En route vers les cîmes avec l’UT4M Master…

170624-reco

Il y a un an, si on m’avait dit que dans à peine six jours, je serai sur la ligne de départ d’un gros challenge en montagne, j’aurais certainement éclaté de rire.

Mais il a suffi d’une rencontre avec un passionné, Nicolas, pour me faire sortir de ma zone de confort et affronter mes vieux démons : un vertige sans nom et mes crises régulières d’asthme.

Comme vous avez pu le voir depuis plusieurs semaines, j’ai choisi cette année comme challenge estival l’UT4M Master : l’an dernier, j’avais pris à la suite d’un pari le départ du 40 kilomètres de la Chartreuse, une épreuve pour laquelle j’avais entrepris diverses démarches afin de gérer mon vertige et ma phobie du vide. Cliquez sur ce lien pour voir un des articles qui y est consacré.

Je fermais en effet la porte à diverses aventures à cause de dénivelés qui me donnaient des sueurs froides rien que sur le papier.

Après quelques séances d’hypnose et un week-end choc avec Nicolas – cliquez sur ce lien – pour reconnaître le parcours, j’avais réussi en solitaire l’ascension de la Chartreuse, non sans stress et un petit vomis pour marquer le coup, me classant même au pied du podium dans ma catégorie.

Je suis d’ailleurs ravie d’avoir généré des motivations parmi vous en écrivant et partageant mon périple : je sais que plusieurs d’entre vous se sont inscrits après avoir lu mon aventure.

Je ne remercierai jamais assez Nicolas qui m’a permis de mettre un pied à l’étrier et de découvrir le monde des ultras, car depuis, je suis complètement piquée.

170624-reco2

Mais revenons à nos massifs et à la raison qui m’a poussée à me réinscrire sur l’un des challenges de l’UT4M : j’ai été immédiatement séduite par l’ambiance, tant au niveau des bénévoles que de l’organisation, par les paysages extraordinaires, par le gala de fin de course gargantuesque et convivial, mais ce que je trouve vraiment intéressant, c’est que tu peux venir t’éclater et faire du trail à la carte, selon ton niveau.

Jugez-en par vous-même…

 

Des challenges pour tous

 

Ut4M Affiche FR 2018.png

Pas besoin d’être un traileur émérite pour venir profiter des somptueux paysages autour de Grenoble et de l’ambiance de course : la carte des parcours proposés lors de l’UT4M s’est encore étoffée cette année de nouvelles distances.

Il y en a pour tous les goûts, en fonction de vos envies et de votre niveau : vous n’êtes pas convaincus ?

Croyez-moi, peu de challenges proposent autant de courses, puisqu’on en dénombre 12 au total :

  • pour les néophytes ou ceux qui préfèrent les petites distances, ils peuvent se confronter à un 20 km, un 17 km ou un 10, à moins qu’ils ne préfèrent les murs et s’attaquer directement à un kilomètre vertical ;
  • pour ceux qui sont un peu plus gourmands, il est possible de courir sur un seul massif, soit une quarantaine de kilomètres ;
  • pour les amoureux du long, deux possibilités s’offrent à vous : soit l’UT4M Xtrem et ses 169 km et 11000 D+ d’un coup, soit l’UT4M Challenge qui vous propose les mêmes distances mais avec un massif par jour.

Pour satisfaire toute la famille, une course est même organisée pour vos rejetons !

Je vous invite à regarder le descriptif de chaque course en cliquant sur ce lien et vous propose de vous replonger dans mon compte rendu de l’année dernière avec ce lien.

Plaisir des yeux garanti, quel que soit votre parcours !

Moi qui avais peur de la montagne et n’avais, en bonne terrienne, aucun atome crochu, je me suis laissé complètement embarquer par les paysages à couper le souffle… et les pattes !

Ut4M 20 - 36751315566_7601faf431_o.jpg

Mais vous êtes étonnés de ne pas voir l’UT4M Master parmi toutes ces courses ?

C’est normal, il fallait bien que je réserve une place particulière à ce challenge si singulier en ce qui me concerne…

 

L’UT4M Master, l’Everest de la Bee

Ut4M 40 17-Ut4M-┬®Jean-Michel_Bourgit-0302.jpg

Cette année, après mon challenge mexicain qui m’a menée vers des sommets vertigineux, j’avais envie de repartir en solitaire à l’aventure, à la montagne, mais pas n’importe où : j’aime le format de l’UT4M et sa fréquentation.

La Bee n’est pas adepte des grosses courses et est agoraphobe : elle préfère les courses intimistes, avec des ambiances conviviales et bien pensées.

J’ai demandé conseil à Nicolas, tout naturellement : mon vertige n’est pas encore un dossier classé et je cherche encore des moyens probants pour l’éradiquer, ou du moins le maîtriser.

Après avoir regardé quelques photos des éditions précédentes, mon choix s’est très vite porté sur l’UT4M Master : j’ai été séduite bien sûr par les montagnes, mais aussi par les lacs qui jalonnent le parcours.

Ce détail est forcément une source de motivation pour une Bee contemplatrice !

Mais trêve de bavardages, on passe aux choses sérieuses : vous voulez savoir à quelle sauce je vais être mangée ?

L’épreuve se déroule sur 95 kilomètres avec 5500 D+.

Vous voulez une petite photo de profil pour vous faire votre propre idée ?

100_mas_0.png

Comme vous pouvez le constater, elle concerne deux massifs sur les quatre : Belledonne et la Chartreuse qui n’est plus une inconnue pour moi.

Je ne connais pas du tout le massif de Belledonne qui est minéral et exigeant, m’a-t-on rapporté : j’espère juste qu’il n’y aura pas de passages trop vertigineux, car avec la Bee, il n’y a pas trop de monde au balcon dans ces moments-là.

Les ravitaillements sont toujours assez nombreux, quelle que soit la course et on dénombre aussi des points d’eau.

Pour la petite anecdote, sachez que les bénévoles chaque année organisent entre eux des concours du ravito le plus sympa : cela donne une idée de l’ambiance et de l’accueil que vous pouvez avoir lors de vos pauses.

Mes impressions de Bee

À quelques jours de la course, je ressens une certaine forme d’excitation : je suis assez surprise car je n’ai pas d’angoisse comme cela peut m’arriver lorsque je m’élance sur un challenge avec un gros D+.

En fait, comme bien souvent, je ne me mets aucune pression : les dernières semaines ont été quelque peu difficiles au niveau de la préparation et je n’ai rien à prouver à personne.

La canicule a été un obstacle majeur pour les sorties longues et j’ai ressenti de la fatigue liée à mon année de travail et de courses.

J’ai aussi eu quelques contretemps médicaux qui m’ont fait douter quant à ma participation à l’épreuve.

Mais c’est mue par le plaisir de courir dans une belle nature, dans un cadre de rêve, que je prendrai le départ : mon maître mot sera comme bien souvent le plaisir et la jouissance du moment.

Comme je le dis souvent, l’important est de prendre le départ et de s’éclater.

Bien évidemment, j’espère être finisher, mais les épreuves longues et en montagne sont incertaines : plusieurs paramètres interviennent, comme la météo, la forme du moment, et pour moi, mes réactions vis-à-vis du vide et ma gestion de cette phobie.

Mais quelle que soit l’issue, ce sera une belle parenthèse dans mes vacances et un bon tremplin pour les aventures à suivre…

arrivée ut4m.jpg

Si vous souhaitez réagir à cet article, partager votre expérience ou vos impressions, n’hésitez pas à le faire via ce blog ou ma page Facebook, ou sur mon compte Instagram Beerunneuse.

Chaque expérience, chaque partage nous enrichit…

Atteindre des sommets avec le vinyasa yoga sur l’Arche de la Défense

cours yoga

Depuis plusieurs semaines, vous voyez la Bee se rendre le lundi matin, aux aurores, à un rendez-vous bien singulier.

Comme vous le savez, je pratique tous les jours le yoga et la méditation à mon humble niveau : mais je profite souvent de l’été pour me rendre dans un studio parisien et bénéficier de cours encadrés par des professionnels renommés.

Étant une vraie pile, je n’adhère pas à toutes les formes de yoga, il faut que ce soit dynamique : je pratique ainsi essentiellement le Bikram, le Ashtanga et utilise certaines postures que je trouve complémentaires à ma pratique du trail.

De plus, j’ai beau être déjantée, le côté spirituel et mystique prôné par certains instructeurs me dépasse.

J’avais entendu parler des séances organisées sur le toit de l’Arche depuis un certain temps et avais tiqué toujours pour la même raison : mon fameux vertige !

Mais j’ai trouvé l’idée tellement insolite que poussée par la curiosité, j’ai franchi le pas…

Si j’ai réitéré l’expérience, vous vous doutez bien que ce n’est pas par pur masochisme, mais parce que j’y ai trouvé un réel intérêt…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir cette nouvelle expérience et une interview exclusive d’un des professeurs, Jean Tamalay, qui dispense les cours.

 

Une Arche énigmatique

arche

J’ai toujours été intriguée par ce monument architectural renfermant des bureaux, construit sur l’axe historique parisien et réalisé au cours du premier mandat de François Mitterrand.

Qu’à cela ne tienne, je me suis dit que ce serait l’occasion de découvrir un peu l’intérieur et le sommet, mais surtout d’avoir une vue à couper le souffle – ou une crise de tétanie – une fois sur le toit.

Pour ce qui était du yoga, je verrais bien une fois sur place si le professeur et la pratique me plairaient.

J’avoue avoir eu un peu d’appréhension en voyant les ascenseurs en verre à mon arrivée, le stress est monté d’un coup : aller faire du yoga pour se détendre et repartir stressée à l’idée de redescendre dans une cage en verre, quel intérêt ?

Heureusement pour moi, l’entrée se fait sur un des côtés de l’Arche et la montée, dans un ascenseur des plus classiques.

Vestiaires, toilettes, eau, tapis vous attendent à l’arrivée : un vrai plus !

