bien souvent des écovolontaires qui contribuent aux activités proposées.

L’organisateur des Grands Trails d’Auvergne était passé à la ferme lors de mon séjour en altitude et nous avions parlé de sa course. Il n’avait pas menti.

Croyez-moi, même si le soleil n’était pas de la partie ce samedi 8 octobre, le lac d’Aubusson d’Auvergne est l’endroit idéal pour se faire plaisir en famille : en effet, l’événement ne compte pas moins de 6 courses et 1 randonnée.

Il y en a pour tous les âges et tous les niveaux : les enfants peuvent ainsi s’éclater sur le Kid’s trail (1,5 km), les adultes s’initier au trail sur l’Initia-trail de 14 km, ou allonger les distances avec le Trail du Lac (25 km), le Trail des Druides (48 km), l’X-Ultra trail (78 km) et le 360 Ultra-Trail. Mais il existe aussi une randonnée pour ceux qui préfèrent prendre le temps tout en se challengeant.

Lorsque je me suis diplômée en running yoga au mois de juin, les formateurs avaient évoqué l’idée de faire un rassemblement Running Yogis lors de l’événement. J’ai mis un peu de temps à me décider, car je ne me sentais pas vraiment prête à repartir sur du long après cette année difficile, tant mentalement que physiquement.

Mais je me suis laissé convaincre par les copains tardivement : j’ai alors signé pour le 78 kilomètres, sans savoir qu’on me proposerait entre temps un triathlon 15 jours avant.

Or quand j’ai voulu rétrograder en kilométrage, il était trop tard.

UN BAD TRIP SUR LE X-ULTRA TRAIL…

Une vache dans la brume sur les Grands Trails d'Auvergne
Une vache dans la brume auvergnate

Alors je ne pourrai pas vous faire un compte rendu détaillé comme je peux en faire bien souvent pour deux raisons :

  • Comme je vous l’ai dit précédemment, la météo n’était pas au beau fixe. Si le froid était bien présent (5 degrés à certains moments) et qu’il a fait trembler ma jupette KARI TRAA, ma plus grande frustration a été la brume : impossible en effet d’apercevoir les panoramas vantés par l’organisation. Du départ à 9 heures, jusqu’à la nuit, le temps ne s’est pas dégagé : pas de Sancy, de Mont Dore ou d’Alpes à l’horizon, mais une belle purée de pois !
  • Dès le départ, je me suis retrouvée dans un « bad mood » : pas d’envie, pas assez préparée, fatiguée par mes adaptations à mes changements de vie et mon triathlon récent, frustrée d’avoir fait 4 h 15 de route pour ne rien voir. J’ai subi ainsi les 39 premiers kilomètres, me disant que ce n’était pas la peine de continuer s’il n’y avait pas de plaisir.

…MAIS FINISHER DE CET ULTRA TRAIL DE 80 BORNES

La Bee en course sur le X Ultra trail des Grands Trails d'Auvergne
La Bee en plein effort sur le X Ultra Trail

Comment dire ? Se lancer sur un 80 kilomètres avec plus de 3 000 de D+ sans plaisir dès les tout premiers kilomètres, sous une brume humide, c’est porter un coup sévère à son mental qui a déjà bien assez souffert cette année.

Les premiers kilomètres vous mettent de plus immédiatement dans le jus : tout n’est que succession de voies romaines ascendantes, avec des pierres plus ou moins grandes jonchant le sol, de sentiers boueux et de petits ruisseaux formés par les eaux de pluie.

Le parcours est particulièrement technique.

Ah ! J’ai maudit les chaussées romaines aux roches irrégulières et les ruisselets !

Je suis arrivée au deuxième ravito, celui du col de la Loge à 39,9 km, en espérant y retrouver ma famille ou des copains. Je comptais ainsi pouvoir monter dans la première voiture et rejoindre les copains running yogis.

Mais le temps a freiné les ardeurs de mes supporters et je n’ai pas vu âme connue qui vive !

J’ai alors opéré un véritable renversement de mes émotions : j’ai en effet mis les pensées parasites qui ruinaient ma course en mode off. Pourquoi ne pas profiter de cette journée pleinement et accepter cette parenthèse telle qu’elle se présentait ?

Alors certes, les sentiers techniques ne sont pas devenus d’un coup roulants : difficile de gambader sur ces gros cailloux glissants et au milieu de ces ruisseaux formés par les pluies des jours précédents !

Mais j’ai été surprise par mon énergie et mon mental pourtant fortement éprouvé depuis la rentrée.

MES IMPRESSIONS DE BEE

La Bee avec ses bâtons sur une des nombreuses voies romaines
La Bee sur une voie romaine

Jamais je n’ai pris le départ d’une course avec un tel état d’esprit, mais jamais je ne me suis sentie aussi forte également sur une arrivée.

Une véritable introspection et surtout une envie d’aller de l’avant, en écartant tout ce qui peut être toxique ou me freiner.

Pour en avoir discuté avec maints coureurs, il ne faut pas prendre à la légère cette course aux sentiers techniques : le parcours ne cesse en effet d’alterner rochers, forêts et ruisseaux. Le dénivelé est assez important et il est difficile de courir sur bien des portions.

Plusieurs runneurs ont mentionné la monotonie ressentie et l’aspect particulièrement technique du parcours. Même si j’ai beaucoup cogité, j’ai également eu cette impression, certainement liée à la météo.

Notre constat avec quelques compagnons de route à l’arrivée est qu’on ne peut vraiment pas comparer les trails entre eux : un 80 kilomètres avec le même D+ peut être bien plus roulant qu’un autre, plus technique, et la performance ne sera pas la même.

Chaque course est différente !

Mais attention, il ne faut surtout pas sous-estimer l’Auvergne qui mérite son appellation de terre de trail.

Un ruisseau sur le parcours des Grands Trails d'Auvergne
Un des nombreux ruisseaux des Grands Trails d’Auvergne

Je retiendrai surtout de cette course le dernier kilomètre qui m’a paru interminable autour du lac, la nuit froide avec au loin la sono annonçant les arrivées, la silhouette de mini Bee qui surgit dans l’obscurité et ce finish main dans la main, avec ses yeux emplis de fierté.

C’est vraiment cela le bonheur, la vraie victoire !

MA CONCLUSION DE BEE

Ce statut de finisher a pour moi une saveur bien particulière sur un plan personnel. J’ai en effet relativisé bien des choses. Il faut dire qu’en 11 h 30 de course, on a le temps de cogiter !

Surprise ! Ma perf n’est pas si mauvaise : je finis 15ème féminine, 2ème de ma catégorie et 85ème au scratch.

Mais j’ai surtout envie de revenir pour découvrir la région, en off ou sur une course parmi celles proposées par Les Grands Trails d’Auvergne. Les bénévoles sont juste hyper bienveillants, accueillants et l’organisation est au top.

Je croiserai néanmoins les doigts pour voir le soleil et qui sait, les crêtes de quelques monts connus.

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