Après être passée devant une immense salle d’exposition, il reste à grimper quelques marches pour atteindre le fameux toit où la vue est absolument démentielle : aucune sensation de vertige, mais l’impression de dominer la ville, d’être dans les airs.

Imaginez un genre de scène à la Titanic en version urbaine.

Une passerelle plus loin et vous arrivez au studio aérien de yoga où les maîtres des lieux, Mylène et Jean, vous accueillent avec simplicité : les tapis colorés jonchent rapidement les lattes de bois, chaque yogi ou apprenti yogi semblant apprécier à sa façon le plafond céleste et la ventilation naturelle qui parcourt les visages ouverts.

Après quelques respirations et trois « om », le cours peut commencer…

 

Jean et Mylène, des instructeurs passionnés

bee profs

Lors des différentes séances auxquelles j’ai participé, j’ai pu faire connaissance avec Jean et Mylène qui dispensent le cours et apportent des corrections lorsqu’il y a de mauvais placements.

Ce lundi, j’ai réalisé pour vous une interview de Jean qui m’a parlé avec passion de cet incroyable projet.

Jean, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean Tamalay et je suis français. À l’origine, j’étais monteur réalisateur pour des chaînes de télévision pour le cinéma. Je passais des heures enfermé dans un studio jusqu’au jour où je ne l’ai plus supporté : j’avais besoin d’air. Je me suis mis au vélo, puis au yoga.

Comme je pratiquais de plus en plus, j’ai décidé de faire une formation et j’ai lâché mon travail.

Depuis, j’enseigne dans plusieurs studios : au Centre de danse du Marais, à Yoga Mania dans le XVe, à Montparnasse, à Montrouge…

J’interviens aussi dans les entreprises.

Quel(s) type(s) de yoga pratiques-tu et pourquoi ?

Le vinyasa est ma méthode fétiche et j’aime aussi le bikram qui est très controversé, mais qui permet d’aborder le yoga comme un sport.

J’ai suivi une formation avec un grand maître, Gérard Arnaud, qui est une référence.

Le yoga, c’est la vie, une attitude pour être bien avec soi-même et les autres.

Il permet de se sentir vivant, de sentir des vibrations à l’intérieur de son corps qui entrent en résonance avec le cosmique. Mais la spiritualité est une autre histoire…

Je suis un passeur de yoga : les postures existent depuis des siècles et je crois à leur fonction, le minimum est de respecter une certaine logique dans une séance.

J’ai eu l’occasion de prendre des cours avec un maître de yoga et de la voix : Patrick Torr.

Il enseigne à chanter des mantras en restant naturel, il ne faut surtout pas surjouer pour avoir les bonnes vibrations.

Comment t’est venue l’idée de faire du yoga sur le toit de la Grande Arche ?

Mylène connaissait la responsable de la Grande Arche, qui pratique aussi le yoga.

Elle lui a donc naturellement proposé d’y dispenser des cours : le lieu est exceptionnel, symbolique avec son alignement avec l’Arc de Triomphe.

Outre le côté médiatique, l’endroit nous a séduits par sa belle ouverture de ciel : on y entend la ville et il faut se concentrer à l’intérieur de soi pour calmer les sons, l’agitation du mental.

Le lieu se prête à une sorte de méditation.

À qui s’adressent les séances ? À des débutants ou à des confirmés ?

Elles sont adaptées à tous les niveaux : l’intérêt est de ressentir la posture et nous sommes là avec Mylène pour corriger les éventuels problèmes.

Le yoga s’adapte aux personnes.

Nous avons entre 15 et 20 personnes présentes depuis le début, dont un tiers d’hommes.

L’idée n’est pas de chercher une performance, mais de donner aux gens l’envie de revenir : nous avons d’ailleurs des « réguliers ».

Ces sessions sont-elles amenées à perdurer ?

A priori, oui : tout dépendra du monde qui s’y intéressera.

Mais elles seront vraisemblablement reconduites en septembre.

Impressions et témoignages

IMG_4679

Pour ma part, après avoir été subjuguée par le lieu, je l’ai été par les cours : j’apprécie la simplicité avec laquelle les postures sont présentées, mais aussi la légèreté des professeurs qui ont beaucoup d »humour.

Pas de miroir pour se regarder, on est vraiment centré sur son ressenti !

Ne croyez pas que le cours ne soit pas exigeant : comme on l’a évoqué précédemment, le yoga s’adapte aux personnes, et Jean n’hésite pas à donner des indications pour les plus expérimentés qui souhaitent éprouver des positions plus « acrobatiques ».

Je suis à chaque fois partie de la session sereine, comme apaisée, rayonnante, positive.

J’ai réussi à me dépasser, à me recentrer et à être en osmose avec l’endroit.

Il faut croire que je ne suis pas la seule, car j’ai rencontré des « réguliers » tout aussi mordus que moi.

Parmi eux, Geneviève, 71 ans, qui vient toutes les semaines « pour se dérouiller, se poser pour échapper à notre monde de fous, où tout va vite. Lors de ce cours, on peut se détendre et se reposer. C’est idéal, car dans beaucoup de salles, c’est un peu l’usine : il faut rapidement filer à la fin du cours pour le suivant. On n’a pas le temps de profiter des bienfaits. Ici, tout incite à la détente : le cours et la cadre ».

 

Si vous êtes intéressé pour suivre ces sessions, sachez qu’il vous faudra attendre fin août à présent : pour vous inscrire, rendez-vous sur le site de la Grande Arche – cliquez sur ce lien pour obtenir vos tickets.

Une séance, avec la montée sur le toit, le tapis, l’eau et le cours, ne coûte que 15 euros.

Alors, prêts à vous lancer dans une aventure intérieure insolite ?

Si vous souhaitez réagir à cet article, poser des questions ou émettre un commentaire, n’hésitez pas à le faire via ce blog, sur ma page Facebook ou mon compte Instagram Beerunneuse.

Merci à Jean pour le temps qu’il m’a généreusement accordé.

Le Trek des Gazelles, des femmes en marche contre les cancers infantiles

marche.jpeg

« Une vraie rencontre, une rencontre décisive, c’est quelque chose qui ressemble au destin. » Tahar Ben Jelloun

Il y a deux ans, je vous présentais une fabuleuse aventure qui se déroulait dans le désert marocain, sous la houlette de Mélanie, une jeune femme dynamique et déterminée : le Trek des Gazelles.

Vous pouvez cliquer sur ce lien pour relire l’article.

Ce projet qui a germé dans son esprit et dans celui de son compagnon Olivier, atteint d’un cancer incurable, a pris forme en octobre 2015 : pour le couple, il était inconcevable que des enfants puissent supporter de telles souffrances liées à la maladie.

Mus par leur passion de la randonnée, ils décident alors d’organiser une marche solidaire pour récolter des fonds et aider les enfants.

La première édition est lancée, portée par Mélanie qui vient de perdre Olivier.

C’est une véritable réussite, un moment de partage sincère, une communion entre femmes autour d’une magnifique cause.

Depuis, l’événement a pris de l’ampleur et a quelque peu évolué.

J’ai eu l’immense honneur de retrouver en ce mois de juillet Mélanie dont le sourire est toujours aussi radieux, et de faire le point avec elle, lors d’une interview concernant son formidable projet.

 

Mélanie, peux-tu nous présenter en quelques mots ton projet ?

paysage.jpeg

En 2018, il n’y aura pas une, mais plusieurs éditions :

  • une édition « mer » dont le départ aura lieu à Essaouira, du 29 octobre au 2 novembre 2018 et concernera 100 participantes. Le lieu d’arrivée sera la cap Tafelney.
  • une édition « découverte » dans les hauteurs de l’Atlas qui conduira les participantes à Ifrane, « la petite Suisse marocaine ». Elle concernera 150 participantes.

Ces deux treks auront lieu sans aucune notion de compétition : les femmes parcourront entre 15 et 25 kilomètres par jour, à leur rythme.

La communication et les repérages ont été faits avec l’aide des autorités marocaines qui garantissent la sécurité du trek.

Plusieurs groupes de niveaux seront organisés et gérés par des guides : les femmes n’auront plus qu’à se laisser porter.

Les dons et autres sont versés à des organisations et des associations essentiellement marocaines et servent à plusieurs actions : formation médicale des personnels, recherche, création de services, financement de journées pour les enfants  – équitation, trek, etc.

journee loisirss.jpeg

Le Trek des Gazelles compte aujourd’hui une trentaine de personnes dans son staff, sans compter les civils et ambulanciers qui participent au bon déroulement de l’événement.

 

Pourquoi avoir choisi le Maroc pour faire vivre ce projet ?

J’ai beaucoup voyagé et ai eu un réel coup de coeur pour ce pays : je trouve qu’il représente un véritable concentré de l’Afrique.

Chaque région est différente et on retrouve sur ce territoire tous les paysages.

C’est une véritable terre du trek !

L’événement permet de découvrir de somptueux territoires, comme l’Ifrane célèbre pour sa cèdrerie et ses macaques.

 

À quels types de femmes s’adresse ce projet ?

YWuXspZg.jpeg

Il ne s’adresse pas à un type de femmes mais à toutes les femmes motivées pour participer à une cause solidaire. Il n’y a pas de barrières sociales.

Il n’est pas nécessaire d’être une grande sportive, car il n’y a pas de notion de compétition, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut chercher le dépassement de soi.

Pour les novices en trek, on fait des petits rappels en début d’édition sur les notions basiques du sport, comme l’hydratation, la gestion de l’effort, etc.

Un briefing sportif a lieu pour toutes les femmes pour préparer au mieux l’événement.

Le parcours n’est dévoilé qu’à la dernière minute, ce qui renforce la sécurité.

Nous avons remarqué sur les éditions précédentes que la moyenne d’âge était entre 40 et 50 ans, mais nous avons des participantes de 18 à 70 ans.

Cette année, la tranche des 25-30 ans était également bien représentée.

 

Quelles valeurs cherches-tu à véhiculer avec ce projet ?

J’ai avant tout envie de faire du bien aux femmes : cette aventure leur apporte beaucoup de bonheur, elles se retrouvent entre elles, sans les pressions générées par notre société.

Il n’y a plus ni jugements, ni discriminations.

Il s’agit d’une aventure sportive, mais avec une grande part de spiritualité, qui exacerbe la philosophie du trek en transmettant des messages de solidarité, d’espoir, de retour à l’essentiel.

Pour beaucoup, c’est une véritable quête de soi : en marchant, les émotions ressortent, des liens se créent, il y a comme un côté mystique.

Cet événement véhicule aussi des valeurs éthiques : on apprend à vivre en respectant la nature, les femmes rencontrent des populations locales, ont des échanges, etc.

Les valeurs sportives sont aussi à l’honneur avec la notion de dépassement de soi, que ce soit pour les femmes, mais aussi pour les enfants et les personnes privées de leur mobilité. On prend conscience de la chance que nous avons d’être vivants.

 

Comment se déroule une journée type sur le trek ?

femmes gouter.jpeg

Les journées sont ponctuées de petits rendez-vous : nous avons la présence sur le bivouac d’un professeur certifié de hatha yoga, Marie.

Elle propose des séances au lever du soleil pour préparer à la marche, puis au petit-déjeuner.

Pour celles qui le souhaitent, Marie organise avant le dîner des séances de méditation et des groupes de partage.

Après les temps de marche, un goûter est organisé autour d’un thé et de pâtisseries locales.

Tous les produits utilisés au niveau alimentaire sont frais pour garantir une sécurité : les plats sont toujours réalisés au dernier moment.

Un des moments phare du bivouac reste celui de la douche : les femmes reviennent à l’essentiel en utilisant un simple seau et un mug. Ce rituel est en général fort apprécié.

 

Que pourrais-tu ajouter pour motiver les femmes à rejoindre cette aventure ?

melanie.jpeg

Aujourd’hui, il faut savoir que nos inscriptions sont complètes cinq minutes après l’ouverture du serveur !

Certaines femmes ont émis le souhait d’être préinscrites pour l’édition 2019 !

Le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux contribuent à la réussite du projet.

Nous sommes forcément touchées par le succès que remporte notre événement, mais voulons conserver son format pour garantir la qualité de l’accueil et des relations qui se nouent.

D’autres idées germent encore pour les années à venir…

logo.jpeg

Merci Mélanie pour cette belle présentation et ce projet solidaire en faveur des enfants atteints de cancer.

Je me joins à toutes les femmes qui y adhèrent pour lui souhaiter toute la pérennité qu’il mérite…

 

Si vous souhaitez réagir à cette interview, avoir davantage de renseignements ou faire part de votre expérience, vous pouvez le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram en commentaire.

La petite cantine de la Bee pour ses ultras

IMG-3469-1.JPG

Aujourd’hui est un grand jour, car je vais enfin vous dévoiler les plats à la carte que mon joli restaurant portatif proposera lors de mes prochains ultra trails en autonomie.

Plusieurs parmi vous m’ont en effet demandé depuis mon retour de l’Ultra Run Raramuri au Mexique comment je me nourrissais et quelles étaient mes préférences.

Je vais vous parler essentiellement dans cet article des plats lyophilisés que j’ai pu tester sur mes courses en autonomie, le matin et le soir essentiellement, et non des barres et mélanges de fruits et de graines que je consomme pendant l’effort – je vous invite à relire les articles que j’y avais consacrés en cliquant sur ce lien et je vous reparlerai bientôt de ces partenaires qui me font confiance.

Bien évidemment, cette sélection est purement subjective, mais elle tient compte de ma petite expérience et des erreurs que j’ai pu faire : la partie alimentation sur ce type de courses n’est pas à négliger et il ne faut pas penser qu’il faut uniquement subvenir à ses besoins.

J’ai en effet souffert du sentiment de frustration lors de ma première expérience, n’ayant pris que le strict minimum et aucun aliment vraiment « plaisir » : or une petite récompense gustative, ce que j’appelle les petits « extras », est bienvenue le soir sur un bivouac ou lorsqu’on se trouve au milieu de nulle part.

Alors, prêts à découvrir les petits plats qui figureront à la carte de la cantine de la Bee ?

Les fournisseurs de la Bee

Avant de vous livrer les petits plats qui font vibrer mes papilles lors de mes courses, je vous propose de vous donner les adresses de mes principaux fournisseurs.

Décathlon

Lors de ma première expédition dans le désert, j’ai eu quelques soucis au niveau des quantités et ai dû acheter en dernière minute quelques plats.

En cherchant sur internet, je me suis rendu compte que Décathlon en proposait : il n’y a pas beaucoup de choix, mais l’avantage, c’est qu’il y a partout des enseignes.

Pas besoin de se déplacer dans un magasin spécialisé !

Quand on s’y prend un peu en dernière minute, comme la Bee, ce peut être une solution intéressante, mais attention aux stocks – surtout dans certains magasins – qui sont limités, d’autant plus quand ce n’est plus la saison du camping !

Le Vieux Campeur

vieux campeur.jpg

L’enseigne est connue sur Paris par tous les traileurs et randonneurs.

Il faut dire qu’elle est des plus impressionnantes !

Imaginez tout un quartier avec des pôles consacrés à chaque spécificité – 30 exactement : équipement, tentes, chaussures, alimentation, cartographie, etc.

Pensez d’ailleurs à bien consulter le plan avant de vous y rendre pour savoir dans quelle boutique vous devez aller, ainsi que le nom de la rue.

Je vous invite à cliquer sur ce lien pour tout découvrir.

En ce qui concerne l’alimentation, vous trouverez votre bonheur au 30, rue des Écoles dans le XVIIe.

J’ai particulièrement apprécié l’accueil, l’écoute et le sérieux du responsable qui n’a pas hésité à me conseiller en fonction de mon régime alimentaire.

C’est une vraie caverne d’Ali Baba du lyophilisé et des en-cas.

Sachez également que certains samedis, vous pouvez venir tester les plats lyophilisés, ce qui peut être intéressant avant de les acheter : je ne vous conseille en effet pas de partir sans savoir de quoi il retourne, car on peut avoir des surprises désagréables, et après une journée d’efforts intenses, on a plus que besoin de réconfort.

Lyophilisé and co

logo_lyophilise_.jpg

Quand on est loin ou qu’on n’a aucun magasin à proximité pour trouver les précieuses denrées, il reste la magie d’internet.

J’ai ainsi découvert, grâce à des ultra traileurs rencontrés lors de mes courses, le site « lyophilisé and co » qui est une mine d’or pour alimenter ma carte.

Je vous conseille d’aller les découvrir en cliquant sur ce lien.

On y trouve de tout, quel que soit son régime !

Vegans, végétariens, vous ne pourrez qu’être comblés.

J’ai même pu assouvir ma soif de jus vert sur ma dernière course grâce à un smoothie en poudre ! Je vous en reparlerai dans la suite de mon article.

Même à distance, vous bénéficiez d’une assistance absolument fabuleuse : vous pouvez établir des devis, demander conseil, faire élaborer des « menus » en fonction de vos besoins et de vos préférences…

Certains plats sont déclinés dans plusieurs marques et bénéficient souvent d’avis de consommateurs afin d’avoir une idée plus précise.

Je trouve d’ailleurs que la qualité n’est pas toujours présente et deviens peu à peu une Bee exigeante : quel déplaisir de réhydrater un plat dont la plupart des éléments restent durs ou de constater que la « viande » est composée de petits cubes ressemblant à des morceaux de pâtée pour chats !

J’ai ainsi pu établir un petit top 10 de mes plats préférés que je vais immédiatement vous révéler…

Les petits plats en équilibre de la Bee

platlyo

En me lançant dans les ultras en autonomie, j’ai découvert un nouveau monde : celui des plats lyophilisés.

Je ne me doutais même pas qu’il en existait une telle variété !

Avant toute chose, je tiens à vous prévenir que je suis flexitarienne, même si aujourd’hui, pour des raisons de santé, je tends à m’orienter vers un régime végétarien.

Je n’aime pas non plus le fromage – je sais, certains diront que c’est une honte pour une Française, mais on ne se refait pas et il y a plus grave dans la vie – et vous ne trouverez donc pas dans mon top 5 d’aligot ou autres spécialités du genre, même si j’ai cru comprendre, sur mon ultra au Mexique, que certaines recettes étaient à tomber – dixit ma Mimi pour ceux qui ont suivi notre périple.

Je vous livre à présent une liste des aliments qui constitueront la carte de mon restau-bivouac :

Le petit-déjeuner

  • le muesli au chocolat de la marque norvégienne REAL : alors oui, il est un peu cher – 6,95 euros – mais pour en avoir essayé d’autres certes moins chers, c’est de loin mon préféré. J’aime sa texture, ses morceaux de chocolat qui le rendent gourmand et ses ingrédients naturels. Un pur bonheur avant de se lancer dans sa journée d’effort ! 450 kcal pour 114 g, cela reste convenable. Et surtout, il n’est pas trop sucré !
  • les oeufs brouillés de chez ADVENTURE FOOD : je n’étais pas spécialement convaincue par ce type de proposition, mais elle est intéressante au niveau des protéines. La texture un peu trop visqueuse m’a en revanche moyennement plu, mais peut-être est-ce moi qui ai mal géré le niveau d’eau. En tout cas, je trouve le goût pas trop mal, même si on est loin de ceux servis dans de bons restaurants.
  • les flocons d’avoine à la framboise de chez FUEL YOUR PREP : 70g de vrai bonheur, tant par le goût que par la texture ! Avec ses 350 kcal, il permet de donner une belle énergie pour avaler les kilomètres !

Les plats

J’avais déjà mentionné un certain nombre de plats lors de mon premier périple à Fuerteventura – cliquez sur ce lien pour découvrir l’article, mais je vais compléter ma liste avec quelques produits de marques différentes découvertes lors de mon ultra au Mexique :

  • les penne bolognaise de la marque LYO FOOD : une tuerie ! Les ingrédients sont naturels et je me suis sincèrement régalée. On est encore loin des recettes des mamas italiennes, mais j’ai été séduite par le goût et la consistance. En plus, le rapport poids/calories est intéressant : 95 g pour 400 kcal dont 40 g de glucides. Le sachet coûte 8 euros, mais sur le site de lyophilisé and co, il y a parfois des réductions.

Les desserts

La palme lors de mon ultra au Mexique revient incontestablement au riz au lait aux fraises de SUMMIT TO EAT : quelle belle découverte gourmande et quelle texture généreuse ! Un beau réconfort après l’effort, avec un rapport énergétique intéressant : plus de 400 kcal.

Les plus

Comme je vous l’ai dit précédemment, j’ai été frustrée lors de mon premier ultra où je n’ai pu donner cours à une de mes habitudes : celle des jus verts.

J’emporte certes les gourdes de ma partenaire Boa Mon Jus  – code de réduction sur ma page Instagram – pour le début de mes aventures, mais elles sont assez lourdes et je ne peux me permettre ensuite de trop m’encombrer.

J’ai trouvé une solution idéale avec la marque LYO FOOD qui est distribuée via le site lyophilisé and co : on trouve effectivement des smoothies en poudre !

IMG-0768.JPG

J’ai testé les deux proposés et ai eu une préférence pour le Red – fraises, bananes, pêches, canneberges… – qui a illuminé une de mes pauses lors de l’Ultra Run Raramuri au Mexique : sa texture est onctueuse, on y retrouve bien le goût des fruits et il n’est pas trop sucré. J’ai pu étancher ma soif.

À noter : la même marque propose des fruits lyophilisés qui sont absolument bluffants.

 

Il importe sur ce type d’épreuves d’avoir des aliments plaisir et donc de les tester avant.

Mais vous avez peut-être vous aussi des habitudes gourmandes, comme la Bee : je ne pars jamais sans mes paquets de M&M’S qui m’apportent un peu de douceur après une rude journée et dont le chocolat ne fond pas, et mes TUC !

Et vous, quelles sont vos petites habitudes alimentaires de course ? Connaissez-vous la nourriture lyophilisée ? Quel est votre plat préféré ?

N’hésitez pas à partager votre expérience et à échanger via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram.

Un programme sportif à la carte dans le Morvan

ac836388-cadf-44bc-ba01-c4a1d3b870d3

Je vous ai emmenés hier sur de magnifiques parcours de trail que j’ai découverts le week-end dernier dans le Morvan, pendant un voyage de presse.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises : la région offre tout un tas d’autres attraits pour les sportifs et leur famille.

Pour une Bee qui aspire à croiser ses entraînements pour la préparation de ses ultras, afin de soulager ses articulations, ce territoire est un véritable paradis !

J’ai d’ailleurs immédiatement eu une pensée pour mes amis triathlètes en découvrant un spot idéal pour leurs disciplines variées : sentiers de VTT, lacs, la nature généreuse offre de multiples possibilités.

Mais ce qui m’a particulièrement plu, c’est d’avoir pu sortir de ma zone de confort en découvrant de nouvelles activités.

Le petit plus ?

Elles peuvent toutes se partager en famille, ce qui est un excellent argument pour ne pas vivre nos passions en égoïste.

Pour les plus téméraires, il y a même moyen de vivre le grand frisson.

Jugez-en par vous-même…

Au gré du courant

047637db-730b-470e-86e3-63f5451169c6

Depuis quelques années, un élément m’attire indéniablement : l’eau !

J’ai en effet pu éprouver ses vertus lors de mes diverses préparations de courses et ai remarqué qu’il m’apaisait.

À mon retour du Mexique, j’ai ainsi décidé de prendre quelques cours de natation pour apprendre le crawl – qui sait, peut-être aurais-je un jour l’envie de me lancer sur un triathlon ?

Quand j’ai reçu le descriptif de notre séjour, j’ai un peu tiqué en voyant le mot « rafting » : « Encore un coup à se retrouver dans l’eau, coincée sous mon embarcation !  » me suis-je immédiatement dit.

Je ne me sens pas encore suffisamment à l’aise avec la nage pour ne pas appréhender de me retrouver dans le courant après avoir chuté de l’embarcation.

Certes, j’ai pratiqué le surf et le paddle, parfois sur une mer agitée, mais étrangement cela ne m’a jamais angoissée.

Pour tout vous dire, je n’imaginais même pas qu’il pouvait y avoir des courants aussi forts dans les rivières du Morvan.

Et pourtant…

Il faut dire que le nombre de barrages explique ce phénomène.

Deux rivières du Morvan sont réputées pour leur fort courant : le Chalaux et la Cure.

Notre GO Élodie avait choisi de nous faire découvrir l’activité avec Hervé qui travaille au sein d’une société d’activités nautiques : Angie Kayak.

Après avoir enfilé une combinaison renforcée et avoir écouté quelques consignes de sécurité, nous avons embarqué à quatre à bord d’un raft pour une balade sur le Chalaux de près de 6 kilomètres.

J’avoue ne pas avoir fait la fière, assise sur mon boudin, quand nous avons commencé à manoeuvrer l’embarcation.

Notre instructeur, fort pédagogue, nous a fait exécuter quelques manoeuvres contre les rochers et j’ai peu à peu gagné en confiance en m’apercevant que l’attache qui maintenait les pieds permettait, en étant un peu gainée, de ne pas passer par-dessus bord.

Je me suis parfois tout de même retrouvée projetée au milieu de l’embarcation, mais à aucun moment je ne suis tombée à l’eau.

J’ai même poussé le bouchon à la fin jusqu’à sauter dans le courant et à me laisser porter.

Si vous êtes plus téméraires, vous pourrez essayer l’hydro speed : équipés d’une combinaison, d’un flotteur et de palmes pour vous diriger, vous glisserez au gré du courant.

IMG_2291

Frissons garantis !

Je vous rassure, si faire monter votre taux d’adrénaline ne vous intéresse pas, vous pourrez essayer des activités plus calmes : nous avons pour notre part fait du pédalo le dimanche après-midi et cela peut être particulièrement physique.

Pour découvrir plus calmement les cours d’eau, il est aussi possible d’utiliser un paddle ou un canoë.

À moins que vous ne préfériez les observer de loin sur votre serviette de plage !

La tête dans les airs

30f5c44d-3278-42f9-bde4-dcd6a033bc33

On ne présente plus ma principale phobie : j’ai nommé mon vertige !

Après l’activité assez remuante de rafting, Élodie nous avait concocté une petite surprise qui demandait un peu de prendre de la hauteur : la grimpe d’arbres.

Une fois arrivée dans les bois, j’ai bien vite compris ce qui m’attendait : d’épaisses cordes pendaient autour d’un gros arbre et en levant la tête, on pouvait apercevoir des hamacs.

L’idée de refuser l’activité s’est immédiatement imposée à mon esprit, mais je n’ai pas réussi à la formuler catégoriquement : quelques minutes plus tard, j’avais enfilé un harnais et m’apprêtais à vivre une expérience inouïe.

L’idée était d’aller prendre l’apéritif dans des hamacs en haut de l’arbre.

Un argument de taille me direz-vous : que ne ferait-on pas pour une bonne petite bière fraîche ?

Seul hic : il fallait se hisser à la force des bras jusqu’à ceux-ci.

Pour la Bee, ce fut mission impossible : la mienne était bien moins ambitieuse que celle des autres – je ne suis pas fan de bière de toutes les façons – et consistait à rester en l’air le plus haut possible pour gérer ma phobie.

Mission accomplie : pendant que mes comparses vidaient des bières et mangeaient le succulent pain d’épices local, j’ai fait une séance de méditation à 4 mètres au-dessus du sol.

Un pur bonheur ! Une vraie réconciliation avec les arbres et le vide !

Bon, j’ai dû en revanche attendre pour manger ma tranche de pain d’épices et prendre l’apéritif !

Plaisirs terrestres

IMG_2384

Mais comme je vous le disais au début de cet article, il y en a pour tous les goûts, rassurez-vous : si l’air et l’eau ne sont pas vos éléments, vous pourrez garder les pieds sur terre et pratiquer des activités plus classiques mais tout aussi intenses, comme le vélo, le VTT – il y a une multitude de parcours ! – ou encore la randonnée et l’équitation.

C’est encore trop remuant pour vous ?

Alors pourquoi ne pas s’adonner aux plaisirs de la table : les vins ont une renommée qui n’est plus à faire dans la région et la gastronomie bourguignonne est plutôt riche !

Pour tout vous dire, après être sortie de table, la Bee a parfois songé à une activité dont elle n’est pas coutumière : la sieste !

IMG_2289-1

Je vous souhaite en tout cas de prendre autant de plaisir que cela a été le cas pour moi en découvrant cette région.

Si vous souhaitez partager votre expérience ou réagir à cet article, je vous invite à le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou mon compte Instagram Beerunneuse.

 

Le Morvan, un spot de trail à découvrir

8f3a2934-788b-4ef6-b425-44cb30b716f4

Ce week-end, j’ai eu l’immense honneur d’être invitée en voyage presse avec une équipe de journalistes et de blogueurs pour découvrir une région à quelques encâblures de Paris : le Morvan.

Mais il ne s’agissait pas à proprement parler que d’un voyage touristique, car le fil conducteur était le trail.

Comme vous vous en doutez, inconcevable pour une Beerunneuse de répondre par la négative à une telle proposition : dès qu’il s’agit de chausser des baskets, je réponds toujours présente.

Mais je ne me doutais pas à quel point ce séjour allait être sportif, ni combien cette région avait d’intérêt pour la pile que je suis.

Prenez place, je vous emmène faire une jolie promenade, non loin de la région parisienne, dans une nature verdoyante et riante…

Une région méconnue

bourgogne-map-gd

J’avoue être souvent passée non loin du Morvan pour me rendre vers mes destinations estivales, mais jamais je ne m’y suis arrêtée : il n’y a pas de grands axes vraiment directs, et pourtant, cela vaut le coup de faire un petit détour !

En parlant de mon séjour à venir, plusieurs personnes m’avaient dit ne pas connaître la région ou alors que c’était un endroit superbe.

Situé en Bourgogne-Franche-Comté, le Morvan est un massif de basse montagne dont le point culminant, le Mont Folin, se situe à 901 mètres d’altitude.

Certes, on ne trouve pas de hauts sommets comme dans certaines régions de France, mais la région est très vallonnée et boisée, ce qui n’est pas pour déplaire à la Bee en quête de dénivelé.

Autre atout majeur : le réseau hydrographique est dense et la région abonde de lacs artificiels.

lac.jpg

Adeptes des sports nautiques, vous allez être surpris par le nombre d’activités qu’il est possible d’y pratiquer !

Mais avant d’évoquer tous les sports que nous avons essayés et ceux auxquels vous pouvez vous adonner, je vous propose de nous attarder sur ma passion, le trail, qui était le fil conducteur du week-end.

Une grande variété de terrains

2659ba5b-5f71-44cb-80d7-86fee57c9703

En arrivant dans ce splendide parc national, mes baskets ont tout de suite commencé à me titiller.

La Bee traileuse s’est réveillée, tandis que le réseau téléphonique disparaissait : une véritable immersion en pleine nature, loin de la modernité et de l’excès de communication dont nous sommes souvent les victimes.

Logées loin de tout dans des chalets tout en bois, nous avons eu l’espace d’un instant l’impression de nous retrouver dans le décor de « La petite maison dans la prairie » : des champs et des étangs tout autour de nous !

Nous étions accueillis, pendant toute la durée du séjour, par Arnaud et Laura qui travaillent à l’office du tourisme : ils nous ont parlé d’un énorme projet autour du trail afin d’exploiter les ressources de la région.

Neuf circuits balisés ont été créés, de distances et dénivelés différents, afin de parcourir les plus beaux sentiers du Morvan :

  • « Les grandes ventes » affiche une distance de 7,150 km pour 200 D+
  • « Les sources de l’Yonne », 15,5 km pour 477 D+
  • « À la conquête de Bibracte », 23 km pour 1000 D+
  • etc.

L’idée est à chaque fois de se faire plaisir d’un point de vue sportif, tout en découvrant des endroits touristiques ou des curiosités.

Un petit livret donne le détail du circuit et les noms des lieux et curiosités.

Vous pouvez télécharger les tracés en cliquant ici.

Accompagnés de deux traileurs de renom, nous avons découvert deux parcours somptueux autour de cascades, dont celle appelée le Saut du Gouloux, avec des terrains bien différents : des sous-bois moussus, des sentiers au milieu de feuillus avec des ornières et des cailloux, des pistes de VTT, etc.

Point de goudron dans ce cadre idyllique, mais un grand nombre de ponts et de rivières que la Bee a allègrement traversés en fredonnant l’air du « Petit pont de bois » de Yves Duteil.

4a934baf-6618-4777-a6fb-177452f1b081.jpeg

Mes impressions de Bee

Autant le dire tout de suite, je suis conquise par le projet « Morvan Trail » et par la région : inutile de rappeler que je suis une amoureuse des cadres champêtres et des coins de nature préservés.

Ce qui m’a particulièrement semblé intéressant pour des coureurs qui comme moi habitent en région parisienne, c’est le dénivelé qu’offre la région pour s’entraîner sur des ultras en montagne par exemple : quasiment 600 de D+ sur un des parcours de 13 km que nous avons fait !

Que demander de mieux à seulement deux heures et des poussières de Paris !

L’alternance forêts de pins et de feuillus n’est pas non plus sans rappeler les paysages de montagne : combien de fois me suis-je d’ailleurs fait la réflexion !

Certaines côtes et descentes m’ont paru assez techniques, notamment une que nous avons abordée juste après le pique-nique, pour descendre du Rocher du Chien et aller jusqu’au parking : le filin métallique disposé sur l’un des côtés de la descente n’était pas de trop, entre les racines et le dénivelé.

1d08c2e5-105f-4b40-8df9-5f94796b9b20

Je suis partie un peu frustrée car je n’ai pas vraiment eu le temps de courir autour des lacs – le week-end est passé tellement vite !- mais un ami journaliste belge qui était hébergé autour du lac des Settons et qui en a fait le tour, soit 15 kilomètres, a adoré l’endroit.

Bon, c’est certes plat, mais les paysages sont juste sublimes et cela peut permettre de faire un peu de fractionné et de vitesse.

Que l’on soit traileur débutant ou confirmé, il me semble que la région permet de trouver son compte et de repartir satisfait.

Nous avons également croisé des randonneurs qui prenaient beaucoup de plaisir à arpenter à leur rythme les sentiers ombragés : les parcours me paraissent parfaitement accessibles avec des enfants.

Je me suis même projetée l’espace de quelques secondes faisant un trek avec mini Bee !

Il y a donc fort à parier que je reviendrai traîner mes guêtres – celles du Marathon des Sables peut-être d’ailleurs – dans ces forêts touffues et ressourçantes.

Avant de vous quitter et de clore cette partie trail, je tenais à vous informer qu’une course a justement lieu dans la région le week-end prochain : le Morvan Oxygène Trail.

Au programme, plusieurs distances dont un ultra de 83 kilomètres.

Alors si vous n’avez rien de prévu le 30 juin et que vous avez envie de chausser vos baskets pour découvrir en famille une magnifique région, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Je vous donne rendez-vous demain pour découvrir la suite de ce périple sportif dans le Morvan.

Si vous souhaitez réagir à cet article ou échanger, vous pouvez le faire via un commentaire sur ce blog, sur mon compte Instagram Beerunneuse ou sur ma page Facebook.

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VIII : un final riche en émotions

famylly

Les meilleures choses ont une fin : j’ai tardé à relater toute cette aventure au Mexique, goûtant et revivant chaque instant par le biais de ma plume, comme si je voulais encore y garder un pied, faire perdurer l’émotion ressentie.

Ou plutôt les émotions qui ont été intenses, car cette dernière portion du parcours a laissé place à tout autre chose que la course en elle-même : le loisir et la performance physique se sont effacés au profit de la dimension humaine.

Ce challenge a pris une teinte inattendue : il est devenu partage, sentiments, chaleur, tendresse et jouissance, un retour aux fondamentaux qui vous font relativiser bien des choses dans votre petite existence confortable.

Mais reprenons le fil de notre course, là où la Bee l’avait laissé en début de semaine : cette fameuse pause à Cuitado.

Partage et épicurisme

IMG_0753

Après une courte pause méditation dont les bénéfices ont été immédiats, j’ai rejoint l’équipe du CP pour avaler un petit café avant le départ : certains endroits sont magiques, il y règne une certaine atmosphère, on s’y sent bien et ils nous paraissent familiers, sans que nous ne puissions l’expliquer.

Cuitado en aura fait partie, et après avoir rapidement étudié le roadbook avec Mimi, nous avons quitté avec un peu de nostalgie le paisible village vers 18 heures.

Nous voulions avancer de nuit jusqu’au prochain CP – la portion jusqu’à Bore ne faisait que 20 kilomètres – pour y faire une courte pause et n’avoir plus qu’une petite trentaine de kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.

Nous devions longer un cours d’eau pendant une bonne partie du parcours, et après avoir quitté le village, nous nous sommes bien vite rendu compte que mettre du long serait judicieux pour éviter de servir de pâture aux moustiques.

Il faut croire que le cuir de la petite Normande est moins coriace que celui de la Limousine, car Mimi, en à peine quelques mètres, pouvait déjà enregistrer deux ou trois piqûres.

Alors que nous nous changions au sortir du village, un superbe coucher de soleil s’est présenté à nos yeux : splendeurs de la nature qui font jaillir des émotions contenues !

Immédiatement, nous avons la même pensée : ce sera le dernier coucher de soleil de cette fabuleuse aventure dans une nature préservée.

L’émotion nous étreint, les larmes montent sans que nous ne puissions les contrôler.

Une embrassade empreinte de tendresse et nous décidons de nous mettre en route, sinon à ce rythme, nous risquons de faire de l’ombre à Coluche dans le célèbre film Banzai, offrant nos peaux fatiguées aux moustiques voraces.

La portion est plutôt roulante, sablonneuse et ne présentera aucune difficulté dans sa première moitié.

Mais nous sentons bien que la fatigue est présente : nous faisons quelques arrêts gastronomiques sur des pierres pour admirer la voûte céleste entièrement dégagée.

Je suis sous le charme du ballet lumineux des araignées dont les yeux, sous la lumière de nos frontales, se transforment en stroboscopes.

Mimi semble moins les apprécier que moi et nous décidons de nous asseoir au milieu du sentier pour les éviter.

Le corps humain est une machine surprenante, et que dire de notre mental ?

Moi qui suis phobique des serpents et des insectes, je suis passée à côté d’un scorpion, dard relevé, sans aucune réaction, alors qu’en temps normal, j’aurais fui en poussant des cris hystériques.

Sans vraiment le ressentir, la fatigue commence peu à peu à s’installer sournoisement…

Perte de repères

IMG_0771

Nous avons enchaîné nombre de côtes et de descentes, sans pouvoir évaluer la distance parcourue étant chacune adepte de la course à la sensation : inutile de vous dire qu’il n’était plus temps de lire le manuel de ma Garmin pour l’utiliser à bon escient !

Si bien que nous avons commis une erreur qui a été fatale pour ma motivation : nous avons raté une balise et sommes passées à une centaine de mètres du CP sans le voir !

Vous me direz que ce sont des choses qui arrivent en ultra.

Certes, mais cette erreur nous a valu presque 10 kilomètres de course en plus, avec une interminable montée.

Fatiguée, j’ai mis la Bee en mode pilotage automatique : j’avance sans réfléchir, des taches noires viennent obscurcir mon champ de vision.

Je n’éprouve même plus de frayeur en apercevant les yeux brillants d’animaux dans la nuit.

Lorsque Mimi fait l’amer constat que nous nous sommes perdues, je délire : je lui aurais parlé d’un portail blanc – bizarre sur une terre sans aucune habitation ! – devant lequel nous serions passées.

Je me sens à bout de forces et n’ai qu’une envie : m’allonger !

Mais je dois tenir, il le faut, ne rien lâcher si près du but !

Nous rebroussons chemin et apercevons au bout de quelques kilomètres les fameux repères que nous n’avions pas vus.

Comme la veille, tout le monde dort à notre arrivée sur le camp : mais le veilleur décide de réveiller tout le staff pour nous accueillir.

Inutile de mobiliser tout le monde, nous sommes éreintées.

Je me promène en mode zombie et n’ai même plus la force d’avaler quoi que ce soit.

Tiphaine, l’une des kinés en service, me rapportera même que je suis restée plusieurs minutes devant ma tente à me demander comment j’allais y rentrer.

Ce qui est certain, c’est que mon capital forme à cet instant est au plus bas : je songe à tout arrêter.

Mais la nuit porte conseil et je me réveille le lendemain avec une tout autre optique en tête…

Une rencontre inoubliable

rafaella

Tu t’es vue quand tu te réveilles après avoir à peine dormi deux heures en pente et parcouru 166 kilomètres ?

Sans compter ceux que tu as fait en rab !

Je me suis levée absolument euphorique en découvrant le somptueux paysage qui s’offrait à nous : des montagnes à perte de vue !

Mais la chose la plus magique était cette famille de Raramuri auprès du feu, d’une authenticité touchante.

Le temps s’arrête : on oublie la course, le chrono qui est secondaire, pour jouir de cet instant magique, inoubliable et touchant.

La Bee n’a alors qu’une idée en tête : revêtir ses habits de clown pour lier contact avec eux !

Le rire est un vecteur de communication inouï !

Pas besoin de mots pour se faire comprendre : mimiques et gestes suffisent quand on a la barrière de la langue.

Je suis sous le charme de la petite tribu indienne qui nous prépare du feu, et plus précisément sous celui de Rafaella, la grand-mère, qui me fait penser à la mienne.

Je me transforme en pitre pour la faire rire et cela marche : elle rit aux éclats.

Elle doit me prendre pour une folle, mais je continue mon spectacle.

Un premier échange tactile, une main, de la chaleur…

Je suis requinquée !

Plus rien ne pourra m’arrêter !

Rafaella fait un bout de chemin avec nous, bienveillante : elle me dit de prendre soin de moi.

Elle viendra me faire la surprise de me retrouver à l’arrivée !

Nous reprenons notre route sur le sentier de la veille.

Au moins, notre égarement nous aura servi à quelque chose : nous sommes en terrain connu !

La fin d’une aventure

arrivée

Notre périple s’est poursuivi sur une voie de chemin de fer empruntée par des enfants qui se rendaient à l’école : notre accoutrement les a fait rire.

Nous adoptons un rythme rapide pour enjamber les rails qui nous conduisent jusqu’à une gare et une ville, San Rafael, puis nous retournons dans les canyons, mais par une piste plus praticable.

Les kilomètres s’enchaînent péniblement à travers les cailloux.

Nous décidons de nous offrir une pause plaisir pour profiter de nos derniers instants de course en duo : j’ai dans ma cave portative un grand cru de smoothie lyophilisé dont Mimi risque de me dire des nouvelles et il me reste quelques graines.

Un festin !

Mais alors que nous trinquons à cette belle aventure sur le point de se terminer, nous entendons un bruit de moteur, témoin de notre proche retour à la civilisation.

Un bras sort d’une fenêtre et nous apercevons Mehidy accompagné d’Emma : ils sont venus nous suivre sur la dernière dizaine de kilomètres et nous encourager.

Nous sommes euphoriques et éprouvons tellement de joie que nous en sommes confuses.

Nous reprenons notre route, confiant nos impressions à la caméra d’Emma.

Puis petit à petit, le duo Mehidy/Emma se fait plus discret : une attention touchante pour nous permettre à Mimi et à moi de vivre ensemble notre aventure jusqu’au bout.

Et ce bout nous l’apercevons en arrivant sur la route de sable qui mène à l’hôtel.

Les larmes montent : l’émotion est intense.

Je suis en proie à un dilemme : j’ai hâte d’arriver et de franchir cette ligne, mais je retarde également ce moment qui marquera la fin de cette aventure magique.

Le son de la musique d’arrivée retentit : »The final countdown » du groupe Europe.

« La musique préférée de mon fils » dis-je à Mimi en chuchotant.

Il est un peu dans mes pensées, à quelque cent mètres de l’arrivée, comme toutes les personnes qui me sont chères… et Mimi, bien sûr, qui symbolise cette rencontre extraordinaire.

Nous fonçons main dans la main dans les bras de Jean-François, ravies de nous être dépassées et d’avoir vécu une telle aventure…

Si vous souhaitez faire un commentaire sur ce récit, poser des questions ou donner votre avis, vous pouvez le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram.

Dans les jours à venir, je vous parlerai de ma préparation mentale et de mon équipement sur cette course.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VII : les collines ont des yeux !

cuiteci.jpeg

Dans la partie précédente, je vous avais quittés alors que nous étions en perdition – n’exagérons rien quand même, nous n’avions juste pas une bonne perception de la distance – avec Mimi dans les bois et que sa cheville était bien mal en point.

Soudain, après plusieurs kilomètres sur des lacets, nous parvenons enfin à une route. Je rappelle Jean-François comme convenu  – le pauvre ! Sa nuit a dû être bien tourmentée car un autre binôme avait appelé – qui me demande si la voie est goudronnée.

Je m’empresse de lui répondre que oui et que des directions sont indiquées. Il semble ne pas comprendre : logique !

Un paramètre a déformé ma vision des choses : la fatigue !

Cela fait plus de deux heures que nous désespérons d’atteindre le fameux CP 4 de San Isidro, sujettes à un genre de mirages !

Ah, la Bee ! Comme tu t’en es voulu à ce moment là de ne pas utiliser les fonctionnalités de ta montre.

« Ta Garmin au poignet, c’est pour faire joli ou accessoirement pour te fournir des données pour des ultras ? Ah mais j’oubliais : tu cours à la sensation ! Elles sont chouettes là tes sensations alors que tu te trouves au milieu de nulle part sur le bord d’une route… en sable ! » me susurre le petit diable qui habite ma conscience.

Mais oui, Mimi attire mon attention sur la route : ce n’est pas du goudron mais bien du sable !

Quelques centaines de mètres plus loin et après avoir pris quelques bouffées de poussière dans la figure – mon Dieu ! Il y a donc des gens qui roulent au milieu de nulle part, la nuit à pas d’heure, sur notre Terre ! – nous trouvons enfin le drapeau rose mentionné par Jean-François, qui indique le CP.

Nous arrivons dans un campement endormi, en riant comme à notre habitude.

Nous réveillons bien entendu le Mexicain en charge du CP par nos gloussements, mais nous n’avons ni faim, ni soif : juste envie de dormir. Nous sommes fourbues et frissonnons de froid – nous sommes en altitude – et de fatigue.

Le jeune homme nous fournit des mini couvertures Cars : vu mes jambes, j’ai l’impression de ressembler à Arnulfo avec son pagne – Dieu des Huarachi, donne-moi les mêmes jambes !- et je fais bien évidemment mon One woman show pour faire rire la galerie avant de gagner notre tente.

Il est hors de question pour moi de poser mes chaussures, mon orteil est bien trop douloureux et j’ai peur de ne pouvoir les remettre.

Mais une fois dans la tente, la fatigue s’abat sur moi comme la foudre : éreintée, je m’endors sans même prendre le temps de déplier mon duvet.

Un retour brutal à la civilisation

route.jpeg

Deux heures plus tard, le réveil de Mimi me tire d’un sommeil profond.

Je quitte à regret mon hôtel 10 000 étoiles pour aller avaler un café revigorant : une nuit avec seulement un pagne Cars pour se réchauffer, ça vous congèle une Bee !

J’attends avec inquiétude la sortie de ma partenaire : j’appréhende qu’elle m’annonce la fin de son aventure.

Je m’imagine déjà raconter mes pitreries aux arbres et aux rocailles pour essayer de tuer le temps.

L’immensité de la nature qui nous entoure ne m’angoisse étonnamment pas : j’avais apprécié, lors du Half Marathon des Sables me retrouver seule avec moi-même au milieu de nulle part, un moment privilégié pour laisser libre cours à la méditation.

Mais avec Mimi, nous avons noué une sorte de complicité, certes un peu déjantée, mais qui donne un charme inattendu et singulier à l’aventure.

Le suspense ne dure pas longtemps : notre maigre repos a agi sur la blessure, et après avoir avalé un plat de pâtes bolognaises digne d’un chef, nous reprenons notre route vers le CP 5, Cuitaco, à 35 kilomètres.

Je passerai rapidement notre descente vers la vallée : après avoir foulé pendant près de 111 kilomètres des roches, du sable et des cailloux, nous arrivons sur une partie en bitume que nous suivrons pendant 15 kilomètres.

Alors oui, je sais, le bitume ne fait pas rêver le traileur, mais nous avons apprécié ce changement de terrain qui nécessitait moins de concentration.

Nous avons traversé une petite ville dans laquelle nous avons photographié la voiture blanche du dentiste stationnée devant son cabinet, clin d’oeil au roadbook de Jean-François.

Mais notre soulagement a été de courte durée, car courir en plein cagnard sur de l’asphalte, ça épuise.

pause.jpeg

Et c’était sans compter un événement inattendu qui nous a replongées dans la réalité du pays.

Plusieurs pick-up sont passés avec des hommes à l’arrière qui parfois nous sifflaient : concentrées sur notre course, nous n’y avons dans un premier temps pas trop prêté attention.

Mais un détail a interpellé Émilie : ils étaient armés !

Inutile de vous décrire notre frayeur quand quelques minutes plus tard, un de ces véhicules a freiné et a fait mine de s’arrêter !

Pendant quelques secondes, nous avons pensé qu’ils allaient nous emmener : nous avons alors quitté notre bulle de traileuses épicuriennes pour imaginer les pires scenarii, le loisir est devenu cauchemar !

Heureusement, ils poursuivront leur route, mais cet instant nous a fait prendre conscience de l’instabilité qui régnait dans le pays et du danger que nous venions de vivre : deux gringos au milieu de nulle part, sans véritable géolocalisation, hum…

Inutile de vous dire que nous avons regagné rapidement le sentier menant à Dame Nature avec bonheur : cette partie d’asphalte ainsi que cette déconvenue ne figureront pas dans le top 5 de mes meilleurs souvenirs, mais seront bien vite oubliées en découvrant les panoramas suivants…

Cuiteco, un havre de paix

église.jpeg

Après une petite pause sous une chaleur étouffante pour nous remettre de nos émotions, nous avons entamé une nouvelle grimpette qui nous a menées jusqu’à un somptueux lac.

Si certains sont des furieux du chrono, à votre avis, qu’ont fait votre petite Normande et votre Bee ?

Un arrêt cryothérapie ! Il fallait bien recharger en eau, non ?

Quel bonheur de goûter à la fraîcheur de l’eau du lac !

Je décide bien sûr de ne pas poser ma chaussure maintenant mon pied endolori, mais je me dis que le glacer un peu ne pourra que lui faire du bien.

Entre séances de photos et rafraîchissement, seules au monde, nous en oublierions presque la course : ces instants là, uniques, magiques, singuliers, nous ne les vivrons qu’une fois, alors autant en profiter.

Bien retapées, nous commençons une longue grimpette interminable  en plein cagnard : hallucinations – j’ai vu un homme qui me surveillait pendant plusieurs mètres avant de me rendre compte que ce n’était qu’un tronc ! – et fous rires, chansons et histoires, silences et réflexion, viendront jalonner cette portion jusqu’à notre arrivée à Cuiteco.

Cette étape marquera le 146e kilomètre et restera gravée dans ma mémoire de Bee : un village dans les montagnes où le temps semble s’être arrêté, une autre époque.

Nous traversons une petite rivière avant de parvenir en son centre, sous les regards curieux des habitants de la bourgade : j’imagine qu’ils nous prennent pour des folles dans nos accoutrements. N’ont-ils pas tort ?

Nous retrouvons avec bonheur les mines familières du staff de la course : il est environ 17h30 et nous décidons de faire une pause pour nous restaurer, visiter ce village typique et faire une micro sieste réparatrice qui se transformera pour ma part en une séance de méditation…

vbee morte.jpeg

Je vous laisse sur cette pause et vous donne bientôt rendez-vous pour le dernier épisode, certainement le plus riche en émotions, de ce périple.

Si vous souhaitez réagir ou commenter cette partie, faites-le via ce blog, sur ma page Facebook ou sur mon compte Instagram. Il est toujours appréciable de partager nos ressentis.

 

Une Bee sur les terres des Raramuri Part VI : perdues dans la nuit…

IMG_0729.jpeg

Dans la partie précédente, je venais de franchir MON Everest, ce fameux pont suspendu au-dessus d’un rio presque à sec qui avait engendré plusieurs nuits de cauchemars et donné lieu à moultes séances d’hypnose et de méditation avant mon départ – je vous reparlerai après la fin de mon récit de cette préparation.

Après tant d’épreuves, je me disais alors que le plus dur était passé : nous approchions d’une bonne centaine de kilomètres et nous allions aborder des terrains plus propices à la course pour rejoindre en fin de challenge des pistes.

Courir en hors-piste est usant et demande une concentration maximum pour anticiper les appuis sur des terrains glissants et changeants.

Ajoutez à cela les démons de la Bee – vertige et phobie du vide – et vous obtenez rapidement un cerveau en surchauffe.

Mais d’autres paramètres redoutables allaient aussi changer la donne sur cette deuxième partie de course : la fatigue et la chaleur qui ont malmené nos organismes et ont quelque peu altéré notre mental…

Des montées sans fin

IMG_0771

Après une telle portion de parcours, je me sentais rassurée : j’avais fait le plus dur, plus rien ne pouvait m’arrêter.

Témoin de notre calvaire, ma jupette WAA, déchirée sur la fesse : la descente dans les cactus avait même entamé le shorty.

Que pouvait-il nous arriver de pire à présent ?

Sereines, nous avons poursuivi notre périple avec une énorme montée en zigzag, suivies de notre fidèle Raramuri balai, le sieur Lolo.

Mais après un tel début de journée, notre sac à dos fort lourd nous a semblé peser une tonne entre le dénivelé et la chaleur.

Nous avons bien vite compris que la gestion de l’eau allait être capitale.

Nous avons cheminé plusieurs heures sur cette montée usante et interminable, nous octroyant des pauses fréquentes et nécessaires.

Vous connaissez cette expression issue d’une célèbre publicité « Quand y’en a plus, y’en a encore » ?

Elle résume véritablement ce que nous avons vécu : à peine avions-nous franchi un sommet, espérant que ce soit l’issue de la portion, qu’un autre apparaissait immédiatement : on aurait pu rebaptiser notre périple « l’histoire sans fin ».

Même notre Lolo local a manifesté des signes de fatigue et de lassitude !

La preuve : plusieurs fois, il a tenté de nous écarter du droit chemin pour nous faire prendre des raccourcis raramuri.

Si nous nous sommes fait avoir une première fois, nous n’avons pas cédé les suivantes, en voyant les raidillons qu’il nous proposait d’emprunter pour gagner un peu de terrain.

« Non, Monsieur Lolo, nous ne sommes pas des chamois nés avec des huarachis aux pieds ! Nous tenons à notre vie ! »

Constatant notre manque de témérité, il a fini par s’effacer pour nous laisser suivre les traces matérialisées par un ruban rose et des confettis.

Comme je vous le disais précédemment, cette interminable montée est certainement la portion qui nous a demandé une gestion très stricte de l’eau : hors de question de ne pas recharger nos bidons sous peine d’être déshydratées !

Avec ma Mimi, nous avons scrupuleusement rempli nos gourdes dès que nous trouvions un point d’eau : la Micropur a été une bénédiction sur cette portion parsemée de bouses et excréments divers.

Mais la Bee a découvert que quand on a soif et qu’il est essentiel de boire pour avancer, on ne fait pas la fine bouche : alors que nous nous étions arrêtées pour recharger, j’ai eu un haut le cœur en voyant les eaux souillées – excréments d’animaux baignant dans les trous d’eau, bêtes étranges sous les rochers… – qui allaient nous servir de breuvage.

Imaginez transformer une eau trouble avec des particules en suspension en un liquide cristallin et potable ! Micropur l’a fait ou du moins a eu cette ambition !

Que dire de Lolo qui, voyant mon dégoût et mon désarroi devant ces trous d’eau infestés, a voulu me rassurer en buvant à pleine bouche l’eau croupie dans laquelle baignait une fiente !

Mimi et moi avons tout fait pour économiser nos gourdes précédentes et boire le moins possible de cette eau : j’ai prié intérieurement pour ne pas même y tremper mes lèvres, sentant poindre la menace d’une bonne gastro.

L’arrivée à Churo

IMG_0731

Petit à petit, les sentiers se sont transformés pour devenir plus praticables : adieu les pierres, place au sable !

Nous n’avions plus qu’une hâte avec Mimi : aborder le plateau qui devait nous mener à Churo, au CP 3.

Sans doute est-ce la fatigue, mais nous avons eu un énorme fou rire quand j’ai raconté à Mimi que j’avais compris que Lolo me proposait d’aller boire avec lui un énorme coca et de manger une pizza dans un village tout près.

Ah les joies de la barrière de la langue !

Peut-être exprimait-il tout simplement son envie de boire et de manger un bout, mais ce qui est certain, c’est que cette anecdote m’a redonné de la vigueur et m’a fait oublier notre lassitude jusqu’à l’arrivée sur le plateau.

Enfin, nous avons aperçu des habitations : après avoir cheminé plusieurs dizaines de kilomètres dans des espaces immenses et désertiques, nous revenions enfin à la civilisation !

Que dire quand au milieu des champs, nous avons aperçu la petite habitation Raramuri qui allait nous servir de CP !

Tiphaine, l’adorable kiné, nous a accueillies à bras ouverts : un peu de chaleur réconforte dans de tels moments !

Nous avons un peu mangé et j’ai décidé d’abandonner quelques instants Mimi entre les mains expertes de Tiphaine, pour aller faire une micro sieste dans une tente installée au milieu d’un genre de grange.

Tiphaine avait évoqué la présence d’un homme armé sur ce CP pour surveiller la propriété – ah ! Les joies de l’insécurité au Mexique ! – et j’avoue ne pas avoir dormi sur mes deux oreilles pendant cette pause.

Sans compter les courants d’air qui ballotaient ma toile de tente et les poules qui sont venues jusque dans mon dortoir !

Dépitée, je suis sortie rejoindre les filles et nous avons décidé de reprendre notre route, quitte à courir de nuit pour rejoindre le CP 4 et ne pas prendre trop de retard.

Quelques plaisanteries plus tard, nous reprenions notre périple vers San Isidro, le CP 4…

Des lueurs dans la nuit…

IMG_0732

À ce stade de notre aventure, nous venions d’enquiller 5 500 mètres de D+ en hors-piste.

Nous nous doutions donc qu’il nous restait de belles portions de montées, mais nous avions lu sur le road book qu’il était possible de courir.

La première partie du parcours traversait une somptueuse forêt de pins, aux senteurs agréables.

Nous avons pu jouir de magnifiques panoramas sur la Barranca, baignés dans une jolie lumière.

Il nous a fallu ouvrir et refermer de nombreuses barrières pour le bétail.

29 kilomètres nous séparaient de San Isidro, ce qui nous semblait être une bagatelle.

Nous cheminions tranquillement en espérant arriver vers minuit à ce fameux CP.

La nuit est tombée petit à petit et nous avons dû allumer nos frontales assez rapidement.

Puis nous sommes arrivées dans un village où nous avons aperçu des lumières.

Est-ce la hâte de parvenir au CP qui nous a fait rater un balisage ?

Je plaisante en voyant sur ma droite un cimetière : j’évoque avec Émilie le fameux film « Coco » que mini Bee et moi sommes allés voir quelques semaines plus tôt.

Nous rions – peut-être pour nous rassurer – et commençons alors à chercher les lumières du CP : j’ai oublié de vous dire que ni l’une ni l’autre n’avions de montre en marche pour comptabiliser les kilomètres restants.

Nous pensons, d’après nos estimations, être à bon port.

Mais alors, où est le fameux CP ?

Nous nous dirigeons vers des lumières sur notre gauche, comme indiqué dans le road book : mais rien !

Nous décidons de rebrousser chemin, mais revenons bredouilles sur nos pas.

Plus de balisage et toujours cette fichue intersection qui nous pose problème : après une bonne heure, il faut se rendre à l’évidence, nous sommes perdues !

Transies de froid, nous nous changeons : Mimi m’a fait part d’une douleur à la cheville et j’avoue être assez inquiète.

Je décide d’appeler Jean-François qui me donne une réponse digne de la Pythie – cette prêtresse grecque qui mâchait des feuilles de laurier rose et entrait en transe pour faire ses prédictions difficilement interprétables :

« Les filles, vous n’êtes pas encore au CP 3, il n’est pas dans le village. D’autres coureurs ont appelé : poursuivez, les enfants du village ont dû enlever le balisage. Faites-vous confiance ! »

Se faire confiance ? À une heure du matin, au milieu de nulle part, quand tu es éreintée et que ta partenaire manifeste de la souffrance ?

Je commence à maudire Jean-François et toutes les caillasses de la terre !

Mais nous finissons par trouver un signe et abordons une nouvelle montée interminable.

Mimi se plaint plus fréquemment de sa cheville, ne parle plus.

Je l’entends parfois gémir, mais me refuse à lui demander si ça va ou si elle veut qu’on s’arrête : la compassion dans ces moments là peut être nuisible, je suis mon intuition et fais la sourde oreille.

J’aperçois de la lumière et lui dit que ce doit être le CP, que nous sommes presque arrivées.

Mais il n’en est rien : ce n’est que Dame Lune qui joue avec sa lueur à travers les arbres et génère des mirages dans l’esprit de la Bee.

Je me laisse berner plusieurs fois par ce halo, mais ce faux espoir vient baisser le moral des troupes à chaque fois.

Je décide de me taire, car je sens bien que Mimi est à bout de forces : sa cheville est noire et gonflée. Je suis inquiète…

Combien de temps allons-nous encore errer dans ces massifs rocailleux ?

IMG_0782

Une photo prise à l’arrivée avec Lolo, notre indien Raramuri balai

Si vous souhaitez réagir ou faire un commentaire, me faire part de vos sentiments et réactions après la lecture de ce récit, je vous invite à le faire via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram Beerunneuse.

Une Bee sur les terres des Raramuri Part V : mon cœur fait boum !

IMG_0730.jpeg

Je vous avais quittés au CP2 de mon aventure mexicaine, laissant planer un peu de suspense quant à la suite de mon aventure.

Nous nous étions arrêtés avec Delphine et Benoît après 56 kilomètres de course, soit 13 heures 30 minutes d’efforts.

Nous avions prévu de nous restaurer et de nous reposer pendant une bonne heure et de repartir à 21h30 pour profiter de la fraîcheur de la nuit pendant la portion qui s’annonçait des plus difficiles : des sentiers étroits en dévers à flanc de montagne avec une vue vertigineuse sur le rio en contrebas.

Jean-François avait bien insisté lors du briefing : « Vigilance extrême sur cette portion ! Christelle, c’est l’endroit où tu risques d’être sujette au vertige, n’hésite pas à le faire à quatre pattes ! Si vous tombez, rien ne peut vous rattraper. C’est dangereux !»

Inutile de vous dire que la Bee a eu des sueurs froides après un tel discours !

Entre le pont suspendu du départ et les sentiers vertigineux jusqu’au CP2, je ne voyais pas ce que je pouvais vivre de plus coriace !

Et pourtant, je n’étais pas au bout de mes surprises et de mes frayeurs…

Quand la Bee change d’optique

e8c7d8a5-71f6-4d6f-96e6-a6a07b5027cd.jpeg

Alors que je venais de finir mon riz au lait aux framboises lyophilisé – plat digne d’un dessert trois étoiles dans de telles conditions – j’ai demandé à Charlotte, l’une de nos kinés de choc sur la course, si elle pouvait soulager mes mollets qui s’étaient durcis à cause des descentes.

J’ai découvert qu’elle avait des doigts de fée, puisqu’en un rien de temps, mes muscles endoloris ont été soulagés.

Catherine est ensuite arrivée, dépitée et déconcertée : elle souffrait d’une insolation et de crampes. et songeait à abandonner. Elle a alors décidé d’aller s’allonger.

Mais alors que nous nous apprêtions à partir, un doute s’est installé dans mon esprit : avais-je vraiment envie de courir de nuit ? Étais-je à ma place avec le duo de choc formé par Delphine et Benoît ? Qu’attendais-je exactement de ce périple ?

J’avais passé un super début de course avec eux, ouvrant tantôt la route sur les sentiers, tantôt suivant l’un ou l’autre en me laissant porter.

Nous avions adopté un rythme dynamique dans une bonne ambiance, alors pourquoi hésiter alors que j’étais prête à repartir ?

Un déclic !

J’étais venue au Mexique pour faire une course, certes, mais aussi pour vivre une aventure humaine et jouir de chaque chose.

Il était hors de question de ne pas profiter des paysages, des personnes : nous avions longuement discuté avec Émilie dans l’avion et à l’hôtel et semblions avoir le même état d’esprit.

Je suis connue pour mon côté cash et j’ai donc annoncé soudainement à Delphine et Benoît que je souhaitais attendre Émilie, me reposer et repartir avec elle dans la nuit.

Compréhensifs, ils sont repartis immédiatement.

J’ai attendu Émilie qui est arrivée plus tard, seule.

Le binôme infernal était constitué…

Des nerfs mis à rude épreuve

IMG_0727.jpeg

Après une courte nuit – bien trop courte – à même le sol parmi les araignées et au milieu des ronflements démentiels d’un ambulancier mexicain, nous avons repris la route pour la partie du périple la plus exigeante.

Après avoir bien positionné nos frontales sur nos têtes, nous avons repris en sens inverse le chemin périlleux qui nous avaient menées jusqu’à cette école de Guahueyvo.

26 kilomètres seulement nous séparaient de Churo, le CP3, mais j’ai vécu les 26 kilomètres les plus éprouvants de toute ma vie !

Un étrange petit indien, Lolo, d’une quarantaine d’années, nous a accompagnées sur cette difficile partie : un genre de Raramuri balai, si vous préférez !

Comme il a dû rire intérieurement en me voyant glisser sur les sentiers, poussant des petits cris, avec ma jupette déchirée !

Tantôt droite dans mes baskets, tantôt sur les fesses, j’ai avalé les kilomètres, rongeant mon frein lors des portions vertigineuses.

Mais le plus dur n’allait pas être les sentiers à pic dominant le vide, mais la descente de la forêt de cactus.

Imaginez d’immenses cactus plantés sur une côte à pic dans un canyon : vous avez le toboggan le plus vertigineux au grand désespoir de la Bee.

L’alternative ?

Tu tombes et tu te rattrapes à un cactus en t’empalant dessus, ou tu arrives sain et sauf après avoir récité cent « Ave pater » et 400 « Ave Maria ».

À ce moment là, Jacques Dutronc a du souci à se faire : pour me donner du courage, j’entonne la célèbre chanson « Les cactus », faisant esquisser un sourire à Lolo.

Je descends en même temps sur les fesses – que je serre d’ailleurs très fort -, agrandissant mon trou – est-ce possible ?- déjà énorme sur la jupette.

Une descente vertigineuse qui semble sans fin : le cauchemar !

IMG_0728.jpeg

Soudain, en contrebas, un pont : LE pont !

Qui veut la mort de la Bee ? Ce cauchemar ne s’arrêtera donc jamais ?

J’arrive enfin sur du plat, Émilie m’attend : je me sens épuisée nerveusement.

Elle m’annonce que l’épreuve du pont arrive – on se croirait dans un jeu familial de la TV, genre « Fort Boyard » !

Étrangement, je ne me sens pas trop mal, boostée par le précédent challenge relevé : la fatigue nerveuse a-t-elle anesthésié ma perception du danger ?

Nous escaladons un gros bloc de béton à l’aide de câbles maintenant le pont, et à peine ai-je le temps de dire « ouf ! » que nous nous retrouvons sur des planches branlantes : de vrais Indiana Jones au féminin !

J’applique tant bien que mal les consignes de ma sophrologue Morgane – ah ! Les ponts virtuels me reviennent en mémoire ! – et l’exercice se passe plutôt bien, puisque nous évoluons assez rapidement sur cette balançoire tant redoutée.

J’arrive avec soulagement de l’autre côté du pont, encouragée par Émilie : je finis dans ses bras, épuisée mais heureuse.

À en croire le road book, nous venons d’effectuer la portion la plus difficile : nous reprenons donc notre route, confiantes…

IMG_1282

À suivre…

Si vous souhaitez réagir ou faire un commentaire, n’hésitez pas via ce blog, sur ma page Facebook Beerunneuse ou sur mon compte Instagram.

Merci pour vos retours.